Éducation nationale françaiseSpécialité HGGSPPremière générale22 min de lecture

Les relations entre États et la mondialisation

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Première générale

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Chapitre 1

Introduction aux relations internationales et à la mondialisation

Définition des concepts clés

Pour comprendre les enjeux du monde contemporain, il est essentiel de maîtriser quelques définitions fondamentales. Ces concepts sont les piliers de l'analyse des relations internationales et de la mondialisation.

  • État-nation : C'est une entité politique caractérisée par la coïncidence d'un État (organisation politique, gouvernement, territoire, population) et d'une nation (groupe humain partageant une identité, une culture, une histoire commune). L'État-nation est l'acteur principal des relations internationales depuis le traité de Westphalie en 1648. Il dispose de la souveraineté, c'est-à-dire le droit exclusif d'exercer son pouvoir sur son territoire et sa population.

  • Relations internationales (RI) : Elles désignent l'ensemble des interactions (politiques, économiques, culturelles, sociales, militaires) qui se produisent au-delà des frontières des États. Ces interactions peuvent être entre États, mais aussi entre États et acteurs non étatiques, ou entre acteurs non étatiques eux-mêmes. Le champ des RI est très vaste et inclut la diplomatie, la guerre, le commerce, les échanges culturels, etc.

  • Mondialisation : Ce terme décrit le processus historique d'intensification et de fluidification des échanges et des interdépendances à l'échelle planétaire. Elle se manifeste par la multiplication des flux (économiques, financiers, humains, informationnels, culturels) et l'interconnexion croissante des sociétés et des économies. La mondialisation n'est pas un phénomène nouveau, mais son ampleur et sa rapidité sont inédites.

  • Acteurs non étatiques : Ce sont tous les acteurs qui interviennent dans les relations internationales sans être des États. Ils jouent un rôle de plus en plus important et peuvent influencer les décisions des États. On distingue notamment :

    • Les Organisations Internationales (OI) : créées par des États (ONU, OMC, FMI).
    • Les Firmes Transnationales (FTN) : entreprises opérant dans plusieurs pays (Apple, TotalEnergies).
    • Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) : acteurs de la société civile (Médecins Sans Frontières, Greenpeace).
    • Les groupes armés non étatiques (groupes terroristes, narcotrafiquants).
    • Les individus et les médias via l'opinion publique.

Historique de la mondialisation

La mondialisation n'est pas un phénomène récent, mais elle a connu des phases d'accélération et de ralentissement.

  • Première mondialisation (XIXe siècle) : Cette phase, qui s'étend grosso modo de 1870 à 1914, est caractérisée par une forte intégration économique, notamment grâce à la révolution industrielle et au développement des transports (chemin de fer, bateaux à vapeur, canal de Suez). On observe une libéralisation des échanges commerciaux, une intensification des flux de capitaux et une émigration massive (vers les Amériques notamment). Les empires coloniaux jouent un rôle central dans cette intégration.

  • Guerres mondiales et démondialisation : Les deux guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945) et la crise économique de 1929 marquent une période de démondialisation. Les États se replient sur eux-mêmes, les frontières se ferment, le protectionnisme se développe et les échanges internationaux diminuent drastiquement. C'est une période de forte fragmentation du monde.

  • Seconde mondialisation (après 1945) : Après la Seconde Guerre mondiale, sous l'impulsion des États-Unis et de la mise en place d'institutions internationales (ONU, FMI, Banque Mondiale, GATT/OMC), une nouvelle phase de mondialisation débute. Elle est marquée par :

    • La libéralisation des échanges commerciaux et financiers.
    • Le développement des technologies de l'information et de la communication (TIC).
    • L'émergence des Firmes Transnationales (FTN).
    • L'intégration régionale (construction européenne). Cette phase est également appelée "mondialisation heureuse" par certains, mais elle génère aussi des inégalités.
  • Accélération des flux : À partir des années 1980-1990, la mondialisation s'accélère considérablement. La chute du mur de Berlin (1989) et l'intégration de la Chine dans l'économie mondiale y contribuent. Les flux de toutes natures (marchandises, capitaux, informations, personnes) deviennent plus nombreux, plus rapides et plus complexes. L'émergence d'internet et des réseaux sociaux transforme profondément les interactions mondiales.

Les différentes approches théoriques des relations internationales

Pour analyser la complexité des relations internationales, les chercheurs ont développé différentes théories. Chacune propose une grille de lecture spécifique.

  • Réalisme : Cette théorie est l'une des plus anciennes et des plus influentes. Elle postule que les relations internationales sont avant tout motivées par la recherche de la puissance et de la sécurité par les États. L'État est l'acteur central, et l'arène internationale est anarchique (absence de gouvernement mondial). Les relations sont donc vues comme une lutte permanente pour l'équilibre des puissances.

    • Idées clés : Anarchie internationale, intérêt national, auto-assistance (chaque État doit compter sur lui-même), balance des pouvoirs, dilemme de sécurité.
    • Auteurs : Thucydide, Machiavel, Hobbes, Hans Morgenthau, Kenneth Waltz.
  • Libéralisme : À l'opposé du réalisme, le libéralisme met l'accent sur la coopération et l'interdépendance entre les États. Il considère que l'ouverture économique, la démocratie et les institutions internationales favorisent la paix et la prospérité. Les acteurs non étatiques (ONG, FTN) jouent un rôle important.

    • Idées clés : Interdépendance complexe, institutions internationales, démocratie, droit international, commerce comme facteur de paix.
    • Auteurs : Kant, Woodrow Wilson, Robert Keohane, Joseph Nye.
  • Constructivisme : Cette approche, plus récente, insiste sur l'importance des idées, des normes, des identités et des cultures dans la construction des relations internationales. Les intérêts des États ne sont pas donnés, mais socialement construits. L'anarchie, par exemple, n'est pas une réalité objective mais ce que les États en font ("Anarchy is what states make of it", Alexander Wendt).

    • Idées clés : Normes, identités, discours, intersubjectivité, rôle des idées.
    • Auteurs : Alexander Wendt, Nicholas Onuf.
  • Théories critiques : Ces théories remettent en question les approches dominantes en soulignant les rapports de domination, les inégalités et les injustices structurelles du système international. Elles incluent le marxisme, le féminisme, le postcolonialisme.

    • Idées clés : Hégémonie, exploitation, inégalités Nord/Sud, patriarcat, critiques de l'ordre établi.
    • Auteurs : Robert Cox, Immanuel Wallerstein (théorie du système-monde).

Chapitre 2

Les États face à la mondialisation : souveraineté et interdépendance

La souveraineté de l'État à l'épreuve

La mondialisation a des effets ambivalents sur la souveraineté des États, à la fois principe fondamental et concept en évolution.

  • Principe de Westphalie : Issu des traités de Westphalie (1648), il établit la souveraineté des États sur leur territoire et le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États. Chaque État est égal en droit et dispose de l'autorité exclusive sur sa population et son territoire. Ce principe a longtemps été la pierre angulaire de l'ordre international.

  • Érosion de la souveraineté : La mondialisation entraîne une relative érosion de la souveraineté étatique.

    • Économique : Les FTN, les marchés financiers mondialisés et les règles des organisations comme l'OMC limitent la capacité des États à contrôler leur économie nationale.
    • Juridique : Les traités internationaux et le droit international (ex: Cour Pénale Internationale) obligent les États à respecter certaines normes, parfois au détriment de leurs lois nationales.
    • Politique : Les problèmes transnationaux (terrorisme, pandémies, environnement) nécessitent une coopération qui implique de partager une partie de la souveraineté.
    • Technologique : Le cyberespace échappe en partie au contrôle étatique, et les géants du numérique (GAFAM) ont une influence transnationale.
  • Interventionnisme / Droit d'ingérence : L'érosion de la souveraineté se manifeste aussi par l'émergence de concepts comme le droit d'ingérence humanitaire (proposé par Bernard Kouchner dans les années 1980) ou la Responsabilité de Protéger (R2P) (adoptée par l'ONU en 2005). Ces doctrines affirment qu'en cas de violations massives des droits humains, la communauté internationale a le droit, voire le devoir, d'intervenir dans les affaires internes d'un État, même sans son consentement. Cela remet en question le principe de non-ingérence et de souveraineté absolue.

L'interdépendance croissante des États

La mondialisation a tissé un réseau complexe de dépendances mutuelles entre les États, rendant les frontières de plus en plus poreuses.

  • Flux économiques :

    • Commerce international : Les chaînes de valeur mondiales (CVM) fragmentent la production à l'échelle planétaire. Un produit peut être conçu dans un pays, fabriqué dans un autre et assemblé dans un troisième.
    • Flux financiers : Les capitaux circulent à une vitesse fulgurante, impactant les économies nationales (crises financières mondiales). Les paradis fiscaux compliquent la régulation.
    • Investissements directs étrangers (IDE) : Les entreprises investissent à l'étranger, créant des emplois mais aussi des dépendances.
  • Flux culturels :

    • Diffusion culturelle : Les médias, internet et les industries culturelles (cinéma, musique, jeux vidéo) diffusent des modèles culturels à l'échelle mondiale, parfois source d'uniformisation (américanisation) ou de résistances.
    • Tourisme : Il favorise les rencontres interculturelles mais peut aussi générer des tensions ou une marchandisation des cultures.
  • Flux migratoires : Les migrations internationales sont en augmentation, motivées par des facteurs économiques, politiques ou environnementaux. Elles créent des diasporas, des transferts de fonds (remittances) et posent des défis en termes d'intégration et de gestion des frontières.

  • Problématiques globales : De nombreux défis contemporains ne peuvent plus être gérés par un seul État. Ils nécessitent une coopération internationale.

    • Changement climatique : Émissions de GES, énergies renouvelables.
    • Pandémies : Gestion des crises sanitaires (COVID-19).
    • Terrorisme international : Coordination des renseignements et des forces de sécurité.
    • Cybercriminalité : Régulation et lutte contre les attaques informatiques. Ces problèmes démontrent que la sécurité et la prospérité d'un État sont intrinsèquement liées à celles des autres.

Les organisations internationales et la gouvernance mondiale

Face à l'interdépendance croissante et aux défis globaux, les organisations internationales (OI) sont devenues des acteurs incontournables de la gouvernance mondiale.

  • ONU (Organisation des Nations Unies) : Créée en 1945, elle vise à maintenir la paix et la sécurité internationales, développer les relations amicales entre les nations, réaliser la coopération internationale et encourager le respect des droits de l'homme. Le Conseil de Sécurité (avec ses 5 membres permanents dotés d'un droit de veto : États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) est l'organe le plus puissant. L'ONU est un forum de dialogue et un acteur humanitaire majeur.

  • OMC (Organisation Mondiale du Commerce) : Fondée en 1995 (succédant au GATT), elle a pour mission de favoriser la libéralisation du commerce international en réduisant les obstacles (droits de douane, quotas) et de régler les différends commerciaux entre ses membres. Elle incarne la mondialisation économique.

  • FMI (Fonds Monétaire International) : Créé en 1944 (accords de Bretton Woods), il a pour rôle d'assurer la stabilité financière mondiale, de faciliter le commerce international, de promouvoir l'emploi et une croissance économique durable, et de réduire la pauvreté. Il accorde des prêts aux pays en difficulté, souvent assortis de conditions strictes (plans d'ajustement structurel).

  • Gouvernance multilatérale : Elle désigne l'ensemble des mécanismes, des règles et des institutions (dont les OI) qui permettent de gérer les affaires mondiales et de résoudre les problèmes transnationaux par la coopération entre plusieurs États. C'est un mode de régulation qui tente d'organiser un monde sans gouvernement mondial unique.

Les défis de la coopération internationale

Malgré la nécessité de coopérer, la mise en œuvre de la gouvernance mondiale se heurte à de nombreux obstacles.

  • Intérêts nationaux : Chaque État défend avant tout ses propres intérêts nationaux, ce qui peut entrer en conflit avec des objectifs collectifs. Les négociations internationales sont souvent des compromis difficiles entre ces intérêts divergents.

  • Blocages : Les mécanismes de décision au sein des OI peuvent être source de blocages (ex: droit de veto au Conseil de Sécurité de l'ONU, unanimité requise pour certaines décisions dans l'UE). Le multilatéralisme peut être lent et inefficace.

  • Crises multilatérales : Le système multilatéral est régulièrement mis à l'épreuve par des crises (guerre en Ukraine, crise syrienne, retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat sous Trump). Ces crises révèlent les limites de la coopération et la fragilité du consensus international.

  • Nouveaux acteurs : L'émergence de nouvelles puissances (Chine, Inde, Brésil) remet en question la domination des puissances traditionnelles et la répartition du pouvoir au sein des OI, entraînant des demandes de réforme et de représentativité. Les acteurs non étatiques (FTN, ONG, groupes terroristes) compliquent également la prise de décision.

Chapitre 3

Les acteurs non étatiques et leur influence

Les firmes transnationales (FTN)

Les FTN sont des entreprises qui exercent leurs activités dans plusieurs pays à travers des filiales, des succursales ou des partenariats. Elles sont des acteurs majeurs de la mondialisation économique.

  • Stratégies globales : Les FTN adoptent des stratégies de production, de distribution et de commercialisation à l'échelle mondiale. Elles cherchent à optimiser leurs coûts (main-d'œuvre, matières premières, fiscalité) et à conquérir de nouveaux marchés.

  • Chaînes de valeur mondiales : Elles organisent la production en fragmentant les étapes de fabrication entre différents pays. Par exemple, un smartphone peut être conçu aux États-Unis, ses composants fabriqués en Corée du Sud, assemblé en Chine et vendu partout dans le monde. Ces chaînes de valeur créent une forte interdépendance économique et rendent les économies nationales vulnérables aux chocs extérieurs.

  • Lobbying : Les FTN exercent une pression considérable sur les gouvernements et les organisations internationales pour défendre leurs intérêts (réglementation, fiscalité, normes environnementales). Leur pouvoir économique leur confère une influence politique importante.

  • Puissance économique : Certaines FTN ont un chiffre d'affaires supérieur au PIB de certains États (ex: Walmart > PIB du Portugal). Elles sont des vecteurs de développement économique mais peuvent aussi être accusées de délocalisations, d'évasion fiscale ou de non-respect des droits sociaux et environnementaux.

Les organisations non gouvernementales (ONG)

Les ONG sont des associations à but non lucratif, indépendantes des États, qui agissent dans des domaines variés (humanitaire, environnemental, droits de l'homme, développement).

  • Action humanitaire : Des ONG comme Médecins Sans Frontières ou la Croix-Rouge interviennent lors de catastrophes naturelles ou de conflits armés pour apporter aide et assistance aux populations.

  • Défense des droits : Des organisations comme Amnesty International ou Human Rights Watch militent pour le respect des droits humains, dénoncent les violations et font pression sur les gouvernements.

  • Expertise : De nombreuses ONG développent une expertise reconnue dans leurs domaines d'action et sont consultées par les OI et les États (ex: WWF ou Greenpeace sur l'environnement).

  • Contre-pouvoir : Les ONG agissent comme des contre-pouvoirs face aux États et aux FTN. Elles peuvent mobiliser l'opinion publique, influencer les politiques publiques et alerter sur des problèmes ignorés par les acteurs traditionnels. Elles incarnent une forme de "diplomatie citoyenne".

Les groupes armés non étatiques et les réseaux transnationaux

Ces acteurs représentent une menace asymétrique pour les États et l'ordre international.

  • Terrorisme : Des groupes comme Al-Qaïda ou Daech (État Islamique) mènent des actions violentes pour atteindre des objectifs politiques, idéologiques ou religieux. Leur caractère transnational, leur capacité à recruter et à frapper partout dans le monde en font une menace majeure.

  • Criminalité organisée : Les réseaux de trafic de drogue, d'armes, d'êtres humains ou de contrefaçon opèrent à l'échelle mondiale, générant des sommes colossales et déstabilisant des régions entières. Ils peuvent parfois s'allier avec des groupes terroristes.

  • Cyberguerre : Des groupes de hackers (parfois liés à des États) mènent des attaques informatiques contre des infrastructures critiques, des entreprises ou des gouvernements. La guerre numérique est une nouvelle forme de conflit qui échappe aux frontières traditionnelles.

  • Menaces asymétriques : Ces acteurs ne respectent pas les règles de la guerre classique et utilisent des tactiques non conventionnelles. Ils exploitent la porosité des frontières et les technologies de la mondialisation pour opérer et diffuser leurs idéologies.

L'opinion publique et les médias

L'information et la perception des événements mondiaux jouent un rôle croissant dans les relations internationales.

  • Influence : Les médias (traditionnels et numériques) et les réseaux sociaux ont un pouvoir d'influence considérable sur l'opinion publique nationale et internationale. Ils peuvent orienter les débats, mettre sous pression les gouvernements et mobiliser les citoyens.

  • Information / Désinformation : La rapidité de diffusion de l'information (et de la désinformation) est un enjeu majeur. Les "fake news" et les campagnes de propagande peuvent déstabiliser des sociétés et influencer des élections.

  • Diplomatie publique : Les États et les organisations cherchent à influencer l'opinion publique étrangère en utilisant les médias, la culture et l'éducation pour promouvoir leur image et leurs intérêts. C'est le "soft power".

  • Rôle de veille : Les médias et les citoyens peuvent jouer un rôle de veille et d'alerte, en dénonçant les injustices, les violations des droits humains ou les atteintes à l'environnement, contribuant ainsi à la pression sur les décideurs politiques.

Chapitre 4

Les enjeux géopolitiques de la mondialisation

Les nouvelles conflictualités

La nature des conflits a évolué, passant majoritairement des guerres entre États à des formes plus complexes.

  • Conflits intra-étatiques : La majorité des conflits actuels sont internes aux États (guerres civiles, insurrections). Ils peuvent cependant avoir des dimensions internationales (ingérences étrangères, soutien à des factions, flux de réfugiés). Ex: conflits en Syrie, au Yémen.

  • Ressources : L'accès et le contrôle des ressources stratégiques (eau, pétrole, gaz, minerais rares, terres arables) sont des sources majeures de tensions et de conflits. Le réchauffement climatique accentue la rareté de certaines ressources, notamment l'eau.

  • Identités : Les conflits peuvent être alimentés par des revendications identitaires (ethniques, religieuses, culturelles), des nationalismes ou des sécessions. Ex: tensions au Cachemire, conflits en Afrique subsaharienne.

  • Cyberconflits : L'espace numérique est devenu un nouveau champ de confrontation. Des États ou des acteurs non étatiques mènent des cyberattaques pour espionner, saboter des infrastructures ou déstabiliser des adversaires. C'est une forme de guerre invisible et permanente.

Les inégalités et les déséquilibres mondiaux

La mondialisation a généré une croissance économique sans précédent, mais elle a aussi creusé les inégalités.

  • Nord/Sud : La fracture entre pays développés (Nord) et pays en développement (Sud) persiste, même si des pays émergents (BRICS) ont réduit l'écart. Les pays les moins avancés (PMA) restent marginalisés.

  • Développement : Les écarts de développement se manifestent par des différences d'accès à l'éducation, à la santé, à l'eau potable, à l'énergie, et par des niveaux de vie très disparates. L'Indice de Développement Humain (IDH) permet de mesurer ces inégalités.

  • Pauvreté : Malgré des progrès, des millions de personnes vivent encore dans l'extrême pauvreté. La mondialisation a pu créer de la richesse, mais sa répartition est inégale, et certaines régions (Afrique subsaharienne) sont particulièrement touchées.

  • Justice sociale : La question de la justice sociale à l'échelle mondiale se pose avec acuité. Faut-il réguler davantage la mondialisation pour réduire les inégalités ? Quels sont les devoirs des pays riches envers les plus pauvres ? Ces questions alimentent les débats et les mouvements altermondialistes.

Les défis environnementaux et sanitaires

La mondialisation a mis en lumière l'interconnexion des écosystèmes et des sociétés face aux menaces planétaires.

  • Changement climatique : Le réchauffement global, causé principalement par les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux activités humaines, est la menace majeure du XXIe siècle. Il entraîne des phénomènes extrêmes (sécheresses, inondations, tempêtes), la montée des eaux et la perte de biodiversité. La lutte contre le changement climatique nécessite une coopération mondiale, mais les engagements sont difficiles à tenir (Accords de Paris).

  • Biodiversité : La destruction des écosystèmes, la déforestation, la pollution et la surexploitation des ressources conduisent à une extinction massive des espèces. La perte de biodiversité menace l'équilibre des écosystèmes et les services qu'ils rendent à l'humanité.

  • Pandémies : La rapidité des transports et l'interconnexion des populations facilitent la propagation rapide des maladies infectieuses à l'échelle mondiale (ex: SIDA, Ebola, COVID-19). La gestion des pandémies nécessite une coordination internationale forte en matière de recherche, de prévention et de vaccination.

  • Sécurité alimentaire : Le défi est de nourrir une population mondiale croissante tout en préservant les ressources et en luttant contre le gaspillage. Les crises climatiques, les conflits et les spéculations sur les denrées agricoles peuvent entraîner des famines.

La question des migrations internationales

Les migrations sont un phénomène ancien, mais leur ampleur et leur complexité sont accentuées par la mondialisation.

  • Causes : Elles sont multiples : guerres et persécutions politiques (réfugiés), pauvreté et recherche d'emploi (migrations économiques), changement climatique (réfugiés climatiques).

  • Flux : Les principaux flux vont du Sud vers le Nord, mais aussi du Sud vers le Sud. Ils peuvent être réguliers ou irréguliers, légaux ou illégaux, et engendrent des réseaux transnationaux (parfois criminels).

  • Politiques migratoires : Les États tentent de contrôler ces flux par des politiques migratoires (ouverture, fermeture, quotas, intégration). La gestion des frontières est un enjeu majeur et souvent source de tensions politiques.

  • Crises humanitaires : Les migrations peuvent engendrer des crises humanitaires (ex: camps de réfugiés, noyades en Méditerranée). La question de l'accueil et de la protection des migrants est un défi éthique et politique pour la communauté internationale.

Chapitre 5

La France et l'Union Européenne dans la mondialisation

La place de la France dans le monde

La France, malgré son statut de puissance moyenne, conserve une influence significative sur la scène internationale.

  • Puissance moyenne : La France n'est plus une superpuissance, mais elle reste une puissance économique (7ème PIB mondial), militaire (armée moderne, force de dissuasion nucléaire), diplomatique et culturelle.

  • Diplomatie : La France est très active sur la scène diplomatique, promouvant le multilatéralisme, le droit international et la résolution pacifique des conflits. Elle est présente dans de nombreuses organisations internationales.

  • Influence culturelle : La France rayonne par sa langue (la Francophonie), sa culture (cinéma, littérature, gastronomie) et son modèle républicain. Elle utilise le "soft power" pour défendre ses valeurs.

  • Siège permanent ONU : La France est l'un des cinq membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU, ce qui lui confère un rôle particulier dans la gestion des crises et le maintien de la paix. C'est un atout diplomatique majeur, mais aussi un symbole de son statut d'ancienne puissance coloniale.

L'Union Européenne, acteur majeur de la mondialisation

L'UE est une construction politique unique qui s'est affirmée comme un acteur majeur de la scène mondiale.

  • Marché unique : L'UE est le premier marché intérieur du monde, avec une libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes. C'est une puissance commerciale et économique de premier plan.

  • Puissance normative : L'UE exporte ses normes et ses standards (environnementaux, sociaux, technologiques) à travers le monde, ce qui lui confère une influence réglementaire. C'est l'effet "Bruxelles" ou "effet de régulation par le marché" (ex: RGPD sur la protection des données).

  • Politique étrangère commune (PESC) : L'UE tente de parler d'une seule voix sur la scène internationale à travers sa Politique Étrangère et de Sécurité Commune. Cependant, les divergences d'intérêts entre États membres peuvent limiter son efficacité.

  • Défis internes et externes : L'UE est confrontée à des défis internes (Brexit, montée des nationalismes, crises économiques) et externes (concurrence de la Chine et des États-Unis, guerre en Ukraine, défis migratoires). Sa capacité à rester unie et à s'affirmer comme une puissance géopolitique est cruciale.

Les enjeux de la politique étrangère française et européenne

La politique étrangère de la France et de l'UE est guidée par plusieurs objectifs stratégiques.

  • Sécurité : Assurer la sécurité de ses citoyens et de son territoire face aux menaces (terrorisme, cyberattaques, conflits régionaux). La France est très impliquée dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, et l'UE cherche à renforcer son autonomie stratégique en matière de défense.

  • Développement : Contribuer au développement durable et à la réduction de la pauvreté dans le monde, notamment en Afrique. La France est un acteur majeur de l'aide au développement.

  • Multilatéralisme : Défendre et promouvoir un ordre international fondé sur le droit et la coopération multilatérale, en soutenant les organisations internationales et en luttant contre les tendances unilatérales.

  • Souveraineté européenne : Renforcer la capacité de l'UE à agir de manière autonome sur la scène internationale, en développant une défense commune, une politique industrielle et technologique forte, et une voix unique pour défendre ses intérêts et ses valeurs. Il s'agit de concilier la souveraineté nationale de chaque État membre avec une souveraineté européenne partagée.

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