Éducation nationale françaiseLangue vivante 1 (LV1)Première générale21 min de lecture

Les propositions subordonnees

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Première générale

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Chapitre 1

Introduction aux Propositions Subordonnées

Définition et rôle de la proposition subordonnée

Pour comprendre les propositions subordonnées, il faut d'abord saisir la notion de phrase complexe. Une phrase complexe contient au moins deux verbes conjugués. Chaque verbe conjugué correspond à une proposition.

  • Proposition principale : C'est le "cœur" de la phrase complexe. Elle peut exister seule et a un sens complet. Elle ne dépend d'aucune autre proposition.
  • Proposition subordonnée : C'est une proposition qui dépend grammaticalement et sémantiquement de la proposition principale (ou d'une autre subordonnée). Elle ne peut pas exister seule et n'a pas de sens complet en dehors de la proposition dont elle dépend. Elle est toujours introduite par un mot subordonnant.

Le rôle principal d'une proposition subordonnée est d'ajouter des informations (temps, cause, conséquence, but, condition, explication, etc.) à la proposition principale, ou de compléter un élément de celle-ci (un nom, un verbe). Elle permet d'exprimer des idées plus complexes et d'enrichir le sens de la phrase.

Lien de dépendance : C'est ce qui unit la proposition subordonnée à la proposition principale. La subordonnée est "subordonnée" (soumise) à la principale.

Exemple : Je pense que tu as raison.

  • "Je pense" = proposition principale
  • "que tu as raison" = proposition subordonnée (dépend de "pense")

Les différents types de propositions

En français, les propositions peuvent être reliées de différentes manières au sein d'une phrase complexe :

  1. Propositions indépendantes :

    • Elles ont un sens complet et ne dépendent d'aucune autre proposition. Chacune pourrait former une phrase à elle seule.
    • Elles peuvent être reliées par :
      • Juxtaposition : Les propositions sont simplement placées côte à côte, séparées par un signe de ponctuation faible (virgule, point-virgule, deux-points). Exemple : Il pleut, je reste à la maison.
      • Coordination : Les propositions sont reliées par une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car). Exemple : Il pleut et je reste à la maison.
  2. Propositions principales et subordonnées :

    • Comme vu précédemment, la proposition subordonnée dépend de la principale. Elles sont liées par un mot subordonnant.

Comprendre cette distinction est fondamental pour l'analyse grammaticale. Une phrase complexe peut contenir plusieurs propositions, qui peuvent être indépendantes, principales ou subordonnées.

Identification des subordonnées

Pour identifier une proposition subordonnée, suivez ces étapes :

  1. Repérer tous les verbes conjugués : Chaque verbe conjugué représente une proposition.
  2. Identifier les mots subordonnants : Ce sont les "indices" qui signalent une subordonnée. Ils peuvent être :
    • Des conjonctions de subordination (que, quand, puisque, bien que, si, etc.)
    • Des pronoms relatifs (qui, que, dont, où, lequel, etc.)
    • Des mots interrogatifs dans les interrogatives indirectes (si, pourquoi, comment, etc.)
  3. Délimiter la subordonnée : La subordonnée commence généralement par le mot subordonnant et se termine avant le début d'une nouvelle proposition ou à la fin de la phrase.
  4. Déterminer la fonction grammaticale : Une fois identifiée, il faut comprendre le rôle de la subordonnée par rapport à la proposition principale. Est-ce qu'elle complète un verbe, un nom, ou apporte une information circonstancielle ?

Exemple : Je sais que tu viendras quand il fera beau.

  • Verbes conjugués : "sais", "viendras", "fera". Il y a 3 propositions.
  • "Je sais" : proposition principale.
  • "que tu viendras" : proposition subordonnée conjonctive. Elle est introduite par "que" et complète le verbe "sais" (fonction COD).
  • "quand il fera beau" : proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de temps. Elle est introduite par "quand" et donne une information sur le moment où tu viendras.

Chapitre 2

La Proposition Subordonnée Conjonctive

La conjonctive complétive

La subordonnée conjonctive complétive est essentielle à la principale. Elle complète un verbe et est généralement supprimable.

  • Introduite par 'que' : C'est le subordonnant le plus courant pour les complétives. Elle peut aussi être introduite par "à ce que", "de ce que".
  • Fonction COD/COI :
    • Complément d'objet direct (COD) du verbe de la principale : C'est le cas le plus fréquent. Elle répond à la question "Qui ?" ou "Quoi ?" après le verbe. Exemple : Je crois que tu as raison. (Je crois quoi ? Que tu as raison.)
    • Complément d'objet indirect (COI) : Plus rare, elle est introduite par "à ce que" ou "de ce que". Exemple : Je tiens à ce que tu sois là. (Je tiens à quoi ?)
  • Verbes introducteurs : Elles complètent souvent des verbes de pensée (croire, penser, savoir, imaginer), de déclaration (dire, affirmer, déclarer), de sentiment (aimer, regretter, craindre), de volonté (vouloir, souhaiter, ordonner).
  • Subjonctif ou indicatif :
    • Indicatif : Après les verbes de déclaration, d'opinion, de connaissance quand l'action est présentée comme une certitude. Exemple : Je sais qu'il viendra. (Certitude)
    • Subjonctif : Après les verbes de volonté, de sentiment, de doute, de crainte, ou lorsque la principale est négative ou interrogative. Exemple : Je souhaite qu'il vienne. (Volonté) ; Je doute qu'il vienne. (Doute) ; Je ne crois pas qu'il soit là. (Négation)

La complétive ne peut pas être déplacée ni supprimée sans altérer le sens de la phrase.

La conjonctive circonstancielle (1ère partie)

Les propositions subordonnées conjonctives circonstancielles apportent une information sur les circonstances de l'action du verbe principal (temps, cause, conséquence, but, condition, concession, etc.). Elles sont généralement déplaçables et supprimables.

  • Introduite par une conjonction de subordination ou une locution conjonctive (quand, lorsque, parce que, puisque, afin que, bien que, si, etc.).
  • Fonction complément circonstanciel : Elles jouent le rôle d'un complément circonstanciel du verbe de la principale.

1. Complétive circonstancielle de temps : Indique le moment où se déroule l'action. * Mots subordonnants : quand, lorsque, pendant que, tandis que, au moment où, dès que, aussitôt que, après que, avant que (avec subjonctif), jusqu'à ce que (avec subjonctif), etc. * Exemple : Quand il est arrivé, nous sommes partis. (À quel moment ? Quand il est arrivé.) * Exemple : Je t'attendrai jusqu'à ce que tu reviennes. (Subjonctif après "jusqu'à ce que")

2. Complétive circonstancielle de cause : Indique la raison, l'explication de l'action. * Mots subordonnants : parce que, puisque, comme (en début de phrase), étant donné que, du fait que, sous prétexte que, vu que, etc. * Exemple : Parce qu'il pleuvait, nous sommes restés à l'intérieur. (Pourquoi ? Parce qu'il pleuvait.) * Exemple : Comme il était fatigué, il s'est couché tôt. (Notez la place de "comme" en début de phrase.)

La conjonctive circonstancielle (2ème partie)

3. Complétive circonstancielle de conséquence : Exprime le résultat, l'effet de l'action principale. * Mots subordonnants : si bien que, de sorte que, au point que, tellement que, etc. * Exemple : Il a tellement plu que les rues sont inondées. (Quel est le résultat ? Les rues sont inondées.) * Attention à ne pas confondre avec la cause. La conséquence décrit ce qui arrive APRÈS, la cause ce qui arrive AVANT.

4. Complétive circonstancielle de but : Indique l'objectif, la finalité de l'action. Toujours au subjonctif. * Mots subordonnants : pour que, afin que, de peur que (avec ne explétif), de crainte que (avec ne explétif). * Exemple : Je travaille dur pour que tu réussisses. (Dans quel but ? Pour que tu réussisses.) * Exemple : Il parle doucement de peur qu'on ne l'entende.

5. Complétive circonstancielle de condition/hypothèse : Exprime la condition nécessaire à la réalisation de l'action principale. * Mots subordonnants : si, à condition que (subjonctif), pourvu que (subjonctif), à moins que (subjonctif et ne explétif), pour peu que (subjonctif). * Exemple avec "si" : Si tu viens, je serai content. (Condition : tu viens) * Si + présent -> Futur simple * Si + imparfait -> Conditionnel présent * Si + plus-que-parfait -> Conditionnel passé * Exemple avec subjonctif : À condition que tu viennes, je sortirai.

6. Complétive circonstancielle de concession/opposition : Exprime une opposition ou une difficulté qui n'empêche pas la réalisation de l'action principale. Souvent au subjonctif. * Mots subordonnants : bien que, quoique, même si (indicatif), alors que, tandis que, quand bien même (conditionnel). * Exemple : Bien qu'il soit fatigué, il continue à travailler. (Subjonctif) * Exemple : Même s'il pleut, nous irons nous promener. (Indicatif)

Chapitre 3

La Proposition Subordonnée Relative

Définition et rôle de la relative

La proposition subordonnée relative est une expansion du nom. Elle apporte une information supplémentaire sur un nom ou un pronom (appelé antécédent) de la proposition principale.

  • Introduite par un pronom relatif : C'est la caractéristique principale. Le pronom relatif remplace l'antécédent et évite la répétition.
  • Antécédent : C'est le mot (nom ou pronom) que le pronom relatif reprend et auquel la relative se rapporte. L'antécédent est toujours dans la proposition principale.
  • Fonction complément de l'antécédent : La relative a la fonction de complément de l'antécédent. Elle peut être vue comme un adjectif qui donne des précisions sur le nom.
  • Expansion du nom : Elle fait partie des expansions du nom, au même titre que l'adjectif qualificatif ou le complément du nom.

Exemple : J'ai lu le livre que tu m'as prêté.

  • "le livre" est l'antécédent.
  • "que tu m'as prêté" est la proposition subordonnée relative.
  • "que" est le pronom relatif qui reprend "le livre".

Le pronom relatif a une double fonction : il relie la subordonnée à la principale ET il a une fonction grammaticale (sujet, COD, COI, etc.) au sein de la subordonnée.

Les pronoms relatifs simples

Ce sont les pronoms les plus courants :

  • Qui :
    • Fonction Sujet dans la subordonnée. Peut désigner une personne ou une chose. Exemple : Le garçon qui chante est mon frère. ("qui" est le sujet de "chante")
    • Peut aussi être COI précédé d'une préposition (à qui, pour qui, avec qui...). Exemple : La personne à qui j'ai parlé est partie.
  • Que :
    • Fonction COD (complément d'objet direct) dans la subordonnée. Peut désigner une personne ou une chose. Exemple : Le livre que j'ai lu est intéressant. ("que" est le COD de "ai lu", il remplace "le livre")
    • Attention : ne pas confondre le pronom relatif "que" (COD) avec la conjonction de subordination "que" (introduisant une complétive).
  • Dont :
    • Remplace un complément introduit par "de" (de qui, de quoi).
    • Fonction COI (d'un verbe), Complément du nom, Complément de l'adjectif. Exemple (COI) : C'est l'ami dont je te parle. (Je parle de cet ami) Exemple (Complément du nom) : J'ai vu la maison dont les volets sont bleus. (Les volets de la maison sont bleus) Exemple (Complément de l'adjectif) : C'est une histoire dont je suis fier. (Je suis fier de cette histoire)
  • :
    • Remplace un complément de lieu ou de temps.
    • Fonction Complément circonstanciel de lieu ou de temps. Exemple (Lieu) : La ville je suis né est jolie. (Je suis né dans cette ville) Exemple (Temps) : Le jour il est arrivé, il faisait beau. (Il est arrivé ce jour-là)

Les pronoms relatifs composés

Ils sont formés à partir de l'article défini et de "quel". Ils varient en genre et en nombre et sont souvent précédés d'une préposition.

  • Lequel, laquelle, lesquels, lesquelles :
    • Utilisés après une préposition (sur, dans, avec, pour, sans, etc.) pour des choses. Exemple : La table sur laquelle j'ai posé le livre est en bois.
    • Peuvent aussi remplacer "qui" ou "que" pour des choses quand il y a une ambiguïté sur l'antécédent. Exemple : J'ai parlé au frère de mon ami, lequel m'a raconté son voyage. (Évite l'ambiguïté si "qui" aurait pu se rapporter à "ami")
  • Auquel, à laquelle, auxquels, auxquelles : Contractions de "à" + "lequel/laquelle/lesquels/lesquelles".
    • Utilisés après la préposition "à". Exemple : C'est le projet auquel nous avons beaucoup travaillé. (Nous avons travaillé à ce projet)
  • Duquel, de laquelle, desquels, desquelles : Contractions de "de" + "lequel/laquelle/lesquels/lesquelles".
    • Utilisés après la préposition "de". Exemple : Les difficultés desquelles nous sortons sont nombreuses. (Nous sortons de ces difficultés)
    • Attention : ne pas confondre avec "dont" qui remplace uniquement "de" sans préposition supplémentaire.
  • Accord du pronom relatif : Le pronom relatif s'accorde en genre et en nombre avec son antécédent (sauf "qui", "que", "dont", "où" qui sont invariables). Pour les pronoms composés, l'accord est évident.
  • Emploi spécifique : Les pronoms relatifs composés sont souvent préférés pour la clarté, surtout quand il y a plusieurs antécédents possibles ou pour des antécédents de choses après une préposition.

Relative déterminative et explicative

La ponctuation est cruciale pour distinguer ces deux types de relatives, car elle modifie le sens de la phrase.

  1. Relative déterminative (ou restrictive) :

    • Sans virgule : Elle est directement collée à l'antécédent.
    • Elle est indispensable au sens de la phrase. Elle apporte une information essentielle qui permet d'identifier ou de restreindre l'antécédent. Si on la supprime, le sens change ou devient incomplet.
    • Exemple : Les élèves qui ont réussi iront en voyage. (Seuls les élèves qui ont réussi iront en voyage. Si on retire la relative, tous les élèves iraient en voyage.)
  2. Relative explicative (ou non restrictive) :

    • Avec virgule(s) : Elle est isolée par une virgule (si elle est en fin de phrase) ou par deux virgules (si elle est au milieu de la phrase).
    • Elle apporte une information supplémentaire, une précision, un commentaire sur l'antécédent, mais elle n'est pas essentielle à son identification. On peut la supprimer sans modifier le sens fondamental de la phrase.
    • Exemple : Les élèves, qui ont tous travaillé dur, iront en voyage. (Tous les élèves iront en voyage, et la relative ajoute qu'ils ont tous travaillé dur.)

La ponctuation est le seul indice qui permet de distinguer une relative déterminative d'une relative explicative. C'est un point souvent évalué.

Chapitre 4

La Proposition Subordonnée Interrogative Indirecte

Définition et formation

La proposition subordonnée interrogative indirecte est une question qui est intégrée à une autre phrase, sans utiliser la forme interrogative directe. Elle est une subordonnée essentielle du verbe de la principale.

  • Question indirecte : Elle rapporte une interrogation, mais de manière subordonnée.
  • Verbes introducteurs : Elle dépend toujours d'un verbe de la principale qui exprime une interrogation, un savoir, un doute, une demande. Exemples : demander, savoir, ignorer, se demander, vouloir savoir, dire, expliquer, comprendre, etc.
  • Absence de point d'interrogation : Puisqu'elle est indirecte et subordonnée, elle se termine par un point.
  • Fonction COD : La proposition interrogative indirecte a toujours la fonction de complément d'objet direct du verbe de la principale. Exemple : Je me demande s'il viendra. (Je me demande quoi ?)

Les mots interrogatifs

Le mot subordonnant qui l'introduit dépend du type de question directe qu'elle transforme.

  1. Interrogation totale (réponse par oui/non possible) :

    • Introduite par si. Exemple : Viendra-t-il ? (question directe) -> Je me demande s'il viendra. Exemple : Est-ce que tu as faim ? -> Il me demande si j'ai faim.
  2. Interrogation partielle (réponse par une information spécifique) :

    • Introduite par les mots interrogatifs : qui, que (devient ce que), quoi (devient ce que ou ce qui), , quand, comment, pourquoi, lequel (laquelle, lesquels, lesquelles), combien (de).
    • Qui :
      • Sujet : Qui est là ? -> Je ne sais pas qui est là.
      • COD : Qui as-tu vu ? -> Il demande qui j'ai vu.
    • Que / Quoi :
      • "Que" (COD) et "Quoi" (souvent après préposition) deviennent ce que ou ce qui.
      • Que fais-tu ? -> Elle veut savoir ce que tu fais.
      • À quoi penses-tu ? -> Il me demande à quoi je pense.
      • Qu'est-ce qui s'est passé ? -> Je ne comprends pas ce qui s'est passé.
    • Où, quand, comment, pourquoi :
      • Où vas-tu ? -> Il veut savoir où tu vas.
      • Quand partira-t-il ? -> Je me demande quand il partira.
    • Lequel, laquelle, etc. :
      • Lequel préfères-tu ? -> Il me demande lequel je préfère.
    • Combien (de) :
      • Combien de livres as-tu ? -> Il demande combien de livres j'ai.

Pièges et erreurs courantes

  • Inversion sujet/verbe : Contrairement à l'interrogation directe, il n'y a jamais d'inversion du sujet dans l'interrogative indirecte. L'ordre sujet-verbe est conservé. Exemple : Où vas-tu ? (directe, inversion) -> Dis-moi où tu vas. (indirecte, pas d'inversion)
  • Concordance des temps : Si le verbe de la principale est au passé, le temps du verbe de l'interrogative indirecte doit s'adapter (concordance des temps). Exemple : Il demande : "Quand viendras-tu ?" -> Il demande quand il viendrait. (futur simple devient conditionnel présent) Exemple : Il a demandé : "Quand es-tu venu ?" -> Il a demandé quand il était venu. (passé composé devient plus-que-parfait)
  • Emploi de 'est-ce que' : "Est-ce que" disparaît complètement dans l'interrogative indirecte. Exemple : Est-ce qu'il pleut ? -> Je me demande s'il pleut.
  • Style indirect : L'interrogative indirecte est une forme de style indirect. Il faut adapter les pronoms personnels, les possessifs et les indicateurs de temps/lieu. Exemple : Il m'a dit : "Je viendrai demain." -> Il m'a dit qu'il viendrait le lendemain.

Les interrogatives indirectes sont des complétives particulières, toujours COD du verbe de la principale.

Chapitre 5

Autres types de Propositions Subordonnées

La proposition subordonnée infinitive

Elle est caractérisée par un verbe à l'infinitif.

  • Verbe à l'infinitif : Le verbe de la subordonnée n'est pas conjugué, il est à l'infinitif.
  • Sujet propre : C'est la particularité essentielle : la subordonnée infinitive a un sujet différent de celui de la proposition principale. Ce sujet est souvent un pronom ou un groupe nominal.
  • Verbes introducteurs : Elle dépend de verbes dits "verbes de perception" ou "verbes factitifs" (qui font faire). Les plus courants sont : faire, laisser, voir, entendre, sentir, regarder, écouter.
  • Fonction COD : La subordonnée infinitive est généralement COD du verbe introducteur. Exemple : J'ai vu les enfants jouer dans le jardin. ("les enfants" est le sujet de "jouer", différent de "je") Exemple : Il a laissé son frère partir. ("son frère" est le sujet de "partir") Exemple : Je fais réparer ma voiture. ("ma voiture" est le sujet de "réparer" au sens passif)

Attention : Si le sujet est le même, il ne s'agit pas d'une subordonnée infinitive mais d'un infinitif complément du verbe (Ex: "Je veux partir").

La proposition subordonnée participiale

Elle est construite autour d'un verbe au participe (présent ou passé).

  • Verbe au participe présent ou passé : Le verbe de la subordonnée est au participe.
  • Sujet propre : Comme l'infinitive, la participiale a un sujet qui lui est propre, différent de celui de la principale.
  • Valeur circonstancielle : Elle exprime une circonstance (temps, cause, condition, concession) par rapport à l'action de la principale.
  • Absence de mot subordonnant : C'est sa particularité. Elle n'est introduite par aucune conjonction ou pronom relatif. Elle est souvent encadrée par des virgules.

Exemple (Participe présent) : Le soleil se levant, les oiseaux se sont mis à chanter. (Quand le soleil s'est levé : valeur temporelle)

  • "Le soleil" est le sujet de "se levant". Exemple (Participe passé) : La leçon apprise, l'élève a pu répondre. (Parce que la leçon était apprise : valeur causale)
  • "La leçon" est le sujet de "apprise".

Ces constructions sont souvent utilisées pour alléger le style et éviter des subordonnées conjonctives plus lourdes.

Chapitre 6

Analyse et Réécriture des Propositions Subordonnées

Méthodologie d'analyse

Une analyse rigoureuse des propositions subordonnées est essentielle pour la compréhension et la production de textes.

  1. Identifier la principale : C'est la fondation. Elle peut exister seule.
  2. Identifier le subordonnant : Cherchez les "mots-clés" (que, qui, quand, si, etc.).
  3. Délimiter la subordonnée : Elle commence par le subordonnant et se termine là où une nouvelle proposition commence ou la phrase s'achève.
  4. Déterminer la fonction :
    • Est-elle essentielle (complétive, interrogative indirecte) ou non (circonstancielle, relative explicative) ?
    • Quel est son rôle par rapport à la principale ? COD, COI, complément du nom (pour la relative), complément circonstanciel (temps, cause, etc.).
  5. Préciser la nature : Est-ce une conjonctive (complétive ou circonstancielle), une relative, une interrogative indirecte, une infinitive, une participiale ?

Exemple : Il est parti parce qu'il était en retard.

  • Principale : "Il est parti."
  • Subordonnant : "parce que".
  • Subordonnée : "parce qu'il était en retard."
  • Fonction : Complément circonstanciel de cause.
  • Nature : Proposition subordonnée conjonctive circonstancielle de cause.

Transformation et réécriture

Maîtriser les subordonnées permet d'enrichir et de varier le style.

  • Passage de subordonnée à groupe nominal : Pour alléger le style et le rendre plus concis.
    • Exemple : Il est venu parce qu'il était malade. -> Il est venu à cause de sa maladie. (Subordonnée causale -> Groupe nominal)
    • Exemple : Il a exprimé le souhait qu'il viendrait. -> Il a exprimé le souhait de sa venue. (Subordonnée complétive -> Groupe nominal)
  • Passage de subordonnée à proposition indépendante : Pour mettre en valeur l'information ou créer un effet de style.
    • Exemple : Il est parti, car il était en retard. (Subordonnée conjonctive -> Indépendante coordonnée)
  • Enrichissement du style, éviter les répétitions : Les subordonnées permettent de lier les idées de manière fluide, d'ajouter des détails sans alourdir la phrase. Utiliser des pronoms relatifs évite de répéter un nom.
    • Exemple : J'ai lu un livre. Le livre est intéressant. -> J'ai lu un livre qui est intéressant.
  • Varier les constructions : Alterner entre des phrases simples, des juxtapositions, des coordinations et des subordinations pour un texte plus dynamique.

Erreurs fréquentes et conseils

  • Accord des temps et modes : C'est une source majeure d'erreurs, surtout avec le subjonctif après certains verbes ou conjonctions (but, concession, condition) et la concordance des temps en style indirect.
    • Conseil : Apprenez par cœur les cas qui exigent le subjonctif.
  • Ponctuation : Cruciale pour les relatives explicatives, les circonstancielles déplaçables, et pour éviter les ambigüités.
    • Conseil : Relisez toujours vos phrases en vous posant la question "Cette information est-elle essentielle ou juste une précision ?"
  • Choix du subordonnant : Bien choisir le pronom relatif ou la conjonction en fonction du sens et de la fonction.
    • Conseil : Ne confondez pas "que" pronom relatif (COD) et "que" conjonction de subordination.
  • Clarté de l'expression : Une subordonnée mal construite peut rendre la phrase lourde ou incompréhensible.
    • Conseil : Si une phrase devient trop longue avec trop de subordonnées imbriquées, essayez de la scinder en plusieurs phrases plus courtes ou de reformuler.

En maîtrisant ces différents types de propositions subordonnées, vous développerez une écriture plus riche, plus précise et grammaticalement plus correcte.

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