Éducation nationale françaiseLangue vivante 2 (LV2)Première générale23 min de lecture

Les propositions subordonnees

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Chapitre 1

Introduction aux propositions subordonnées

Qu'est-ce qu'une proposition subordonnée ?

Dans la langue française, une phrase peut être simple ou complexe. Une phrase simple contient un seul verbe conjugué (une seule proposition). Une phrase complexe, elle, contient plusieurs verbes conjugués, et donc plusieurs propositions.

Une proposition subordonnée est une partie de la phrase qui dépend syntaxiquement d'une autre proposition, appelée proposition principale. Elle ne peut pas exister seule et a besoin de la principale pour avoir un sens complet. C'est comme une petite voiture qui est attachée à une plus grande : la petite voiture (subordonnée) suit la grande (principale) et ne peut pas rouler toute seule.

La subordonnée est toujours introduite par un mot subordonnant (conjonction de subordination, pronom relatif, mot interrogatif) qui la relie à la proposition principale.

Key Concepts:

  • Proposition : Un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué.
  • Indépendance vs dépendance : Une proposition indépendante peut exister seule. Une proposition subordonnée ne le peut pas.
  • Rôle dans la phrase complexe : La subordonnée complète ou précise un élément de la proposition principale.

Exemple :

  • Je pense que tu réussiras.
    • "Je pense" : proposition principale
    • "que tu réussiras" : proposition subordonnée (dépend de "Je pense")

Distinction avec la proposition principale

La proposition principale est la proposition "maîtresse" de la phrase complexe. C'est elle qui donne son sens général à la phrase et dont dépendent les propositions subordonnées. Contrairement à la subordonnée, la proposition principale peut généralement exister seule en devenant une phrase simple.

Comment les distinguer ?

  1. Identification du verbe principal : La proposition principale contient le verbe qui exprime l'action ou l'état le plus important de la phrase.
  2. Lien de subordination : La subordonnée est TOUJOURS introduite par un mot subordonnant. La principale, elle, n'est pas introduite par un tel mot (sauf si elle est elle-même subordonnée à une autre proposition, mais c'est un cas plus complexe).
  3. Autonomie syntaxique : Essayez de retirer la subordonnée de la phrase. Si la partie restante (la principale) a toujours un sens grammaticalement correct, alors vous l'avez identifiée.

Tableau comparatif :

CaractéristiqueProposition PrincipaleProposition Subordonnée
Peut exister seuleOui (généralement)Non
Est introduite parRien (ou par une conjonction de coordination si elle est coordonnée à une autre principale)Un mot subordonnant (que, qui, quand, si, etc.)
Dépend deAucune autre proposition (dans la phrase simple)La proposition principale
RôleÉnonce l'idée principaleComplète, précise, modifie un élément de la principale

Exemple :

  • Il est parti parce qu'il était fatigué.
    • "Il est parti" : proposition principale (peut exister seule)
    • "parce qu'il était fatigué" : proposition subordonnée (ne peut pas exister seule, introduite par "parce que")

Les différents types de subordonnées : aperçu général

Il existe plusieurs catégories de propositions subordonnées, chacune ayant un rôle et une structure spécifiques. Nous les étudierons en détail par la suite, mais voici un premier aperçu :

  1. Les subordonnées nominales (ou complétives) : Elles fonctionnent comme un nom ou un groupe nominal. Elles peuvent être COD, COI, complément d'adjectif, etc.

    • Exemple : Je souhaite que tu viennes. ("que tu viennes" est COD du verbe "souhaite")
  2. Les subordonnées relatives : Elles complètent un nom ou un pronom (appelé antécédent) de la proposition principale. Elles sont introduites par un pronom relatif.

    • Exemple : J'aime le livre que tu m'as prêté. ("que tu m'as prêté" complète "livre")
  3. Les subordonnées circonstancielles : Elles apportent des précisions sur les circonstances de l'action de la principale (temps, cause, but, conséquence, condition, opposition, etc.).

    • Exemple : Quand il fait beau, nous sortons. ("Quand il fait beau" indique le temps)
  4. Les subordonnées interrogatives indirectes : Elles rapportent une question sans la poser directement. Elles fonctionnent souvent comme COD d'un verbe de demande ou de savoir.

    • Exemple : Je me demande s'il viendra. ("s'il viendra" est COD du verbe "se demande")

Chaque type de subordonnée a ses propres introducteurs et règles de construction.

Chapitre 2

Les propositions subordonnées complétives (nominales)

La subordonnée conjonctive introduite par 'que'

C'est la plus courante des complétives. Elle est introduite par la conjonction de subordination 'que'.

Fonction : Le plus souvent, elle est complément d'objet direct (COD) du verbe de la proposition principale. Elle peut aussi être :

  • Complément d'objet indirect (COI) si le verbe de la principale est suivi d'une préposition (ex: Je tiens à ce que tu réussisses).
  • Complément d'un nom ou d'un adjectif.

Après quels verbes ? On la trouve après des verbes exprimant :

  • La déclaration ou la communication : dire, affirmer, déclarer, écrire, annoncer...
    • Il a dit qu'il serait en retard.
  • L'opinion ou la pensée : penser, croire, estimer, supposer, douter (à la forme négative)...
    • Je crois que c'est une bonne idée.
  • La volonté, le sentiment, la crainte : vouloir, souhaiter, aimer, regretter, craindre... (ces verbes entraînent souvent le subjonctif)
    • Je souhaite que tu viennes.
  • La perception : voir, entendre, sentir...
    • Je vois qu'il est fatigué.

Concordance des temps : C'est un point crucial. Le temps du verbe de la subordonnée dépend du temps du verbe de la principale.

  • Si la principale est au présent ou au futur de l'indicatif :
    • L'action de la subordonnée est simultanée ou postérieure : Indicatif présent ou futur.
      • Je pense qu'il vient. (simultané)
      • Je pense qu'il viendra. (postérieur)
    • L'action de la subordonnée est antérieure : Indicatif passé composé ou imparfait.
      • Je pense qu'il est venu.
  • Si la principale est au passé (passé composé, imparfait, passé simple) :
    • L'action de la subordonnée est simultanée ou postérieure : Indicatif imparfait ou conditionnel présent.
      • Je pensais qu'il venait. (simultané)
      • Je pensais qu'il viendrait. (postérieur)
    • L'action de la subordonnée est antérieure : Indicatif plus-que-parfait.
      • Je pensais qu'il était venu.

Attention : Après les verbes exprimant la volonté, le sentiment, la crainte, le doute (à la forme affirmative), on utilise le subjonctif quelle que soit la concordance.

  • Je regrette qu'il parte.
  • Il craignait qu'elle ne réussisse pas. (ne explétif)

La subordonnée interrogative indirecte

Elle rapporte une question sans la formuler directement. Elle est toujours rattachée à un verbe de la principale exprimant la demande, l'ignorance, la connaissance, le doute, etc. (demander, savoir, ignorer, se demander, dire, etc.).

Introducteurs :

  • 'si' : quand la question initiale est totale (réponse par oui/non).
    • Question directe : "Viendra-t-il ?" \rightarrow Question indirecte : Je me demande s'il viendra.
  • Mots interrogatifs : qui, que, quoi, comment, pourquoi, où, quand, combien, quel(le)(s)...
    • Question directe : "Où vas-tu ?" \rightarrow Question indirecte : Dis-moi où tu vas.
    • Question directe : "Que fait-il ?" \rightarrow Question indirecte : Elle ne sait pas ce qu'il fait. (Attention : "ce que" ou "ce qui" quand "que" ou "qui" sont pronoms interrogatifs)

Caractéristiques :

  • Absence d'inversion sujet/verbe : Contrairement à la question directe, le sujet reste avant le verbe.
    • Je me demande s'il viendra. (et non "s'il viendra-t-il")
  • Pas de point d'interrogation final.
  • Fonction COD : Le plus souvent, elle est COD du verbe de la principale.
    • Je voudrais savoir quand le train arrive. ("quand le train arrive" est COD du verbe "savoir")

La subordonnée infinitive et participiale

Ces types de subordonnées sont moins courants en français moderne et sont souvent considérés comme des constructions particulières plutôt que des subordonnées "classiques" avec un introducteur. Elles ont la particularité d'avoir un verbe non conjugué.

  1. La subordonnée infinitive :

    • Le verbe est à l'infinitif.
    • Elle a son propre sujet distinct de celui de la principale.
    • Elle est souvent COD de verbes de perception (voir, entendre, sentir) ou de verbes faire, laisser.
    • Elle n'est pas introduite par un mot subordonnant, ce qui la rend difficile à identifier pour certains linguistes comme une "vraie" subordonnée.
    • Exemple : J'ai vu les enfants jouer dans le jardin. ("les enfants" est le sujet de "jouer", et la subordonnée infinitive est COD de "ai vu")
    • Exemple : Il a laissé la porte ouverte. (on peut analyser "la porte" comme sujet de "ouverte" qui est ici un participe passé employé comme adjectif, ou plus couramment "la porte ouverte" comme un groupe nominal avec un adjectif)
  2. La subordonnée participiale :

    • Le verbe est au participe présent ou passé.
    • Elle a son propre sujet distinct de celui de la principale.
    • Elle exprime souvent une circonstance (temps, cause, manière).
    • Elle n'est pas introduite par un mot subordonnant.
    • Exemple : La nuit tombée, nous sommes rentrés. ("la nuit" est le sujet de "tombée", exprime le temps)
    • Exemple : Les élèves ayant fini leur travail, ils purent sortir. ("les élèves" est le sujet de "ayant fini", exprime la cause)

Ces constructions sont plus littéraires et sont utilisées pour condenser l'information ou varier le style.

Chapitre 3

Les propositions subordonnées relatives

Rôle et formation des propositions relatives

Une proposition subordonnée relative a pour rôle de compléter un nom ou un pronom (appelé son antécédent) de la proposition principale. Elle fonctionne comme un adjectif qualificatif ou un complément du nom.

Formation : Elle est toujours introduite par un pronom relatif. Ce pronom relatif remplace l'antécédent et évite sa répétition. Le pronom relatif a une fonction grammaticale (sujet, COD, COI, complément circonstanciel, etc.) au sein de la subordonnée relative elle-même.

Les pronoms relatifs simples :

  • qui
  • que
  • quoi (rare, après "ce" ou "rien")
  • dont

Les pronoms relatifs composés :

  • lequel, laquelle, lesquels, lesquelles (et leurs formes contractées : auquel, auxquels, auxquelles, duquel, desquels, desquelles)
  • à qui, de qui (pour les personnes)

Exemple :

  • J'ai lu le livre. Ce livre est passionnant. \rightarrow J'ai lu le livre qui est passionnant.
    • "qui est passionnant" : proposition subordonnée relative
    • "le livre" : antécédent
    • "qui" : pronom relatif (sujet du verbe "est" dans la relative)

Choix du pronom relatif

Le choix du pronom relatif est crucial et dépend de deux facteurs :

  1. La nature de l'antécédent (personne, chose, lieu, temps).
  2. La fonction du pronom relatif dans la subordonnée elle-même.

Tableau des pronoms relatifs et de leurs fonctions :

Pronom relatifAntécédentFonction dans la subordonnéeExemple
QuiPersonne/choseSujet du verbeL'homme qui parle est mon père.
QuePersonne/choseCOD du verbeLe film que j'ai vu était excellent.
QuoiNeutre (ce, rien)COD ou COI (après prép.)Ce à quoi je pense est important.
DontPersonne/choseComplément du nom, COI (verbe avec "de"), Complément d'agent (passif)C'est le livre dont je t'ai parlé. (parler de)
C'est l'auteur dont j'admire le style. (le style de l'auteur)
Lieu/TempsComplément de lieu ou de tempsLa ville où je suis né est jolie.
Le jour où je l'ai rencontrée.
Lequel, laquelle, lesquels, lesquellesChose (parfois personne)Après une préposition (à, de, avec, pour, sur, etc.)La table sur laquelle j'ai posé le livre.
Auquel, à laquelle, auxquels, auxquellesChose (parfois personne)COI (verbe avec "à") ou Complément d'adjectif/nom (après "à")Le problème auquel nous faisons face.
Duquel, de laquelle, desquels, desquellesChose (parfois personne)COI (verbe avec "de") ou Complément du nom (après "de")Le projet duquel il est question.

Attention :

  • "Que" devient "qu'" devant une voyelle ou un h muet (le livre qu'il a lu).
  • "Qui" ne s'élide jamais (l'homme qui est là).
  • "Quoi" est souvent précédé de "ce" (Ce à quoi je pense).

Relatives déterminatives et explicatives

La ponctuation joue un rôle clé pour distinguer deux types de propositions relatives, qui n'apportent pas la même information.

  1. La relative déterminative (ou restrictive) :

    • Elle est indispensable au sens de la phrase. Elle apporte une information essentielle qui permet d'identifier l'antécédent parmi d'autres.
    • Elle n'est pas séparée par des virgules de son antécédent.
    • Sans elle, le sens de la phrase changerait ou serait incomplet.
    • Exemple : Les élèves qui ont bien travaillé ont réussi. (Implique que seuls certains élèves ont réussi, ceux qui ont bien travaillé).
  2. La relative explicative (ou non restrictive) :

    • Elle apporte une information supplémentaire sur l'antécédent, qui est déjà clairement identifié. Cette information n'est pas essentielle à la compréhension de l'antécédent.
    • Elle est toujours encadrée par des virgules (ou des tirets, des parenthèses).
    • On pourrait la supprimer sans que le sens général de la phrase soit altéré, même si l'information est perdue.
    • Exemple : Les élèves, qui étaient épuisés, sont rentrés chez eux. (Tous les élèves sont rentrés. L'information "qui étaient épuisés" est un détail supplémentaire).

Impact sur le sens : La présence ou l'absence de virgules peut modifier radicalement le sens d'une phrase.

  • Les étudiants qui ont une bonne moyenne iront en voyage. (Seuls ceux qui ont une bonne moyenne iront en voyage. C'est une sélection.)
  • Les étudiants, qui ont une bonne moyenne, iront en voyage. (Tous les étudiants iront en voyage, et on précise qu'ils ont tous une bonne moyenne. C'est une information générale sur le groupe.)

Chapitre 4

Les propositions subordonnées circonstancielles

La subordonnée de temps

Elle indique le moment où se déroule l'action de la principale. Elle répond à la question "Quand ?".

Introducteurs courants :

  • Quand, lorsque, tandis que, pendant que, alors que (simultanéité)
  • Dès que, aussitôt que, sitôt que, au moment où (immédiateté)
  • Avant que (antériorité - subjonctif)
  • Après que (postériorité - indicatif)
  • Depuis que (point de départ)
  • Jusqu'à ce que (limite - subjonctif)
  • Chaque fois que, toutes les fois que (répétition)

Concordance des temps : C'est un aspect important.

  • Simultanéité :
    • Si principale au présent \rightarrow sub. au présent : Je lis quand tu écris.
    • Si principale au passé \rightarrow sub. à l'imparfait : Je lisais quand tu écrivais.
  • Antériorité :
    • Si principale au présent \rightarrow sub. au passé composé : Je sors dès que j'ai fini.
    • Si principale au futur \rightarrow sub. au futur antérieur : Je sortirai dès que j'aurai fini. (ou présent de l'indicatif pour une action future certaine)
    • Attention : "Avant que" exige le subjonctif. Il faut finir avant qu'il ne parte.
  • Postériorité :
    • "Après que" est suivi de l'indicatif. Il est parti après qu'il a mangé. (erreur fréquente avec le subjonctif)
    • "Jusqu'à ce que" exige le subjonctif. Attendez jusqu'à ce que j'arrive.

La subordonnée de cause et de conséquence

Ces subordonnées expriment un lien logique fondamental entre deux faits.

  1. La subordonnée de cause :

    • Elle explique la raison, l'origine de l'action de la principale. Elle répond à la question "Pourquoi ?".
    • Introducteurs : parce que, puisque, comme, étant donné que, sous prétexte que, du fait que, non que (suivi du subjonctif)...
    • Emploi :
      • Parce que : cause nouvelle, réponse à "pourquoi". Il est absent parce qu'il est malade.
      • Puisque : cause connue de tous, justification. Puisque tu es là, aide-moi ! (souvent en tête de phrase)
      • Comme : cause connue, souvent en tête de phrase. *Comme il pleut, nous restons. *
      • Non que : cause niée, suivie du subjonctif. Il ne viendra pas, non qu'il soit malade, mais il est occupé.
    • Expression du lien logique : La cause est l'explication d'un fait.
  2. La subordonnée de conséquence :

    • Elle exprime le résultat, l'effet de l'action de la principale. Elle répond à la question "Avec quel résultat ?".
    • Introducteurs : si bien que, de sorte que, de manière que, au point que, tellement que, si... que, tant... que, assez... pour que (sujet différent, subjonctif)...
    • Emploi :
      • Indiquent un résultat. Il a tellement mangé qu'il est malade.
      • "Si... que", "tant... que", "tellement... que" sont souvent construits avec un adverbe ou un adjectif dans la principale. Il est si grand qu'il touche le plafond.
      • "Assez... pour que", "trop... pour que" exigent le subjonctif. Il est trop fatigué pour qu'il puisse sortir.
    • Expression du lien logique : La conséquence est le résultat d'un fait.
    • Attention : "De sorte que", "de manière que" peuvent exprimer le but si le verbe est au subjonctif. Parlez clairement de sorte que tout le monde comprenne (but). Il a parlé clairement de sorte que tout le monde a compris (conséquence).

La subordonnée de but et de concession/opposition

  1. La subordonnée de but (ou finale) :

    • Elle indique l'objectif, l'intention de l'action de la principale. Elle répond à la question "Dans quel but ?".
    • Introducteurs : pour que, afin que, de crainte que, de peur que (suivent toujours le subjonctif).
    • Emploi :
      • Je travaille pour que tu réussisses.
      • Il parle doucement de peur qu'il ne réveille le bébé. (ne explétif)
    • Si le sujet de la principale et de la subordonnée est le même, on utilise une préposition + infinitif : Je travaille pour réussir.
  2. La subordonnée de concession / opposition :

    • La concession : Elle exprime un fait qui est en contradiction avec celui de la principale, mais qui n'empêche pas sa réalisation. (Malgré cela, quand même).
      • Introducteurs : bien que, quoique, malgré que (familier, mais de plus en plus admis), encore que, quand bien même (suivent le subjonctif). Même si (indicatif).
      • Emploi : Bien qu'il soit fatigué, il continue de travailler.
      • Même s'il pleut, nous sortirons.
    • L'opposition : Elle met en parallèle deux faits différents ou contraires, mais sans idée d'empêchement.
      • Introducteurs : tandis que, alors que, pendant que (suivent l'indicatif).
      • Emploi : Il aime le sport, tandis que sa sœur préfère la lecture.

La subordonnée de condition et de comparaison

  1. La subordonnée de condition (ou hypothétique) :

    • Elle exprime une condition ou une hypothèse nécessaire à la réalisation de l'action de la principale.
    • Introducteurs : si, à condition que, pourvu que, pour peu que, à moins que, en admettant que, au cas où...
    • Emploi du subjonctif ou de l'indicatif :
      • 'Si' :
        • Si + présent \rightarrow futur simple / présent / impératif : Si tu viens, je serai content. / Si tu viens, je suis content. / Si tu viens, appelle-moi.
        • Si + imparfait \rightarrow conditionnel présent : Si tu venais, je serais content. (hypothèse peu probable)
        • Si + plus-que-parfait \rightarrow conditionnel passé : Si tu étais venu, j'aurais été content. (hypothèse irréalisable)
      • Autres conjonctions :
        • À condition que, pourvu que, pour peu que, à moins que, en admettant que : toujours suivies du subjonctif.
          • Je viendrai à condition que tu sois là.
          • Il ne viendra pas à moins qu'il ne soit invité. (ne explétif)
        • Au cas où : suivi du conditionnel.
          • Au cas où il viendrait, préviens-moi.
  2. La subordonnée de comparaison :

    • Elle établit une comparaison entre deux faits ou deux qualités.
    • Introducteurs : comme, ainsi que, de même que, plus...que, moins...que, aussi...que, tel que, selon que, suivant que.
    • Emploi :
      • Comparaison d'égalité : comme, de même que, aussi...que.
        • Il chante comme un rossignol.
        • Il est aussi intelligent qu'il est travailleur.
      • Comparaison de supériorité / infériorité : plus...que, moins...que.
        • Il travaille plus qu'il ne le devrait. (ne explétif)
      • Comparaison d'analogie : tel que, selon que.
        • Il a agi tel que je l'avais prévu.
    • Mode : Généralement l'indicatif.

Chapitre 5

Synthèse et exercices pratiques

Récapitulatif des fonctions et des introducteurs

Pour bien maîtriser les propositions subordonnées, il est essentiel de connaître les mots qui les introduisent et leur fonction principale.

Tableau synthétique des types de subordonnées :

Type de subordonnéeFonction principaleIntroducteurs clésMode du verbe (le plus souvent)
Complétive (en "que")COD (souvent)QueIndicatif / Subjonctif
Interrogative indirecteCOD (souvent)Si, qui, que, quoi, comment, où, quand, pourquoi, quel(le)(s)...Indicatif
RelativeComplément de l'antécédentQui, que, quoi, dont, où, lequel, etc.Indicatif
Circonstancielle de TempsComplément de tempsQuand, lorsque, dès que, avant que, après que, jusqu'à ce que...Indicatif / Subjonctif
Circonstancielle de CauseComplément de causeParce que, puisque, comme, sous prétexte que...Indicatif
Circonstancielle de ConséquenceComplément de conséquenceSi bien que, de sorte que, tellement que, si... que...Indicatif / Subjonctif
Circonstancielle de ButComplément de butPour que, afin que, de crainte que, de peur que...Subjonctif
Circonstancielle de ConcessionComplément de concessionBien que, quoique, même si, quand bien même...Subjonctif / Indicatif
Circonstancielle d'OppositionComplément d'oppositionTandis que, alors queIndicatif
Circonstancielle de ConditionComplément de conditionSi, à condition que, pourvu que, au cas où...Indicatif / Subjonctif / Conditionnel
Circonstancielle de ComparaisonComplément de comparaisonComme, plus...que, moins...que, aussi...que...Indicatif

Mots subordonnants clés :

  • Conjonctions de subordination : que, quand, lorsque, comme, parce que, puisque, si, bien que, pour que, afin que, etc.
  • Pronoms relatifs : qui, que, quoi, dont, où, lequel, laquelle, etc.
  • Mots interrogatifs : qui, que, quoi, où, comment, pourquoi, quand, quel(le)(s).

Analyse de phrases complexes

Pour analyser une phrase complexe, suivez ces étapes :

  1. Repérez tous les verbes conjugués : Chaque verbe conjugué correspond à une proposition.
  2. Identifiez le(s) mot(s) subordonnant(s) : Cela vous aidera à délimiter les propositions subordonnées.
  3. Délimitez les propositions : Encadrez la proposition principale et chaque proposition subordonnée.
  4. Identifiez la proposition principale : C'est celle qui n'est pas introduite par un subordonnant et qui peut exister seule.
  5. Identifiez le type de chaque subordonnée :
    • Est-elle introduite par un pronom relatif ? \rightarrow Relative.
    • Est-elle introduite par "que" et complète un verbe ? \rightarrow Complétive.
    • Rapporte-t-elle une question ? \rightarrow Interrogative indirecte.
    • Exprime-t-elle le temps, la cause, le but, etc. ? \rightarrow Circonstancielle (préciser le type).
  6. Justifiez votre choix : Expliquez pourquoi vous avez identifié ce type de subordonnée (introducteur, fonction, sens).

Exemple d'analyse :

  • Bien qu'il soit très talentueux, cet artiste ne connaît pas encore le succès que ses œuvres méritent et il doute qu'il puisse un jour en vivre.

    1. Verbes : soit, connaît, méritent, doute, puisse vivre.
    2. Mots subordonnants : Bien que, que (deux fois), qu'.
    3. Découpage :
      • [Bien qu'il soit très talentueux], [cet artiste ne connaît pas encore le succès] [que ses œuvres méritent] et [il doute] [qu'il puisse un jour en vivre].
    4. Principales :
      • "cet artiste ne connaît pas encore le succès" (peut exister seule)
      • "il doute" (peut exister seule, coordonnée à la première principale par "et")
    5. Subordonnées :
      • "Bien qu'il soit très talentueux" : proposition subordonnée circonstancielle de concession. (Introduite par "bien que", exprime une contradiction)
      • "que ses œuvres méritent" : proposition subordonnée relative. (Introduite par "que", antécédent "le succès", "que" est COD de "méritent")
      • "qu'il puisse un jour en vivre" : proposition subordonnée complétive. (Introduite par "qu'", COD du verbe "doute")

Production de phrases complexes variées

L'objectif est de pouvoir utiliser ces structures pour enrichir votre expression écrite et orale.

Consignes :

  • Intégrez différents types : Essayez de construire des phrases qui contiennent plusieurs types de subordonnées.
  • Maîtrisez la concordance des temps : Veillez à ce que les temps des verbes soient corrects, surtout avec le subjonctif.
  • Améliorez le style : Les subordonnées permettent d'éviter la répétition et de créer des phrases plus fluides et précises.

Exemples à construire ou transformer :

  1. À partir de phrases simples, créez une phrase complexe :

    • Il pleut. Nous resterons à la maison. \rightarrow Puisqu'il pleut, nous resterons à la maison. (cause)
    • J'ai acheté un livre. Ce livre est très intéressant. \rightarrow J'ai acheté un livre qui est très intéressant. (relative)
  2. Exprimez une idée avec différentes subordonnées :

    • Cause : Il est fatigué parce qu'il a trop travaillé.
    • Conséquence : Il a tant travaillé qu'il est fatigué.
    • Concession : Bien qu'il ait trop travaillé, il n'est pas fatigué.
  3. Rédigez un court paragraphe en utilisant au moins trois types de subordonnées différents.

    • Alors que le soleil se couchait, je me suis demandé si j'avais bien fermé la porte de la maison que j'avais quittée le matin. J'ai craint qu'un problème ne survienne pendant mon absence, même si je savais que tout était en ordre.

En pratiquant régulièrement l'identification et la production de propositions subordonnées, vous développerez une meilleure compréhension de la structure de la phrase française et améliorerez considérablement votre maîtrise de la langue.

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