Les subordonnées
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Chapitre 1
Introduction aux Subordonnées
Qu'est-ce qu'une proposition subordonnée ?
Dans la langue française, une phrase peut être simple (composée d'une seule proposition indépendante) ou complexe. Une phrase complexe contient au moins deux propositions : une proposition principale et une ou plusieurs propositions subordonnées.
Une proposition subordonnée est une partie de phrase qui dépend grammaticalement d'une autre proposition (généralement la principale) et ne peut pas exister seule. Elle apporte une information complémentaire à la proposition principale, qu'il s'agisse d'un complément d'objet, d'un complément de nom, ou d'une indication de temps, de cause, etc.
Rôle dans la phrase complexe :
- Elle enrichit le sens de la phrase principale.
- Elle est souvent introduite par un mot subordonnant (conjonction de subordination, pronom relatif, adverbe interrogatif).
- Elle ne peut pas être supprimée sans altérer le sens ou la structure grammaticale de la phrase.
Distinction avec la proposition principale : La proposition principale est la proposition autonome qui donne son sens général à la phrase. La subordonnée, elle, est "subordonnée" (dépendante) à la principale.
- Exemple : "Je pense qu'il viendra."
- "Je pense" est la proposition principale.
- "qu'il viendra" est la proposition subordonnée.
Les différents types de subordonnées
Il existe plusieurs catégories de propositions subordonnées, classées selon leur fonction grammaticale et le type de relation qu'elles entretiennent avec la proposition principale. Comprendre cette classification est essentiel pour bien les identifier et les utiliser.
Classification générale :
- Les subordonnées complétives : Elles complètent un verbe (COD, COI) ou un adjectif. Elles sont essentielles au sens de la phrase.
- Les subordonnées relatives : Elles complètent un nom ou un pronom (l'antécédent) et fonctionnent comme un adjectif.
- Les subordonnées circonstancielles : Elles apportent une information sur les circonstances de l'action (temps, cause, conséquence, but, condition, opposition, etc.).
Fonction grammaticale : Chaque type de subordonnée a une fonction spécifique :
- Complétive : Complément d'Objet Direct (COD), Complément d'Objet Indirect (COI) ou Complément d'adjectif.
- Relative : Complément du nom (ou de l'antécédent).
- Circonstancielle : Complément circonstanciel (de temps, de cause, etc.).
Connecteurs introducteurs : Les subordonnées sont introduites par des mots spécifiques, appelés subordonnants ou connecteurs. Ces mots sont cruciaux pour identifier le type de subordonnée.
- "que", "qui", "quand", "si", "parce que", "afin que", etc.
Identifier la subordonnée
Pour bien analyser une phrase complexe, il est fondamental de savoir repérer et délimiter la subordonnée.
Repérer le subordonnant : La première étape consiste à identifier le mot qui introduit la subordonnée. C'est souvent une conjonction de subordination, un pronom relatif ou un mot interrogatif.
- Exemples : "Il a dit qu'il arriverait tard." ("que") ; "Le livre que tu m'as prêté est intéressant." ("que") ; "Je me demande s'il viendra." ("si").
Délimiter la proposition : Une fois le subordonnant trouvé, la subordonnée commence à partir de ce mot et se termine généralement avant la proposition principale ou à la fin de la phrase. Pour la délimiter, on cherche le groupe sujet-verbe qui lui est propre.
- Exemple : "Il est parti après que j'ai sonné à sa porte."
- Subordonnant : "après que"
- Sujet de la subordonnée : "j'"
- Verbe de la subordonnée : "ai sonné"
- La subordonnée est : "après que j'ai sonné à sa porte".
Analyse de la structure : Après avoir délimité la subordonnée, on peut analyser sa fonction et son type. On se pose les questions suivantes :
- Quel est le mot introducteur ?
- À quoi se rapporte cette subordonnée ? (un verbe ? un nom ? la phrase entière ?)
- Quel sens apporte-t-elle ? (complément d'objet ? information sur le nom ? circonstance ?)
La maîtrise de l'identification est la clé pour comprendre l'ensemble des subordonnées.
Chapitre 2
Les Subordonnées Complétives
La subordonnée conjonctive (que)
C'est la forme la plus courante de subordonnée complétive. Elle est introduite par la conjonction de subordination que (ou qu' devant une voyelle/h muet).
-
Introduction par 'que' : Elle complète un verbe qui exprime une déclaration, une opinion, un sentiment, une volonté, une perception, etc.
- Exemples :
- Je pense qu'il a raison. (COD du verbe "penser")
- Il affirme qu'il viendra. (COD du verbe "affirmer")
- J'espère que tu seras là. (COD du verbe "espérer")
- Exemples :
-
Fonction de COD ou COI :
- Majoritairement COD : "Je crois que c'est vrai." (Je crois quoi ?)
- Parfois COI, après certains verbes construits avec une préposition : "Je tiens à ce que tu sois heureux." (Je tiens à quoi ?) – Notez l'introduction par "à ce que".
-
Concordance des temps : C'est un point crucial. Le temps du verbe dans la subordonnée dépend du temps du verbe de la principale.
- Si principale au présent/futur : Subordonnée au présent, futur ou subjonctif selon le sens.
- Je pense qu'il est là. (Présent)
- Je crois qu'il viendra. (Futur)
- Je doute qu'il vienne. (Subjonctif – après un verbe de doute)
- Si principale au passé : Subordonnée à l'imparfait, au plus-que-parfait ou au conditionnel passé.
- J'ai pensé qu'il était là. (Imparfait)
- J'ai cru qu'il viendrait. (Conditionnel présent pour une action future par rapport au passé)
- J'avais douté qu'il fût venu. (Subjonctif plus-que-parfait – rare)
- Si principale au présent/futur : Subordonnée au présent, futur ou subjonctif selon le sens.
La subordonnée interrogative indirecte
Elle rapporte une question sans la citer directement. Elle est souvent le COD d'un verbe comme "demander", "savoir", "se demander", "ignorer", "dire", "comprendre".
-
Introduction par 'si', 'où', 'quand', 'comment', 'pourquoi', etc. :
- "si" introduit une question fermée (oui/non).
- Je me demande s'il pleuvra demain. (Question directe : "Pleuvra-t-il demain ?")
- Les adverbes interrogatifs (où, quand, comment, pourquoi) ou déterminants/pronoms interrogatifs (quel, quelle, qui, que, quoi) introduisent des questions ouvertes.
- Il ne sait pas où il va. (Question directe : "Où va-t-il ?")
- Dis-moi quand tu arrives. (Question directe : "Quand arrives-tu ?")
- Je voudrais savoir ce que tu as fait. (Question directe : "Qu'as-tu fait ?")
- "si" introduit une question fermée (oui/non).
-
Absence d'inversion sujet-verbe : C'est une caractéristique essentielle. Contrairement à l'interrogation directe, il n'y a jamais d'inversion du sujet dans l'interrogative indirecte.
- Incorrect : Je lui demande viendra-t-il.
- Correct : Je lui demande s'il viendra.
-
Fonction de COD : La subordonnée interrogative indirecte est presque toujours COD du verbe de la principale.
- Je lui demande ce qu'il veut. (Je lui demande quoi ?)
La subordonnée infinitive
C'est une subordonnée particulière car son verbe est à l'infinitif.
-
Verbe à l'infinitif : Le verbe de la subordonnée n'est pas conjugué.
- Exemple : J'entends les oiseaux chanter.
-
Sujet propre distinct : Le sujet de l'infinitif n'est pas le même que celui du verbe de la principale. Il est souvent placé avant l'infinitif.
- Dans "J'entends les oiseaux chanter", "Je" est le sujet de "entends", et "les oiseaux" est le sujet de "chanter". S'il n'y avait pas de sujet distinct, ce ne serait pas une subordonnée infinitive mais une proposition infinitive simple (ex: "Je veux manger").
-
Fonction de COD : La subordonnée infinitive est généralement COD des verbes de perception (voir, entendre, sentir, écouter, regarder) ou de certains verbes de volonté/causatifs (faire, laisser).
- Je vois le train arriver. (Je vois quoi ?)
- Il fait les enfants travailler. (Il fait quoi ?)
La subordonnée participiale
Similaire à l'infinitive, son verbe est au participe (présent ou passé). Elle est plus rare et souvent considérée comme une construction autonome.
-
Verbe au participe présent ou passé :
- Participe présent : Le temps le permettant, nous sortirons.
- Participe passé : La vaisselle faite, il se reposa.
-
Sujet propre distinct : Comme pour l'infinitive, le sujet de la participiale est différent de celui de la principale.
- Dans "Le temps le permettant, nous sortirons", "Le temps" est le sujet de "permettant", "nous" est le sujet de "sortirons".
-
Valeur circonstancielle : Bien qu'elle soit parfois classée avec les complétives (par certains grammairiens), elle a souvent une valeur circonstancielle (cause, temps, condition...).
- Le vent soufflant fort, nous avons fermé les fenêtres. (Cause : Parce que le vent soufflait fort).
- Le livre lu, elle le rangea. (Temps : Après avoir lu le livre).
- Ce travail achevé, vous pourrez partir. (Condition : Si ce travail est achevé).
Chapitre 3
Les Subordonnées Relatives
Rôle et fonction de la relative
-
Complément de l'antécédent : La subordonnée relative se place généralement juste après le nom ou le pronom qu'elle complète. C'est ce nom ou pronom qui est son antécédent.
- Exemple : L'homme qui parle est mon père. ("qui parle" complète "l'homme").
-
Expansion du nom : Elles enrichissent le groupe nominal, comme le ferait un adjectif ou un complément du nom. Elles permettent d'éviter la répétition de l'antécédent.
- Au lieu de "J'ai lu un livre. Ce livre était intéressant.", on dit "J'ai lu un livre qui était intéressant."
-
Pronoms relatifs simples et composés : Les relatives sont introduites par un pronom relatif. Il en existe deux types :
- Simples : qui, que, quoi, dont, où.
- Composés : lequel, laquelle, lesquels, lesquelles (avec leurs formes contractées : auquel, duquel, etc.). Le choix du pronom relatif est essentiel et dépend de la fonction qu'il occupe dans la subordonnée.
Les pronoms relatifs simples
Ce sont les plus courants. Chacun a une fonction grammaticale spécifique à l'intérieur de la subordonnée.
-
Qui :
- Fonction : Toujours sujet de la subordonnée. Peut désigner une personne ou une chose.
- Exemples :
- L'enfant qui joue est mon fils. ("qui" est sujet de "joue").
- La voiture qui roule vite est dangereuse. ("qui" est sujet de "roule").
-
Que :
- Fonction : Toujours COD (complément d'objet direct) de la subordonnée. Peut désigner une personne ou une chose.
- Exemples :
- Le livre que tu lis est passionnant. ("que" est COD de "lis").
- La personne que j'ai rencontrée est sympathique. ("que" est COD de "ai rencontrée").
-
Quoi :
- Fonction : Rarement utilisé comme pronom relatif simple, il est généralement précédé d'une préposition et a pour antécédent un pronom indéfini (rien, quelque chose, ce) ou "tout".
- Exemple : Il n'y a rien à quoi je pense. ("quoi" est COI de "pense" introduit par "à").
-
Dont :
- Fonction : Remplace un complément introduit par la préposition de (complément du nom, COI, complément d'adjectif).
- Exemples :
- Le voisin dont la maison a brûlé est triste. (La maison de qui ? "dont" remplace "de qui" et est complément du nom "maison").
- C'est le problème dont il parlait. (Il parlait de quoi ? "dont" remplace "de quoi" et est COI de "parlait").
- Je suis fier des progrès dont tu as fait preuve. (Tu as fait preuve de quoi ? "dont" remplace "de quoi").
-
Où :
- Fonction : Complément de lieu ou de temps.
- Exemples :
- La ville où je suis né est belle. ("où" est CCL de "suis né").
- Le jour où il est arrivé, il faisait beau. ("où" est CCT de "est arrivé").
-
Accord du verbe : Le verbe de la subordonnée relative s'accorde avec le pronom relatif s'il est sujet (donc avec l'antécédent).
- C'est moi qui ai fait cette erreur. (Le verbe "avoir" s'accorde avec "moi", car "qui" reprend "moi").
Les pronoms relatifs composés
Ils sont formés de l'article défini (le, la, les) et de "quel". Ils sont utilisés après une préposition ou pour lever une ambiguïté.
-
Lequel, laquelle, lesquels, lesquelles :
- Ils sont utilisés après une préposition (à, de, pour, avec, sur, sous, dans, etc.).
- Ils s'accordent en genre et en nombre avec l'antécédent.
- Exemples :
- La table sur laquelle j'ai posé le livre est en bois. ("laquelle" reprend "la table", fém. sing.)
- Les amis avec lesquels je suis parti sont sympas. ("lesquels" reprend "les amis", masc. plur.)
-
Prépositions et pronoms composés :
- Avec la préposition "à" : auquel (masc. sing.), à laquelle (fém. sing.), auxquels (masc. plur.), auxquelles (fém. plur.).
- Le projet auquel je pense est ambitieux.
- Avec la préposition "de" : duquel (masc. sing.), de laquelle (fém. sing.), desquels (masc. plur.), desquelles (fém. plur.).
- Les difficultés desquelles il parlait sont nombreuses. (Moins courant que "dont").
- Avec la préposition "à" : auquel (masc. sing.), à laquelle (fém. sing.), auxquels (masc. plur.), auxquelles (fém. plur.).
-
Usage spécifique :
- Ils sont préférés à "qui" ou "que" après une préposition pour plus de clarté, surtout quand l'antécédent est une chose.
- Ils peuvent éviter l'ambiguïté de "qui" ou "que" lorsque plusieurs noms sont présents avant la relative.
- Exemple ambigu : "J'ai parlé au frère de ma voisine qui est malade." (Qui est malade ? Le frère ou la voisine ?)
- Exemple clair : "J'ai parlé au frère de ma voisine lequel est malade." (C'est le frère qui est malade).
- Exemple clair : "J'ai parlé au frère de ma voisine laquelle est malade." (C'est la voisine qui est malade).
Relative déterminative et explicative
La ponctuation change le sens de la subordonnée relative.
-
Rôle sémantique :
-
Déterminative (ou restrictive) : Elle est essentielle pour identifier l'antécédent. Elle restreint son sens. Elle ne peut pas être supprimée sans changer le sens de la phrase.
- Exemple : Les élèves qui ont travaillé ont réussi. (Seuls les élèves qui ont travaillé ont réussi. Implique qu'il y en a d'autres qui n'ont pas travaillé).
-
Explicative (ou non restrictive) : Elle apporte une information complémentaire sur l'antécédent, mais cette information n'est pas nécessaire pour l'identifier. Elle peut être supprimée sans que le sens général de la phrase ne soit altéré.
- Exemple : Mon frère, qui est très intelligent, a résolu le problème. (Mon frère est déjà identifié ; l'information sur son intelligence est un ajout).
-
-
Ponctuation (virgules) :
- La relative déterminative n'est jamais encadrée par des virgules.
- La relative explicative est toujours encadrée par des virgules (ou par une virgule si elle est en fin de phrase).
-
Sens de la phrase : La ponctuation est cruciale pour le sens.
- "Les étudiants qui ont révisé ont eu de bonnes notes." (Seuls ceux qui ont révisé).
- "Les étudiants, qui ont révisé, ont eu de bonnes notes." (Tous les étudiants ont révisé, et ils ont tous eu de bonnes notes).
Chapitre 4
Les Subordonnées Circonstancielles
Subordonnées de temps
Elles indiquent le moment où se déroule l'action de la principale.
-
Connecteurs : Quand, lorsque, pendant que, alors que, au moment où, avant que, après que, depuis que, dès que, aussitôt que, tant que, jusqu'à ce que, etc.
-
Antériorité, simultanéité, postériorité :
- Simultanéité : Les actions se déroulent en même temps.
- Pendant que tu dormais, j'ai travaillé.
- Il lit quand il voyage.
- Antériorité : L'action de la subordonnée se passe avant celle de la principale.
- Avant que tu n'arrives, j'avais déjà préparé le dîner. (Attention au "ne explétif" après "avant que").
- Postériorité : L'action de la subordonnée se passe après celle de la principale.
- Il partira dès qu'il aura fini.
- Nous mangerons après que tu seras rentré.
- Simultanéité : Les actions se déroulent en même temps.
-
Concordance des temps : Très importante.
- "Quand" + indicatif : "Quand il vient, je suis content." ; "Quand il viendra, je serai content."
- "Avant que" + subjonctif : "Parle-lui avant qu'il ne parte."
- "Après que" + indicatif : "Il est parti après qu'il a dîné." (Attention, l'emploi du subjonctif après "après que" est une erreur courante).
- "Jusqu'à ce que" + subjonctif : "Attends jusqu'à ce qu'il revienne."
Subordonnées de cause et de conséquence
Elles expliquent pourquoi (cause) ou ce qui résulte (conséquence) de l'action principale.
-
Expression de la cause :
- Connecteurs : Parce que, puisque, comme, étant donné que, sous prétexte que, etc.
- La subordonnée de cause répond à la question "Pourquoi ?".
- Exemples :
- Il est fatigué parce qu'il a trop travaillé.
- Comme il pleut, nous resterons à la maison. (Souvent en début de phrase).
- Puisqu'il ne veut pas venir, nous irons sans lui. (Cause déjà connue).
-
Expression de la conséquence :
- Connecteurs : Si bien que, de sorte que, de manière que, tellement que, au point que, si... que, tant... que, etc.
- La subordonnée de conséquence exprime le résultat de l'action de la principale.
- Exemples :
- Il a tant mangé qu'il est malade.
- Il a étudié si bien qu'il a réussi son examen.
- Il parle si vite qu'on ne le comprend pas.
Subordonnées de but et de concession
Elles indiquent l'objectif (but) ou une opposition inattendue (concession).
-
Expression du but :
- Connecteurs : Pour que, afin que, de peur que, de crainte que.
- Toujours suivies du subjonctif.
- Exemples :
- Je travaille pour que mes enfants aient un bel avenir.
- Parle plus fort afin qu'on t'entende.
- Il a fermé la porte de peur qu'il ne fasse froid. (Ne explétif après "de peur que/de crainte que").
-
Expression de l'opposition/concession :
- Connecteurs : Bien que, quoique, même si, alors que, tandis que, quand bien même.
- Expriment une opposition entre deux faits, l'un n'empêchant pas l'autre.
- "Bien que" et "quoique" sont suivis du subjonctif.
- Bien qu'il soit fatigué, il continue à travailler.
- Quoique tu dises, je ne te crois pas.
- "Même si" et "alors que" sont suivis de l'indicatif.
- Même s'il pleut, nous sortirons.
- Il est parti alors que je voulais lui parler.
- "Quand bien même" est suivi du conditionnel.
- Quand bien même il refuserait, je tenterais ma chance.
Subordonnées de condition et de comparaison
Elles expriment une hypothèse (condition) ou un rapprochement (comparaison).
-
Expression de la condition/hypothèse :
- Connecteurs : Si, à condition que, pourvu que, à moins que, en cas que.
- La plus courante est celle introduite par "si".
- Si + présent, futur : Si tu viens, je serai content.
- Si + imparfait, conditionnel présent : Si tu venais, je serais content.
- Si + plus-que-parfait, conditionnel passé : Si tu étais venu, j'aurais été content.
- "À condition que", "pourvu que", "à moins que" sont suivis du subjonctif.
- Je viendrai à condition que tu sois là.
- Tu réussiras pourvu que tu travailles.
- Nous irons, à moins qu'il ne pleuve. (Ne explétif).
-
Expression de la comparaison :
- Connecteurs : Comme, ainsi que, de même que, plus... que, moins... que, mieux que, tel que, tel un, comme si.
- Exemples :
- Il chante comme un rossignol chante. (Souvent on omet le verbe dans la subordonnée).
- Il est plus grand que je ne le pensais. (Ne explétif possible).
- Il agit comme s'il était le chef. (Après "comme si", toujours l'imparfait ou le plus-que-parfait).
Chapitre 5
Utilisation et Style des Subordonnées
Choisir le bon subordonnant
Le choix du subordonnant est crucial car il véhicule des nuances de sens spécifiques. Une erreur de subordonnant peut changer radicalement le message.
-
Nuances de sens :
- Exemple : "Je l'ai fait parce que tu me l'as demandé." (Cause objective) vs "Je l'ai fait puisque tu me l'as demandé." (Cause connue, acceptée, ou évidence).
- Exemple : "Je viendrai si tu m'invites." (Condition pure) vs "Je viendrai à condition que tu m'invites." (Condition plus stricte, avec une exigence).
-
Contexte d'utilisation : Certains subordonnants sont plus formels (ex: "afin que") que d'autres (ex: "pour que"). Adaptez votre choix au registre de langue.
-
Éviter les répétitions : Pour un style fluide, variez les connecteurs plutôt que d'utiliser toujours le même. Par exemple, alternez "parce que", "comme", "puisque" pour exprimer la cause.
Ponctuation des subordonnées
La ponctuation joue un rôle majeur dans la clarté et le sens des phrases complexes.
-
Règles de virgules :
- Subordonnées complétives (en "que", interrogatives indirectes) : Généralement pas de virgule.
- Je crois qu'il viendra.
- Je me demande s'il est là.
- Subordonnées relatives :
- Déterminatives (essentielles) : Pas de virgule.
- Les personnes qui rient sont joyeuses.
- Explicatives (ajout d'information) : Toujours encadrées par des virgules.
- Mon voisin, qui est médecin, m'a aidé.
- Déterminatives (essentielles) : Pas de virgule.
- Subordonnées circonstancielles :
- Si elles sont placées après la principale : Pas de virgule (sauf si elles sont très longues ou si l'on veut marquer une pause).
- Nous sortirons quand il fera beau.
- Si elles sont placées avant la principale : Virgule obligatoire.
- Quand il fera beau, nous sortirons.
- Si elles sont insérées dans la principale : Encadrées par des virgules.
- Le film, parce qu'il était trop long, a ennuyé les spectateurs.
- Si elles sont placées après la principale : Pas de virgule (sauf si elles sont très longues ou si l'on veut marquer une pause).
- Subordonnées complétives (en "que", interrogatives indirectes) : Généralement pas de virgule.
-
Impact sur le sens : Comme vu avec les relatives, une virgule peut changer tout le sens de la phrase.
- "J'ai vu mon ami qui était triste." (Seul l'ami triste, parmi d'autres, a été vu).
- "J'ai vu mon ami, qui était triste." (J'ai vu mon ami, et il se trouvait qu'il était triste).
-
Clarté de la phrase : Une ponctuation correcte aide le lecteur à comprendre la structure de la phrase et les relations entre les idées.
Varier les structures de phrases
Un texte composé uniquement de phrases simples ou d'un seul type de subordonnée devient vite monotone et peu expressif.
-
Enrichir le style : L'alternance de phrases courtes et de phrases plus longues avec des subordonnées variées rend le texte plus dynamique et intéressant.
- Au lieu de : "Il a étudié. Il a réussi. Il était content."
- Préférez : "Parce qu'il avait beaucoup étudié, il a réussi son examen, ce qui l'a rendu très content."
-
Éviter la monotonie : Utilisez différents types de subordonnées (complétives, relatives, circonstancielles) pour exprimer des idées complexes de manière fluide.
-
Fluidité de l'expression : Les subordonnées permettent de lier les idées de manière logique et élégante, évitant ainsi des phrases hachées ou répétitives.
Erreurs courantes à éviter
Même si les subordonnées sont des outils puissants, elles sont aussi source de nombreuses erreurs.
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Mauvaise concordance des temps : C'est l'une des erreurs les plus fréquentes, surtout avec les subjonctifs et les temps du passé.
- Incorrect : "Il faut que je sois allé le voir." (Subjonctif présent : "Il faut que j'aille le voir.")
- Incorrect : "Il a dit qu'il vient demain." (Conditionnel présent : "Il a dit qu'il viendrait demain.")
- Incorrect : "Après qu'il soit parti, j'ai rangé." (Indicatif passé composé : "Après qu'il est parti, j'ai rangé.")
-
Choix incorrect du pronom relatif : Confondre "qui", "que", "dont", "où" ou les pronoms composés.
- Incorrect : "C'est la personne que je parle." (On parle à quelqu'un, ou de quelqu'un. Il faudrait "à qui", "de qui", ou "dont").
- Correct : "C'est la personne à qui je parle." ou "C'est la personne dont je parle."
-
Confusion entre types de subordonnées : Par exemple, confondre une interrogative indirecte et une relative.
- "Je me demande qui est venu." (Interrogative indirecte, "qui" est sujet du verbe de la subordonnée).
- "Je connais l'homme qui est venu." (Relative, "qui" reprend "l'homme" et est sujet du verbe de la subordonnée).
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Omission du "ne" explétif : Après certains subordonnants (avant que, de peur que, à moins que, à moins de, etc.), le "ne" explétif est souvent oublié. Bien qu'il n'ait pas de valeur négative, il est grammaticalement requis dans un registre soutenu.
- Incorrect : "Avant que tu partes."
- Correct : "Avant que tu ne partes."
En révisant ces points et en pratiquant régulièrement, vous développerez une maîtrise solide des subordonnées, essentielle pour une expression riche et précise en LV2.
Après la lecture
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