Fonctions polynômes du second degré
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Chapitre 1
Introduction aux fonctions du second degré
Définition et formes d'une fonction polynôme du second degré
Une fonction polynôme du second degré (ou trinôme du second degré) est une fonction définie sur l'ensemble des nombres réels , qui peut s'écrire sous la forme suivante :
Cette écriture est appelée la forme développée du polynôme.
- , , et sont des nombres réels appelés les coefficients du polynôme.
- Le coefficient doit impérativement être non nul (). Si était égal à 0, la fonction serait du premier degré ().
- est la variable.
Exemples de fonctions du second degré :
- (ici, , , )
- (ici, , , )
- (ici, , , )
- (ici, , , )
Le coefficient ne doit jamais être nul pour qu'il s'agisse d'un polynôme du second degré.
Représentation graphique : la parabole
La représentation graphique d'une fonction polynôme du second degré est toujours une courbe appelée parabole.
- Allure générale de la parabole : Une parabole a une forme de "U" ou de "U inversé". Elle est symétrique par rapport à une droite verticale.
- Ouverture de la parabole (selon le signe de ) :
- Si , la parabole est "ouverte vers le haut" (elle ressemble à un "U"). Elle admet un minimum.
- Si , la parabole est "ouverte vers le bas" (elle ressemble à un "U inversé"). Elle admet un maximum.
- Sommet de la parabole : C'est le point le plus bas (si ) ou le point le plus haut (si ) de la parabole. Ses coordonnées sont .
- Axe de symétrie : La parabole est symétrique par rapport à la droite verticale passant par son sommet. L'équation de cet axe de symétrie est .
Lien entre forme développée et représentation graphique
Les coefficients , et de la forme développée nous donnent des informations précieuses sur la parabole :
- Ordonnée à l'origine () : La valeur du coefficient est l'ordonnée du point d'intersection de la parabole avec l'axe des ordonnées (l'axe ). En effet, si , alors . Donc, la parabole coupe l'axe au point .
- Influence de sur l'ouverture et l'étirement :
- Comme vu précédemment, le signe de détermine l'orientation de la parabole (ouverte vers le haut si , vers le bas si ).
- La valeur absolue de ( ) influence l'étirement de la parabole. Plus est grand, plus la parabole est "resserrée" ou "étroite". Plus est petit (proche de 0), plus la parabole est "évasée" ou "large".
- Influence de sur la position du sommet : Le coefficient affecte la position horizontale du sommet. L'abscisse du sommet est donnée par la formule . Un changement de (à et constants) déplacera la parabole horizontalement et verticalement.
Le coefficient est l'ordonnée du point d'intersection de la parabole avec l'axe des ordonnées.
Chapitre 2
Formes canonique et factorisée
La forme canonique
La forme canonique d'une fonction polynôme du second degré est :
- est le même coefficient que dans la forme développée.
- sont les coordonnées du sommet de la parabole.
- L'abscisse du sommet est .
- L'ordonnée du sommet est .
- L'intérêt majeur de la forme canonique est qu'elle donne directement les coordonnées du sommet de la parabole. C'est très utile pour trouver le minimum ou le maximum de la fonction.
Passage de la forme développée à la forme canonique : À partir de :
- On factorise sur les termes en et : .
- On utilise l'identité remarquable . Ici, , donc .
- On réécrit l'expression entre parenthèses : .
- On remplace dans : D'où et .
Exemple : Soit . . . La forme canonique est . Le sommet est .
La forme factorisée
La forme factorisée d'une fonction polynôme du second degré existe si la fonction admet des racines réelles (c'est-à-dire des valeurs de pour lesquelles ).
- est le même coefficient.
- et sont les racines du polynôme, c'est-à-dire les valeurs de pour lesquelles . Graphiquement, ce sont les abscisses des points d'intersection de la parabole avec l'axe des abscisses (l'axe ).
- L'intérêt majeur de la forme factorisée est qu'elle permet de lire directement les racines du polynôme.
Passage de la forme développée à la forme factorisée : Pour trouver la forme factorisée, il faut d'abord trouver les racines et en résolvant l'équation . Nous verrons comment faire cela avec le discriminant dans la section suivante.
Exemple : Soit . En résolvant , on trouve les racines et . Comme , la forme factorisée est .
Passage entre les différentes formes
Il est souvent nécessaire de passer d'une forme à l'autre :
- Développée Canonique : Calculer puis . Ensuite, écrire .
- Canonique Développée : Développer l'expression . Exemple : .
- Factorisée Développée : Développer le produit . Exemple : .
- Développée Factorisée (si possible) : Résoudre l'équation pour trouver les racines et . Si des racines existent, écrire .
Chapitre 3
Résolution d'équations du second degré
Le discriminant ($\Delta$)
L'outil principal pour résoudre une équation du second degré est le discriminant, noté (delta).
- Définition de : Le discriminant est calculé à partir des coefficients , , par la formule :
- Rôle du discriminant : Le signe du discriminant détermine le nombre de solutions réelles de l'équation .
- Calcul du discriminant : Il suffit d'identifier , , et d'appliquer la formule.
Exemple : Pour , on a , , . .
Nombre de solutions selon le signe de $\Delta$
Le signe de nous indique directement combien de solutions réelles l'équation a :
-
Si : L'équation a deux solutions réelles distinctes (deux racines différentes). Les solutions sont données par les formules : Graphiquement, la parabole coupe l'axe en deux points distincts.
-
Si : L'équation a une solution réelle double (une seule racine). La solution est donnée par la formule : Graphiquement, la parabole touche l'axe en un seul point (son sommet est sur l'axe ). C'est aussi l'abscisse du sommet .
-
Si : L'équation n'a aucune solution réelle. Graphiquement, la parabole ne coupe pas l'axe (elle est entièrement au-dessus si , ou entièrement en-dessous si ).
Le discriminant est la clé pour connaître le nombre de solutions réelles d'une équation du second degré.
Cas particuliers de résolution
Certaines équations du second degré peuvent être résolues plus simplement sans passer par le discriminant :
-
Équations incomplètes ( ou ) :
- Si : .
- Si , alors . (Deux solutions)
- Si , alors . (Une solution)
- Si , alors pas de solution réelle. Exemple : .
- Si : . Ceci implique ou , donc . (Toujours deux solutions, sauf si ) Exemple : ou .
- Si : .
-
Factorisation simple : Si vous pouvez factoriser l'expression directement (par exemple, en reconnaissant une identité remarquable ou en mettant un facteur commun), c'est souvent plus rapide. Exemple : (solution double).
-
Utilisation de la forme canonique : Si vous connaissez déjà la forme canonique , vous pouvez la résoudre directement : .
- Si , alors .
- Si , alors .
- Si , alors pas de solution réelle. Exemple : . Donc ou .
Chapitre 4
Signe d'un polynôme du second degré et inéquations
Tableau de signes d'un polynôme du second degré
Le signe d'un polynôme dépend de son coefficient et de ses racines (s'il en a).
Règle générale :
- À l'extérieur des racines, le polynôme est du signe de .
- Entre les racines (si ), le polynôme est du signe opposé à .
Construction du tableau de signes :
- Calculer et trouver les racines (si elles existent).
- Ordonner les racines si ().
- Construire un tableau avec une ligne pour (de à ) et une ligne pour .
- Placer les racines sur la ligne des . À ces endroits, .
Cas selon le signe de :
-
Cas (deux racines ) :
Signe de Signe opposé à Exemple : . , racines . :-------- :-------: :-: :-: :-------: -
Cas (une racine double ) :
Signe de Signe de Le polynôme est toujours du signe de , sauf en où il est nul. Exemple : . , racine double . :-------- :-------: :-: :-------: -
Cas (aucune racine réelle) :
Signe de Le polynôme est toujours du signe de sur . Exemple : . , . :-------- :-------: :-------:
Un polynôme du second degré est toujours du signe de à l'extérieur de ses racines.
Résolution d'inéquations du second degré
Pour résoudre une inéquation du second degré (par exemple , , etc.) :
- Ramener l'inéquation à la forme (où "signe" est ).
- Calculer le discriminant et trouver les racines de .
- Construire le tableau de signes du polynôme .
- Lire la ou les intervalles de solution dans le tableau de signes en fonction du signe demandé par l'inéquation.
Exemple : Résoudre .
- L'inéquation est déjà sous la bonne forme.
- Résolvons . . . . .
- Tableau de signes () :
- On cherche , donc les intervalles où le signe est ou . La solution est .
Interprétation graphique des solutions : Les solutions d'une inéquation correspondent aux intervalles où la parabole est au-dessus de l'axe des abscisses. Les solutions d'une inéquation correspondent aux intervalles où la parabole est en-dessous de l'axe des abscisses.
Applications aux problèmes d'optimisation
Les fonctions du second degré sont souvent utilisées pour modéliser des situations où l'on cherche un maximum ou un minimum.
-
Recherche de maximum/minimum : Le sommet de la parabole représente le point où la fonction atteint son maximum (si ) ou son minimum (si ).
- L'abscisse du sommet donne la valeur de pour laquelle le maximum/minimum est atteint.
- L'ordonnée du sommet donne la valeur du maximum/minimum lui-même.
-
Problèmes concrets :
- Aire maximale : Optimiser l'aire d'une figure géométrique (rectangle, etc.) sous certaines contraintes.
- Bénéfice maximal ou coût minimal : En économie, les fonctions de coût ou de bénéfice sont parfois modélisées par des polynômes du second degré. Trouver le sommet permet de déterminer la production optimale.
- Trajectoire : La trajectoire d'un projectile (sans frottement) est une parabole. Le sommet correspond au point culminant de la trajectoire.
Exemple : Un agriculteur veut clôturer un champ rectangulaire le long d'une rivière (pas de clôture côté rivière) avec 100 mètres de clôture. Quelle est l'aire maximale qu'il peut clôturer ? Soient la longueur parallèle à la rivière et la largeur. La clôture utilisée est . On exprime . L'aire du champ est . C'est une fonction du second degré de : . Ici, , , . Puisque , la parabole est ouverte vers le bas, elle admet un maximum. L'abscisse du sommet : mètres. L'aire maximale est m. La longueur correspondante est mètres.
Chapitre 5
Relations entre racines et coefficients
Somme et produit des racines
Si une équation (avec ) a deux racines réelles et (distinctes ou confondues), alors :
- Somme des racines :
- Produit des racines :
Démonstration (rapide) : Nous savons que et . . . En remplaçant : .
Ces relations sont très utiles ! Elles permettent de vérifier rapidement des solutions ou de trouver des informations sur les racines sans les calculer explicitement.
Applications des relations racines-coefficients
-
Vérification de solutions : Si vous avez trouvé des solutions et pour une équation, vous pouvez vérifier si leur somme est bien et leur produit . Exemple : Pour , les racines sont et . . Et . (OK) . Et . (OK)
-
Recherche de l'autre racine : Si vous connaissez une racine et les coefficients , vous pouvez trouver l'autre racine sans résoudre l'équation complète.
- À partir de la somme : .
- À partir du produit : (si ). Exemple : Si on sait que est une racine de . Alors . Donc . Ou par le produit : . Donc .
-
Construction d'un polynôme à partir de ses racines : Si on vous donne les deux racines et d'un polynôme du second degré, vous pouvez le reconstituer (à un facteur près) : . Ou plus généralement : . Exemple : Trouver une équation du second degré dont les racines sont et . . . L'équation est . (On peut multiplier par n'importe quel , par exemple ).
Factorisation sans calcul de discriminant
Dans certains cas, on peut factoriser un polynôme du second degré sans calculer explicitement le discriminant, en utilisant les relations somme-produit ou en détectant une racine "évidente".
-
Cas où une racine est évidente :
- Si , alors est une racine. (Car )
- Si , alors est une racine. (Car ) Une fois une racine trouvée, on peut trouver avec les relations somme-produit, puis écrire la forme factorisée . Exemple : . . Donc est une racine. . Donc . La forme factorisée est .
-
Méthodes alternatives de factorisation :
- Regroupement ou identités remarquables : Parfois, le polynôme peut être factorisé directement si on reconnaît une structure particulière.
- Forme canonique : Si la forme canonique est , on peut chercher à factoriser en utilisant l'identité si et sont de signes opposés (pour avoir un signe - devant le terme constant après factorisation de ). Exemple : . .
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