Éducation nationale françaiseSpécialité MathématiquesPremière générale30 min de lecture

Géométrie repérée

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Lecture

5 chapitres

Un parcours éditorialisé et navigable.

Pratique

12 questions

Quiz et cartes mémoire à ouvrir après la lecture.

Objectif

Première générale

Format rapide pour vérifier si le chapitre correspond.

Chapitre 1

Vecteurs et Coordonnées

Rappel sur les vecteurs et leurs coordonnées

Un vecteur est un objet mathématique caractérisé par une direction, un sens et une longueur (appelée norme). Il représente un déplacement. En géométrie repérée, un vecteur est défini par ses coordonnées dans un repère.

Dans un repère (O;i,j)(O; \vec{i}, \vec{j}), les coordonnées d'un vecteur u\vec{u} sont notées u(x;y)\vec{u}(x; y) ou u(xy)\vec{u}\begin{pmatrix} x \\ y \end{pmatrix}.

Calcul des coordonnées d'un vecteur à partir de deux points : Soient deux points A(xA;yA)A(x_A; y_A) et B(xB;yB)B(x_B; y_B). Le vecteur AB\vec{AB} a pour coordonnées : AB(xBxAyByA)\vec{AB} \begin{pmatrix} x_B - x_A \\ y_B - y_A \end{pmatrix} C'est toujours "arrivée moins départ".

Exemple : Si A(1;3)A(1; 3) et B(5;1)B(5; 1), alors AB(5113)=AB(42)\vec{AB} \begin{pmatrix} 5 - 1 \\ 1 - 3 \end{pmatrix} = \vec{AB} \begin{pmatrix} 4 \\ -2 \end{pmatrix}.

Opérations sur les vecteurs en coordonnées

Les opérations sur les vecteurs sont très simples à réaliser lorsqu'on utilise leurs coordonnées.

Addition et soustraction de vecteurs : Soient u(x;y)\vec{u}(x; y) et v(x;y)\vec{v}(x'; y').

  • Addition : u+v=(x+xy+y)\vec{u} + \vec{v} = \begin{pmatrix} x + x' \\ y + y' \end{pmatrix}
  • Soustraction : uv=(xxyy)\vec{u} - \vec{v} = \begin{pmatrix} x - x' \\ y - y' \end{pmatrix}

Exemple : Si u(2;3)\vec{u}(2; 3) et v(1;4)\vec{v}(-1; 4), alors u+v=(2+(1)3+4)=(17)\vec{u} + \vec{v} = \begin{pmatrix} 2 + (-1) \\ 3 + 4 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 1 \\ 7 \end{pmatrix} et uv=(2(1)34)=(31)\vec{u} - \vec{v} = \begin{pmatrix} 2 - (-1) \\ 3 - 4 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 3 \\ -1 \end{pmatrix}.

Multiplication d'un vecteur par un scalaire : Soit u(x;y)\vec{u}(x; y) un vecteur et kk un nombre réel (scalaire). Le vecteur kuk\vec{u} a pour coordonnées : ku=(kxky)k\vec{u} = \begin{pmatrix} kx \\ ky \end{pmatrix} Cette opération change la longueur du vecteur et potentiellement son sens (si k<0k < 0).

Exemple : Si u(2;3)\vec{u}(2; 3) et k=3k = 3, alors 3u=(3×23×3)=(69)3\vec{u} = \begin{pmatrix} 3 \times 2 \\ 3 \times 3 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 6 \\ 9 \end{pmatrix}. Si u(2;3)\vec{u}(2; 3) et k=0.5k = -0.5, alors 0.5u=(0.5×20.5×3)=(11.5)-0.5\vec{u} = \begin{pmatrix} -0.5 \times 2 \\ -0.5 \times 3 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} -1 \\ -1.5 \end{pmatrix}.

Propriétés des opérations vectorielles : Les opérations vectorielles suivent des règles similaires à celles des nombres réels :

  • Commutativité de l'addition : u+v=v+u\vec{u} + \vec{v} = \vec{v} + \vec{u}
  • Associativité de l'addition : (u+v)+w=u+(v+w)(\vec{u} + \vec{v}) + \vec{w} = \vec{u} + (\vec{v} + \vec{w})
  • Vecteur nul : u+0=u\vec{u} + \vec{0} = \vec{u}0(0;0)\vec{0}(0; 0)
  • Vecteur opposé : u+(u)=0\vec{u} + (-\vec{u}) = \vec{0}
  • Distributivité : k(u+v)=ku+kvk(\vec{u} + \vec{v}) = k\vec{u} + k\vec{v} et (k+k)u=ku+ku(k+k')\vec{u} = k\vec{u} + k'\vec{u}

Colinéarité de vecteurs

Deux vecteurs sont dits colinéaires s'ils ont la même direction. Géométriquement, cela signifie qu'ils sont parallèles. Algébriquement, cela se traduit de plusieurs manières.

Définition de vecteurs colinéaires : Deux vecteurs non nuls u\vec{u} et v\vec{v} sont colinéaires s'il existe un nombre réel kk tel que ==v=ku\vec{v} = k\vec{u}==. Si l'un des vecteurs est le vecteur nul, ils sont considérés comme colinéaires à tout autre vecteur.

Critère de colinéarité (déterminant ou proportionnalité) : Soient u(x;y)\vec{u}(x; y) et v(x;y)\vec{v}(x'; y').

  • Méthode 1 : Proportionnalité des coordonnées Les vecteurs u\vec{u} et v\vec{v} sont colinéaires si et seulement si leurs coordonnées sont proportionnelles. C'est-à-dire, il existe un kk tel que x=kxx' = kx et y=kyy' = ky. Cette méthode est pratique si x0x \neq 0 et y0y \neq 0. On peut calculer k=x/x=y/yk = x'/x = y'/y.
  • Méthode 2 : Le déterminant Les vecteurs u\vec{u} et v\vec{v} sont colinéaires si et seulement si leur déterminant est nul. Le déterminant de u\vec{u} et v\vec{v} est noté det(u,v)\det(\vec{u}, \vec{v}) et est calculé ainsi : det(u,v)=xxyy=xyyx\det(\vec{u}, \vec{v}) = \begin{vmatrix} x & x' \\ y & y' \end{vmatrix} = xy' - yx' Donc, u\vec{u} et v\vec{v} sont colinéaires     xyyx=0\iff xy' - yx' = 0. C'est la méthode la plus fiable et la plus générale, surtout si une coordonnée est nulle.

Exemple : Vérifier si u(2;3)\vec{u}(2; 3) et v(4;6)\vec{v}(4; 6) sont colinéaires.

  • Avec la proportionnalité : x/x=4/2=2x'/x = 4/2 = 2 et y/y=6/3=2y'/y = 6/3 = 2. Puisque les rapports sont égaux (k=2k=2), les vecteurs sont colinéaires.
  • Avec le déterminant : det(u,v)=(2×6)(3×4)=1212=0\det(\vec{u}, \vec{v}) = (2 \times 6) - (3 \times 4) = 12 - 12 = 0. Le déterminant est nul, donc les vecteurs sont colinéaires.

Application à l'alignement de points : Trois points AA, BB et CC sont alignés si et seulement si les vecteurs AB\vec{AB} et AC\vec{AC} (ou AB\vec{AB} et BC\vec{BC}, etc.) sont colinéaires. Il suffit de calculer les coordonnées de deux vecteurs formés par ces points et d'appliquer le critère de colinéarité.

Exemple : Les points A(1;2)A(1; 2), B(3;5)B(3; 5) et C(5;8)C(5; 8) sont-ils alignés ? AB(3152)=(23)\vec{AB} \begin{pmatrix} 3-1 \\ 5-2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 2 \\ 3 \end{pmatrix} AC(5182)=(46)\vec{AC} \begin{pmatrix} 5-1 \\ 8-2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 4 \\ 6 \end{pmatrix} Calculons le déterminant : det(AB,AC)=(2×6)(3×4)=1212=0\det(\vec{AB}, \vec{AC}) = (2 \times 6) - (3 \times 4) = 12 - 12 = 0. Puisque le déterminant est nul, AB\vec{AB} et AC\vec{AC} sont colinéaires. Les points AA, BB et CC sont donc alignés.

Chapitre 2

Distance et Milieu

Calcul de la distance entre deux points

La distance entre deux points dans un repère orthonormé est la longueur du segment qui les relie. Elle est fondamentale en géométrie.

Formule de la distance dans un repère orthonormé : Soient deux points A(xA;yA)A(x_A; y_A) et B(xB;yB)B(x_B; y_B). La distance ABAB (ou la norme du vecteur AB\vec{AB}) est donnée par la formule : AB=(xBxA)2+(yByA)2AB = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2} Cette formule est une application directe du théorème de Pythagore.

Application du théorème de Pythagore : Imaginez un triangle rectangle dont les sommets sont AA, BB et un point C(xB;yA)C(x_B; y_A). Les longueurs des côtés de l'angle droit sont xBxA|x_B - x_A| et yByA|y_B - y_A|. L'hypoténuse est ABAB. Selon Pythagore : AB2=(xBxA)2+(yByA)2AB^2 = (x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2. D'où la formule de la distance. Il est crucial que le repère soit orthonormé pour utiliser cette formule. Dans un repère orthogonal mais non normé, les unités sur les axes ne sont pas les mêmes, et la formule ne s'applique pas directement.

Exemples de calculs :

  1. Calculer la distance entre A(1;2)A(1; 2) et B(4;6)B(4; 6). AB=(41)2+(62)2=32+42=9+16=25=5AB = \sqrt{(4-1)^2 + (6-2)^2} = \sqrt{3^2 + 4^2} = \sqrt{9 + 16} = \sqrt{25} = 5.
  2. Calculer la distance entre C(2;3)C(-2; 3) et D(0;1)D(0; -1). CD=(0(2))2+(13)2=(0+2)2+(4)2=22+(4)2=4+16=20=4×5=25CD = \sqrt{(0-(-2))^2 + (-1-3)^2} = \sqrt{(0+2)^2 + (-4)^2} = \sqrt{2^2 + (-4)^2} = \sqrt{4 + 16} = \sqrt{20} = \sqrt{4 \times 5} = 2\sqrt{5}.

Coordonnées du milieu d'un segment

Le milieu d'un segment est le point qui partage ce segment en deux parties égales.

Formule des coordonnées du milieu : Soient deux points A(xA;yA)A(x_A; y_A) et B(xB;yB)B(x_B; y_B). Le milieu MM du segment [AB][AB] a pour coordonnées : M(xA+xB2;yA+yB2)M \left( \frac{x_A + x_B}{2} ; \frac{y_A + y_B}{2} \right) Les coordonnées du milieu sont les moyennes des coordonnées des extrémités du segment.

Exemple : Calculer les coordonnées du milieu MM du segment [AB][AB] avec A(1;2)A(1; 2) et B(5;4)B(5; -4). M(1+52;2+(4)2)=M(62;22)=M(3;1)M \left( \frac{1 + 5}{2} ; \frac{2 + (-4)}{2} \right) = M \left( \frac{6}{2} ; \frac{-2}{2} \right) = M(3; -1).

Application à la symétrie centrale : Si MM est le milieu de [AB][AB], alors AA et BB sont symétriques par rapport à MM. Si AA' est le symétrique de AA par rapport à un point II, alors II est le milieu du segment [AA][AA']. On peut utiliser la formule du milieu pour trouver les coordonnées de AA' si on connaît AA et II. Si I(xI;yI)I(x_I; y_I) est le milieu de [AA][AA'] avec A(xA;yA)A(x_A; y_A) et A(xA;yA)A'(x_{A'}; y_{A'}), alors : xI=xA+xA2xA=2xIxAx_I = \frac{x_A + x_{A'}}{2} \Rightarrow x_{A'} = 2x_I - x_A yI=yA+yA2yA=2yIyAy_I = \frac{y_A + y_{A'}}{2} \Rightarrow y_{A'} = 2y_I - y_A

Vérification par le calcul vectoriel : Le point MM est le milieu de [AB][AB] si et seulement si AM=MB\vec{AM} = \vec{MB}. Calculons les coordonnées de ces vecteurs : AM(xMxAyMyA)\vec{AM} \begin{pmatrix} x_M - x_A \\ y_M - y_A \end{pmatrix} et MB(xBxMyByM)\vec{MB} \begin{pmatrix} x_B - x_M \\ y_B - y_M \end{pmatrix} L'égalité AM=MB\vec{AM} = \vec{MB} implique : xMxA=xBxM2xM=xA+xBxM=xA+xB2x_M - x_A = x_B - x_M \Rightarrow 2x_M = x_A + x_B \Rightarrow x_M = \frac{x_A + x_B}{2} yMyA=yByM2yM=yA+yByM=yA+yB2y_M - y_A = y_B - y_M \Rightarrow 2y_M = y_A + y_B \Rightarrow y_M = \frac{y_A + y_B}{2} On retrouve bien la formule du milieu.

Applications géométriques

Les formules de distance et de milieu sont des outils puissants pour démontrer des propriétés géométriques.

Nature d'un triangle (isocèle, équilatéral, rectangle) : Pour déterminer la nature d'un triangle ABCABC, on calcule les longueurs de ses trois côtés ABAB, BCBC, ACAC.

  • Triangle isocèle : Deux côtés ont la même longueur (ex: AB=ACAB = AC).
  • Triangle équilatéral : Les trois côtés ont la même longueur (AB=BC=ACAB = BC = AC).
  • Triangle rectangle : Le carré de la longueur du plus grand côté est égal à la somme des carrés des longueurs des deux autres côtés (réciproque du théorème de Pythagore). Par exemple, si AB2=AC2+BC2AB^2 = AC^2 + BC^2, le triangle est rectangle en CC. On peut aussi utiliser le produit scalaire pour la condition d'orthogonalité (voir section suivante).

Exemple : A(0;0)A(0; 0), B(3;0)B(3; 0), C(0;4)C(0; 4). AB=(30)2+(00)2=32=3AB = \sqrt{(3-0)^2 + (0-0)^2} = \sqrt{3^2} = 3. AC=(00)2+(40)2=42=4AC = \sqrt{(0-0)^2 + (4-0)^2} = \sqrt{4^2} = 4. BC=(03)2+(40)2=(3)2+42=9+16=25=5BC = \sqrt{(0-3)^2 + (4-0)^2} = \sqrt{(-3)^2 + 4^2} = \sqrt{9 + 16} = \sqrt{25} = 5. Puisque 32+42=9+16=253^2 + 4^2 = 9 + 16 = 25 et 52=255^2 = 25, on a AB2+AC2=BC2AB^2 + AC^2 = BC^2. Le triangle ABCABC est rectangle en A.

Nature d'un quadrilatère (parallélogramme, losange, rectangle, carré) : Pour déterminer la nature d'un quadrilatère ABCDABCD, on peut utiliser les propriétés des vecteurs, des distances et des milieux.

  • Parallélogramme :
    • Les vecteurs AB\vec{AB} et DC\vec{DC} sont égaux (ou AD\vec{AD} et BC\vec{BC}).
    • Les diagonales se coupent en leur milieu (c'est-à-dire, le milieu de [AC][AC] est le même que le milieu de [BD][BD]).
  • Rectangle : C'est un parallélogramme avec un angle droit (donc deux côtés consécutifs orthogonaux, ex: ABAD=0\vec{AB} \cdot \vec{AD} = 0) OU dont les diagonales ont la même longueur (AC=BDAC = BD).
  • Losange : C'est un parallélogramme dont deux côtés consécutifs ont la même longueur (AB=ADAB = AD) OU dont les diagonales sont perpendiculaires.
  • Carré : C'est un parallélogramme qui est à la fois un rectangle et un losange. On peut vérifier qu'il a quatre côtés égaux et un angle droit.

Démonstrations par le calcul de distances et de milieux : La plupart des démonstrations consistent à calculer des coordonnées de vecteurs, des distances ou des milieux pour prouver les propriétés souhaitées. Par exemple, pour montrer qu'un point II est le centre de symétrie d'une figure, on montre qu'il est le milieu de segments reliant des points opposés de la figure.

Chapitre 3

Équations de Droites

Équation cartésienne d'une droite

Une droite dans le plan peut être représentée par une équation. L'équation cartésienne est une forme générale très utile.

Vecteur directeur d'une droite : Un vecteur directeur u\vec{u} d'une droite (d)(d) est un vecteur non nul qui a la même direction que la droite. Il indique "l'orientation" de la droite. Si u(a;b)\vec{u}(a; b) est un vecteur directeur d'une droite (d)(d), alors u\vec{u} est colinéaire à tout vecteur MM\vec{MM'}MM et MM' sont deux points distincts de (d)(d).

Vecteur normal d'une droite : Un vecteur normal n\vec{n} à une droite (d)(d) est un vecteur non nul qui est orthogonal (perpendiculaire) à cette droite. Il est donc orthogonal à tout vecteur directeur de la droite. Si u(a;b)\vec{u}(a; b) est un vecteur directeur, alors n(b;a)\vec{n}(-b; a) ou n(b;a)\vec{n}(b; -a) sont des vecteurs normaux. En effet, leur produit scalaire est nul : a(b)+b(a)=ab+ab=0a(-b) + b(a) = -ab + ab = 0.

Forme ax+by+c=0ax + by + c = 0 : Toute droite du plan peut être représentée par une équation de la forme : ax+by+c=0ax + by + c = 0aa, bb, cc sont des nombres réels, avec aa et bb non nuls simultanément. Dans cette équation, le vecteur n(a;b)\vec{n}(a; b) est un vecteur normal à la droite. Et donc, le vecteur u(b;a)\vec{u}(-b; a) (ou u(b;a)\vec{u}(b; -a)) est un vecteur directeur.

Exemple : La droite d'équation 2x3y+5=02x - 3y + 5 = 0 a pour vecteur normal n(2;3)\vec{n}(2; -3). Un vecteur directeur est donc u(3;2)\vec{u}(3; 2) (on permute les coordonnées et on change le signe de l'une d'elles).

Détermination d'une équation cartésienne

Il existe plusieurs façons de trouver l'équation cartésienne d'une droite.

À partir d'un point et d'un vecteur directeur : Soit une droite (d)(d) passant par un point A(xA;yA)A(x_A; y_A) et de vecteur directeur u(Xu;Yu)\vec{u}(X_u; Y_u). Un point M(x;y)M(x; y) appartient à (d)(d) si et seulement si les vecteurs AM\vec{AM} et u\vec{u} sont colinéaires. AM(xxAyyA)\vec{AM} \begin{pmatrix} x - x_A \\ y - y_A \end{pmatrix}. Le critère de colinéarité donne : (xxA)Yu(yyA)Xu=0(x - x_A)Y_u - (y - y_A)X_u = 0. En développant, on obtient l'équation cartésienne.

Exemple : Droite passant par A(1;2)A(1; 2) et de vecteur directeur u(3;1)\vec{u}(3; -1). AM(x1y2)\vec{AM} \begin{pmatrix} x-1 \\ y-2 \end{pmatrix}. det(AM,u)=(x1)(1)(y2)(3)=0\det(\vec{AM}, \vec{u}) = (x-1)(-1) - (y-2)(3) = 0 x+13y+6=0-x + 1 - 3y + 6 = 0 x3y+7=0-x - 3y + 7 = 0 ou ==x+3y7=0x + 3y - 7 = 0== (en multipliant par -1).

À partir de deux points : Soient deux points A(xA;yA)A(x_A; y_A) et B(xB;yB)B(x_B; y_B).

  1. Calculer le vecteur directeur AB(xBxAyByA)\vec{AB} \begin{pmatrix} x_B - x_A \\ y_B - y_A \end{pmatrix}.
  2. Utiliser un des points (par exemple AA) et le vecteur directeur AB\vec{AB} pour trouver l'équation cartésienne comme précédemment.

Exemple : Droite passant par A(1;2)A(1; 2) et B(4;1)B(4; 1). AB(4112)=(31)\vec{AB} \begin{pmatrix} 4-1 \\ 1-2 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 3 \\ -1 \end{pmatrix}. C'est le même vecteur directeur que l'exemple précédent. L'équation est donc x+3y7=0x + 3y - 7 = 0.

À partir d'un point et d'un vecteur normal : Soit une droite (d)(d) passant par un point A(xA;yA)A(x_A; y_A) et de vecteur normal n(a;b)\vec{n}(a; b). L'équation de la droite est de la forme ax+by+c=0ax + by + c = 0. Pour trouver cc, on utilise le fait que AA appartient à la droite, donc ses coordonnées vérifient l'équation : axA+byA+c=0c=axAbyAax_A + by_A + c = 0 \Rightarrow c = -ax_A - by_A. L'équation est alors ax+by(axA+byA)=0ax + by - (ax_A + by_A) = 0.

Exemple : Droite passant par A(1;2)A(1; 2) et de vecteur normal n(2;3)\vec{n}(2; 3). L'équation est de la forme 2x+3y+c=02x + 3y + c = 0. Comme A(1;2)A(1; 2) est sur la droite : 2(1)+3(2)+c=02+6+c=08+c=0c=82(1) + 3(2) + c = 0 \Rightarrow 2 + 6 + c = 0 \Rightarrow 8 + c = 0 \Rightarrow c = -8. L'équation est ==2x+3y8=02x + 3y - 8 = 0==.

Équation réduite d'une droite

L'équation réduite est une forme très courante, surtout pour les fonctions affines.

Forme y=mx+py = mx + p : Toute droite non verticale peut être écrite sous la forme : y=mx+py = mx + pmm est la pente (ou coefficient directeur) de la droite, et pp est l'ordonnée à l'origine (c'est la valeur de yy lorsque x=0x=0, c'est-à-dire l'ordonnée du point d'intersection de la droite avec l'axe des ordonnées). Les droites verticales ont une équation de la forme x=kx = k (où kk est une constante) et n'ont pas d'équation réduite (car leur pente est "infinie").

Pente (coefficient directeur) et ordonnée à l'origine :

  • La pente mm indique l'inclinaison de la droite. Si m>0m > 0, la droite "monte". Si m<0m < 0, la droite "descend". Si m=0m = 0, la droite est horizontale (y=py=p). Si on prend deux points A(xA;yA)A(x_A; y_A) et B(xB;yB)B(x_B; y_B) sur une droite non verticale, la pente est m=yByAxBxAm = \frac{y_B - y_A}{x_B - x_A}.
  • L'ordonnée à l'origine pp est le point où la droite coupe l'axe des ordonnées.

Passage de l'équation cartésienne à l'équation réduite : À partir de ax+by+c=0ax + by + c = 0 :

  1. Isoler le terme en yy: by=axcby = -ax - c.
  2. Diviser par bb (si b0b \neq 0): y=abxcby = -\frac{a}{b}x - \frac{c}{b}. On a alors m=abm = -\frac{a}{b} et p=cbp = -\frac{c}{b}. Si b=0b = 0, l'équation cartésienne devient ax+c=0ax + c = 0, soit x=cax = -\frac{c}{a}. C'est une droite verticale.

Exemple : Passer de 2x+3y8=02x + 3y - 8 = 0 à l'équation réduite. 3y=2x+83y = -2x + 8 y=23x+83y = -\frac{2}{3}x + \frac{8}{3} Ici, la pente m=23m = -\frac{2}{3} et l'ordonnée à l'origine p=83p = \frac{8}{3}.

Position relative de deux droites

Déterminer la position relative de deux droites, c'est savoir si elles sont parallèles, sécantes ou confondues.

Droites parallèles (colinéarité des vecteurs directeurs) : Deux droites (d1)(d_1) et (d2)(d_2) sont parallèles si et seulement si leurs vecteurs directeurs sont colinéaires (ou leurs vecteurs normaux sont colinéaires). Si (d1):y=m1x+p1(d_1): y = m_1x + p_1 et (d2):y=m2x+p2(d_2): y = m_2x + p_2, elles sont parallèles si et seulement si ==m1=m2m_1 = m_2==.

Exemple : (d1):y=2x+1(d_1): y = 2x + 1 et (d2):y=2x3(d_2): y = 2x - 3. Elles sont parallèles car m1=m2=2m_1 = m_2 = 2. (d3):3x2y+1=0(d_3): 3x - 2y + 1 = 0 et (d4):6x+4y+5=0(d_4): -6x + 4y + 5 = 0. Vecteur normal de (d3)(d_3): n3(3;2)\vec{n_3}(3; -2). Vecteur normal de (d4)(d_4): n4(6;4)\vec{n_4}(-6; 4). det(n3,n4)=(3)(4)(2)(6)=1212=0\det(\vec{n_3}, \vec{n_4}) = (3)(4) - (-2)(-6) = 12 - 12 = 0. Les vecteurs normaux sont colinéaires, donc les droites sont parallèles.

Droites sécantes (point d'intersection) : Si deux droites ne sont pas parallèles, elles sont sécantes. Elles se coupent en un unique point. Les coordonnées de ce point d'intersection sont la solution du système formé par leurs deux équations. Si (d1):y=m1x+p1(d_1): y = m_1x + p_1 et (d2):y=m2x+p2(d_2): y = m_2x + p_2, elles sont sécantes si et seulement si m1m2m_1 \neq m_2. Si (d1):a1x+b1y+c1=0(d_1): a_1x + b_1y + c_1 = 0 et (d2):a2x+b2y+c2=0(d_2): a_2x + b_2y + c_2 = 0, elles sont sécantes si et seulement si det(n1,n2)0\det(\vec{n_1}, \vec{n_2}) \neq 0 (où n1(a1;b1)\vec{n_1}(a_1; b_1) et n2(a2;b2)\vec{n_2}(a_2; b_2)).

Exemple : Point d'intersection de (d1):y=2x+1(d_1): y = 2x + 1 et (d3):y=x+4(d_3): y = -x + 4. On résout le système : {y=2x+1y=x+4\begin{cases} y = 2x + 1 \\ y = -x + 4 \end{cases} 2x+1=x+42x + 1 = -x + 4 3x=3x=13x = 3 \Rightarrow x = 1 y=2(1)+1=3y = 2(1) + 1 = 3. Le point d'intersection est (1;3)(1; 3).

Droites confondues : Deux droites sont confondues si elles sont parallèles et possèdent au moins un point commun. En fait, elles représentent la même droite. Si (d1):y=m1x+p1(d_1): y = m_1x + p_1 et (d2):y=m2x+p2(d_2): y = m_2x + p_2, elles sont confondues si m1=m2m_1 = m_2 ET p1=p2p_1 = p_2. Si (d1):a1x+b1y+c1=0(d_1): a_1x + b_1y + c_1 = 0 et (d2):a2x+b2y+c2=0(d_2): a_2x + b_2y + c_2 = 0, elles sont confondues si les coefficients (a1,b1,c1)(a_1, b_1, c_1) sont proportionnels à (a2,b2,c2)(a_2, b_2, c_2).

Exemple : (d1):y=2x+1(d_1): y = 2x + 1 et (d2):4x2y+2=0(d_2): 4x - 2y + 2 = 0. Pour (d2)(d_2), 2y=4x+2y=2x+12y = 4x + 2 \Rightarrow y = 2x + 1. Les deux équations réduites sont identiques, donc les droites sont confondues.

Chapitre 4

Produit Scalaire

Définitions du produit scalaire

Le produit scalaire de deux vecteurs peut être défini de manière géométrique ou analytique.

Définition géométrique (normes et angle) : Soient u\vec{u} et v\vec{v} deux vecteurs non nuls. On note θ\theta l'angle non orienté entre u\vec{u} et v\vec{v}. Le produit scalaire de u\vec{u} et v\vec{v}, noté uv\vec{u} \cdot \vec{v}, est défini par : uv=u×v×cos(θ)\vec{u} \cdot \vec{v} = ||\vec{u}|| \times ||\vec{v}|| \times \cos(\theta)u||\vec{u}|| est la norme (longueur) du vecteur u\vec{u}. Si l'un des vecteurs est nul, le produit scalaire est nul.

Définition analytique (coordonnées) : Dans un repère orthonormé, soient u(x;y)\vec{u}(x; y) et v(x;y)\vec{v}(x'; y'). Le produit scalaire est donné par : uv=xx+yy\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' Cette formule est très pratique pour les calculs.

Exemple : Si u(2;3)\vec{u}(2; 3) et v(1;4)\vec{v}(-1; 4), alors uv=(2)(1)+(3)(4)=2+12=10\vec{u} \cdot \vec{v} = (2)(-1) + (3)(4) = -2 + 12 = 10.

Propriétés du produit scalaire (symétrie, bilinéarité) :

  • Symétrie : uv=vu\vec{u} \cdot \vec{v} = \vec{v} \cdot \vec{u}
  • Linéarité par rapport à la première variable :
    • (u+v)w=uw+vw(\vec{u} + \vec{v}) \cdot \vec{w} = \vec{u} \cdot \vec{w} + \vec{v} \cdot \vec{w}
    • (ku)v=k(uv)(k\vec{u}) \cdot \vec{v} = k(\vec{u} \cdot \vec{v})
  • Linéarité par rapport à la deuxième variable : (grâce à la symétrie, cela découle de la première)
    • u(v+w)=uv+uw\vec{u} \cdot (\vec{v} + \vec{w}) = \vec{u} \cdot \vec{v} + \vec{u} \cdot \vec{w}
    • u(kv)=k(uv)\vec{u} \cdot (k\vec{v}) = k(\vec{u} \cdot \vec{v})
  • Carré scalaire : uu=u2\vec{u} \cdot \vec{u} = ||\vec{u}||^2. C'est une propriété très importante. Si u(x;y)\vec{u}(x; y), alors uu=x2+y2=u2\vec{u} \cdot \vec{u} = x^2 + y^2 = ||\vec{u}||^2. On retrouve la formule de la norme !

Orthogonalité de vecteurs

Le produit scalaire est l'outil principal pour tester l'orthogonalité.

Condition d'orthogonalité (produit scalaire nul) : Deux vecteurs non nuls u\vec{u} et v\vec{v} sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul : uv=0\vec{u} \cdot \vec{v} = 0 Ceci découle de la définition géométrique : si θ=90\theta = 90^\circ, alors cos(θ)=0\cos(\theta) = 0. Dans un repère orthonormé, si u(x;y)\vec{u}(x; y) et v(x;y)\vec{v}(x'; y'), alors uv=xx+yy=0\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' = 0.

Application à la démonstration d'angles droits : Pour montrer qu'un triangle ABCABC est rectangle en AA, il suffit de montrer que les vecteurs AB\vec{AB} et AC\vec{AC} sont orthogonaux, c'est-à-dire ABAC=0\vec{AB} \cdot \vec{AC} = 0.

Exemple : Soient A(1;1)A(1; 1), B(3;2)B(3; 2), C(0;4)C(0; 4). Le triangle ABCABC est-il rectangle en AA ? AB(3121)=(21)\vec{AB} \begin{pmatrix} 3-1 \\ 2-1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 2 \\ 1 \end{pmatrix} AC(0141)=(13)\vec{AC} \begin{pmatrix} 0-1 \\ 4-1 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} -1 \\ 3 \end{pmatrix} ABAC=(2)(1)+(1)(3)=2+3=1\vec{AB} \cdot \vec{AC} = (2)(-1) + (1)(3) = -2 + 3 = 1. Le produit scalaire n'est pas nul, donc les vecteurs ne sont pas orthogonaux. Le triangle n'est pas rectangle en AA.

Vecteur normal à une droite : Comme vu précédemment, un vecteur normal à une droite est orthogonal à son vecteur directeur. Si u(Xu;Yu)\vec{u}(X_u; Y_u) est un vecteur directeur d'une droite (d)(d), alors un vecteur normal n(Xn;Yn)\vec{n}(X_n; Y_n) doit vérifier un=0\vec{u} \cdot \vec{n} = 0. Par exemple, n(Yu;Xu)\vec{n}(-Y_u; X_u) ou n(Yu;Xu)\vec{n}(Y_u; -X_u) sont des vecteurs normaux. Si la droite a pour équation ax+by+c=0ax + by + c = 0, alors n(a;b)\vec{n}(a; b) est un vecteur normal.

Applications du produit scalaire

Le produit scalaire a de nombreuses applications en géométrie.

Calcul de longueurs et d'angles :

  • Longueurs (normes) : On utilise la relation u2=uu||\vec{u}||^2 = \vec{u} \cdot \vec{u}. Donc AB=AB=ABABAB = ||\vec{AB}|| = \sqrt{\vec{AB} \cdot \vec{AB}}. Si u(x;y)\vec{u}(x; y), alors u=x2+y2||\vec{u}|| = \sqrt{x^2 + y^2}.
  • Angles : La définition géométrique permet de calculer l'angle θ\theta entre deux vecteurs : cos(θ)=uvu×v\cos(\theta) = \frac{\vec{u} \cdot \vec{v}}{||\vec{u}|| \times ||\vec{v}||} Une fois cos(θ)\cos(\theta) connu, on utilise la fonction arccos\arccos pour trouver l'angle.

Exemple : Calculer l'angle entre u(2;1)\vec{u}(2; 1) et v(1;3)\vec{v}(1; 3). uv=(2)(1)+(1)(3)=2+3=5\vec{u} \cdot \vec{v} = (2)(1) + (1)(3) = 2 + 3 = 5. u=22+12=5||\vec{u}|| = \sqrt{2^2 + 1^2} = \sqrt{5}. v=12+32=10||\vec{v}|| = \sqrt{1^2 + 3^2} = \sqrt{10}. cos(θ)=55×10=550=552=12=22\cos(\theta) = \frac{5}{\sqrt{5} \times \sqrt{10}} = \frac{5}{\sqrt{50}} = \frac{5}{5\sqrt{2}} = \frac{1}{\sqrt{2}} = \frac{\sqrt{2}}{2}. Donc θ=arccos(22)=45\theta = \arccos\left(\frac{\sqrt{2}}{2}\right) = 45^\circ (ou π4\frac{\pi}{4} radians).

Projection orthogonale : La projection orthogonale d'un vecteur v\vec{v} sur un vecteur u\vec{u} est un vecteur w\vec{w} colinéaire à u\vec{u}. Le produit scalaire permet de calculer la longueur de cette projection. La formule est : projuv=uvu2uproj_{\vec{u}} \vec{v} = \frac{\vec{u} \cdot \vec{v}}{||\vec{u}||^2} \vec{u}.

Équation de cercle : Le produit scalaire peut être utilisé pour définir un cercle. Le cercle de diamètre [AB][AB] est l'ensemble des points MM tels que le triangle AMBAMB est rectangle en MM. Ceci se traduit par MAMB=0\vec{MA} \cdot \vec{MB} = 0.

Exemple : Équation du cercle de diamètre [AB][AB] avec A(1;0)A(1; 0) et B(3;2)B(3; 2). Soit M(x;y)M(x; y) un point du cercle. MA(1x0y)\vec{MA} \begin{pmatrix} 1-x \\ 0-y \end{pmatrix} et MB(3x2y)\vec{MB} \begin{pmatrix} 3-x \\ 2-y \end{pmatrix}. MAMB=(1x)(3x)+(y)(2y)=0\vec{MA} \cdot \vec{MB} = (1-x)(3-x) + (-y)(2-y) = 0 3x3x+x22y+y2=03 - x - 3x + x^2 - 2y + y^2 = 0 x24x+y22y+3=0x^2 - 4x + y^2 - 2y + 3 = 0. C'est l'équation cartésienne du cercle.

Chapitre 5

Équations de Cercles

Équation cartésienne d'un cercle

Un cercle est défini par son centre et son rayon.

Définition d'un cercle (centre et rayon) : Un cercle C\mathcal{C} est l'ensemble de tous les points MM qui sont à une distance fixe RR (le rayon) d'un point fixe II (le centre).

Formule (xa)2+(yb)2=R2(x-a)^2 + (y-b)^2 = R^2 : Si le cercle C\mathcal{C} a pour centre I(a;b)I(a; b) et pour rayon RR, un point M(x;y)M(x; y) appartient au cercle si et seulement si la distance IMIM est égale à RR. IM=R    IM2=R2IM = R \iff IM^2 = R^2. En utilisant la formule de la distance : (xa)2+(yb)2=R2(x-a)^2 + (y-b)^2 = R^2 C'est l'équation cartésienne d'un cercle. Il est essentiel que le repère soit orthonormé.

Exemple : Le cercle de centre I(2;1)I(2; -1) et de rayon R=3R=3 a pour équation : (x2)2+(y(1))2=32(x-2)^2 + (y-(-1))^2 = 3^2 (x2)2+(y+1)2=9(x-2)^2 + (y+1)^2 = 9.

Détermination de l'équation à partir du centre et du rayon : C'est une application directe de la formule ci-dessus. Si on vous donne le centre I(a;b)I(a;b) et le rayon RR, vous remplacez a,b,Ra, b, R dans la formule.

Détermination d'un cercle

Plusieurs informations peuvent permettre de déterminer l'équation d'un cercle.

À partir de trois points non alignés : Si un cercle passe par trois points A,B,CA, B, C non alignés, son centre I(a;b)I(a; b) est l'intersection des médiatrices des segments [AB][AB] et [BC][BC] (ou [AC][AC]). Une fois le centre II trouvé, le rayon RR est la distance IAIA (ou IBIB ou ICIC).

  1. Calculer les équations des médiatrices de [AB][AB] et [BC][BC]. La médiatrice d'un segment est la droite perpendiculaire au segment et passant par son milieu. Pour la médiatrice de [AB][AB]:
    • Point MABM_{AB} milieu de [AB][AB].
    • Vecteur AB\vec{AB} est un vecteur normal à la médiatrice.
  2. Résoudre le système formé par les deux équations de médiatrices pour trouver les coordonnées du centre I(a;b)I(a; b).
  3. Calculer le rayon R=IA=(xAa)2+(yAb)2R = IA = \sqrt{(x_A-a)^2 + (y_A-b)^2}.
  4. Écrire l'équation du cercle.

À partir d'un diamètre : Si on connaît les extrémités A(xA;yA)A(x_A; y_A) et B(xB;yB)B(x_B; y_B) d'un diamètre du cercle.

  1. Le centre II du cercle est le milieu du segment [AB][AB]. I(xA+xB2;yA+yB2)I \left( \frac{x_A + x_B}{2} ; \frac{y_A + y_B}{2} \right).
  2. Le rayon RR est la moitié de la longueur du diamètre ABAB, soit R=AB2R = \frac{AB}{2}. Ou bien R=IAR = IA (distance de II à AA).
  3. Écrire l'équation du cercle avec II et RR. Alternativement, on peut utiliser la propriété du produit scalaire : le cercle de diamètre [AB][AB] est l'ensemble des points MM tels que MAMB=0\vec{MA} \cdot \vec{MB} = 0.

Reconnaître l'équation d'un cercle : Une équation de la forme x2+y2+Dx+Ey+F=0x^2 + y^2 + Dx + Ey + F = 0 peut représenter un cercle. Pour la reconnaître, on utilise la méthode de la forme canonique (complétion du carré) : x2+Dx+y2+Ey+F=0x^2 + Dx + y^2 + Ey + F = 0 (x2+Dx+(D2)2)(D2)2+(y2+Ey+(E2)2)(E2)2+F=0(x^2 + Dx + (\frac{D}{2})^2) - (\frac{D}{2})^2 + (y^2 + Ey + (\frac{E}{2})^2) - (\frac{E}{2})^2 + F = 0 (x+D2)2+(y+E2)2=(D2)2+(E2)2F(x + \frac{D}{2})^2 + (y + \frac{E}{2})^2 = (\frac{D}{2})^2 + (\frac{E}{2})^2 - F Soit R2=(D2)2+(E2)2FR'^2 = (\frac{D}{2})^2 + (\frac{E}{2})^2 - F.

  • Si R2>0R'^2 > 0, c'est l'équation d'un cercle de centre I(D2;E2)I(-\frac{D}{2}; -\frac{E}{2}) et de rayon R=R2R = \sqrt{R'^2}.
  • Si R2=0R'^2 = 0, l'équation représente un seul point (le centre).
  • Si R2<0R'^2 < 0, l'équation ne représente aucun point (pas de cercle réel).

Exemple : L'équation x2+y26x+4y3=0x^2 + y^2 - 6x + 4y - 3 = 0. (x26x)+(y2+4y)3=0(x^2 - 6x) + (y^2 + 4y) - 3 = 0 (x26x+9)9+(y2+4y+4)43=0(x^2 - 6x + 9) - 9 + (y^2 + 4y + 4) - 4 - 3 = 0 (x3)2+(y+2)216=0(x - 3)^2 + (y + 2)^2 - 16 = 0 (x3)2+(y+2)2=16(x - 3)^2 + (y + 2)^2 = 16 C'est un cercle de centre I(3;2)I(3; -2) et de rayon R=16=4R = \sqrt{16} = 4.

Position relative d'une droite et d'un cercle

Il y a trois cas possibles pour la position d'une droite par rapport à un cercle : sécante, tangente ou pas d'intersection.

Calcul de la distance du centre à la droite : Soit un cercle C\mathcal{C} de centre I(a;b)I(a; b) et de rayon RR. Soit une droite (d)(d) d'équation cartésienne Ax+By+C=0Ax + By + C = 0. La distance du point II à la droite (d)(d), notée d(I,(d))d(I, (d)), est donnée par la formule : d(I,(d))=Aa+Bb+CA2+B2d(I, (d)) = \frac{|Aa + Bb + C|}{\sqrt{A^2 + B^2}} Cette distance est fondamentale pour déterminer la position relative.

Cas d'intersection (sécante, tangente, pas d'intersection) :

  • La droite est sécante au cercle : Elle coupe le cercle en deux points distincts. Ceci se produit si d(I,(d))<Rd(I, (d)) < R.
  • La droite est tangente au cercle : Elle coupe le cercle en un seul point (point de tangence). Ceci se produit si ==d(I,(d))=Rd(I, (d)) = R. Le rayon au point de tangence est perpendiculaire à la droite.
  • La droite n'intersecte pas le cercle : Elle ne coupe pas le cercle. Ceci se produit si d(I,(d))>Rd(I, (d)) > R==.

Résolution de systèmes d'équations : Pour trouver les points d'intersection (s'il y en a), on résout le système formé par l'équation du cercle et l'équation de la droite. {(xa)2+(yb)2=R2Ax+By+C=0\begin{cases} (x-a)^2 + (y-b)^2 = R^2 \\ Ax + By + C = 0 \end{cases}

  1. Isoler xx ou yy dans l'équation de la droite (le plus simple est de choisir la variable dont le coefficient est 1 ou -1). Par exemple, si B0B \neq 0, on peut écrire y=ABxCBy = -\frac{A}{B}x - \frac{C}{B}.
  2. Substituer cette expression dans l'équation du cercle.
  3. On obtient une équation du second degré en xx (ou en yy).
    • Si le discriminant Δ>0\Delta > 0, il y a deux solutions, donc deux points d'intersection (sécante).
    • Si Δ=0\Delta = 0, il y a une solution (double), donc un point d'intersection (tangente).
    • Si Δ<0\Delta < 0, il n'y a pas de solution réelle, donc pas de point d'intersection.

Exemple : Cercle (x1)2+(y2)2=5(x-1)^2 + (y-2)^2 = 5 et droite y=x+1y = x + 1. Centre I(1;2)I(1; 2), rayon R=5R=\sqrt{5}. Équation de la droite : xy+1=0x - y + 1 = 0. Distance d(I,(d))=1(1)1(2)+112+(1)2=12+12=02=0d(I, (d)) = \frac{|1(1) - 1(2) + 1|}{\sqrt{1^2 + (-1)^2}} = \frac{|1 - 2 + 1|}{\sqrt{2}} = \frac{|0|}{\sqrt{2}} = 0. Puisque d(I,(d))=0<R=5d(I, (d)) = 0 < R=\sqrt{5}, la droite est sécante et passe même par le centre du cercle.

Pour les points d'intersection : (x1)2+((x+1)2)2=5(x-1)^2 + ((x+1)-2)^2 = 5 (x1)2+(x1)2=5(x-1)^2 + (x-1)^2 = 5 2(x1)2=52(x-1)^2 = 5 (x1)2=52(x-1)^2 = \frac{5}{2} x1=±52x-1 = \pm\sqrt{\frac{5}{2}} x=1±52x = 1 \pm \sqrt{\frac{5}{2}} Pour x1=1+52x_1 = 1 + \sqrt{\frac{5}{2}}, y1=(1+52)+1=2+52y_1 = (1 + \sqrt{\frac{5}{2}}) + 1 = 2 + \sqrt{\frac{5}{2}}. Pour x2=152x_2 = 1 - \sqrt{\frac{5}{2}}, y2=(152)+1=252y_2 = (1 - \sqrt{\frac{5}{2}}) + 1 = 2 - \sqrt{\frac{5}{2}}. Il y a bien deux points d'intersection.

Après la lecture

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