Éducation nationale françaiseFrançais4ème14 min de lecture

La phrase

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Lecture

5 chapitres

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Pratique

12 questions

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Objectif

4ème

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Chapitre 1

Qu'est-ce qu'une phrase ?

Définition et caractéristiques de la phrase

Une phrase est une suite de mots ou un mot seul qui a un sens complet. Elle commence toujours par une majuscule et se termine par un signe de ponctuation forte (point, point d'interrogation, point d'exclamation).

  • Sens complet : La phrase doit avoir une signification claire et compréhensible par elle-même.
    • Exemple : Le chat dort. (sens complet)
    • Exemple : Dans le jardin. (pas de sens complet, ce n'est pas une phrase)
  • Majuscule initiale : La première lettre est toujours en majuscule.
  • Ponctuation finale : Elle se termine par un point (.), un point d'interrogation (?), ou un point d'exclamation (!).

La phrase verbale et la phrase non verbale

Il existe deux grands types de phrases selon la présence ou non d'un verbe conjugué.

  • La phrase verbale : Elle contient au moins un verbe conjugué. C'est le type de phrase le plus courant.
    • Exemple : Les élèves apprennent leurs leçons. (Verbe : "apprennent")
    • Exemple : Il fait beau. (Verbe : "fait")
  • La phrase non verbale (ou nominale) : Elle ne contient pas de verbe conjugué. Son sens est exprimé par d'autres éléments, souvent un nom ou un adjectif.
    • Exemple : Quelle belle journée ! (Phrase exclamative nominale)
    • Exemple : Silence ! (Phrase impérative nominale)
    • Exemple : Attention danger. (Phrase nominale)

Les types de phrases

Les types de phrases indiquent l'intention du locuteur (celui qui parle ou écrit). Il y en a quatre principaux :

  1. La phrase déclarative : Elle donne une information, fait une affirmation ou une déclaration. Elle se termine par un point.
    • Exemple : Le soleil se lève à l'est.
  2. La phrase interrogative : Elle pose une question. Elle se termine par un point d'interrogation (?).
    • Exemple : As-tu bien compris ?
    • Attention : L'interrogation peut être directe (Où vas-tu ?) ou indirecte (Je me demande où tu vas.).
  3. La phrase impérative (ou injonctive) : Elle exprime un ordre, un conseil, une interdiction. Le verbe est souvent à l'impératif et il n'y a pas de sujet exprimé. Elle se termine par un point ou un point d'exclamation.
    • Exemple : Fais tes devoirs !
    • Exemple : Venez ici.
  4. La phrase exclamative : Elle exprime un sentiment fort (joie, colère, surprise...). Elle se termine par un point d'exclamation (!).
    • Exemple : Quel magnifique paysage !

Les formes de phrases

Les formes de phrases précisent la manière dont le message est exprimé. Elles peuvent se combiner avec les types de phrases.

  • Forme affirmative / Forme négative :
    • Affirmative : Le fait est affirmé. Exemple : Il est venu.
    • Négative : Le fait est nié, souvent avec des mots comme ne...pas, ne...plus, ne...jamais, ne...rien, ne...personne. Exemple : *Il **n'*est pas venu.
  • Forme active / Forme passive :
    • Active : Le sujet fait l'action. Exemple : Le chat mange la souris.
    • Passive : Le sujet subit l'action. L'action est faite par un "complément d'agent" (introduit par par ou de). Exemple : La souris est mangée par le chat. Le verbe est conjugué avec l'auxiliaire "être".
  • Forme personnelle / Forme impersonnelle :
    • Personnelle : Le sujet désigne une personne ou une chose précise. Exemple : La pluie tombe.
    • Impersonnelle : Le sujet est "il" et ne représente personne ni rien de précis. Le verbe est toujours à la 3ème personne du singulier. Exemple : Il pleut. (verbes météorologiques) ; Il faut partir.

Chapitre 2

Les constituants essentiels de la phrase simple

Le groupe sujet (GS)

Le groupe sujet (GS) indique qui fait l'action ou qui est dans l'état exprimé par le verbe.

  • Pour le trouver : On pose la question Qui est-ce qui... ? ou Qu'est-ce qui... ? avant le verbe.
    • Exemple : Le petit chat noir dort sur le canapé. \rightarrow Qui est-ce qui dort ? \rightarrow Le petit chat noir (GS).
  • Nature du sujet :
    • Un nom propre : Marie lit.
    • Un pronom personnel : Elle lit.
    • Un groupe nominal (GN) : La jeune fille lit.
    • Un infinitif ou un groupe infinitif : Lire est un plaisir.
    • Une proposition subordonnée (dans une phrase complexe) : Que tu viennes me ferait plaisir.
  • Accord du verbe avec le sujet : Le verbe s'accorde toujours en nombre et en personne avec son sujet.
    • Exemple : Les oiseaux chantent. (Pluriel) ; L'oiseau chante. (Singulier)
  • Sujet inversé : Parfois, le sujet est placé après le verbe, surtout dans les questions ou après certains compléments.
    • Exemple : vas-tu ?

Le groupe verbal (GV)

Le groupe verbal (GV) est le cœur de la phrase. Il est construit autour du verbe noyau et exprime l'action ou l'état du sujet.

  • Il comprend le verbe et tous ses compléments essentiels (COD, COI, Attribut du sujet).
  • Verbes d'état et verbes d'action :
    • Verbes d'état : Ils décrivent une qualité, un état du sujet (être, paraître, sembler, devenir, rester, demeurer, avoir l'air...). Ils sont suivis d'un attribut du sujet.
      • Exemple : Il est gentil. ("gentil" est l'attribut du sujet "il")
    • Verbes d'action : Ils expriment une action faite par le sujet. Ils peuvent être suivis de compléments d'objet.
      • Exemple : Il mange une pomme. ("une pomme" est COD)
  • Le prédicat : C'est le groupe verbal au sens large. Il inclut le verbe et tous les éléments qui dépendent de lui (compléments d'objet, attributs, compléments circonstanciels essentiels). En 4ème, on utilise souvent le terme GV.

Les compléments d'objet (COD, COI, COS)

Les compléments d'objet sont des éléments essentiels du groupe verbal. Ils complètent le sens du verbe. On ne peut généralement pas les supprimer ni les déplacer.

  • Le complément d'objet direct (COD) : Il complète directement le verbe, sans préposition.
    • Pour le trouver : On pose la question Qui ? ou Quoi ? après le verbe.
    • Exemple : Je lis un livre. (\rightarrow Je lis quoi ?)
    • Exemple : Il aime sa sœur. (\rightarrow Il aime qui ?)
  • Le complément d'objet indirect (COI) : Il complète le verbe par l'intermédiaire d'une préposition (souvent à ou de).
    • Pour le trouver : On pose la question À qui ?, À quoi ?, De qui ?, De quoi ? après le verbe.
    • Exemple : Je parle à mon ami. (\rightarrow Je parle à qui ?)
    • Exemple : Il rêve de vacances. (\rightarrow Il rêve de quoi ?)
  • Le complément d'objet second (COS) : Il apparaît quand le verbe a déjà un COD et qu'un second complément indirect est ajouté.
    • Exemple : Je donne un cadeau (COD) à ma mère (COS).
  • Pronominalisation : On peut remplacer les compléments d'objet par des pronoms (le, la, les, lui, leur, en, y).
    • Exemple : Je lis un livre. \rightarrow Je le lis. (COD)
    • Exemple : Je parle à mon ami. \rightarrow Je lui parle. (COI)

Les compléments circonstanciels (CC)

Les compléments circonstanciels (CC) apportent des précisions sur les circonstances de l'action (où, quand, comment, pourquoi...). Contrairement aux compléments d'objet, ils sont généralement déplaçables et supprimables sans que la phrase perde son sens grammatical, même si le sens précis est modifié.

  • Types courants de CC :
    • Lieu (où ?) : Il travaille à Paris.
    • Temps (quand ?) : Nous partons demain.
    • Manière (comment ?) : Elle chante magnifiquement.
    • Cause (pourquoi ?) : Il est absent à cause de sa maladie.
    • But (dans quel but ?) : Il étudie pour réussir.
  • Nature des CC :
    • Un groupe nominal (GN) : Il est rentré ce soir.
    • Un groupe prépositionnel (GPrép) : Il travaille avec passion.
    • Un adverbe : Il mange lentement.
    • Une proposition subordonnée circonstancielle (dans une phrase complexe).
  • Rôle : Les CC enrichissent la phrase, ils donnent plus de détails et de nuances. Leur suppression rend la phrase plus simple mais grammaticalement correcte.

Chapitre 3

La phrase complexe et ses articulations

Qu'est-ce qu'une phrase complexe ?

Une phrase complexe est une phrase qui contient plusieurs verbes conjugués. Chaque verbe conjugué introduit une proposition. Donc, une phrase complexe est composée d'au moins deux propositions.

  • Exemple : J'ai faim (1er verbe) car je n'ai pas mangé (2e verbe). \rightarrow 2 propositions.
  • Distinction simple/complexe :
    • Phrase simple : 1 verbe conjugué \rightarrow 1 proposition.
    • Phrase complexe : 2 verbes conjugués ou plus \rightarrow 2 propositions ou plus.
  • Identification des propositions : Pour identifier une proposition, il faut repérer un verbe conjugué. Chaque verbe conjugué marque le début d'une proposition.

La juxtaposition

La juxtaposition est une façon d'articuler des propositions. Les propositions sont placées côte à côte, séparées uniquement par un signe de ponctuation faible : la virgule (,), le point-virgule (;), ou les deux-points (:).

  • Les propositions juxtaposées sont indépendantes syntaxiquement : aucune ne dépend de l'autre.
  • Le lien entre elles est souvent un lien sémantique implicite (de sens) : cause, conséquence, succession d'actions, opposition...
  • Exemples :
    • Il pleut, je reste à la maison. (cause/conséquence)
    • Il est fatigué ; il va se coucher. (explication)
    • J'ai une idée : nous irons au cinéma. (introduction d'une explication)

La coordination

La coordination relie des propositions indépendantes de même niveau grammatical à l'aide d'un mot de liaison.

  • Les mots de liaison sont principalement les conjonctions de coordination : mais, ou, et, donc, or, ni, car (Mnémotechnique : "Mais où est donc Ornicar ?").
  • On peut aussi utiliser des adverbes de liaison (ou adverbes de coordination) : puis, ensuite, cependant, pourtant, néanmoins, en effet...
  • Les propositions coordonnées sont également indépendantes les unes des autres.
  • Le lien logique est explicite grâce à la conjonction/adverbe.
  • Exemples :
    • Il fait beau et nous irons nous promener. (addition)
    • Je voulais sortir mais il pleut. (opposition)
    • Il a révisé donc il réussira. (conséquence)

La subordination

La subordination est une relation où une proposition (la proposition subordonnée) dépend d'une autre proposition (la proposition principale). La subordonnée ne peut pas exister seule et complète le sens de la principale.

  • Elle est introduite par un mot subordonnant (conjonction de subordination, pronom relatif, adverbe interrogatif).
  • Il existe plusieurs types de subordonnées (nous en verrons les principales).
  • Exemple : Je pense que tu as raison. ("que tu as raison" est la subordonnée, elle dépend de "Je pense").

Chapitre 4

Les propositions subordonnées

La proposition subordonnée conjonctive complétive

La proposition subordonnée conjonctive complétive est introduite par la conjonction de subordination que (ou qu' devant voyelle).

  • Elle fonctionne généralement comme un complément d'objet direct (COD) du verbe de la proposition principale.
  • Elle peut aussi parfois être sujet du verbe principal.
  • Elle est essentielle : on ne peut ni la supprimer, ni la déplacer.
  • Elle se trouve souvent après un verbe de déclaration, d'opinion, de perception, de volonté : dire, penser, croire, savoir, vouloir, souhaiter, voir, entendre...
  • Exemples :
    • Je crois que tu viendras. (COD du verbe "crois")
    • Il faut que tu partes. (Sujet du verbe "faut")

La proposition subordonnée relative

La proposition subordonnée relative est introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles).

  • Elle complète un nom ou un pronom (appelé son antécédent) placé dans la proposition principale.
  • Elle a la fonction de complément de l'antécédent (ou complément du nom). Elle joue le rôle d'un adjectif.
  • Exemples :
    • J'ai lu le livre que tu m'as prêté. ("que tu m'as prêté" complète "le livre")
    • C'est la ville où j'ai grandi. ("où j'ai grandi" complète "la ville")
  • Le pronom relatif a lui-même une fonction grammaticale dans la subordonnée (sujet, COD, COI, CC...).
    • Exemple : J'ai vu l'homme qui (sujet) parlait.
    • Exemple : J'ai vu l'homme que (COD) tu cherchais.

Les propositions subordonnées circonstancielles (introduction)

Les propositions subordonnées circonstancielles sont introduites par une conjonction de subordination ou une locution conjonctive (quand, lorsque, comme, puisque, parce que, afin que, pour que, bien que, quoique, si, de sorte que...).

  • Elles ont la fonction d'un complément circonstanciel (de temps, de cause, de but, de conséquence, de concession, de condition...).
  • À l'instar des CC simples, elles sont souvent déplaçables et supprimables.
  • Exemples :
    • Temps : Je t'appellerai quand j'arriverai.
    • Cause : Il est absent parce qu'il est malade.
    • But : Il travaille pour qu'il réussisse.

Chapitre 5

Ponctuation et construction de la phrase

Rôle de la ponctuation dans la phrase simple

  • Le point (.) : Marque la fin d'une phrase déclarative.
  • Le point d'interrogation (?) : Marque la fin d'une phrase interrogative.
  • Le point d'exclamation (!) : Marque la fin d'une phrase exclamative ou impérative forte.
  • La virgule (,) :
    • Sépare les éléments d'une énumération : J'ai acheté des pommes, des poires et des bananes.
    • Isole un complément circonstanciel déplacé en début de phrase : Aujourd'hui, il fait beau.
    • Isole une apposition ou une interjection : Paris, la capitale de la France, est magnifique. ; Hélas, il est parti.
    • Sépare des propositions juxtaposées (voir ci-dessous).
  • La ponctuation reflète aussi l'intonation à l'oral et aide à la lecture à voix haute.

Ponctuation dans la phrase complexe

La ponctuation joue un rôle crucial pour articuler les propositions et clarifier les liens logiques.

  • Virgule entre propositions juxtaposées : Il est tard, je dois y aller.
  • Point-virgule (;) entre propositions juxtaposées ou coordonnées : Marque une pause plus forte qu'une virgule, souvent quand les propositions ont un lien étroit ou sont un peu longues. Il a beaucoup travaillé ; il mérite un peu de repos.
  • Deux-points (:) : Introduisent une explication, une conséquence, une énumération, une citation après une proposition. Il n'a pas pu venir : il était malade.
  • Absence de virgule :
    • Généralement, pas de virgule avant et ou ou lorsque ces conjonctions coordonnent deux éléments de même fonction (sauf si la phrase est longue ou pour éviter une ambiguïté).
    • Pas de virgule entre une principale et sa subordonnée complétive ou relative courte et essentielle.

Construire des phrases claires et variées

Pour un style fluide et agréable :

  • Éviter les phrases trop longues : Elles peuvent devenir difficiles à comprendre. N'hésitez pas à les scinder en plusieurs phrases simples ou complexes plus courtes.
  • Varier les types et formes de phrases : Alterner déclaratives, interrogatives, exclamatives, actives, passives, négatives... cela rend le texte plus dynamique.
  • Utiliser la ponctuation à bon escient : Bien ponctuer permet de structurer la pensée et de guider le lecteur.
  • Améliorer la fluidité du texte : Utiliser des mots de liaison appropriés (coordination, subordination) pour créer des liens logiques clairs entre les idées. Relire à voix haute peut aider à repérer les passages moins fluides.

Après la lecture

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