Les propositions subordonnées conjonctives
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Chapitre 1
Introduction aux propositions subordonnées
Qu'est-ce qu'une proposition ?
En grammaire, une proposition est un groupe de mots organisé autour d'un verbe conjugué. C'est l'unité de base de la phrase.
On distingue trois types de propositions :
- Proposition indépendante : Elle se suffit à elle-même et forme une phrase simple.
- Exemple : Le chien aboie.
- Proposition principale : Elle est autonome mais "commande" une ou plusieurs propositions subordonnées. Elle ne peut pas être supprimée sans que la phrase perde son sens principal.
- Exemple : Je pense que tu as raison. ("Je pense" est la principale)
- Proposition subordonnée : Elle dépend d'une autre proposition (la principale) et ne peut pas exister seule. Elle est introduite par un mot subordonnant.
- Exemple : Je pense que tu as raison. ("que tu as raison" est la subordonnée)
Les différents types de subordonnées
Il existe plusieurs catégories de propositions subordonnées, chacune ayant un rôle spécifique :
- Subordonnée relative : Introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel...). Elle complète un nom ou un pronom (son antécédent).
- Exemple : J'ai lu le livre que tu m'as prêté. ("que tu m'as prêté" complète "livre").
- Subordonnée interrogative indirecte : Introduite par un mot interrogatif (si, quand, comment, pourquoi...). Elle rapporte une question.
- Exemple : Je me demande si elle viendra.
- Subordonnée conjonctive : Introduite par une conjonction de subordination (que, quand, parce que, si...) ou une locution conjonctive. C'est le type que nous allons étudier en détail.
- Elle peut être complétive (complète un verbe) ou circonstancielle (précise une circonstance).
=La distinction des types est essentielle pour bien analyser une phrase.=
Identifier la proposition principale
La proposition principale est le cœur de la phrase complexe. Elle exprime l'idée la plus importante et ne peut pas être supprimée.
Critères d'identification :
- Elle contient le verbe principal de la phrase.
- Elle n'est introduite par aucun mot subordonnant.
- Elle peut souvent former une phrase simple si l'on retire la ou les subordonnées.
Exemples pratiques :
- Elle a dit qu'elle viendrait.
- Principale : "Elle a dit"
- Puisque tu es là, nous pouvons commencer.
- Principale : "nous pouvons commencer"
- L'homme qui parle est mon voisin.
- Principale : "L'homme est mon voisin"
Chapitre 2
La proposition subordonnée conjonctive complétive
Définition et rôle de la complétive
La proposition subordonnée conjonctive complétive est une subordonnée qui complète un verbe de la proposition principale. Elle fonctionne comme un complément d'objet direct (COD) ou un complément d'objet indirect (COI) du verbe principal.
- Elle répond aux questions "quoi ?" ou "à quoi ?", "de quoi ?".
- Elle est essentielle au sens de la phrase et ne peut pas être supprimée.
Verbes introducteurs typiques :
- Verbes de déclaration/opinion : dire, penser, croire, affirmer, déclarer, savoir...
- Verbes de volonté/sentiment : vouloir, souhaiter, désirer, aimer, craindre, regretter...
Les conjonctions de subordination introductrices
La complétive est presque toujours introduite par la conjonction de subordination "que".
- Exemple : Je crois qu'il viendra. ("qu'il viendra" est COD de "crois")
- Exemple : J'ai peur qu'il pleuve. ("qu'il pleuve" est COI de "ai peur")
Absence de pronom relatif : Contrairement à la subordonnée relative, la complétive introduite par "que" n'a pas d'antécédent et "que" n'est pas un pronom relatif. Il est une conjonction de subordination.
=Ne confondez pas le "que" de la relative (pronom) avec le "que" de la complétive (conjonction).=
Place et suppression de la complétive
- Place dans la phrase : La complétive se place généralement après le verbe qu'elle complète.
- Exemple : Il souhaite que tu réussisses.
- Impossibilité de suppression : Elle ne peut pas être retirée de la phrase sans en changer le sens ou la rendre agrammaticale.
- Exemple : Je pense que tu as tort. Je pense. (le sens n'est plus le même, la phrase est incomplète).
- Ponctuation : On ne met jamais de virgule entre le verbe principal et sa complétive.
Le mode des verbes dans la complétive
Le mode du verbe dans la complétive dépend du sens du verbe de la proposition principale.
- Indicatif : Après les verbes de déclaration, d'opinion, de connaissance, de perception (dire, penser, croire, savoir, voir, entendre...). Exprime la certitude ou la réalité.
- Exemple : Je pense qu'il VIENDRA. (certitude)
- Subjonctif : Après les verbes exprimant la volonté, le souhait, le doute, le sentiment, la crainte, l'ordre. Exprime l'incertitude, le désir, la subjectivité.
- Exemple : Je souhaite qu'il VIENNE. (souhait)
- Exemple : J'ai peur qu'il PLEUVE. (crainte)
- Concordance des temps : Il faut respecter les règles de concordance des temps entre la principale et la subordonnée.
Chapitre 3
La proposition subordonnée conjonctive circonstancielle
Définition et rôle de la circonstancielle
La proposition subordonnée conjonctive circonstancielle (PSCC) ajoute une information sur les circonstances de l'action principale. Elle fonctionne comme un complément circonstanciel de la principale.
- Elle peut exprimer la cause, la conséquence, le but, le temps, la condition, l'opposition, etc.
- Mobilité et suppression : Contrairement à la complétive, la circonstancielle est souvent mobile (peut changer de place) et peut être supprimée sans rendre la phrase agrammaticale (même si l'information est perdue).
Les différentes valeurs de la circonstancielle
Voici les principales valeurs que peut exprimer une PSCC :
- Cause : Pourquoi ? (parce que, puisque, comme, étant donné que...)
- Exemple : Il est absent parce qu'il est malade.
- Conséquence : Avec quel résultat ? (si bien que, de sorte que, tellement que...)
- Exemple : Il a tant travaillé qu'il est épuisé.
- But : Dans quel but ? (pour que, afin que, de peur que...)
- Exemple : Je révise pour que ma note soit bonne.
- Temps : Quand ? (quand, lorsque, pendant que, avant que, après que, dès que...)
- Exemple : Je lis pendant que tu cuisines.
- Condition/Hypothèse : À quelle condition ? (si, à condition que, pourvu que, au cas où...)
- Exemple : Si tu viens, je serai content.
- Concession/Opposition : Malgré quoi ? (bien que, quoique, même si, alors que...)
- Exemple : Bien qu'il soit malade, il est venu.
Les conjonctions et locutions introductrices
Les circonstancielles sont introduites par une grande variété de conjonctions de subordination ou de locutions conjonctives.
| Valeur | Introducteurs |
|---|---|
| Cause | parce que, puisque, comme, sous prétexte que |
| Conséquence | si bien que, de sorte que, à tel point que |
| But | pour que, afin que, de peur que, de crainte que |
| Temps | quand, lorsque, pendant que, avant que, après que, dès que, tandis que, depuis que |
| Condition | si, à condition que, pourvu que, à moins que, au cas où |
| Concession | bien que, quoique, même si, alors que, tandis que |
Le rôle de la conjonction est de lier la subordonnée à la principale et de préciser la nature du rapport logique entre elles.
Le mode des verbes dans la circonstancielle
Le choix du mode (indicatif ou subjonctif) dépend de la conjonction et de la valeur exprimée.
- Indicatif :
- Après "quand", "lorsque", "puisque", "parce que", "si bien que", "étant donné que"...
- Exemple (Cause) : Il rit parce qu'il est heureux.
- Exemple (Temps) : Je l'ai vu quand il est arrivé.
- Exemple (Condition) : Si tu viens, je te verrai. (Attention, "si" introduit l'indicatif pour la condition)
- Subjonctif :
- Après "pour que", "afin que", "avant que", "bien que", "quoique", "à moins que", "de peur que", "à condition que"...
- Exemple (But) : Il travaille pour qu'il RÉUSSISSE.
- Exemple (Concession) : Bien qu'il SOIT fatigué, il continue.
- Exemple (Condition) : Il viendra à condition que tu SOIS là.
- Concordance des temps : Comme pour la complétive, il faut adapter le temps du verbe de la subordonnée à celui de la principale.
Chapitre 4
Distinction et pièges courants
Différencier complétive et relative
C'est un piège fréquent, notamment avec le mot "que".
- Subordonnée relative :
- Introduite par un pronom relatif (qui, que, quoi, dont, où, lequel...).
- Le pronom relatif a un antécédent (un nom ou un pronom) qu'il complète.
- Le pronom relatif a une fonction grammaticale (sujet, COD, COI...) dans la subordonnée.
- Exemple : J'ai lu le livre que tu m'as prêté. ("que" est pronom relatif, antécédent "livre", fonction COD du verbe "prêté").
- Subordonnée complétive :
- Introduite par la conjonction "que".
- Le "que" n'a pas d'antécédent.
- La complétive elle-même est complément d'objet du verbe principal.
- Exemple : Je pense que tu as raison. ("que" est conjonction, pas d'antécédent, "que tu as raison" est COD de "pense").
Différencier complétive et circonstancielle
Ces deux types de subordonnées n'ont pas la même fonction ni les mêmes caractéristiques.
| Caractéristique | Complétive | Circonstancielle |
|---|---|---|
| Fonction | Complément d'objet du verbe | Complément circonstanciel |
| Mobilité | Non mobile (souvent après le verbe principal) | Souvent mobile (peut se placer en début de phrase) |
| Suppression | Impossible (phrase incohérente) | Possible (perte d'information, mais phrase reste grammaticale) |
| Introducteur typique | "que" (conjonction) | Variété de conjonctions/locutions (parce que, quand, si, bien que...) |
| Sens | Complète le verbe (quoi/de quoi/à quoi) | Précise une circonstance (cause, temps, but...) |
- Exemple (Complétive) : Je crois qu'il est honnête. (Non mobile, non supprimable)
- Exemple (Circonstancielle) : Puisqu'il est honnête, je lui fais confiance. (Mobile : Je lui fais confiance puisqu'il est honnête. Supprimable : Je lui fais confiance.)
Les pièges de la ponctuation
La virgule est cruciale pour la clarté et peut indiquer le type de subordonnée.
- Virgule avant une subordonnée :
- Elle est obligatoire quand la circonstancielle est placée avant la proposition principale.
- Exemple : Quand il est arrivé, nous avons dîné.
- Elle est facultative quand la circonstancielle est placée après la principale, surtout si elle est courte.
- Exemple : Nous avons dîné quand il est arrivé. (Virgule possible mais non obligatoire)
- Elle est souvent utilisée pour isoler une relative explicative (qui apporte une information supplémentaire et non essentielle).
- Exemple : Mon frère, qui habite à Paris, est médecin.
- Elle est obligatoire quand la circonstancielle est placée avant la proposition principale.
- Absence de virgule :
- Jamais de virgule entre le verbe principal et sa complétive.
- Exemple : Je pense que tu as tort. (Pas de virgule)
- Jamais de virgule devant une relative déterminative (qui est essentielle au sens de l'antécédent).
- Exemple : La voiture qui est garée là-bas est la mienne.
- Jamais de virgule entre le verbe principal et sa complétive.
=La ponctuation n'est pas un détail, elle aide à comprendre la structure de la phrase !=
Chapitre 5
Exercices pratiques et révision
Identifier les propositions subordonnées
Pour identifier une subordonnée :
- Repérez les verbes conjugués dans la phrase. Chaque verbe indique une proposition.
- Cherchez les introducteurs : conjonctions de subordination (que, quand, parce que, si, bien que...), pronoms relatifs (qui, que, dont, où...), mots interrogatifs (si, comment...).
- Délimitez les propositions en encadrant l'introducteur et le verbe de la subordonnée.
- Classez les types :
- Si l'introducteur est un pronom relatif avec antécédent relative.
- Si l'introducteur est "que" sans antécédent et la subordonnée est COD/COI complétive.
- Si l'introducteur est une conjonction de circonstance et la subordonnée est un CC circonstancielle.
Exemple : Je sais qu'il viendra si tu l'invites.
- "Je sais" : Principale
- "qu'il viendra" : Subordonnée conjonctive complétive (COD de "sais")
- "si tu l'invites" : Subordonnée conjonctive circonstancielle de condition (CC de "viendra")
Transformer des phrases
- Passer d'une phrase simple à complexe : Ajoutez une subordonnée pour enrichir la phrase.
- Ex : Il est fatigué à cause de son travail. Il est fatigué parce qu'il a beaucoup travaillé. (Circonstancielle de cause)
- Modifier le type de subordonnée : Changez l'introducteur et la structure pour exprimer une autre idée.
- Ex : Je lis pour que tu puisses dormir. (But) Je lis pendant que tu dors. (Temps)
Rédaction de phrases complexes
- Utiliser différentes subordonnées : Entraînez-vous à intégrer des subordonnées de divers types pour varier la structure de vos phrases.
- Varier les introducteurs : Ne vous contentez pas de "que" ou "quand". Explorez toute la richesse des conjonctions et locutions.
- Améliorer la fluidité du texte : Les subordonnées permettent d'établir des liens logiques clairs entre les idées et de rendre le texte plus cohérent et agréable à lire.
Conseil : Relisez vos productions en vous posant la question : "Est-ce que cette subordonnée est essentielle (complétive) ou apporte-t-elle une information supplémentaire (circonstancielle, relative) ?"
Après la lecture
Passe à la pratique avec deux blocs bien visibles
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Suite naturelle
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