La grammaire de la phrase complexe
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Chapitre 1
Introduction à la phrase complexe
Qu'est-ce qu'une phrase complexe ?
Pour comprendre la phrase complexe, il faut d'abord connaître la phrase simple.
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La phrase simple : C'est une phrase qui contient un seul verbe conjugué. Ce verbe est le noyau d'une seule proposition.
- Exemple : Le chat dort. (Un seul verbe : "dort")
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La phrase complexe : C'est une phrase qui contient plusieurs verbes conjugués. Chaque verbe conjugué introduit une proposition. Une phrase complexe est donc composée de plusieurs propositions.
- Exemple : Le chat dort et le chien joue. (Deux verbes : "dort" et "joue" -> deux propositions)
Comment identifier les propositions ? Chaque verbe conjugué correspond à une proposition. Le nombre de verbes conjugués dans une phrase est égal au nombre de propositions.
- Exemple : "Quand il fait beau, je sors et je me promène."
- Verbes conjugués : "fait", "sors", "promène".
- Il y a donc trois propositions dans cette phrase.
Les différents types de propositions
Dans une phrase complexe, les propositions ne sont pas toutes sur le même pied d'égalité. On distingue trois types principaux :
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La proposition indépendante : Elle se suffit à elle-même, elle a un sens complet et n'est pas dépendante d'une autre proposition. On peut la trouver seule sous forme de phrase simple.
- Exemple : "Il pleut." (C'est une phrase simple et une proposition indépendante.)
- Dans une phrase complexe : "Il pleut ; je reste chez moi." ("Il pleut" est une proposition indépendante.)
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La proposition principale : C'est la proposition dont dépend une ou plusieurs autres propositions (les subordonnées). Elle ne peut pas être supprimée sans que la subordonnée perde son sens ou sa fonction.
- Exemple : "Je pense que tu as raison." ("Je pense" est la proposition principale.)
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La proposition subordonnée : Elle dépend d'une autre proposition (la principale ou une autre subordonnée). Elle ne peut pas exister seule et est introduite par un mot subordonnant (conjonction de subordination, pronom relatif, mot interrogatif). Elle complète l'idée de la proposition dont elle dépend.
- Exemple : "Je pense que tu as raison." ("que tu as raison" est la proposition subordonnée.)
Rôles des propositions :
- Les propositions indépendantes ou principales portent l'idée principale.
- Les propositions subordonnées viennent apporter des informations complémentaires : préciser un nom, exprimer une cause, une conséquence, un temps, etc.
Ponctuation de la phrase complexe
La ponctuation est essentielle pour la clarté de la phrase complexe et pour indiquer les liens entre les propositions.
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Rôle de la virgule (,) :
- Elle sépare des propositions de même nature (juxtaposées ou coordonnées).
- Elle isole une proposition subordonnée placée en début de phrase ou insérée dans une principale.
- Exemple : "Il est fatigué, il a beaucoup travaillé." (Juxtaposition)
- Exemple : "Quand il est arrivé, nous mangions." (Subordonnée en début de phrase)
- Attention : On ne met généralement pas de virgule entre une principale et une subordonnée complétive ou relative courte.
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Rôle du point-virgule (;) :
- Il sépare des propositions indépendantes ou coordonnées qui sont liées par le sens mais qui pourraient être des phrases distinctes. Le lien est plus fort qu'avec une virgule, mais moins qu'avec un point.
- Il permet d'éviter l'enchaînement de trop nombreuses virgules, surtout dans des énumérations complexes.
- Exemple : "La météo annonçait du soleil ; pourtant, il a plu toute la journée."
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Rôle des deux points (:) :
- Ils introduisent une explication, une conséquence, une énumération ou une citation par rapport à ce qui précède.
- Exemple : "Il avait une bonne raison : il était malade." (Explication)
- Exemple : "Elle n'a pas révisé : elle a raté son examen." (Conséquence)
Erreurs courantes de ponctuation :
- Virgule entre sujet et verbe : Jamais de virgule entre le sujet et son verbe.
- Virgule entre verbe et COD/COI : Jamais de virgule entre le verbe et son complément essentiel (COD, COI).
- Abus de virgules : Trop de virgules peuvent rendre la phrase hachée et difficile à lire.
- Confusion point-virgule / virgule : Le point-virgule marque une pause plus longue et une relation plus forte que la virgule.
Chapitre 2
La juxtaposition et la coordination
La juxtaposition
La juxtaposition consiste à placer côte à côte des propositions, sans mot de liaison explicite, en utilisant uniquement des signes de ponctuation.
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Définition de la juxtaposition : C'est l'action de rapprocher des éléments (ici, des propositions) sans utiliser de conjonction ou de pronom. Le lien logique est implicite et doit être déduit du contexte.
- Exemple : Il est tard, il faut partir. (Les deux propositions sont juxtaposées par une virgule.)
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Marques de la juxtaposition :
- La virgule (,) : C'est la marque la plus fréquente. Elle indique souvent une succession d'actions, une explication simple, ou une équivalence.
- Exemple : "Le soleil brillait, les oiseaux chantaient."
- Le point-virgule (;) : Il met en relation des propositions qui ont un lien logique plus fort ou qui présentent une certaine opposition, tout en marquant une pause plus nette.
- Exemple : "Il a révisé ; il a réussi." (Conséquence)
- Les deux points (:) : Ils introduisent une explication, une cause, une conséquence ou une énumération de ce qui précède.
- Exemple : "Je suis fatigué : j'ai mal dormi." (Cause)
- La virgule (,) : C'est la marque la plus fréquente. Elle indique souvent une succession d'actions, une explication simple, ou une équivalence.
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Sens implicites : La juxtaposition force le lecteur à établir lui-même le lien logique entre les propositions. Ce lien peut être :
- Une cause / conséquence : "Il a couru, il est essoufflé."
- Une opposition : "Il mange peu, il ne maigrit pas."
- Une succession : "Il est entré, il a salué, il s'est assis."
- Une explication : "Fais attention : la route est glissante."
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Effets stylistiques : La juxtaposition peut créer un effet de rapidité, de sécheresse, de simplicité ou d'urgence. Elle est souvent utilisée pour le style direct et percutant.
La coordination
La coordination relie des propositions de même nature grammaticale à l'aide d'un mot de liaison appelé conjonction de coordination ou un adverbe de liaison.
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Définition de la coordination : C'est le fait de joindre deux propositions (ou des mots, des groupes de mots) de même fonction et de même niveau syntaxique à l'aide d'un mot-outil.
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Les conjonctions de coordination : Elles sont invariables et leur liste est limitée. La célèbre phrase mnémotechnique pour les retenir est : Mais où est donc Ornicar ?
- Mais : exprime l'opposition, la restriction. Exemple : "Il fait beau mais il fait froid."
- Ou : exprime le choix, l'alternative. Exemple : "Tu manges ou tu dors ?"
- Et : exprime l'addition, la succession. Exemple : "Il lit et il écrit."
- Donc : exprime la conséquence. Exemple : "Il a faim donc il mange."
- Or : exprime une opposition inattendue, une nuance. Exemple : "Il pensait réussir, or il a échoué."
- Ni : exprime la négation, l'addition négative. Exemple : "Il ne mange ni ne boit."
- Car : exprime la cause. Exemple : "Il est heureux car il a réussi."
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Les adverbes de liaison (ou locutions adverbiales) : Certains adverbes ou locutions adverbiales peuvent aussi coordonner des propositions en exprimant un rapport logique. Ils sont généralement suivis d'une virgule.
- Exemples : Puis, ensuite, cependant, néanmoins, toutefois, en effet, d'ailleurs, ainsi, par conséquent, c'est pourquoi, etc.
- Exemple : "Il a beaucoup étudié ; par conséquent, il a obtenu de bons résultats."
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Rapports logiques exprimés : La coordination permet d'exprimer clairement des relations entre les propositions :
- Addition : et, puis
- Alternative : ou
- Opposition : mais, or, cependant, néanmoins
- Cause : car, en effet
- Conséquence : donc, par conséquent, c'est pourquoi
Distinction juxtaposition / coordination
Comprendre la différence entre juxtaposition et coordination est crucial pour une analyse correcte et pour maîtriser les nuances de l'expression écrite.
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Critères d'identification :
- Juxtaposition : Pas de mot de liaison. Les propositions sont séparées par une virgule, un point-virgule ou deux points.
- Coordination : Présence d'une conjonction de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou d'un adverbe de liaison.
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Exercices de reconnaissance :
- "Il a plu, la route est mouillée." -> Juxtaposition (virgule)
- "Il a plu et la route est mouillée." -> Coordination (et)
- "Il est malade : il ne viendra pas." -> Juxtaposition (deux points)
- "Il est malade car il ne viendra pas." -> Coordination (car)
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Impact sur le sens :
- La juxtaposition laisse au lecteur le soin d'interpréter le lien logique, ce qui peut créer une certaine ambiguïté ou un effet de suggestion. Le lien est implicite.
- La coordination explicite clairement le rapport logique entre les propositions. Le lien est explicite et univoque (cause, conséquence, opposition...).
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Choix stylistiques :
- La juxtaposition est souvent utilisée pour un style plus concis, plus direct, parfois plus poétique ou plus rapide. Elle peut créer un effet d'énumération simple ou de constat.
- La coordination est préférée pour la clarté et la précision des liens logiques. Elle rend le raisonnement plus facile à suivre et est essentielle dans l'argumentation.
Chapitre 3
Les propositions subordonnées relatives
Identification de la subordonnée relative
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Définition : C'est une proposition qui dépend d'une proposition principale et qui complète un nom ou un pronom (son antécédent) situé dans la principale. Elle est introduite par un pronom relatif.
- Exemple : "J'ai lu le livre que tu m'as prêté." ("que tu m'as prêté" est la subordonnée relative. "le livre" est l'antécédent.)
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Antécédent : C'est le nom ou le pronom auquel le pronom relatif fait référence. La subordonnée relative se place généralement juste après son antécédent.
- Exemple : "Voici l'homme qui a volé le pain." ("l'homme" est l'antécédent de "qui")
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Pronoms relatifs simples :
- Qui : peut être sujet de la subordonnée ou complément d'objet indirect (COI) précédé d'une préposition.
- Exemple (sujet) : "L'enfant qui joue est mon fils."
- Exemple (COI) : "La personne à qui je pense est absente."
- Que : est toujours complément d'objet direct (COD) de la subordonnée.
- Exemple : "Le film que j'ai vu était excellent."
- Quoi : est un pronom relatif neutre, souvent précédé d'une préposition, et faisant référence à une idée générale ou une chose indéfinie.
- Exemple : "Il ne sait pas à quoi s'attendre."
- Dont : remplace un complément du nom, un COD ou un COI introduit par "de".
- Exemple : "Le livre dont je te parle est passionnant." (Je te parle du livre)
- Exemple : "C'est l'auteur dont j'admire le talent." (J'admire le talent de l'auteur)
- Où : indique le lieu ou le temps.
- Exemple (lieu) : "La maison où j'habite est grande."
- Exemple (temps) : "Le jour où il est né faisait beau."
- Qui : peut être sujet de la subordonnée ou complément d'objet indirect (COI) précédé d'une préposition.
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Pronoms relatifs composés : Ils sont formés d'un article défini (le, la, les) et de "quel" (lequel, laquelle, lesquels, lesquelles), précédés ou non d'une préposition (auquel, de laquelle, etc.). On les utilise souvent pour éviter l'ambiguïté ou après certaines prépositions.
- Exemple : "J'ai rencontré le frère de ma voisine, lequel m'a salué." (Évite la répétition du nom)
- Exemple : "Ce sont les raisons pour lesquelles il est parti."
Fonctions des pronoms relatifs
Le pronom relatif a une double fonction :
- Il est le lien entre la principale et la subordonnée.
- Il a une fonction grammaticale (sujet, COD, etc.) à l'intérieur de la subordonnée relative.
- Sujet : Le pronom relatif "qui" est souvent sujet du verbe de la subordonnée.
- Exemple : "L'homme qui parle est mon père." ("qui" est sujet de "parle")
- COD (Complément d'Objet Direct) : Le pronom relatif "que" est toujours COD du verbe de la subordonnée.
- Exemple : "Le tableau que tu admires est célèbre." ("que" est COD de "admire")
- COI (Complément d'Objet Indirect) : "Qui" ou "quoi" précédés d'une préposition, ou "dont" si la préposition est "de".
- Exemple : "C'est la personne à qui j'ai écrit."
- Exemple : "Le sujet dont nous discutons est complexe."
- Complément du nom : "Dont" remplace un complément du nom.
- Exemple : "Il a lu un livre dont la fin est surprenante." (La fin du livre)
- Complément circonstanciel : "Où" pour le lieu ou le temps, ou "lequel/laquelle" etc. précédés d'une préposition pour d'autres circonstances.
- Exemple : "La ville où je suis né est jolie." (Complément circonstanciel de lieu)
- Exemple : "C'est l'année pendant laquelle j'ai voyagé." (Complément circonstanciel de temps)
Accord du verbe dans la relative
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Accord avec l'antécédent : Le verbe de la proposition subordonnée relative s'accorde en personne et en nombre avec l'antécédent du pronom relatif.
- Exemple : "C'est moi qui suis responsable." ("suis" s'accorde avec "moi", antécédent de "qui")
- Exemple : "Ce sont nous qui avons décidé." ("avons" s'accorde avec "nous", antécédent de "qui")
- Exemple : "Les enfants qui jouent dans le jardin sont heureux." ("jouent" s'accorde avec "les enfants")
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Cas particuliers :
- Quand l'antécédent est un pronom indéfini comme "celui", "ceux", "celle", "celles", l'accord se fait avec ce pronom.
- Quand le pronom relatif est "dont", le verbe s'accorde avec le sujet de la subordonnée (qui n'est pas "dont").
- Exemple : "C'est un livre dont j'ai apprécié l'histoire." ("j'ai apprécié" s'accorde avec "je")
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Erreurs fréquentes :
- Accorder le verbe avec le pronom relatif lui-même au lieu de son antécédent.
- Oublier que "qui" est sujet et donc qu'il commande l'accord du verbe.
Emploi et rôle de la relative
Les propositions subordonnées relatives sont des outils précieux pour enrichir l'expression et la précision.
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Expansion du nom : Leur rôle principal est de compléter un nom, d'apporter des informations supplémentaires qui le caractérisent.
- Exemple : "J'ai acheté une voiture qui consomme peu." (Précise le type de voiture)
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Précision de l'information : Elles permettent d'ajouter des détails sans alourdir la phrase avec des phrases simples successives.
- Au lieu de : "J'ai un ami. Cet ami est très drôle. Il raconte des blagues."
- Préférez : "J'ai un ami qui est très drôle et qui raconte des blagues."
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Éviter la répétition : Grâce aux pronoms relatifs, on évite de répéter le nom ou le groupe nominal.
- Au lieu de : "J'ai lu un roman. Le roman était captivant."
- Préférez : "J'ai lu un roman qui était captivant."
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Relative explicative vs déterminative :
- Relative déterminative (ou restrictive) : Elle est indispensable au sens de la phrase. Elle restreint l'antécédent à une catégorie particulière. Elle n'est généralement pas séparée par une virgule.
- Exemple : "Les élèves qui ont travaillé réussiront." (Seuls ceux qui ont travaillé)
- Relative explicative (ou non restrictive) : Elle apporte une information supplémentaire, une précision, mais n'est pas essentielle pour identifier l'antécédent. On peut la supprimer sans changer le sens fondamental de la principale. Elle est toujours encadrée par des virgules (ou des tirets).
- Exemple : "Mon frère, qui habite à Paris, est venu me voir." (J'ai un seul frère, l'information sur Paris est complémentaire.)
- Relative déterminative (ou restrictive) : Elle est indispensable au sens de la phrase. Elle restreint l'antécédent à une catégorie particulière. Elle n'est généralement pas séparée par une virgule.
Chapitre 4
Les propositions subordonnées conjonctives complétives
La subordonnée complétive introduite par 'que'
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Définition : C'est une proposition subordonnée qui complète un verbe de la principale et qui est introduite par la conjonction de subordination "que". Elle ne peut pas être supprimée sans altérer le sens de la phrase.
- Exemple : "Je pense que tu as raison." ("que tu as raison" est la complétive.)
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Fonction : La complétive en "que" a la fonction d'un groupe nominal.
- COD du verbe principal : C'est la fonction la plus fréquente. Le verbe principal est souvent un verbe de déclaration, d'opinion, de sentiment, de volonté (dire, croire, penser, vouloir, souhaiter...).
- Exemple : "Il dit qu'il viendra." (Il dit quoi ? -> qu'il viendra)
- Sujet réel du verbe impersonnel : Après des expressions impersonnelles comme "il est important que", "il semble que", "il faut que".
- Exemple : "Il est important que vous soyez présents." (Que est-il important ? -> que vous soyez présents)
- Attribut du sujet : Après des verbes d'état comme "être", "paraître", "sembler".
- Exemple : "La vérité est que je n'aime pas ça." (La vérité est quoi ? -> que je n'aime pas ça)
- Complément de l'adjectif : Plus rare, après un adjectif.
- Exemple : "Je suis heureux que tu m'accompagnes."
- COD du verbe principal : C'est la fonction la plus fréquente. Le verbe principal est souvent un verbe de déclaration, d'opinion, de sentiment, de volonté (dire, croire, penser, vouloir, souhaiter...).
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Verbes introducteurs : Les verbes qui introduisent une complétive sont nombreux :
- Verbes de déclaration : dire, annoncer, affirmer, répéter...
- Verbes d'opinion : croire, penser, estimer, supposer...
- Verbes de sentiment : aimer, regretter, craindre, souhaiter...
- Verbes de volonté : vouloir, exiger, ordonner...
- Verbes de perception : voir, entendre, sentir...
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Mode du verbe (indicatif, subjonctif) : Le mode du verbe dans la complétive dépend du sens du verbe de la principale.
- L'indicatif : si le verbe exprime une certitude, une déclaration, une perception.
- Exemple : "Je crois qu'il viendra." (Certitude)
- Le subjonctif : si le verbe exprime un doute, une volonté, un sentiment, une nécessité, une interdiction.
- Exemple : "Je souhaite qu'il vienne." (Volonté)
- Exemple : "Il faut que tu partes." (Nécessité)
- Exemple : "Je regrette que tu sois malade." (Sentiment)
- Attention : Après "croire que", "penser que" à la forme négative ou interrogative, on utilise souvent le subjonctif pour exprimer le doute. "Je ne crois pas qu'il vienne."
- L'indicatif : si le verbe exprime une certitude, une déclaration, une perception.
La subordonnée interrogative indirecte
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Définition : C'est une proposition subordonnée qui rapporte une question sans la citer directement. Elle dépend d'un verbe de question, de connaissance ou de doute. Elle n'est pas suivie d'un point d'interrogation.
- Exemple (question directe) : "Viendra-t-il ?"
- Exemple (interrogative indirecte) : "Je me demande s'il viendra."
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Mots introducteurs :
- Si : si la question directe est une interrogation totale (réponse par oui/non).
- Exemple : "Je ne sais pas s'il pleut." (Pleut-il ?)
- Mots interrogatifs : (qui, que, quoi, où, quand, comment, pourquoi, combien, quel/quelle/quels/quelles).
- Exemple : "Dis-moi où tu vas." (Où vas-tu ?)
- Exemple : "Elle demande ce que tu fais." (Que fais-tu ?)
- Exemple : "Je ne sais pas quelle heure il est." (Quelle heure est-il ?)
- Si : si la question directe est une interrogation totale (réponse par oui/non).
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Absence d'inversion sujet-verbe : Contrairement à l'interrogation directe, il n'y a jamais d'inversion du sujet dans l'interrogative indirecte.
- Faux : "Je me demande où est-il."
- Correct : "Je me demande où il est."
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Fonction (COD) : La subordonnée interrogative indirecte a toujours la fonction de COD du verbe de la proposition principale (verbe introducteur).
- Exemple : "Il m'a demandé ce que je voulais." (Il m'a demandé quoi ? -> ce que je voulais)
- Verbes introducteurs : demander, se demander, savoir, ignorer, dire, comprendre, expliquer, etc.
Distinction complétive / relative
La conjonction "que" peut introduire une complétive ou un pronom relatif "que". Il est crucial de les différencier.
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Critères de différenciation :
- La subordonnée relative :
- Complète un nom ou un pronom (antécédent).
- Peut être remplacée par un autre pronom relatif (qui, lequel...).
- Le "que" est un pronom relatif et a une fonction grammaticale (COD) dans la subordonnée.
- La subordonnée complétive :
- Complète un verbe.
- Ne peut pas être remplacée par un autre pronom relatif.
- Le "que" est une conjonction de subordination, il n'a pas de fonction grammaticale propre dans la subordonnée, il sert juste de lien. On peut le remplacer par "cela" dans la principale si la complétive est COD.
- La subordonnée relative :
-
Rôle du 'que' :
- Dans une relative, "que" est un pronom qui représente l'antécédent et a une fonction (souvent COD).
- Exemple : "Le livre que j'ai lu est passionnant." ("que" = le livre, COD de "ai lu")
- Dans une complétive, "que" est une conjonction qui introduit la subordonnée sans en faire partie fonctionnellement.
- Exemple : "Je pense que tu as raison." (Je pense "cela", "que" n'a pas de fonction dans "tu as raison")
- Dans une relative, "que" est un pronom qui représente l'antécédent et a une fonction (souvent COD).
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Exercices pratiques :
- "J'attends le train que tu prendras."
- "que" fait référence à "le train" (antécédent).
- "que" est COD de "prendras" (Tu prendras quoi ? le train).
- → Proposition subordonnée relative.
- "Je souhaite que tu prennes ce train."
- "que" ne fait référence à aucun antécédent.
- "que" ne peut pas être remplacé par "qui" ou "où".
- On peut dire "Je souhaite cela".
- → Proposition subordonnée complétive.
- "J'attends le train que tu prendras."
Chapitre 5
Les propositions subordonnées conjonctives circonstancielles
Subordonnées de temps et de cause
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Subordonnées de temps : Elles indiquent le moment où se déroule l'action de la principale.
- Conjonctions de subordination :
- Simultanéité : quand, lorsque, comme, pendant que, tandis que, au moment où...
- Exemple : "Quand je suis arrivé, il pleuvait."
- Antériorité : avant que (subjonctif), en attendant que (subjonctif).
- Exemple : "Il est parti avant que je n'arrive."
- Postériorité : après que (indicatif), dès que, aussitôt que, depuis que, une fois que.
- Exemple : "Dès qu'il aura fini, il partira."
- Simultanéité : quand, lorsque, comme, pendant que, tandis que, au moment où...
- Rapports logiques : simultanéité, antériorité, postériorité.
- Modes verbaux : Généralement l'indicatif, sauf pour "avant que", "en attendant que" qui exigent le subjonctif.
- Conjonctions de subordination :
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Subordonnées de cause : Elles expliquent la raison, la cause de l'action de la principale.
- Conjonctions de subordination : parce que, puisque, comme, étant donné que, du fait que, sous prétexte que...
- Exemple : "Il est heureux parce qu'il a réussi."
- Exemple (en début de phrase) : "Comme il pleut, je reste à la maison."
- Rapports logiques : explication, justification.
- Modes verbaux : L'indicatif est le mode le plus courant.
- Conjonctions de subordination : parce que, puisque, comme, étant donné que, du fait que, sous prétexte que...
Subordonnées de conséquence et de but
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Subordonnées de conséquence : Elles expriment le résultat, l'effet de l'action de la principale.
- Conjonctions de subordination : si bien que, de sorte que, de manière que, tellement... que, si... que, tant... que, au point que...
- Exemple : "Il a tellement plu que les rues sont inondées."
- Exemple : "Il a travaillé toute la nuit, si bien qu'il est épuisé."
- Rapports logiques : résultat, effet.
- Modes verbaux : Généralement l'indicatif.
- Conjonctions de subordination : si bien que, de sorte que, de manière que, tellement... que, si... que, tant... que, au point que...
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Subordonnées de but (ou finale) : Elles expriment l'intention, l'objectif de l'action de la principale.
- Conjonctions de subordination : pour que, afin que, de peur que (ne), de crainte que (ne)...
- Exemple : "Je révise pour que tu réussisses."
- Exemple : "Il parle doucement afin que personne ne l'entende."
- Rapports logiques : objectif, intention.
- Modes verbaux : Toujours le subjonctif.
- Conjonctions de subordination : pour que, afin que, de peur que (ne), de crainte que (ne)...
Subordonnées d'opposition et de concession
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Subordonnées d'opposition : Elles mettent en parallèle deux faits qui s'opposent, sans qu'il y ait de lien de cause à effet entre eux.
- Conjonctions de subordination : tandis que, alors que, pendant que, au lieu que...
- Exemple : "Pierre travaille, tandis que Paul se repose."
- Rapports logiques : contraste, parallèle.
- Modes verbaux : L'indicatif.
- Conjonctions de subordination : tandis que, alors que, pendant que, au lieu que...
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Subordonnées de concession : Elles expriment un fait qui pourrait empêcher l'action de la principale, mais qui ne le fait pas. Il y a une idée de "malgré cela".
- Conjonctions de subordination : bien que, quoique, malgré que (familier, à éviter), encore que, quand bien même (conditionnel)...
- Exemple : "Bien qu'il soit fatigué, il continue de travailler."
- Rapports logiques : obstacle non suffisant.
- Modes verbaux : Toujours le subjonctif pour "bien que", "quoique". Le conditionnel pour "quand bien même".
- Conjonctions de subordination : bien que, quoique, malgré que (familier, à éviter), encore que, quand bien même (conditionnel)...
Subordonnées de condition et de comparaison
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Subordonnées de condition (ou hypothèse) : Elles expriment la condition nécessaire à la réalisation de l'action de la principale.
- Conjonctions de subordination : si, à condition que, pourvu que, à moins que (ne), en admettant que, pour peu que...
- Exemple : "Si tu viens, je serai content."
- Exemple : "Il réussira à condition qu'il travaille."
- Rapports logiques : hypothèse, condition.
- Modes verbaux :
- Après "si" : présent, imparfait, plus-que-parfait de l'indicatif. (Jamais de futur ou conditionnel après "si" de condition !)
- Exemple : "Si j'avais de l'argent, j'achèterais une maison."
- Après les autres conjonctions : le subjonctif est fréquent ("à condition que", "pourvu que", "à moins que").
- Après "si" : présent, imparfait, plus-que-parfait de l'indicatif. (Jamais de futur ou conditionnel après "si" de condition !)
- Conjonctions de subordination : si, à condition que, pourvu que, à moins que (ne), en admettant que, pour peu que...
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Subordonnées de comparaison : Elles établissent un rapport de ressemblance, d'égalité ou d'inégalité entre deux faits.
- Conjonctions de subordination : comme, de même que, ainsi que, plus... que, moins... que, autant... que, tel que...
- Exemple : "Il chante comme un rossignol chante."
- Exemple : "Il est plus grand que je ne le pensais."
- Rapports logiques : ressemblance, différence, égalité, inégalité.
- Modes verbaux : L'indicatif est le plus fréquent. Le subjonctif après "que" dans des comparaisons hypothétiques ou irréelles.
- Conjonctions de subordination : comme, de même que, ainsi que, plus... que, moins... que, autant... que, tel que...
Chapitre 6
Analyse et rédaction de phrases complexes
Méthodologie d'analyse
Analyser une phrase complexe, c'est comprendre sa structure et les liens logiques entre ses différentes parties.
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Identifier les verbes conjugués : C'est la première étape et la plus importante. Chaque verbe conjugué correspond à une proposition. Soulignez-les ou entourez-les.
- Exemple : "Quand il pleut, je reste chez moi et je lis un livre que j'aime beaucoup." (4 verbes = 4 propositions)
-
Délimiter les propositions : Une fois les verbes identifiés, séparez visuellement les propositions par des barres ou des crochets.
- Exemple : [Quand il pleut], [je reste chez moi] et [je lis un livre] [que j'aime beaucoup].
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Identifier les liens (coordination, subordination) :
- Recherchez les conjonctions de coordination (mais, ou, et, donc, or, ni, car) ou les adverbes de liaison.
- Recherchez les mots subordonnants (pronoms relatifs, conjonctions de subordination, mots interrogatifs).
- S'il n'y a pas de mot de liaison, il s'agit de juxtaposition.
-
Nommer les types de propositions :
- Déterminez la proposition principale (celle qui ne dépend de rien).
- Identifiez les subordonnées et leur type (relative, complétive, circonstancielle) ainsi que leur fonction.
- Identifiez les propositions indépendantes ou coordonnées.
Exemple d'analyse complète : "Quand il pleut, je reste chez moi et je lis un livre que j'aime beaucoup."
- P1 : "Quand il pleut" -> Subordonnée circonstancielle de temps.
- P2 : "je reste chez moi" -> Proposition principale.
- P3 : "et je lis un livre" -> Proposition coordonnée à P2 par "et".
- P4 : "que j'aime beaucoup" -> Subordonnée relative, complément de l'antécédent "livre" (dans P3). "que" est COD de "aime".
Varier les structures de phrases
Une bonne maîtrise de la phrase complexe permet de rendre son expression plus riche et plus nuancée.
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Enrichir son expression : Utiliser différents types de subordonnées permet d'exprimer des idées complexes, des nuances, des liens logiques précis. Plutôt que d'enchaîner des phrases simples, on peut les lier pour montrer des relations de cause, conséquence, opposition, etc.
- Exemple : "Il a plu. J'ai pris mon parapluie." (deux phrases simples)
- Variante : "Comme il pleuvait, j'ai pris mon parapluie." (phrase complexe, subordonnée de cause)
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Éviter la monotonie : Alterner phrases simples et phrases complexes, varier les types de subordonnées et leur place dans la phrase (début, milieu, fin) rend le texte plus dynamique et agréable à lire.
- Exemple : Éviter de commencer toutes les phrases par "Il dit que...", "Je pense que..."
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Adapter au contexte :
- Dans un texte argumentatif, les phrases complexes sont essentielles pour exprimer des liens logiques clairs (cause, conséquence, concession).
- Dans un récit, elles peuvent décrire des actions simultanées ou successives, ou enrichir la description d'un personnage ou d'un lieu.
- Pour un style plus direct ou percutant, on peut opter pour la juxtaposition.
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Exercices de transformation :
- Transformer des phrases simples en phrases complexes (en ajoutant des subordonnées).
- Transformer des phrases complexes en phrases simples (pour la concision).
- Changer le type de lien (passer de la coordination à la subordination ou inversement).
- Déplacer la subordonnée (en tête de phrase, après la principale).
La phrase complexe au service de l'argumentation
La phrase complexe est un outil fondamental en argumentation car elle permet de construire un raisonnement structuré et nuancé.
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Exprimer des liens logiques clairs :
- Cause / Conséquence : "Parce que les inégalités persistent, il est crucial que des mesures soient prises pour les réduire."
- Opposition / Concession : "Bien que le projet présente des avantages, il est cependant nécessaire de considérer ses inconvénients."
- Condition / Hypothèse : "Si nous agissons maintenant, alors nous pourrons espérer un avenir meilleur."
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Nuancer sa pensée : Les subordonnées circonstancielles, en particulier, permettent d'apporter des précisions, des réserves, des conditions qui enrichissent l'argumentation et évitent les affirmations trop simplistes.
- Exemple : "Il est important de réduire les dépenses publiques, à condition que cela ne pénalise pas les services essentiels."
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Structurer un raisonnement : Les différentes propositions d'une phrase complexe peuvent représenter les étapes d'un raisonnement : une prémisse (cause), une situation (temps), un obstacle (concession), une conclusion (conséquence). Cela rend le discours plus cohérent et plus convaincant.
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Exemples d'application :
- Thèse et antithèse : "Alors que certains critiquent l'individualisme de notre société, il faut reconnaître que la liberté personnelle est un acquis précieux." (Opposition)
- Explication d'un phénomène : "Puisque les ressources naturelles s'épuisent, il est impératif que nous trouvions des solutions durables afin que les générations futures puissent en bénéficier." (Cause, conséquence, but)
- Proposition de solution : "Si l'on veut réellement résoudre ce problème, il est essentiel que toutes les parties prenantes collaborent activement, même si leurs intérêts divergent initialement." (Condition, nécessité, concession)
Après la lecture
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Suite naturelle
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