La proposition infinitive
Une version article du chapitre pour comprendre l'essentiel rapidement, vérifier si le niveau correspond, puis basculer vers Wilo pour la pratique guidée et le suivi.
Lecture
5 chapitres
Un parcours éditorialisé et navigable.
Pratique
12 questions
Quiz et cartes mémoire à ouvrir après la lecture.
Objectif
Seconde générale et technologique
Format rapide pour vérifier si le chapitre correspond.
Chapitre 1
Introduction à la proposition infinitive
Qu'est-ce qu'une proposition infinitive ?
La proposition infinitive est une structure grammaticale essentielle en français, souvent source de confusion. Pour la maîtriser, il faut comprendre sa définition, sa structure et son rôle dans la phrase.
Définition et rôle : Une proposition infinitive est une proposition subordonnée dont le verbe est à l'infinitif et qui possède son propre sujet, distinct de celui du verbe principal. Elle fonctionne comme un complément (d'objet, de verbe, etc.) et exprime une action ou un état. Son rôle est d'apporter une information supplémentaire sur l'action principale, souvent en précisant une perception, une cause, ou une conséquence.
Distinction avec l'infinitif simple : Il est crucial de ne pas confondre la proposition infinitive avec un infinitif simple (ou groupe infinitif). Un infinitif simple n'a pas de sujet propre et est directement lié au verbe principal ou à une préposition.
- Infinitif simple : Je veux manger. (Qui veut ? Je. Qui mange ? Je. L'infinitif n'a pas de sujet distinct.)
- Proposition infinitive : Je vois les enfants jouer. (Qui voit ? Je. Qui joue ? Les enfants. "Les enfants" est le sujet propre de "jouer".)
Structure de base : La structure générale d'une proposition infinitive est : Verbe principal + Sujet de l'infinitif (souvent un nom ou un pronom) + Verbe à l'infinitif (+ compléments)
Exemple : J'entends les oiseaux chanter.
- Verbe principal : entends
- Sujet de l'infinitif : les oiseaux
- Verbe à l'infinitif : chanter
Identification dans une phrase
Pour identifier une proposition infinitive, suivez ces étapes clés :
Repérer le verbe à l'infinitif : C'est la première étape. Cherchez un verbe non conjugué se terminant par -er, -ir, -re, -oir. Exemple : Nous regardons la lune monter dans le ciel.
Identifier le sujet propre : C'est l'élément le plus important. Demandez-vous qui fait l'action exprimée par l'infinitif. Si la réponse est un groupe de mots différent du sujet du verbe principal, alors vous avez probablement une proposition infinitive. Ce sujet est souvent placé juste avant l'infinitif.
- Dans Nous regardons la lune monter dans le ciel, qui monte ? La lune. Le sujet du verbe principal est "Nous". "La lune" est le sujet propre de "monter".
Fonctionnement comme proposition : Une fois identifiée, la proposition infinitive fonctionne comme une subordonnée. Elle ne peut pas exister seule et dépend du verbe principal. Elle remplace souvent une proposition subordonnée conjonctive (introduite par "que") ou un groupe nominal.
- Je sens la pluie tomber. (Proposition infinitive)
- Je sens que la pluie tombe. (Proposition subordonnée conjonctive) Les deux phrases ont un sens similaire, mais la construction est différente.
Comparaison avec d'autres structures
Comprendre la proposition infinitive, c'est aussi la distinguer d'autres constructions similaires.
Différence avec la proposition subordonnée conjonctive : La principale différence réside dans le mode du verbe et l'introduction.
- La proposition subordonnée conjonctive est introduite par une conjonction de subordination (souvent "que") et son verbe est conjugué (indicatif, subjonctif, conditionnel).
- Je crois qu'il est parti. (Verbe "est" conjugué, sujet "il".)
- La proposition infinitive n'est pas introduite par une conjonction et son verbe est à l'infinitif.
- Je le vois partir. (Verbe "partir" à l'infinitif, sujet "le".)
Différence avec la proposition participiale : La proposition participiale utilise un verbe au participe présent ou passé, et son sujet est également distinct de celui du verbe principal.
- Proposition participiale : Les enfants ayant fini leurs devoirs, purent jouer. ("Les enfants" est le sujet de "ayant fini", distinct de "purent jouer".)
- Proposition infinitive : J'ai entendu les enfants chanter. ("Les enfants" est le sujet de "chanter", distinct de "J'ai entendu".) La distinction est dans le mode du verbe subordonné (participe vs infinitif).
Contexte d'utilisation : La proposition infinitive est souvent utilisée après les verbes de perception (voir, entendre, sentir) et les verbes factitifs (faire, laisser). Elle permet d'exprimer une action perçue ou causée de manière plus directe et concise qu'une subordonnée conjonctive. Elle confère souvent un style plus soutenu ou littéraire.
Chapitre 2
La proposition infinitive après les verbes de perception
Verbes de perception les plus courants
Les principaux verbes de perception qui peuvent être suivis d'une proposition infinitive sont :
- voir
- entendre
- sentir
- regarder
- écouter
- apercevoir
- observer
Construction directe : Avec ces verbes, la construction est généralement directe : le sujet du verbe principal perçoit le sujet de l'infinitif en train d'accomplir l'action de l'infinitif. Sujet principal + Verbe de perception + Sujet de l'infinitif + Verbe à l'infinitif (+ compléments)
Exemples :
- Je vois les enfants jouer dans le jardin. (Qui voit ? Je. Qui joue ? Les enfants.)
- Elle entend le vent souffler fort. (Qui entend ? Elle. Qui souffle ? Le vent.)
- Nous sentons le bateau tanguer. (Qui sent ? Nous. Qui tangue ? Le bateau.)
- J'ai regardé les étoiles scintiller toute la nuit. (Qui a regardé ? Je. Qui scintillait ? Les étoiles.)
Sujet de l'infinitif : Le sujet de l'infinitif est souvent un nom ou un pronom personnel complément (le, la, les, lui, leur, me, te, se, nous, vous).
- Je les vois arriver. (Les = sujet de "arriver")
- *Je **l'*entends chanter. (L' = sujet de "chanter")
Accord du participe passé (rappel)
C'est un point délicat qui génère beaucoup d'erreurs. Le participe passé des verbes de perception suivis d'une proposition infinitive suit des règles spécifiques.
Règles d'accord spécifiques : Le participe passé des verbes de perception (voir, entendre, etc.) s'accorde avec son complément d'objet direct (COD) si celui-ci est placé avant le verbe, et si ce COD est le sujet de l'infinitif.
- Si le COD fait l'action de l'infinitif : le participe passé s'accorde.
- Les chansons que j'ai entenduES chanter. (J'ai entendu quoi ? Les chansons. Qui chante ? Les chansons. Le COD "que" (représentant "les chansons") est placé avant et fait l'action de l'infinitif "chanter". Donc "entendu" s'accorde.)
- Si le COD ne fait pas l'action de l'infinitif : le participe passé reste invariable.
- Les poèmes que j'ai entendu réciter. (J'ai entendu quoi ? Les poèmes. Qui récite ? Quelqu'un d'autre, pas les poèmes. Le COD "que" est placé avant, mais ne fait pas l'action de l'infinitif "réciter". Donc "entendu" reste invariable.)
Cas particuliers :
-
Quand le COD est lui ou leur, le participe passé reste invariable car ces pronoms sont COI et non COD.
- Je les ai vu partir. (Je les ai vus, mais ils partent. "les" est COD de "vu" et sujet de "partir". Accord de "vu" avec "les".)
- Je les ai vu partir. (Qui est vu ? "les". Qui part ? "les". Le participe passé "vu" s'accorde avec le COD "les" si "les" est le sujet de l'infinitif. C'est le cas ici. Donc "vus" ou "vues".)
- Correction : Les filles que j'ai vues partir. (J'ai vu qui ? les filles (COD). Qui part ? les filles (sujet de partir). Accord.)
- Les chansons que j'ai entendu chanter. (J'ai entendu quoi ? les chansons (COD). Qui chante ? les chansons (sujet de chanter). Accord.)
Reprenons le cas particulier avec plus de clarté : Le participe passé des verbes de perception (voir, entendre, etc.) est invariable lorsque son COD n'est pas le sujet de l'infinitif.
- Les mélodies que j'ai entendu chanter. (J'ai entendu quoi ? Les mélodies. Qui chante ? Quelqu'un d'autre, pas les mélodies. "entendu" reste invariable.)
- Les robes qu'elle a vu faire. (Elle a vu quoi ? Les robes. Qui fait ? Quelqu'un d'autre, pas les robes. "vu" reste invariable.)
Il s'accorde lorsque le COD est le sujet de l'infinitif :
- Les oiseaux que j'ai entendus chanter. (J'ai entendu qui ? Les oiseaux. Qui chante ? Les oiseaux. "entendus" s'accorde.)
- Les enfants que j'ai vus jouer. (J'ai vu qui ? Les enfants. Qui joue ? Les enfants. "vus" s'accorde.)
Retenez : Si le COD fait l'action de l'infinitif, le participe passé s'accorde. Sinon, il reste invariable.
Nuances de sens
La proposition infinitive après un verbe de perception peut exprimer différentes nuances.
Action en cours vs action achevée :
- La proposition infinitive avec un verbe de perception suggère souvent une action en cours, une scène que l'on observe ou entend se dérouler.
- J'ai vu le soleil se lever. (Action en train de se produire.)
- Pour une action achevée, on utiliserait plutôt une subordonnée conjonctive ou un participe passé.
- J'ai vu que le soleil était levé. (Action déjà achevée.)
Perception directe vs indirecte :
- La proposition infinitive exprime une perception directe, l'action est vue ou entendue par le sujet du verbe principal.
- J'entends la pluie tomber sur le toit. (Perception directe du bruit de la pluie.)
- Une subordonnée avec "que" peut exprimer une perception plus indirecte ou une constatation.
- J'entends qu'il pleut. (Constatation, pas nécessairement le bruit direct.)
Ces nuances rendent la proposition infinitive très utile pour dépeindre des scènes ou des expériences sensorielles de manière vivante.
Chapitre 3
La proposition infinitive après les verbes factitifs
Verbes factitifs : faire, laisser
Définition et sens : Les verbes factitifs indiquent que le sujet ne réalise pas lui-même l'action, mais qu'il la fait accomplir par quelqu'un d'autre (pour "faire") ou qu'il permet à quelqu'un d'autre de l'accomplir (pour "laisser").
- Faire : "causer", "obliger", "ordonner que"
- Laisser : "permettre", "autoriser"
Construction avec un infinitif : Ces verbes sont toujours suivis d'un infinitif. La structure est similaire à celle des verbes de perception, mais avec des particularités. Sujet principal + Verbe factitif + Sujet de l'infinitif (souvent un nom ou un pronom) + Verbe à l'infinitif (+ compléments)
Exemples :
- Je fais réparer ma voiture. (Je ne répare pas, je fais en sorte que quelqu'un d'autre le fasse.)
- Elle laisse les enfants jouer dehors. (Elle permet aux enfants de jouer.)
Sujet du verbe factitif et de l'infinitif : Le sujet du verbe factitif est celui qui "fait faire" ou "laisse faire". Le sujet de l'infinitif est celui qui accomplit l'action de l'infinitif.
- Dans Je fais réparer ma voiture, "Je" fait faire l'action, et "quelqu'un" (implicite) répare la voiture.
- Dans Elle laisse les enfants jouer, "Elle" permet, et "les enfants" jouent.
Le cas particulier de 'faire'
Le verbe "faire" est particulièrement complexe dans sa construction factitive.
Faire + infinitif (causatif) : Cette construction est utilisée pour exprimer qu'une personne ou une chose est la cause d'une action. Le sujet du verbe "faire" est l'agent qui provoque l'action de l'infinitif.
- Elle fait laver sa voiture. (Elle n'est pas le laveur, elle est la cause du lavage.)
Le complément d'objet indirect (COI) : Lorsque le sujet de l'infinitif est un nom, il devient souvent un COI et est introduit par la préposition "à" si l'infinitif a un COD.
- Je fais lire ce livre à mon ami. (Qui fait lire ? Je. Qui lit ? Mon ami. Quoi ? Ce livre. "Mon ami" est COI.)
- Si l'infinitif n'a pas de COD, le sujet de l'infinitif reste COD du verbe "faire".
- Je fais chanter mon ami. (Qui fait chanter ? Je. Qui chante ? Mon ami. "Mon ami" est COD de "fais".)
Lorsque le sujet de l'infinitif est un pronom, il se place avant le verbe "faire".
- Je le fais lire. (Si "le" est le COD de "lire".)
- Je lui fais lire ce livre. (Si "lui" est le COI de "lire", représentant "à mon ami".)
- Je le fais chanter. (Si "le" est le COD de "chanter", représentant "mon ami".)
Transformation passive : La construction "faire + infinitif" a une valeur passive quand le sujet de l'infinitif est inanimé ou n'est pas exprimé.
- Je fais construire une maison. (Une maison est construite par quelqu'un.)
- Il s'est fait voler son portable. (Son portable a été volé par quelqu'un.)
Le cas particulier de 'laisser'
Le verbe "laisser" est plus simple que "faire" dans sa construction factitive.
Laisser + infinitif (permissif) : Cette construction exprime la permission, l'autorisation. Le sujet du verbe "laisser" permet au sujet de l'infinitif d'accomplir l'action.
- Je laisse les enfants jouer. (Je permets aux enfants de jouer.)
Absence de complément d'objet indirect : Avec "laisser", le sujet de l'infinitif reste un COD du verbe "laisser", même si l'infinitif a son propre COD. Il n'y a jamais de COI introduit par "à" avec "laisser".
- Je laisse les enfants manger la tarte. ("les enfants" est COD de "laisse", "la tarte" est COD de "manger".)
- Je les laisse manger la tarte. ("les" est COD de "laisse".)
Exemples et distinctions :
- Il fait travailler ses employés. (Il les oblige à travailler.)
- Il laisse travailler ses employés. (Il leur permet de travailler.)
La distinction est cruciale pour le sens et la nuance de la phrase.
Chapitre 4
Autres emplois de la proposition infinitive
Après certains verbes d'opinion ou de déclaration
Certains verbes d'opinion ou de déclaration peuvent être suivis d'une proposition infinitive, surtout dans un style plus soutenu.
Croire, penser, dire, déclarer : Ces verbes sont généralement suivis d'une proposition subordonnée conjonctive introduite par "que". Cependant, dans un registre formel ou littéraire, ils peuvent être suivis d'une proposition infinitive, surtout si le sujet de l'infinitif est un pronom.
- Je crois l'avoir vu. (Plus élégant que "Je crois que je l'ai vu.")
- Il pensait les avoir convaincus. (Plutôt que "Il pensait qu'il les avait convaincus.")
- Il déclara les avoir trouvés. (Plutôt que "Il déclara qu'il les avait trouvés.")
Construction avec 'que' vs infinitif : L'emploi de l'infinitif après ces verbes est souvent une question de style et de concision. La subordonnée en "que" est plus courante à l'oral et dans un registre familier.
- Contexte formel ou littéraire : La proposition infinitive est privilégiée pour sa concision et son élégance. Elle évite la répétition du sujet ou la lourdeur de "que".
- Elle regrette de les avoir déçus. (Plus courant que "Elle regrette qu'elle les ait déçus.")
Après des prépositions ou locutions prépositives
L'infinitif peut être introduit par une préposition, mais il ne constitue une proposition infinitive que si l'infinitif a un sujet propre distinct de celui du verbe principal.
À, de, pour, sans, après, avant de : Ces prépositions introduisent généralement un infinitif qui n'a pas de sujet propre (infinitif complément).
- Il est prêt à partir. (Qui est prêt ? Il. Qui part ? Il. Pas de sujet propre pour "partir".)
- Elle a décidé de déménager. (Qui a décidé ? Elle. Qui déménage ? Elle. Pas de sujet propre.)
Cependant, dans certains cas, une proposition infinitive peut apparaître, notamment avec "sans" ou des constructions spécifiques :
- Il est trop intelligent pour ne pas comprendre. (Qui est intelligent ? Il. Qui comprend ? Il. Pas une proposition infinitive ici, juste un infinitif complément.)
Attention : C'est un piège ! La plupart des cas où une préposition précède un infinitif ne sont PAS des propositions infinitives, car l'infinitif n'a pas de sujet propre. L'infinitif est alors un complément du verbe ou de l'adjectif.
Exemple de proposition infinitive rare avec préposition :
- Il n'a pas voulu partir sans que je le sache. (Ici, "que je le sache" est une subordonnée conjonctive, pas un infinitif. La proposition infinitive est très rare après préposition avec un sujet distinct.)
- On considère généralement que les prépositions introduisent des groupes infinitifs, et non des propositions infinitives avec sujet propre. Le sujet de l'infinitif est alors le même que le sujet du verbe principal, ou un sujet indéterminé.
Dans des constructions impersonnelles
La proposition infinitive peut également être utilisée dans des constructions impersonnelles.
Il est bon de, il est facile de : Ces expressions impersonnelles sont suivies d'un infinitif, qui a alors un sens général ou un sujet implicite.
- Il est bon de savoir s'adapter. (Qui doit savoir ? On, tout le monde.)
- Il est facile de critiquer. (Qui critique ? On, tout le monde.) Dans ces cas, l'infinitif n'a pas de sujet propre exprimé et n'est donc pas une proposition infinitive. C'est un infinitif complément d'une locution impersonnelle.
Sujet 'il' impersonnel : Le "il" dans ces constructions ne représente personne ; il est un sujet grammatical vide.
- Il est important de retenir ces règles.
Conclusion pour cette section : Les "autres emplois" sont plus souvent des cas d'infinitifs compléments (sans sujet propre) que de véritables propositions infinitives. La proposition infinitive est caractérisée par son sujet propre et distinct.
Chapitre 5
Pièges et erreurs courantes
Confusion avec l'infinitif complément
C'est l'erreur la plus fréquente. La clé de la distinction est le sujet de l'action de l'infinitif.
Distinction sujet propre / sujet du verbe principal :
- Infinitif complément : Le sujet de l'infinitif est le même que le sujet du verbe principal (ou un sujet indéterminé "on").
- Je veux lire un livre. (Qui veut ? Je. Qui lit ? Je.)
- Il faut partir. (Qui doit partir ? On, tout le monde.)
- Proposition infinitive : Le sujet de l'infinitif est distinct du sujet du verbe principal.
- J'entends mon voisin chanter. (Qui entend ? Je. Qui chante ? Mon voisin.)
Analyse syntaxique : Pour éviter la confusion, posez-vous toujours la question : "Qui fait l'action de l'infinitif ?".
- Si la réponse est le sujet de la phrase principale, c'est un infinitif complément.
- Si la réponse est un autre élément de la phrase, c'est une proposition infinitive.
Exemples contrastés :
- Je vois courir. (Qui voit ? Je. Qui court ? Je. Infinitif complément.)
- Je vois les coureurs courir. (Qui voit ? Je. Qui court ? Les coureurs. Proposition infinitive.)
Accord du participe passé avec 'faire' et 'laisser'
L'accord du participe passé avec "faire" et "laisser" suivis d'un infinitif est une source majeure d'erreurs.
Règles spécifiques et exceptions :
-
Le participe passé de faire suivi d'un infinitif est toujours invariable.
- Les robes qu'elle a fait faire. (Invariable, "fait" ne s'accorde jamais dans cette construction.)
- Les enfants qu'elle a fait venir. (Invariable.)
-
Le participe passé de laisser suivi d'un infinitif s'accorde avec le COD si celui-ci est placé avant et qu'il est le sujet de l'infinitif.
- Les enfants que j'ai laissés jouer. (J'ai laissé qui ? Les enfants (COD). Qui joue ? Les enfants. Accord.)
- Les livres que j'ai laissé tomber. (J'ai laissé quoi ? Les livres (COD). Qui tombe ? Les livres. Accord.)
Erreurs fréquentes : L'erreur la plus courante est d'accorder "fait" ou de ne pas accorder "laissé" quand il le faudrait.
-
Faux : Les robes qu'elle a faites faire.
-
Vrai : Les robes qu'elle a fait faire.
-
Faux : Les enfants que j'ai laissé jouer.
-
Vrai : Les enfants que j'ai laissés jouer.
Utilisation stylistique et registres de langue
La proposition infinitive a des implications stylistiques.
Langage soutenu vs courant : La proposition infinitive est souvent associée à un registre de langue plus soutenu ou littéraire. Elle est moins fréquente à l'oral ou dans un style familier, où les subordonnées conjonctives sont préférées.
- Soutenu : J'ai vu le soleil se lever.
- Courant : J'ai vu que le soleil se levait.
Effets de style : Elle permet la concision et une certaine fluidité dans la phrase. Elle peut renforcer l'impression de direct ou de perception immédiate.
- Je sens le danger approcher. (Plus direct que "Je sens que le danger approche.")
Quand privilégier l'infinitif :
- Pour la concision et l'élégance du style.
- Après les verbes de perception et factitifs.
- Pour éviter la répétition de "que" ou d'un sujet.
- Dans des écrits formels ou littéraires.
Maîtriser la proposition infinitive, c'est non seulement connaître ses règles grammaticales, mais aussi savoir l'utiliser à bon escient pour enrichir son expression.
Après la lecture
Passe à la pratique avec deux blocs bien visibles
Une fois le cours lu, ouvre soit le quiz pour vérifier la compréhension, soit les flashcards pour mémoriser les idées importantes. Les deux s'ouvrent dans une fenêtre dédiée.
Suite naturelle
Tu veux aller plus loin que l'article ?
Retrouve le même chapitre dans Wilo avec la suite des questions, la répétition espacée, les corrigés complets et une progression suivie dans le temps.