Éducation nationale françaiseMathématiquesSeconde générale et technologique15 min de lecture

Etudier les variations et les extremums d'une fonction

Une version article du chapitre pour comprendre l'essentiel rapidement, vérifier si le niveau correspond, puis basculer vers Wilo pour la pratique guidée et le suivi.

Lecture

5 chapitres

Un parcours éditorialisé et navigable.

Pratique

12 questions

Quiz et cartes mémoire à ouvrir après la lecture.

Objectif

Seconde générale et technologique

Format rapide pour vérifier si le chapitre correspond.

Chapitre 1

Introduction aux fonctions et à leurs représentations

Définition et vocabulaire d'une fonction

En mathématiques, une fonction est comme une "machine" qui, à chaque nombre d'entrée (appelé antécédent), associe au plus un nombre de sortie (appelé image). C'est une relation très précise !

  • Variable indépendante (antécédent) : C'est le nombre que l'on donne à la fonction. On le note souvent xx.
  • Variable dépendante (image) : C'est le résultat calculé par la fonction à partir de xx. On le note souvent f(x)f(x) (prononcé "f de x" ou "image de x par f").
  • Ensemble de définition : C'est l'ensemble de tous les nombres xx pour lesquels la fonction f(x)f(x) peut être calculée. On le note souvent DfD_f. Par exemple, pour la fonction f(x)=1xf(x) = \frac{1}{x}, l'ensemble de définition est tous les nombres réels sauf 0, car on ne peut pas diviser par 0. On écrit Df=R{0}D_f = \mathbb{R} \setminus \{0\}.
  • Notation f(x)f(x) : Si ff est le nom de la fonction et xx est l'antécédent, alors f(x)f(x) est l'image correspondante.
    • Exemple : Si f(x)=2x+3f(x) = 2x + 3.
      • L'image de 1 par ff est f(1)=2(1)+3=5f(1) = 2(1) + 3 = 5.
      • L'antécédent de 7 par ff est le nombre xx tel que 2x+3=72x + 3 = 7, donc 2x=42x = 4, ce qui donne x=2x = 2.

Représentation graphique d'une fonction

La représentation graphique d'une fonction est une façon visuelle de comprendre son comportement. On la trace dans un repère orthogonal.

  • Repère orthogonal : C'est un système de deux axes perpendiculaires qui se coupent en un point appelé l'origine (0;0). L'axe horizontal est l'axe des abscisses (pour les xx, antécédents) et l'axe vertical est l'axe des ordonnées (pour les yy ou f(x)f(x), images).
  • Courbe représentative : C'est l'ensemble de tous les points (x;f(x))(x; f(x)) dans le repère. Chaque point de la courbe a pour coordonnées (x;f(x))(x; f(x)).
    • ==Un point (x;y)(x; y) appartient à la courbe de ff si et seulement si y=f(x)y = f(x)==.
  • Lecture d'images et d'antécédents :
    • Pour trouver l'image de x0x_0 : On part de x0x_0 sur l'axe des abscisses, on monte (ou descend) jusqu'à la courbe, puis on lit l'ordonnée correspondante sur l'axe des ordonnées.
    • Pour trouver les antécédents de y0y_0 : On part de y0y_0 sur l'axe des ordonnées, on trace une ligne horizontale jusqu'à la courbe, puis on lit les abscisses des points d'intersection sur l'axe des abscisses. Une image peut avoir plusieurs antécédents, ou aucun.
  • Points d'intersection avec les axes :
    • Avec l'axe des ordonnées : C'est le point où x=0x=0. Ses coordonnées sont (0;f(0))(0; f(0)). Il y en a au plus un.
    • Avec l'axe des abscisses : Ce sont les points où f(x)=0f(x)=0. Leurs coordonnées sont (x;0)(x; 0). Les xx sont appelés les racines de la fonction. Il peut y en avoir plusieurs, un seul ou aucun.

Tableau de valeurs d'une fonction

Un tableau de valeurs est une liste organisée d'antécédents et de leurs images correspondantes. C'est une étape intermédiaire souvent utile avant de tracer une courbe ou pour vérifier des calculs.

  • Construction d'un tableau :
    1. Choisissez différentes valeurs pour xx (généralement dans l'ensemble de définition ou un intervalle d'étude).
    2. Pour chaque xx, calculez son image f(x)f(x).
    3. Organisez ces paires (x;f(x))(x; f(x)) dans un tableau à deux lignes.
xx...x1x_1x2x_2...
f(x)f(x)...f(x1)f(x_1)f(x2)f(x_2)...
  • Utilisation de la calculatrice : La plupart des calculatrices graphiques peuvent générer automatiquement des tableaux de valeurs pour une fonction donnée. C'est très pratique pour gagner du temps et éviter les erreurs de calcul.
    1. Entrez la fonction f(x)f(x) dans l'éditeur de fonctions (souvent "f(x)=" ou "Y=").
    2. Accédez à la fonction "TABLE" (tableau).
    3. Définissez le début, la fin de l'intervalle et le pas souhaité pour les valeurs de xx.
  • Lien avec la représentation graphique : Chaque colonne du tableau de valeurs correspond aux coordonnées d'un point (x;f(x))(x; f(x)) qui se trouve sur la courbe représentative de la fonction. Plus il y a de points dans le tableau, plus la courbe que l'on peut tracer est précise.

Chapitre 2

Sens de variation d'une fonction

Fonction croissante sur un intervalle

Une fonction est dite croissante sur un intervalle si, lorsque les antécédents augmentent, les images augmentent aussi (ou restent les mêmes).

  • Définition formelle : Soit ff une fonction définie sur un intervalle II. On dit que ff est croissante sur II si pour tous nombres aa et bb dans II tels que a<ba < b, on a f(a)f(b)f(a) \le f(b).
    • L'ordre est conservé : si a<ba < b, alors f(a)f(b)f(a) \le f(b).
  • Interprétation graphique : La courbe de la fonction "monte" de gauche à droite sur cet intervalle.
  • Exemple : La fonction f(x)=x2f(x) = x^2 est croissante sur [0;+[[0; +\infty[. Par exemple, si a=1a=1 et b=2b=2, 1<21 < 2 et f(1)=12=1f(1)=1^2=1, f(2)=22=4f(2)=2^2=4. On a bien f(1)<f(2)f(1) < f(2).

Fonction décroissante sur un intervalle

Une fonction est dite décroissante sur un intervalle si, lorsque les antécédents augmentent, les images diminuent (ou restent les mêmes).

  • Définition formelle : Soit ff une fonction définie sur un intervalle II. On dit que ff est décroissante sur II si pour tous nombres aa et bb dans II tels que a<ba < b, on a f(a)f(b)f(a) \ge f(b).
    • L'ordre est inversé : si a<ba < b, alors f(a)f(b)f(a) \ge f(b).
  • Interprétation graphique : La courbe de la fonction "descend" de gauche à droite sur cet intervalle.
  • Exemple : La fonction f(x)=x2f(x) = x^2 est décroissante sur ];0]]-\infty; 0]. Par exemple, si a=2a=-2 et b=1b=-1, 2<1-2 < -1 et f(2)=(2)2=4f(-2)=(-2)^2=4, f(1)=(1)2=1f(-1)=(-1)^2=1. On a bien f(2)>f(1)f(-2) > f(-1).

Fonction constante sur un intervalle

Une fonction est dite constante sur un intervalle si, lorsque les antécédents augmentent, les images restent les mêmes.

  • Définition formelle : Soit ff une fonction définie sur un intervalle II. On dit que ff est constante sur II si pour tous nombres aa et bb dans II, on a f(a)=f(b)f(a) = f(b).
    • L'image est unique : tous les antécédents de l'intervalle ont la même image.
  • Interprétation graphique : La courbe de la fonction est une ligne horizontale sur cet intervalle.
  • Exemple : La fonction f(x)=5f(x) = 5 est constante sur R\mathbb{R}.

Lecture du sens de variation sur une courbe

Pour déterminer le sens de variation d'une fonction à partir de sa courbe :

  1. Identification des intervalles : Regardez la courbe de gauche à droite.
    • Si la courbe monte, la fonction est croissante sur cet intervalle.
    • Si la courbe descend, la fonction est décroissante sur cet intervalle.
    • Si la courbe est horizontale, la fonction est constante sur cet intervalle.
  2. Utilisation des flèches : Dans un tableau de variations (voir section suivante), on représente ces variations par des flèches qui montent, descendent ou sont horizontales.
  3. Points de changement de variation : Ce sont les points où la courbe passe de croissante à décroissante, ou de décroissante à croissante. Ces points sont très importants car ils correspondent aux extremums de la fonction.

Chapitre 3

Tableau de variations d'une fonction

Construction d'un tableau de variations

Un tableau de variations a généralement deux lignes :

  1. Ligne des xx (intervalle) :
    • Elle indique l'ensemble de définition de la fonction, divisé en intervalles où le sens de variation est constant.
    • On y place les valeurs de xx où la fonction change de variation (les "points tournants"), ainsi que les bornes de l'ensemble de définition.
  2. Ligne des f(x)f(x) (flèches) :
    • Elle indique le sens de variation de la fonction sur chaque intervalle à l'aide de flèches :
      • \nearrow pour une fonction croissante.
      • \searrow pour une fonction décroissante.
      • \rightarrow pour une fonction constante.
    • Aux extrémités des flèches (sous les valeurs de xx où la fonction change de variation, ou aux bornes de l'ensemble de définition), on inscrit les valeurs atteintes par la fonction f(x)f(x). Il peut s'agir d'une image calculée, ou de ±\pm \infty si la fonction tend vers l'infini aux bornes de l'intervalle.

Exemple de structure d'un tableau de variations :

xx-\inftyx1x_1x2x_2++\infty
f(x)f(x)\searrowf(x1)f(x_1)\nearrow\searrow
(minimum local)
L1L_1L2L_2L3L_3
(valeur limite)(maximum local)(valeur limite)
  • L1,L2,L3L_1, L_2, L_3 représentent les valeurs de f(x)f(x) aux points critiques ou aux bornes des intervalles.

Interprétation d'un tableau de variations

Le tableau de variations fournit rapidement de nombreuses informations :

  • Sens de variation : Il est directement visible grâce aux flèches.
  • Extremums (maximum, minimum) : Les "pics" et les "creux" des flèches indiquent les extremums locaux.
    • Si une flèche monte puis descend, le point de jonction est un maximum local.
    • Si une flèche descend puis monte, le point de jonction est un minimum local.
    • Les valeurs inscrites à ces points sont les valeurs des extremums.
  • Valeurs atteintes : Toutes les valeurs inscrites dans la ligne f(x)f(x) sont des images importantes. Celles aux extrémités des intervalles donnent des informations sur le comportement aux bornes.
    • Il est crucial de bien distinguer la valeur de xx (où l'extremum est atteint) et la valeur de f(x)f(x) (l'extremum lui-même).

Lien entre tableau et courbe représentative

Le tableau de variations est une sorte de "radiographie" de la courbe :

  • Concordance des informations :
    • Une flèche montante dans le tableau correspond à une partie de la courbe qui monte de gauche à droite.
    • Une flèche descendante correspond à une partie de la courbe qui descend.
    • Les valeurs des xx dans la première ligne du tableau sont les abscisses des points où la pente de la courbe change de direction.
    • Les valeurs de f(x)f(x) dans la deuxième ligne sont les ordonnées des points correspondants sur la courbe.
  • Vérification mutuelle : On peut utiliser la courbe pour construire le tableau, ou le tableau pour esquisser une courbe. Les deux doivent être cohérents.
  • Esquisse de courbe : À partir d'un tableau de variations, on peut dessiner une allure générale de la courbe de la fonction en plaçant les points clés (extremums, points aux bornes) et en les reliant en respectant le sens des flèches.

Chapitre 4

Extremums d'une fonction

Définition du maximum d'une fonction

  • Maximum local : Une fonction ff admet un maximum local MM en x0x_0 s'il existe un intervalle autour de x0x_0 tel que pour tout xx dans cet intervalle, f(x)f(x0)f(x) \le f(x_0). La valeur M=f(x0)M = f(x_0) est le maximum local. Graphiquement, c'est un "sommet" sur la courbe.
    • Un maximum local est souvent atteint lorsque la fonction passe de croissante à décroissante.
  • Maximum global (ou absolu) : Une fonction ff admet un maximum global MM sur son ensemble de définition DfD_f si pour tout xDfx \in D_f, f(x)Mf(x) \le M. C'est la plus grande valeur que la fonction peut prendre sur tout son ensemble de définition.
    • Un maximum global est toujours un maximum local, mais l'inverse n'est pas toujours vrai.

Définition du minimum d'une fonction

  • Minimum local : Une fonction ff admet un minimum local mm en x0x_0 s'il existe un intervalle autour de x0x_0 tel que pour tout xx dans cet intervalle, f(x)f(x0)f(x) \ge f(x_0). La valeur m=f(x0)m = f(x_0) est le minimum local. Graphiquement, c'est un "creux" sur la courbe.
    • Un minimum local est souvent atteint lorsque la fonction passe de décroissante à croissante.
  • Minimum global (ou absolu) : Une fonction ff admet un minimum global mm sur son ensemble de définition DfD_f si pour tout xDfx \in D_f, f(x)mf(x) \ge m. C'est la plus petite valeur que la fonction peut prendre sur tout son ensemble de définition.
    • Un minimum global est toujours un minimum local, mais l'inverse n'est pas toujours vrai.

Lecture des extremums sur une courbe et un tableau

  • Identification graphique :
    • Sur une courbe, les points les plus hauts d'une "bosse" sont des maximums locaux.
    • Les points les plus bas d'un "creux" sont des minimums locaux.
    • Le point le plus haut de toute la courbe (s'il existe) est le maximum global.
    • Le point le plus bas de toute la courbe (s'il existe) est le minimum global.
  • Lecture dans le tableau de variations :
    • Les maximums locaux correspondent aux sommets des flèches qui passent de \nearrow à \searrow.
    • Les minimums locaux correspondent aux creux des flèches qui passent de \searrow à \nearrow.
    • La valeur de l'extremum est le f(x)f(x) inscrit dans le tableau.
    • La valeur de xx où il est atteint est le xx inscrit juste au-dessus dans la première ligne.
    • Pour trouver les extremums globaux, il faut comparer toutes les valeurs des extremums locaux et les valeurs aux bornes de l'ensemble de définition.

Chapitre 5

Applications et résolution de problèmes

Résolution graphique d'équations et d'inéquations

La représentation graphique d'une fonction permet de résoudre visuellement des équations et des inéquations.

  • Résoudre f(x)=kf(x) = k : On cherche les abscisses des points d'intersection entre la courbe de ff et la droite horizontale d'équation y=ky=k.
    • Exemple : f(x)=0f(x) = 0 signifie chercher les points d'intersection avec l'axe des abscisses (les racines).
  • Résoudre f(x)>kf(x) > k : On cherche les intervalles d'abscisses pour lesquels la courbe de ff est au-dessus de la droite y=ky=k.
  • Résoudre f(x)<kf(x) < k : On cherche les intervalles d'abscisses pour lesquels la courbe de ff est en-dessous de la droite y=ky=k.
  • Résoudre f(x)=g(x)f(x) = g(x) : On cherche les abscisses des points d'intersection entre la courbe de ff et la courbe de gg.
    • Attention : la résolution graphique donne des valeurs approchées, sauf si les points sont évidents.

Modélisation de situations concrètes

Les fonctions sont des outils puissants pour modéliser des phénomènes réels. L'étude de leurs variations et de leurs extremums permet de résoudre des problèmes d'optimisation.

  • Problèmes d'optimisation (aire, volume, coût, profit) : Dans de nombreux domaines (économie, physique, ingénierie), on cherche à maximiser ou minimiser une certaine quantité.
    • Exemple : Trouver les dimensions d'un récipient pour maximiser son volume avec une quantité de matériau donnée.
    • Exemple : Déterminer le prix de vente d'un produit pour maximiser le profit.
  • Interprétation des variations :
    • Une fonction croissante peut représenter une augmentation (de population, de température, de production).
    • Une fonction décroissante peut représenter une diminution (de stock, de vitesse, de dépréciation).
  • Recherche d'extremums dans un contexte : Les maximums et minimums correspondent souvent à des situations optimales ou critiques dans le problème modélisé.
    • Le maximum d'une fonction de profit indique le profit maximal possible.
    • Le minimum d'une fonction de coût indique le coût minimal de production.

Utilisation de la calculatrice graphique

La calculatrice graphique est un allié précieux pour l'étude des fonctions, surtout en Seconde.

  • Tracé de courbes : Entrez la fonction dans l'éditeur "Y=" et utilisez la fonction "GRAPH" pour visualiser la courbe. Ajustez la fenêtre ("WINDOW") pour voir les parties intéressantes de la courbe.
  • Recherche d'extremums : La plupart des calculatrices ont une fonction "CALC" ou "G-SOLVE" qui permet de trouver les maximums et minimums locaux. Vous devrez souvent indiquer un intervalle de recherche.
  • Résolution d'équations/inéquations :
    • Pour f(x)=kf(x)=k : Tracez Y1=f(x)Y_1 = f(x) et Y2=kY_2 = k. Utilisez la fonction "INTERSECT" pour trouver les points d'intersection.
    • Pour f(x)=g(x)f(x)=g(x) : Tracez Y1=f(x)Y_1 = f(x) et Y2=g(x)Y_2 = g(x). Utilisez "INTERSECT".
    • Pour les inéquations, tracez les courbes et observez les intervalles où une courbe est au-dessus ou en-dessous de l'autre.

Conseil important : La calculatrice est un outil, pas une fin en soi. Elle vous aide à visualiser et à vérifier, mais il est essentiel de comprendre les concepts théoriques et de savoir justifier vos réponses.

Après la lecture

Passe à la pratique avec deux blocs bien visibles

Une fois le cours lu, ouvre soit le quiz pour vérifier la compréhension, soit les flashcards pour mémoriser les idées importantes. Les deux s'ouvrent dans une fenêtre dédiée.

Quiz + Flashcards

Suite naturelle

Tu veux aller plus loin que l'article ?

Retrouve le même chapitre dans Wilo avec la suite des questions, la répétition espacée, les corrigés complets et une progression suivie dans le temps.