Éducation nationale françaiseMathématiquesSeconde générale et technologique22 min de lecture

Manipuler les nombres réels

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Lecture

5 chapitres

Un parcours éditorialisé et navigable.

Pratique

12 questions

Quiz et cartes mémoire à ouvrir après la lecture.

Objectif

Seconde générale et technologique

Format rapide pour vérifier si le chapitre correspond.

Chapitre 1

Introduction aux Nombres Réels et Ensembles

Les différents ensembles de nombres

En mathématiques, les nombres sont classés en différents ensembles, chacun ayant des propriétés spécifiques. Comprendre ces ensembles est fondamental pour manipuler les nombres réels.

  • Nombres entiers naturels (N\mathbb{N}) : Ce sont les nombres utilisés pour compter des objets. Ce sont des nombres positifs ou nuls, sans partie décimale.

    • Exemples : 0,1,2,3,10,1000, 1, 2, 3, 10, 100 \dots
    • N={0,1,2,3,}\mathbb{N} = \{0, 1, 2, 3, \dots\}
  • Nombres entiers relatifs (Z\mathbb{Z}) : Cet ensemble inclut les nombres entiers naturels, ainsi que leurs opposés (les nombres entiers négatifs).

    • Exemples : 3,2,1,0,1,2,3-3, -2, -1, 0, 1, 2, 3 \dots
    • Z={,3,2,1,0,1,2,3,}\mathbb{Z} = \{\dots, -3, -2, -1, 0, 1, 2, 3, \dots\}
    • On peut dire que N\mathbb{N} est inclus dans Z\mathbb{Z} (NZ\mathbb{N} \subset \mathbb{Z}).
  • Nombres décimaux (D\mathbb{D}) : Ce sont les nombres qui peuvent s'écrire sous la forme d'une fraction dont le dénominateur est une puissance de 10. Autrement dit, leur développement décimal est fini.

    • Exemples : 0,50,5 (car 0,5=5100,5 = \frac{5}{10}), 3,25-3,25 (car 3,25=325100-3,25 = \frac{-325}{100}), 77 (car 7=71=70107 = \frac{7}{1} = \frac{70}{10}).
    • D={a10n ouˋ aZ et nN}\mathbb{D} = \{\frac{a}{10^n} \text{ où } a \in \mathbb{Z} \text{ et } n \in \mathbb{N}\}
    • On a ZD\mathbb{Z} \subset \mathbb{D}.
  • Nombres rationnels (Q\mathbb{Q}) : Ce sont tous les nombres qui peuvent s'écrire sous la forme d'une fraction ab\frac{a}{b}, où aa est un entier relatif et bb est un entier relatif non nul. Leur développement décimal est fini ou périodique.

    • Exemples : 13=0,333\frac{1}{3} = 0,333\dots, 72=3,5-\frac{7}{2} = -3,5, 0,25=140,25 = \frac{1}{4}.
    • Q={ab ouˋ aZ et bZ}\mathbb{Q} = \{\frac{a}{b} \text{ où } a \in \mathbb{Z} \text{ et } b \in \mathbb{Z}^*\}
    • On a DQ\mathbb{D} \subset \mathbb{Q}.

Définition et propriétés des nombres réels ($\mathbb{R}$)

Les nombres réels englobent tous les nombres que nous utilisons couramment pour les mesures, les calculs, etc.

  • Nombres irrationnels : Ce sont les nombres qui ne peuvent pas s'écrire sous la forme d'une fraction ab\frac{a}{b}. Leur développement décimal est infini et non périodique. Ils ne sont pas dans Q\mathbb{Q}.

    • Exemples : 21,41421356\sqrt{2} \approx 1,41421356\dots, π3,14159265\pi \approx 3,14159265\dots, Φ\Phi (le nombre d'or).
  • Définition des nombres réels (R\mathbb{R}) : L'ensemble des nombres réels est l'union des nombres rationnels et des nombres irrationnels.

    • R=QNombres irrationnels\mathbb{R} = \mathbb{Q} \cup \text{Nombres irrationnels}.
    • Tous les nombres que nous avons vus (N\mathbb{N}, Z\mathbb{Z}, D\mathbb{D}, Q\mathbb{Q}) sont des nombres réels. On a donc NZDQR\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{D} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}.
  • Représentation sur une droite numérique : Les nombres réels peuvent être représentés par des points sur une droite graduée appelée droite des réels. Chaque point de cette droite correspond à un unique nombre réel, et réciproquement.

  • Ordre et comparaison : Les nombres réels sont ordonnés. Cela signifie que pour deux nombres réels aa et bb distincts, l'un est toujours plus grand que l'autre.

    • On utilise les symboles :
      • a<ba < b (aa est strictement inférieur à bb)
      • aba \le b (aa est inférieur ou égal à bb)
      • a>ba > b (aa est strictement supérieur à bb)
      • aba \ge b (aa est supérieur ou égal à bb)
    • Exemple : 3<53 < 5, 2>5-2 > -5, π3,14\pi \approx 3,14 donc π>3\pi > 3.

Intervalles de nombres réels

Les intervalles sont des sous-ensembles de nombres réels qui représentent toutes les valeurs entre deux bornes.

  • Notation des intervalles :

    • Intervalle fermé : [a;b][a; b] représente tous les nombres xx tels que axba \le x \le b. Les bornes aa et bb sont incluses.
    • Intervalle ouvert : ]a;b[]a; b[ représente tous les nombres xx tels que a<x<ba < x < b. Les bornes aa et bb sont exclues.
    • Intervalle semi-ouvert/fermé :
      • [a;b[[a; b[ : ax<ba \le x < b (aa inclus, bb exclu)
      • ]a;b]]a; b] : a<xba < x \le b (aa exclu, bb inclus)
    • Intervalles infinis :
      • [a;+[[a; +\infty[ : xax \ge a
      • ]a;+[]a; +\infty[ : x>ax > a
      • ];b]]-\infty; b] : xbx \le b
      • ];b[]-\infty; b[ : x<bx < b
      • ];+[]-\infty; +\infty[ : Ensemble de tous les nombres réels R\mathbb{R}.
  • Représentation graphique : Un intervalle peut être représenté par un segment ou une demi-droite sur la droite numérique.

    • Les crochets tournés vers l'extérieur indiquent une borne exclue.
    • Les crochets tournés vers l'intérieur indiquent une borne incluse.
    • Exemple : [1;3[[1; 3[ : un segment de 1 à 3, avec un point plein à 1 et un cercle vide à 3.
  • Intersection et union d'intervalles :

    • Intersection (\cap) : L'intersection de deux intervalles est l'ensemble des nombres qui appartiennent aux deux intervalles simultanément.
      • Exemple : [1;5][3;7]=[3;5][1; 5] \cap [3; 7] = [3; 5].
    • Union (\cup) : L'union de deux intervalles est l'ensemble des nombres qui appartiennent à au moins l'un des deux intervalles.
      • Exemple : [1;5][3;7]=[1;7][1; 5] \cup [3; 7] = [1; 7].
      • Exemple : ];2][5;+[]-\infty; 2] \cup [5; +\infty[ est l'union de deux demi-droites disjointes.

Chapitre 2

Opérations et Propriétés des Nombres Réels

Opérations de base et règles de priorité

Les opérations fondamentales sont l'addition, la soustraction, la multiplication et la division. Leur ordre d'exécution est crucial.

  • Opérations de base :

    • Addition (++) : a+ba + b
    • Soustraction (-) : aba - b
    • Multiplication (×\times ou \cdot) : a×ba \times b ou aba \cdot b
    • Division (÷\div ou // ou fraction) : a÷ba \div b ou a/ba/b ou ab\frac{a}{b} (avec b0b \ne 0)
  • Priorités opératoires (PEMDAS/PEDMAS) : Pour éviter toute ambiguïté dans les calculs, il faut respecter un ordre précis :

    1. Parenthèses (ou crochets) : Effectuer d'abord les calculs à l'intérieur des parenthèses, en commençant par les plus intérieures.
    2. Exposants (ou puissances) : Calculer les puissances et les racines.
    3. Multiplication et Division : Effectuer ces opérations de gauche à droite.
    4. Addition et Soustraction : Effectuer ces opérations de gauche à droite.
  • Utilisation des parenthèses : Les parenthèses permettent de modifier l'ordre des opérations.

    • Exemple : 3+4×2=3+8=113 + 4 \times 2 = 3 + 8 = 11
    • Exemple : (3+4)×2=7×2=14(3 + 4) \times 2 = 7 \times 2 = 14
    • Toujours résoudre ce qui est entre parenthèses en premier.

Propriétés des opérations

Ces propriétés simplifient les calculs et la manipulation des expressions.

  • Commutativité : L'ordre des nombres n'affecte pas le résultat pour l'addition et la multiplication.

    • Addition : a+b=b+aa + b = b + a (Exemple : 2+5=5+2=72 + 5 = 5 + 2 = 7)
    • Multiplication : a×b=b×aa \times b = b \times a (Exemple : 3×4=4×3=123 \times 4 = 4 \times 3 = 12)
    • La soustraction et la division ne sont pas commutatives (32233-2 \ne 2-3).
  • Associativité : Le regroupement des nombres n'affecte pas le résultat pour l'addition et la multiplication.

    • Addition : (a+b)+c=a+(b+c)(a + b) + c = a + (b + c) (Exemple : (1+2)+3=1+(2+3)=6(1+2)+3 = 1+(2+3) = 6)
    • Multiplication : (a×b)×c=a×(b×c)(a \times b) \times c = a \times (b \times c) (Exemple : (2×3)×4=2×(3×4)=24(2 \times 3) \times 4 = 2 \times (3 \times 4) = 24)
    • La soustraction et la division ne sont pas associatives.
  • Distributivité : La multiplication est distributive par rapport à l'addition (et la soustraction).

    • a×(b+c)=a×b+a×ca \times (b + c) = a \times b + a \times c
    • a×(bc)=a×ba×ca \times (b - c) = a \times b - a \times c
    • Exemple : 5×(2+3)=5×2+5×3=10+15=255 \times (2 + 3) = 5 \times 2 + 5 \times 3 = 10 + 15 = 25. (Vérification : 5×5=255 \times 5 = 25).
    • Cette propriété est essentielle pour le développement et la factorisation.

Calcul avec des nombres relatifs

Les nombres relatifs incluent les nombres positifs et négatifs.

  • Règles des signes :

    • Addition/Soustraction :
      • Même signe : On additionne les valeurs absolues et on garde le signe commun. (Ex: 35=8-3 - 5 = -8)
      • Signes différents : On soustrait la plus petite valeur absolue de la plus grande, et on prend le signe du nombre qui a la plus grande valeur absolue. (Ex: 3+5=2-3 + 5 = 2; 35=23 - 5 = -2)
    • Multiplication/Division :
      • Même signe : Le résultat est positif. (Ex: (2)×(3)=6(-2) \times (-3) = 6; 10÷5=210 \div 5 = 2)
      • Signes différents : Le résultat est négatif. (Ex: (2)×3=6(-2) \times 3 = -6; 10÷(5)=210 \div (-5) = -2)
  • Simplification d'expressions : Appliquer les règles des signes et les priorités.

    • Exemple : (5)=5- ( -5 ) = 5
    • Exemple : (+7)=7- ( +7 ) = -7
  • Calculs numériques : Effectuer les opérations étape par étape en respectant les règles.

    • Exemple : 42×(3)+(8÷2)4 - 2 \times (-3) + ( -8 \div 2 ) =4(6)+(4)= 4 - ( -6 ) + ( -4 ) (multiplication et division en premier) =4+64= 4 + 6 - 4 (règle des signes pour la soustraction d'un négatif) =104=6= 10 - 4 = 6

Valeur absolue d'un nombre réel

La valeur absolue mesure la distance d'un nombre à zéro.

  • Définition géométrique : La valeur absolue d'un nombre réel xx, notée x|x|, est la distance entre le point d'abscisse xx et l'origine 0 sur la droite numérique. Une distance est toujours positive ou nulle.

    • Exemple : 3=3|3| = 3 (la distance de 3 à 0 est 3)
    • Exemple : 3=3|-3| = 3 (la distance de -3 à 0 est 3)
  • Définition algébrique :

    • Si x0x \ge 0, alors x=x|x| = x.
    • Si x<0x < 0, alors x=x|x| = -x. (Le signe moins devant xx rend le nombre positif, par exemple si x=3x = -3, alors x=(3)=3-x = -(-3) = 3).
  • Propriétés de la valeur absolue :

    • x0|x| \ge 0
    • x=x|x| = |-x|
    • x×y=x×y|x \times y| = |x| \times |y|
    • xy=xy|\frac{x}{y}| = \frac{|x|}{|y|} (avec y0y \ne 0)
    • x+yx+y|x + y| \le |x| + |y| (inégalité triangulaire)
    • x2=x\sqrt{x^2} = |x| (et non xx !)
  • Résolution d'équations simples avec valeur absolue :

    • L'équation x=a|x| = a (avec a0a \ge 0) a pour solutions x=ax = a ou x=ax = -a.
      • Exemple : x=5    x=5|x| = 5 \implies x = 5 ou x=5x = -5.
    • L'équation x=2|x| = -2 n'a pas de solution, car une valeur absolue ne peut pas être négative.
    • L'équation xc=a|x-c| = a (avec a0a \ge 0) signifie que xc=ax-c = a ou xc=ax-c = -a.
      • Exemple : x2=3    x2=3|x-2| = 3 \implies x-2 = 3 ou x2=3x-2 = -3.
      • Donc x=5x = 5 ou x=1x = -1.

Chapitre 3

Puissances et Racines Carrées

Puissances entières d'un nombre réel

Les puissances sont des multiplications répétées.

  • Définition de ana^n (nn entier) :

    • Pour nNn \in \mathbb{N} et n>1n > 1, an=a×a××aa^n = a \times a \times \dots \times a (nn fois).
    • a1=aa^1 = a
    • a0=1a^0 = 1 (pour a0a \ne 0). La convention 000^0 est souvent indéfinie ou 11 selon le contexte.
    • Pour nZn \in \mathbb{Z} et n<0n < 0, an=1ana^n = \frac{1}{a^{-n}} (pour a0a \ne 0).
      • Exemple : a2=1a2a^{-2} = \frac{1}{a^2}.
      • Exemple : 23=2×2×2=82^3 = 2 \times 2 \times 2 = 8.
      • Exemple : 32=132=193^{-2} = \frac{1}{3^2} = \frac{1}{9}.
  • Règles de calcul sur les puissances (pour a,bRa, b \in \mathbb{R}^* et m,nZm, n \in \mathbb{Z}):

    1. Produit de puissances de même base : am×an=am+na^m \times a^n = a^{m+n}
      • Exemple : 23×24=23+4=272^3 \times 2^4 = 2^{3+4} = 2^7
    2. Quotient de puissances de même base : aman=amn\frac{a^m}{a^n} = a^{m-n}
      • Exemple : 5652=562=54\frac{5^6}{5^2} = 5^{6-2} = 5^4
    3. Puissance d'une puissance : (am)n=am×n(a^m)^n = a^{m \times n}
      • Exemple : (32)3=32×3=36(3^2)^3 = 3^{2 \times 3} = 3^6
    4. Puissance d'un produit : (a×b)n=an×bn(a \times b)^n = a^n \times b^n
      • Exemple : (2×5)3=23×53(2 \times 5)^3 = 2^3 \times 5^3
    5. Puissance d'un quotient : (ab)n=anbn(\frac{a}{b})^n = \frac{a^n}{b^n}
      • Exemple : (42)3=4323(\frac{4}{2})^3 = \frac{4^3}{2^3}
    • Attention aux parenthèses et aux signes : (2)2=4(-2)^2 = 4 mais 22=(22)=4-2^2 = -(2^2) = -4.
  • Puissances de 10 et écriture scientifique :

    • Puissances de 10 : 10n10^n est 1 suivi de nn zéros (103=100010^3 = 1000). 10n10^{-n} est 0,0, puis n1n-1 zéros, suivi de 1 (103=0,00110^{-3} = 0,001).
    • Écriture scientifique : Un nombre est écrit en notation scientifique s'il est de la forme a×10na \times 10^n, où aa est un nombre décimal tel que 1a<101 \le |a| < 10 et nn est un entier relatif.
      • Exemple : 1234,5=1,2345×1031234,5 = 1,2345 \times 10^3
      • Exemple : 0,000045=4,5×1050,000045 = 4,5 \times 10^{-5}
      • L'écriture scientifique est très utile pour manipuler de très grands ou très petits nombres.

Racine carrée d'un nombre réel positif

La racine carrée est l'opération inverse de l'élévation au carré.

  • Définition et notation : Pour un nombre réel positif aa, la racine carrée de aa, notée a\sqrt{a}, est le nombre réel positif bb tel que b2=ab^2 = a.

    • Exemple : 9=3\sqrt{9} = 3 car 32=93^2 = 9.
    • Exemple : 0=0\sqrt{0} = 0.
    • La racine carrée d'un nombre négatif n'existe pas dans l'ensemble des nombres réels.
    • ==Attention, a2=a\sqrt{a^2} = |a|, pas aa !== Par exemple, (3)2=9=3=3\sqrt{(-3)^2} = \sqrt{9} = 3 = |-3|.
  • Propriétés de la racine carrée (pour a0,b0a \ge 0, b \ge 0) :

    1. a×b=a×b\sqrt{a \times b} = \sqrt{a} \times \sqrt{b}
      • Exemple : 36=4×9=4×9=2×3=6\sqrt{36} = \sqrt{4 \times 9} = \sqrt{4} \times \sqrt{9} = 2 \times 3 = 6.
    2. ab=ab\sqrt{\frac{a}{b}} = \frac{\sqrt{a}}{\sqrt{b}} (avec b>0b > 0)
      • Exemple : 94=94=32\sqrt{\frac{9}{4}} = \frac{\sqrt{9}}{\sqrt{4}} = \frac{3}{2}.
    3. (a)2=a(\sqrt{a})^2 = a
    4. a2=a\sqrt{a^2} = |a| (comme vu précédemment)
    • Il n'y a pas de propriété simple pour a+b\sqrt{a+b} ou ab\sqrt{a-b} ! 9+16=25=5\sqrt{9+16} = \sqrt{25} = 5, mais 9+16=3+4=7\sqrt{9} + \sqrt{16} = 3+4 = 7. Donc a+ba+b\sqrt{a+b} \ne \sqrt{a} + \sqrt{b}.
  • Simplification d'expressions avec racines carrées : L'objectif est d'écrire la racine sous la forme kak\sqrt{a}aa est le plus petit entier possible.

    • Exemple : 12=4×3=4×3=23\sqrt{12} = \sqrt{4 \times 3} = \sqrt{4} \times \sqrt{3} = 2\sqrt{3}.
    • Exemple : 50=25×2=52\sqrt{50} = \sqrt{25 \times 2} = 5\sqrt{2}.

Opérations avec les racines carrées

  • Addition et soustraction : On ne peut additionner ou soustraire des racines carrées que si elles ont le même nombre sous la racine. Pour cela, il faut d'abord simplifier.

    • Exemple : 32+52=(3+5)2=823\sqrt{2} + 5\sqrt{2} = (3+5)\sqrt{2} = 8\sqrt{2}.
    • Exemple : 8+18=4×2+9×2=22+32=52\sqrt{8} + \sqrt{18} = \sqrt{4 \times 2} + \sqrt{9 \times 2} = 2\sqrt{2} + 3\sqrt{2} = 5\sqrt{2}.
  • Multiplication et division : On utilise les propriétés a×b=a×b\sqrt{a} \times \sqrt{b} = \sqrt{a \times b} et ab=ab\frac{\sqrt{a}}{\sqrt{b}} = \sqrt{\frac{a}{b}}.

    • Exemple : 3×5=15\sqrt{3} \times \sqrt{5} = \sqrt{15}.
    • Exemple : (23)×(45)=(2×4)×(3×5)=815(2\sqrt{3}) \times (4\sqrt{5}) = (2 \times 4) \times (\sqrt{3} \times \sqrt{5}) = 8\sqrt{15}.
    • Exemple : 182=182=9=3\frac{\sqrt{18}}{\sqrt{2}} = \sqrt{\frac{18}{2}} = \sqrt{9} = 3.
  • Rendre un dénominateur rationnel : C'est une technique qui consiste à éliminer la racine carrée du dénominateur d'une fraction.

    • Si le dénominateur est de la forme a\sqrt{a} : multiplier le numérateur et le dénominateur par a\sqrt{a}.
      • Exemple : 23=2×33×3=233\frac{2}{\sqrt{3}} = \frac{2 \times \sqrt{3}}{\sqrt{3} \times \sqrt{3}} = \frac{2\sqrt{3}}{3}.
    • Si le dénominateur est de la forme a+ba + \sqrt{b} ou aba - \sqrt{b} : multiplier par l'expression conjuguée. L'expression conjuguée de a+ba + \sqrt{b} est aba - \sqrt{b}, et vice-versa. On utilise l'identité remarquable (xy)(x+y)=x2y2(x-y)(x+y) = x^2 - y^2.
      • Exemple : 12+3=1×(23)(2+3)×(23)=2322(3)2=2343=231=23\frac{1}{2 + \sqrt{3}} = \frac{1 \times (2 - \sqrt{3})}{(2 + \sqrt{3}) \times (2 - \sqrt{3})} = \frac{2 - \sqrt{3}}{2^2 - (\sqrt{3})^2} = \frac{2 - \sqrt{3}}{4 - 3} = \frac{2 - \sqrt{3}}{1} = 2 - \sqrt{3}.
      • Cette technique est très courante en Seconde.

Chapitre 4

Calcul Littéral et Expressions Algébriques

Développement d'expressions

Le développement consiste à transformer un produit en une somme (ou une différence).

  • Simple distributivité : a(b+c)=ab+aca(b+c) = ab + ac

    • Exemple : 3(x+2)=3x+3×2=3x+63(x+2) = 3x + 3 \times 2 = 3x + 6.
    • Exemple : 2(y5)=2y2×(5)=2y+10-2(y-5) = -2y -2 \times (-5) = -2y + 10.
  • Double distributivité : (a+b)(c+d)=ac+ad+bc+bd(a+b)(c+d) = ac + ad + bc + bd

    • Exemple : (x+3)(x+5)=x×x+x×5+3×x+3×5=x2+5x+3x+15=x2+8x+15(x+3)(x+5) = x \times x + x \times 5 + 3 \times x + 3 \times 5 = x^2 + 5x + 3x + 15 = x^2 + 8x + 15.
    • Exemple : (2x1)(x+4)=2x×x+2x×41×x1×4=2x2+8xx4=2x2+7x4(2x-1)(x+4) = 2x \times x + 2x \times 4 - 1 \times x - 1 \times 4 = 2x^2 + 8x - x - 4 = 2x^2 + 7x - 4.
  • Identités remarquables : Ce sont des cas particuliers de double distributivité très fréquents. Les connaître par cœur est un gain de temps considérable.

    1. Carré d'une somme : (a+b)2=a2+2ab+b2(a+b)^2 = a^2 + 2ab + b^2
      • Exemple : (x+3)2=x2+2×x×3+32=x2+6x+9(x+3)^2 = x^2 + 2 \times x \times 3 + 3^2 = x^2 + 6x + 9.
    2. Carré d'une différence : (ab)2=a22ab+b2(a-b)^2 = a^2 - 2ab + b^2
      • Exemple : (2x5)2=(2x)22×(2x)×5+52=4x220x+25(2x-5)^2 = (2x)^2 - 2 \times (2x) \times 5 + 5^2 = 4x^2 - 20x + 25.
    3. Produit d'une somme par une différence : (ab)(a+b)=a2b2(a-b)(a+b) = a^2 - b^2
      • Exemple : (x4)(x+4)=x242=x216(x-4)(x+4) = x^2 - 4^2 = x^2 - 16.
      • Exemple : (3x1)(3x+1)=(3x)212=9x21(3x-1)(3x+1) = (3x)^2 - 1^2 = 9x^2 - 1.
    • Les identités remarquables sont la clé du développement et de la factorisation rapides.

Factorisation d'expressions

La factorisation consiste à transformer une somme (ou une différence) en un produit. C'est l'opération inverse du développement.

  • Facteur commun : C'est la méthode la plus simple. On cherche un facteur qui est présent dans tous les termes de l'expression.

    • Exemple : 3x+6=3×x+3×2=3(x+2)3x + 6 = 3 \times x + 3 \times 2 = 3(x+2).
    • Exemple : 5x210x=5x×x5x×2=5x(x2)5x^2 - 10x = 5x \times x - 5x \times 2 = 5x(x-2).
    • Exemple : (x+1)(x+2)+5(x+1)=(x+1)((x+2)+5)=(x+1)(x+7)(x+1)(x+2) + 5(x+1) = (x+1)((x+2)+5) = (x+1)(x+7).
  • Utilisation des identités remarquables : On reconnaît une forme développée d'identité remarquable pour la transformer en produit.

    1. a2+2ab+b2=(a+b)2a^2 + 2ab + b^2 = (a+b)^2
      • Exemple : x2+10x+25=x2+2×x×5+52=(x+5)2x^2 + 10x + 25 = x^2 + 2 \times x \times 5 + 5^2 = (x+5)^2.
    2. a22ab+b2=(ab)2a^2 - 2ab + b^2 = (a-b)^2
      • Exemple : 9x212x+4=(3x)22×(3x)×2+22=(3x2)29x^2 - 12x + 4 = (3x)^2 - 2 \times (3x) \times 2 + 2^2 = (3x-2)^2.
    3. a2b2=(ab)(a+b)a^2 - b^2 = (a-b)(a+b)
      • Exemple : x249=x272=(x7)(x+7)x^2 - 49 = x^2 - 7^2 = (x-7)(x+7).
      • Exemple : 16x21=(4x)212=(4x1)(4x+1)16x^2 - 1 = (4x)^2 - 1^2 = (4x-1)(4x+1).
  • Factorisation avancée (par regroupement ou en combinant les méthodes) : Parfois, il faut combiner les techniques.

    • Exemple : x29+(x3)(x+5)x^2 - 9 + (x-3)(x+5) =(x3)(x+3)+(x3)(x+5)= (x-3)(x+3) + (x-3)(x+5) (On factorise x29x^2-9 avec l'IR3) =(x3)[(x+3)+(x+5)]= (x-3) [ (x+3) + (x+5) ] (On met (x3)(x-3) en facteur commun) =(x3)(x+3+x+5)= (x-3)(x+3+x+5) =(x3)(2x+8)= (x-3)(2x+8) =2(x3)(x+4)= 2(x-3)(x+4) (On peut encore factoriser 2 dans le deuxième facteur)

Réduction d'expressions

Réduire une expression, c'est la simplifier en regroupant les termes semblables.

  • Termes semblables : Ce sont des termes qui ont la même partie littérale (même variable(s) avec les mêmes exposants).

    • Exemple : 3x3x et 5x5x sont semblables. 3x23x^2 et 5x5x ne le sont pas.
  • Simplification d'expressions polynomiales : On regroupe les termes semblables en additionnant ou soustrayant leurs coefficients.

    • Exemple : 3x+5y2x+7y4=(3x2x)+(5y+7y)4=x+12y43x + 5y - 2x + 7y - 4 = (3x - 2x) + (5y + 7y) - 4 = x + 12y - 4.
    • Exemple : 2x2+3x5x2+7x+1=(2x2x2)+(3x+7x)+(5+1)=x2+10x42x^2 + 3x - 5 - x^2 + 7x + 1 = (2x^2 - x^2) + (3x + 7x) + (-5 + 1) = x^2 + 10x - 4.
  • Ordre des termes : Il est d'usage de classer les termes par ordre décroissant des puissances de la variable.

    • Exemple : Au lieu d'écrire 3x5+x23x - 5 + x^2, on écrira x2+3x5x^2 + 3x - 5.

Chapitre 5

Résolution d'Équations et Inéquations

Équations du premier degré

Une équation du premier degré est une égalité où l'inconnue a pour plus haute puissance 1 (ex: xx).

  • Méthodes de résolution : L'objectif est d'isoler l'inconnue (xx). On applique les mêmes opérations des deux côtés de l'égalité pour maintenir l'équilibre.

    • Addition/Soustraction : x+a=b    x=bax+a=b \implies x = b-a
    • Multiplication/Division : ax=b    x=baax=b \implies x = \frac{b}{a} (si a0a \ne 0)
    • Exemple : 2x+5=112x + 5 = 11 2x=1152x = 11 - 5 2x=62x = 6 x=62x = \frac{6}{2} x=3x = 3
    • L'ensemble des solutions est S={3}S = \{3\}.
  • Équations avec parenthèses et fractions :

    • Parenthèses : Développer les expressions pour les supprimer.
      • Exemple : 3(x2)=2x+13(x-2) = 2x+1 3x6=2x+13x - 6 = 2x + 1 3x2x=1+63x - 2x = 1 + 6 x=7x = 7
    • Fractions : Mettre tous les termes au même dénominateur commun ou multiplier tous les termes par le dénominateur commun pour les éliminer.
      • Exemple : x2+13=56\frac{x}{2} + \frac{1}{3} = \frac{5}{6} Multiplier par 6 (dénominateur commun) : 6×(x2)+6×(13)=6×(56)6 \times (\frac{x}{2}) + 6 \times (\frac{1}{3}) = 6 \times (\frac{5}{6}) 3x+2=53x + 2 = 5 3x=33x = 3 x=1x = 1
  • Problèmes menant à une équation du premier degré :

    1. Choisir l'inconnue : Attribuer une variable (souvent xx) à la quantité recherchée.
    2. Mettre le problème en équation : Traduire l'énoncé en une égalité mathématique.
    3. Résoudre l'équation.
    4. Vérifier la solution et répondre au problème posé.
    • Exemple : "J'ai 5 bonbons de plus que mon ami. Ensemble, nous avons 21 bonbons. Combien de bonbons avons-nous chacun ?"
      • Soit xx le nombre de bonbons de l'ami.
      • J'ai x+5x+5 bonbons.
      • Équation : x+(x+5)=21x + (x+5) = 21
      • 2x+5=21    2x=16    x=82x + 5 = 21 \implies 2x = 16 \implies x = 8.
      • L'ami a 8 bonbons, et j'en ai 8+5=138+5 = 13. Total : 8+13=218+13=21. La solution est bonne.

Inéquations du premier degré

Une inéquation est une inégalité (avec <,,>,<, \le, >, \ge) avec une inconnue.

  • Règles de résolution : Similaires aux équations, mais avec une règle cruciale :

    • On ne change pas le sens de l'inégalité en ajoutant ou soustrayant un terme, ni en multipliant ou divisant par un nombre positif.
    • On change le sens de l'inégalité en multipliant ou divisant par un nombre négatif.
    • Exemple 1 : 2x+3<92x + 3 < 9 2x<932x < 9 - 3 2x<62x < 6 x<62x < \frac{6}{2} x<3x < 3 L'ensemble des solutions est S=];3[S = ]-\infty; 3[.
    • Exemple 2 : 3x+110-3x + 1 \ge 10 3x101-3x \ge 10 - 1 3x9-3x \ge 9 x93x \le \frac{9}{-3} (on divise par -3, donc on change le sens de l'inégalité) x3x \le -3 L'ensemble des solutions est S=];3]S = ]-\infty; -3].
  • Représentation des solutions sur une droite numérique : Les solutions d'une inéquation sont souvent un intervalle.

    • On hachure la partie de la droite qui ne contient pas les solutions.
    • Le crochet indique si la borne est incluse ou exclue.
    • Exemple pour x<3x < 3: La droite est graduée, on place 3. La partie à gauche de 3 est solution. Le crochet est tourné vers l'extérieur du côté des solutions pour indiquer que 3 est exclu.
  • Intervalles de solutions : Les solutions d'une inéquation sont toujours exprimées sous forme d'intervalle.

Équations-produits et équations-quotients

Ces types d'équations sont résolues en utilisant des propriétés spécifiques.

  • Propriété du produit nul : Un produit de facteurs est nul si et seulement si au moins un de ses facteurs est nul.

    • Si A×B=0A \times B = 0, alors A=0A = 0 ou B=0B = 0.
    • Exemple : (x3)(2x+4)=0(x-3)(2x+4) = 0 Cela implique x3=0x-3=0 ou 2x+4=02x+4=0. x=3x=3 ou 2x=42x=-4. x=3x=3 ou x=2x=-2. L'ensemble des solutions est S={2;3}S = \{-2; 3\}.
    • Pour utiliser cette propriété, l'équation doit être factorisée et égale à zéro. S'il n'y a pas de zéro, il faut transposer tous les termes d'un côté et factoriser.
  • Tableaux de signes pour les quotients : Une fraction est nulle si son numérateur est nul et son dénominateur est non nul.

    • Si AB=0\frac{A}{B} = 0, alors A=0A = 0 et B0B \ne 0.
    • Exemple : x5x+2=0\frac{x-5}{x+2} = 0 Le numérateur doit être nul : x5=0    x=5x-5 = 0 \implies x = 5. Le dénominateur ne doit pas être nul : x+20    x2x+2 \ne 0 \implies x \ne -2. La solution est x=5x=5. L'ensemble des solutions est S={5}S = \{5\}.
  • Résolution par factorisation : Pour une équation qui n'est pas initialement un produit nul, il faut la transformer.

    • Exemple : x24x=0x^2 - 4x = 0 x(x4)=0x(x-4) = 0 (factorisation par facteur commun) x=0x=0 ou x4=0x-4=0 x=0x=0 ou x=4x=4. S={0;4}S = \{0; 4\}.
    • Exemple : (x+1)2=9(x+1)^2 = 9 (x+1)29=0(x+1)^2 - 9 = 0 (x+1)232=0(x+1)^2 - 3^2 = 0 (reconnaissance d'identité remarquable a2b2a^2-b^2) ((x+1)3)((x+1)+3)=0((x+1)-3)((x+1)+3) = 0 (x2)(x+4)=0(x-2)(x+4) = 0 x2=0x-2=0 ou x+4=0x+4=0 x=2x=2 ou x=4x=-4. S={4;2}S = \{-4; 2\}.
    • La factorisation est la méthode clé pour résoudre les équations de degré supérieur à 1 en Seconde.

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