Structure et fonctionnement des agrosystèmes
Une version article du chapitre pour comprendre l'essentiel rapidement, vérifier si le niveau correspond, puis basculer vers Wilo pour la pratique guidée et le suivi.
Lecture
5 chapitres
Un parcours éditorialisé et navigable.
Pratique
12 questions
Quiz et cartes mémoire à ouvrir après la lecture.
Objectif
Seconde générale et technologique
Format rapide pour vérifier si le chapitre correspond.
Chapitre 1
Introduction aux agrosystèmes
Définition et caractéristiques d'un agrosystème
Un agrosystème est un type particulier d'écosystème, créé et géré par l'être humain dans le but principal de produire des biens (nourriture, fibres, énergie, etc.). Contrairement aux écosystèmes naturels qui évoluent sans intervention humaine majeure, l'agrosystème est profondément modifié et contrôlé.
Voici ses caractéristiques principales :
- Intervention humaine forte : L'homme sélectionne les espèces végétales (cultures) et animales (élevage), modifie le sol (labour, fertilisation), gère l'eau (irrigation, drainage) et protège les cultures (pesticides).
- Objectif de production : La finalité première est d'obtenir une production agricole pour répondre aux besoins humains.
- Simplification biologique : Souvent, les agrosystèmes sont caractérisés par une faible diversité d'espèces cultivées (monoculture), ce qui les rend plus fragiles que les écosystèmes naturels.
- Flux de matière et d'énergie contrôlés : L'homme apporte des intrants (engrais, eau, carburant) et récolte des extrants (produits agricoles). Ces flux sont gérés pour maximiser la production.
La différence majeure entre un écosystème naturel et un agrosystème réside dans l'objectif et le degré d'intervention humaine. L'agrosystème est un système artificiel, dépendant des décisions et actions de l'homme.
Diversité des agrosystèmes
Les agrosystèmes sont très variés et s'adaptent aux conditions climatiques, aux types de sols et aux besoins des populations. On peut les classer selon plusieurs critères :
-
Cultures annuelles :
- Ce sont des plantes qui complètent leur cycle de vie en une seule saison de croissance (généralement un an).
- Exemples : Céréales (blé, maïs, riz), oléagineux (colza, tournesol), légumes (tomate, salade).
- Caractéristiques : Nécessitent un travail du sol annuel, sont souvent associées à la monoculture (une seule espèce cultivée sur une grande surface), ce qui peut appauvrir les sols et favoriser les ravageurs.
-
Cultures pérennes :
- Ce sont des plantes qui vivent plusieurs années et produisent sur plusieurs saisons.
- Exemples : Arbres fruitiers (pommiers, cerisiers), vignes, oliviers, prairies permanentes.
- Caractéristiques : Moins de travail du sol, meilleure protection contre l'érosion, mais investissement initial plus important et production non annuelle.
-
Élevage :
- Il s'agit de l'ensemble des activités visant à élever des animaux pour la production de viande, lait, œufs, laine, etc.
- Il peut être :
- Extensif : Les animaux sont élevés sur de grandes surfaces, souvent en pâturage, avec peu d'intrants extérieurs. Impact environnemental généralement plus faible.
- Intensif : Les animaux sont élevés en grand nombre dans des espaces restreints (bâtiments), avec une alimentation souvent importée et un contrôle strict de l'environnement. Forte productivité mais impacts environnementaux et éthiques plus importants.
-
Agroforesterie :
- C'est une pratique qui associe des arbres, des cultures et/ou de l'élevage sur une même parcelle.
- Exemples : Arbres fruitiers ou forestiers plantés au milieu de cultures céréalières, haies vives autour des pâturages.
- Caractéristiques : Permet de diversifier les productions, d'améliorer la fertilité des sols (les arbres puisent l'eau et les nutriments en profondeur), de favoriser la biodiversité et de protéger les cultures du vent. C'est une approche prometteuse pour des agrosystèmes plus durables.
Objectifs et enjeux des agrosystèmes
Les agrosystèmes répondent à des objectifs fondamentaux pour l'humanité, mais génèrent également des défis majeurs.
-
Production alimentaire :
- L'objectif principal est de nourrir une population mondiale croissante.
- Ceci implique d'augmenter les rendements et d'assurer une distribution suffisante des denrées.
-
Sécurité alimentaire :
- Garantir à chaque individu un accès physique et économique à une alimentation suffisante, saine et nutritive pour satisfaire ses besoins énergétiques et ses préférences alimentaires.
- Les agrosystèmes jouent un rôle crucial pour assurer cette sécurité, mais sont aussi menacés par les crises climatiques, les conflits et la spéculation.
-
Impacts environnementaux :
- Positifs : Certains agrosystèmes bien gérés peuvent contribuer à la séquestration du carbone (prairies, agroforesterie), à la préservation des paysages ou à la création d'habitats pour certaines espèces.
- Négatifs :
- Déforestation et perte d'habitats : L'expansion agricole est une cause majeure de destruction des forêts et des écosystèmes naturels.
- Pollution de l'eau et des sols : L'usage excessif d'engrais et de pesticides contamine les nappes phréatiques, les rivières et les sols.
- Émissions de gaz à effet de serre : L'élevage (méthane), la production d'engrais (protoxyde d'azote) et l'utilisation de machines agricoles (CO2) contribuent au changement climatique.
- Perte de biodiversité : La simplification des paysages agricoles et l'usage de produits chimiques réduisent le nombre d'espèces sauvages.
L'enjeu majeur est de concilier la nécessité de produire suffisamment pour nourrir la planète avec la préservation de l'environnement et de ses ressources pour les générations futures.
Chapitre 2
Flux de matière et d'énergie dans les agrosystèmes
Le cycle du carbone et la photosynthèse
Le carbone est un élément fondamental pour la vie et circule constamment entre l'atmosphère, les océans, les sols et les êtres vivants. Dans les agrosystèmes, la photosynthèse est le processus clé.
- Producteurs primaires : Ce sont principalement les plantes cultivées (céréales, légumes, arbres fruitiers) qui réalisent la photosynthèse. Elles utilisent l'énergie solaire pour transformer le dioxyde de carbone () atmosphérique et l'eau () en matière organique (sucres) et en dioxygène ().
- Équation simplifiée de la photosynthèse :
- Biomasse végétale : La matière organique produite par les plantes constitue la biomasse végétale. C'est elle qui est récoltée pour l'alimentation humaine ou animale, ou utilisée comme source d'énergie (bois, biocarburants).
- Fixation du CO2 : Grâce à la photosynthèse, les plantes absorbent le de l'atmosphère et le transforment en matière carbonée. Une partie de ce carbone est stockée dans les sols sous forme de matière organique (humus) après la mort des plantes ou de leurs résidus. Un agrosystème bien géré peut donc contribuer à séquestrer le carbone.
Le cycle de l'azote et du phosphore
L'azote (N) et le phosphore (P) sont, avec le potassium (K), les nutriments essentiels les plus importants pour la croissance des plantes.
-
Cycle de l'azote :
- L'azote atmosphérique () est très abondant mais inutilisable directement par la plupart des plantes.
- Certaines bactéries du sol (bactéries nitrifiantes) transforment l'azote atmosphérique en formes assimilables par les plantes (nitrates et ammonium ). C'est la fixation de l'azote.
- Les plantes absorbent ces formes d'azote pour fabriquer leurs protéines et autres molécules.
- Lorsque les plantes ou les animaux meurent, la matière organique est décomposée par des micro-organismes, libérant à nouveau de l'azote dans le sol.
- Fertilisation : Pour augmenter les rendements, l'homme apporte de l'azote sous forme d'engrais (chimiques ou organiques comme le fumier).
- Pertes par lessivage : L'excès de nitrates dans le sol peut être entraîné par l'eau de pluie vers les nappes phréatiques et les cours d'eau, provoquant une pollution et l'eutrophisation des milieux aquatiques. La dénitrification est un autre processus microbien qui convertit les nitrates en azote gazeux, qui retourne à l'atmosphère.
-
Cycle du phosphore :
- Le phosphore se trouve principalement dans les roches et les minéraux du sol. Il n'y a pas de forme gazeuse significative dans l'atmosphère.
- Les plantes absorbent le phosphore sous forme de phosphate ().
- Comme pour l'azote, le phosphore est recyclé dans le sol grâce à la décomposition de la matière organique.
- Fertilisation : Des engrais phosphatés sont ajoutés pour compenser les prélèvements par les cultures.
- Pertes par érosion et lessivage : Le phosphore peut être entraîné par l'érosion des sols ou lessivé, contribuant également à l'eutrophisation des eaux.
La gestion durable de l'azote et du phosphore est cruciale pour la productivité agricole et la protection de l'environnement.
Transferts d'énergie
L'énergie est le moteur de tout écosystème, y compris les agrosystèmes.
- Énergie solaire : C'est la source d'énergie primaire de presque tous les agrosystèmes. Elle est captée par les plantes lors de la photosynthèse.
- Chaînes alimentaires : L'énergie solaire convertie en énergie chimique par les plantes (producteurs primaires) est ensuite transférée le long des chaînes alimentaires :
- Consommateurs primaires (herbivores) : Animaux qui se nourrissent de plantes (ex: vaches, moutons, insectes ravageurs).
- Consommateurs secondaires (carnivores) : Animaux qui se nourrissent d'herbivores (ex: renard, oiseaux insectivores).
- Décomposeurs : Micro-organismes et invertébrés qui dégradent la matière organique morte et recyclent les nutriments.
- Rendement énergétique : À chaque transfert d'énergie d'un niveau trophique à l'autre, une grande partie de l'énergie est perdue sous forme de chaleur (respiration, activités métaboliques). Seuls environ 10% de l'énergie sont transférés d'un niveau à l'autre.
- Cela signifie que la production de viande est beaucoup moins efficace en termes de consommation d'énergie (et de ressources) que la production végétale. Plus on monte dans la chaîne alimentaire, plus la perte d'énergie est importante.
Intrants et extrants des agrosystèmes
Les agrosystèmes sont des systèmes "ouverts" qui nécessitent des apports (intrants) et génèrent des sorties (extrants).
-
Intrants :
- Eau : Pluviométrie naturelle ou irrigation. Essentielle à la croissance des plantes.
- Engrais : Minéraux (azote, phosphore, potassium) ou organiques (fumier, compost) pour enrichir le sol en nutriments.
- Pesticides : Herbicides (contre les mauvaises herbes), insecticides (contre les insectes ravageurs), fongicides (contre les maladies) pour protéger les cultures.
- Énergie : Carburants pour les machines agricoles, électricité pour l'éclairage ou la ventilation des bâtiments d'élevage.
- Semences et animaux d'élevage : Matériel génétique sélectionné.
-
Extrants :
- Récoltes : Produits agricoles (grains, fruits, légumes, viande, lait) destinés à la consommation humaine ou animale.
- Déchets agricoles : Résidus de culture (pailles, tiges), déjections animales.
- Flux polluants : Nitrates et phosphates lessivés, pesticides dans l'eau et l'air, gaz à effet de serre.
- Érosion des sols : Perte de terre fertile.
L'objectif d'une agriculture durable est de minimiser les intrants externes et les extrants polluants, tout en maximisant les extrants utiles.
Chapitre 3
Biodiversité et services écosystémiques en agrosystème
La biodiversité dans les agrosystèmes
La biodiversité est la richesse du vivant sous toutes ses formes (gènes, espèces, écosystèmes). Dans les agrosystèmes, elle est essentielle, même si elle est souvent simplifiée par l'action humaine.
-
Biodiversité cultivée :
- Il s'agit de la diversité des espèces végétales et animales sélectionnées et élevées par l'homme (variétés de blé, races de vaches, etc.).
- Sa préservation est cruciale pour la sécurité alimentaire, car elle permet d'adapter l'agriculture aux changements climatiques et aux nouvelles maladies.
-
Biodiversité associée :
- C'est l'ensemble des espèces sauvages qui vivent dans et autour des agrosystèmes (insectes, oiseaux, micro-organismes du sol, plantes sauvages).
- Elle inclut les auxiliaires de culture, c'est-à-dire les organismes qui rendent des services utiles à l'agriculture.
-
Rôle des auxiliaires :
- Pollinisateurs : Abeilles, bourdons, papillons qui transportent le pollen, essentiel pour la reproduction de nombreuses plantes cultivées (fruits, légumes, oléagineux).
- Prédateurs et parasitoïdes : Coccinelles qui mangent les pucerons, syrphes, oiseaux qui consomment des insectes ravageurs. Ils participent à la lutte biologique contre les nuisibles.
- Décomposeurs : Vers de terre, bactéries, champignons qui transforment la matière organique morte en humus, améliorant la fertilité et la structure du sol.
- Fixateurs d'azote : Certaines bactéries (comme celles associées aux légumineuses) qui transforment l'azote atmosphérique en nutriments assimilables par les plantes.
La biodiversité associée est un capital naturel indispensable au bon fonctionnement des agrosystèmes.
Services écosystémiques fournis par la biodiversité
Les services écosystémiques sont les bénéfices que les humains tirent des écosystèmes. Dans les agrosystèmes, la biodiversité fournit des services inestimables :
-
Pollinisation :
- Environ 75% des cultures mondiales dépendent, au moins en partie, de la pollinisation animale.
- La disparition des pollinisateurs (due aux pesticides, à la perte d'habitats) menace directement la production de nombreux fruits, légumes et oléagineux.
- Exemple : La production de pommes, de cerises, de colza est fortement dépendante des insectes pollinisateurs.
-
Lutte biologique :
- Les prédateurs naturels et les parasitoïdes régulent les populations de ravageurs des cultures, réduisant ainsi le besoin en pesticides.
- Exemple : Les coccinelles réduisent les populations de pucerons, les chauves-souris et certains oiseaux consomment des insectes nuisibles aux cultures.
-
Fertilité des sols :
- Les micro-organismes du sol (bactéries, champignons) et les invertébrés (vers de terre) décomposent la matière organique, libérant les nutriments et améliorant la structure du sol.
- Ils créent des galeries qui favorisent l'aération et l'infiltration de l'eau.
- Un sol riche en biodiversité est un sol sain et fertile, moins dépendant des engrais chimiques.
Impacts des pratiques agricoles sur la biodiversité
Malheureusement, de nombreuses pratiques agricoles modernes ont des effets néfastes sur la biodiversité.
- Monoculture :
- La culture d'une seule espèce sur de grandes surfaces réduit la diversité des habitats et des ressources alimentaires pour la faune.
- Elle favorise la prolifération de ravageurs spécifiques à cette culture, augmentant le recours aux pesticides.
- Usage de pesticides :
- Les insecticides tuent les insectes ravageurs, mais aussi les insectes auxiliaires (pollinisateurs, prédateurs) et d'autres organismes non ciblés.
- Les herbicides éliminent les "mauvaises herbes", mais aussi les plantes sauvages qui servent de nourriture et d'abris à de nombreux animaux.
- Les pesticides peuvent aussi contaminer les sols et les eaux, affectant la faune aquatique et les micro-organismes du sol.
- Fragmentation des habitats :
- L'agrandissement des parcelles, l'arrachage des haies, la destruction des zones humides et des lisières de forêts réduisent les habitats disponibles pour la faune et la flore sauvages.
- Cela isole les populations et rend leur survie plus difficile.
- Intensification des pratiques : Le labour profond, la fertilisation excessive, l'irrigation intensive peuvent perturber les équilibres écologiques du sol et de l'eau, nuisant à la biodiversité.
La perte de biodiversité dans les agrosystèmes fragilise ces derniers et rend leur fonctionnement plus coûteux et moins résilient.
Chapitre 4
Gestion des agrosystèmes et impacts environnementaux
Gestion de l'eau en agriculture
L'eau est une ressource vitale et souvent limitée. Sa gestion en agriculture est un enjeu majeur.
- Irrigation :
- Apport artificiel d'eau aux cultures pour compenser un manque de pluie. Essentielle dans de nombreuses régions arides ou pour certaines cultures exigeantes.
- Problèmes : Surconsommation des ressources en eau (nappes phréatiques, rivières), salinisation des sols dans les régions chaudes, coûts énergétiques et financiers.
- Solutions : Irrigation au goutte-à-goutte, utilisation de variétés moins gourmandes en eau, planification de l'irrigation en fonction des besoins réels des plantes (sondes, capteurs).
- Drainage :
- Évacuation de l'excès d'eau des sols pour éviter l'asphyxie des racines et faciliter le travail du sol.
- Problèmes : Peut entraîner le lessivage des nutriments et des pesticides vers les cours d'eau, modifier les écosystèmes des zones humides.
- Qualité de l'eau :
- Les pratiques agricoles (engrais, pesticides) sont une source majeure de pollution des eaux de surface et souterraines.
- Les nitrates et phosphates entraînent l'eutrophisation (prolifération d'algues) des milieux aquatiques.
- Les pesticides sont toxiques pour la faune et la flore aquatiques, et peuvent contaminer l'eau potable.
- Une gestion de l'eau plus efficace et moins polluante est indispensable pour la durabilité des agrosystèmes.
Gestion de la fertilité des sols
Le sol est la base de l'agriculture. Maintenir sa fertilité est essentiel.
- Travail du sol :
- Labour : Retournement du sol pour enfouir les résidus de culture et aérer. Peut provoquer l'érosion, la destruction de la structure du sol et la perturbation de la vie microbienne.
- Techniques sans labour (agriculture de conservation) : Semis direct, maintien d'un couvert végétal permanent. Permet de protéger le sol de l'érosion, d'augmenter la matière organique et la biodiversité du sol.
- Apports organiques :
- Utilisation de fumier, compost, résidus de culture pour enrichir le sol en matière organique.
- Améliore la structure du sol, sa capacité de rétention d'eau et sa fertilité.
- Favorise l'activité biologique du sol.
- Érosion :
- Dégradation et perte de la couche superficielle du sol par l'action de l'eau (pluie, ruissellement) et du vent.
- Causes : Labour excessif, monoculture, absence de couverture végétale, pentes fortes.
- Conséquences : Perte de fertilité, envasement des cours d'eau, désertification.
- Solutions : Couverture végétale permanente, haies, cultures en courbes de niveau, terrasses.
La santé du sol est le reflet de la durabilité de l'agrosystème.
Lutte contre les bioagresseurs
Les bioagresseurs sont les organismes vivants qui nuisent aux cultures.
-
Maladies : Causées par des champignons, bactéries, virus (ex: mildiou de la pomme de terre, rouille du blé).
-
Ravageurs : Insectes (pucerons, doryphores), nématodes, rongeurs qui consomment ou endommagent les plantes.
-
Adventices (appelées "mauvaises herbes") : Plantes qui concurrencent les cultures pour l'eau, la lumière et les nutriments.
-
Méthodes de lutte :
- Lutte chimique : Utilisation de pesticides (fongicides, insecticides, herbicides). Efficace à court terme mais a des impacts négatifs importants (toxicité, résistance des bioagresseurs, destruction de la biodiversité).
- Lutte biologique : Utilisation d'organismes vivants pour contrôler les ravageurs (ex: lâcher de coccinelles contre les pucerons).
- Lutte agronomique : Rotation des cultures, choix de variétés résistantes, travail du sol adapté, semis de cultures associées, installation de haies pour favoriser les auxiliaires.
- Lutte intégrée : Combinaison de différentes méthodes de lutte, en privilégiant les méthodes naturelles et en n'utilisant les pesticides qu'en dernier recours et de manière ciblée. C'est l'approche recommandée pour réduire l'impact environnemental.
Impacts environnementaux globaux
Les agrosystèmes ont des répercussions bien au-delà des parcelles cultivées.
- Changement climatique :
- L'agriculture contribue aux émissions de gaz à effet de serre (GES) :
- Méthane () : Issu de la digestion des ruminants et de la fermentation des déjections.
- Protoxyde d'azote () : Issu de la dénitrification des sols, surtout après l'application d'engrais azotés.
- Dioxyde de carbone () : Lié à l'utilisation d'énergie fossile (machines) et à la dégradation de la matière organique des sols.
- Le changement climatique affecte aussi l'agriculture (sécheresses, inondations, nouvelles maladies).
- L'agriculture contribue aux émissions de gaz à effet de serre (GES) :
- Pollution des eaux :
- Nitrates, phosphates, pesticides provenant des champs contaminent les rivières, les lacs et les nappes phréatiques, rendant l'eau impropre à la consommation et nuisant aux écosystèmes aquatiques.
- Perte de biodiversité :
- La simplification des paysages, l'usage de pesticides et la destruction des habitats naturels entraînent un déclin massif des populations d'insectes (notamment pollinisateurs), d'oiseaux, d'amphibiens et de mammifères.
- Perte de diversité génétique des cultures (moins de variétés cultivées).
Les impacts environnementaux de l'agriculture sont interconnectés et nécessitent une approche globale pour être atténués.
Chapitre 5
Vers des agrosystèmes durables
Principes de l'agroécologie
L'agroécologie est une approche scientifique, un ensemble de pratiques agricoles et un mouvement social qui vise à concevoir des systèmes agricoles durables.
- Diversification des cultures :
- Rotation des cultures (alterner les espèces sur une même parcelle) pour rompre les cycles des ravageurs et améliorer la fertilité du sol.
- Cultures associées (plusieurs espèces cultivées en même temps) pour favoriser la complémentarité (ex: légumineuses qui apportent de l'azote aux céréales).
- Intégration de l'élevage pour une meilleure gestion des déjections et des résidus.
- Optimisation des cycles naturels :
- Favoriser les cycles du carbone, de l'azote et du phosphore au sein de la ferme pour réduire les besoins en intrants externes.
- Utiliser la biodiversité pour la pollinisation et la lutte biologique.
- Recycler les matières organiques (compostage, méthanisation).
- Réduction des intrants :
- Diminuer l'utilisation d'engrais chimiques, de pesticides, d'antibiotiques pour l'élevage.
- Réduire la consommation d'eau et d'énergie fossile.
- L'agroécologie cherche à imiter le fonctionnement des écosystèmes naturels pour rendre les agrosystèmes plus résilients et autonomes.
Exemples de pratiques agroécologiques
De nombreuses pratiques concrètes découlent des principes de l'agroécologie.
- Agriculture biologique :
- Interdit les engrais et pesticides de synthèse, les OGM.
- Favorise les rotations de cultures, l'utilisation d'engrais verts, le compost.
- Met l'accent sur le bien-être animal.
- Certifiée par un label.
- Agroforesterie :
- Association d'arbres et de cultures ou d'élevage sur une même parcelle.
- Avantages : Protection contre le vent, amélioration de la fertilité du sol, augmentation de la biodiversité, production de bois en plus des cultures.
- Permaculture :
- Conception de systèmes agricoles inspirés des écosystèmes naturels, très diversifiés et productifs avec peu d'interventions.
- Met l'accent sur l'autosuffisance, le recyclage des ressources et la création de microclimats favorables.
- Agriculture de conservation :
- Basée sur trois principes : non-travail du sol (semis direct), couverture permanente du sol (résidus de culture, cultures intermédiaires), rotation des cultures diversifiée.
- Objectifs : Réduire l'érosion, améliorer la matière organique du sol, économiser l'eau et le carburant.
- Maraîchage sur sol vivant (MSV) :
- Technique de production de légumes visant à ne pas travailler le sol, à le couvrir en permanence et à y apporter de la matière organique pour favoriser la vie du sol.
Défis et perspectives pour l'agriculture de demain
La transition vers des agrosystèmes durables est un impératif, mais elle se heurte à de nombreux défis.
- Sécurité alimentaire :
- Comment nourrir 9 à 10 milliards d'habitants en 2050 avec des méthodes plus respectueuses de l'environnement ?
- Nécessite une augmentation des rendements durables, une réduction du gaspillage alimentaire et une évolution des régimes alimentaires (moins de viande).
- Résilience des systèmes :
- Rendre les agrosystèmes moins vulnérables aux chocs (climatiques, économiques, sanitaires).
- La biodiversité et la diversification des productions sont des clés de la résilience.
- Innovation technologique :
- Développement de nouvelles variétés résistantes aux maladies et à la sécheresse.
- Agriculture de précision (capteurs, drones pour optimiser les apports).
- Biotechnologies (mais avec des questions éthiques et environnementales à considérer).
- Nouvelles protéines (insectes, algues) pour l'alimentation humaine et animale.
- Défis socio-économiques :
- Accompagnement des agriculteurs dans la transition (formation, aide financière).
- Rémunération juste des produits agricoles pour garantir la viabilité économique des exploitations durables.
- Changement des habitudes de consommation des citoyens.
- Politiques publiques incitatives.
L'agriculture de demain devra être à la fois productive, respectueuse de l'environnement et socialement équitable pour garantir un avenir durable à l'humanité.
Après la lecture
Passe à la pratique avec deux blocs bien visibles
Une fois le cours lu, ouvre soit le quiz pour vérifier la compréhension, soit les flashcards pour mémoriser les idées importantes. Les deux s'ouvrent dans une fenêtre dédiée.
Suite naturelle
Tu veux aller plus loin que l'article ?
Retrouve le même chapitre dans Wilo avec la suite des questions, la répétition espacée, les corrigés complets et une progression suivie dans le temps.