Éducation nationale françaiseHistoire-GéographieTerminale générale15 min de lecture

La fin de la seconde guerre mondiale et les debuts d'un nouvel ordre mondial

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Lecture

4 chapitres

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Pratique

12 questions

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Objectif

Terminale générale

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Chapitre 1

I. La victoire des Alliés et le bilan de la guerre

A. Les dernières offensives et la capitulation des puissances de l'Axe

L'année 1944 marque un tournant décisif. À l'Est, l'Armée Rouge poursuit son avancée inexorable vers l'Allemagne, libérant les territoires occupés et infligeant de lourdes pertes à la Wehrmacht. À l'Ouest, les Alliés ouvrent un second front majeur.

  • Juin 1944 : Débarquement de Normandie. Le 6 juin 1944, le D-Day voit les forces alliées (Américains, Britanniques, Canadiens, etc.) débarquer sur les plages normandes. C'est la plus grande opération amphibie de l'histoire.
  • Août 1944 : Débarquement de Provence. Un second débarquement a lieu dans le sud de la France, accélérant la libération du territoire français.
  • Avancée convergente. Les armées alliées progressent rapidement vers l'Allemagne, tandis que l'Armée Rouge encercle Berlin.
  • Capitulation allemande. Face à l'imminence de la défaite, Adolf Hitler se suicide le 30 avril 1945. La capitulation sans condition de l'Allemagne est signée le 8 mai 1945 à Reims, mettant fin à la guerre en Europe. C'est le Jour de la Victoire (V-E Day).

Dans le Pacifique, la guerre contre le Japon se poursuit avec acharnement. Les États-Unis, après une série de batailles coûteuses (comme Iwo Jima ou Okinawa), décident d'utiliser une nouvelle arme dévastatrice pour forcer la capitulation japonaise et éviter un débarquement qui aurait coûté des millions de vies.

  • Bombes atomiques. Les 6 et 9 août 1945, les villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki sont frappées par des bombes atomiques. Ces attaques provoquent des destructions massives et des dizaines de milliers de morts instantanés, suivis par les effets des radiations.
  • Capitulation japonaise. Le Japon capitule le 2 septembre 1945, signant la fin définitive de la Seconde Guerre mondiale.

B. Un bilan humain et matériel sans précédent

La Seconde Guerre mondiale est le conflit le plus meurtrier de l'histoire de l'humanité, avec un bilan terrifiant.

  • Pertes humaines. On estime entre 50 et 70 millions de morts, dont une majorité de civils.
    • L'URSS est le pays le plus touché avec plus de 20 millions de morts (militaires et civils).
    • La Chine, la Pologne, l'Allemagne et le Japon subissent également des pertes colossales.
  • Génocide des Juifs et des Tziganes. La Shoah (extermination des Juifs) et le génocide des Tziganes (Roms et Sinti) sont des crimes uniques dans l'histoire par leur caractère industriel et systématique. Environ 6 millions de Juifs et 250 000 Tziganes ont été assassinés par le régime nazi et ses collaborateurs. C'est une horreur sans précédent.
  • Destructions matérielles massives. Des villes entières sont rasées (Dresde, Varsovie, Berlin, Stalingrad, Hiroshima, Nagasaki). Les infrastructures (routes, ponts, usines) sont détruites, l'économie européenne est à genoux. La France, comme de nombreux pays européens, doit être reconstruite.
  • Déplacements de populations. Des millions de personnes sont déplacées : réfugiés fuyant les combats, survivants des camps, populations expulsées de territoires annexés ou redéfinis. Ces mouvements massifs entraînent des crises humanitaires et des tensions.

C. Le choc moral et la découverte de l'horreur des camps

La fin de la guerre révèle au grand jour l'ampleur des atrocités commises, provoquant un choc moral planétaire.

  • Libération des camps. Au fur et à mesure de leur avancée, les troupes alliées découvrent les camps de concentration et d'extermination nazis (Auschwitz-Birkenau, Buchenwald, Dachau, Treblinka, etc.). La vision des survivants squelettiques, des charniers et des chambres à gaz marque durablement les esprits.
  • Prise de conscience internationale. Les reportages, les photographies et les témoignages des survivants diffusés dans le monde entier forcent une prise de conscience de l'horreur nazie et de la réalité des génocides.
  • Crimes contre l'humanité. Ces découvertes mènent à la reconnaissance de la notion de crimes contre l'humanité, des actes inhumains de grande ampleur commis contre des populations civiles.
  • Nécessité de justice. Face à l'ampleur des crimes, une volonté forte de justice et de prévention de telles atrocités émerge, jetant les bases du droit international moderne.

Chapitre 2

II. La refondation des relations internationales : les conférences de paix

A. Les grandes conférences interalliées (Téhéran, Yalta, Potsdam)

Ce sont les "Trois Grands" – Franklin D. Roosevelt (États-Unis), Winston Churchill (Royaume-Uni) et Joseph Staline (URSS) – qui définissent les contours du monde d'après-guerre.

  • Conférence de Téhéran (novembre 1943).
    • Décision d'ouvrir un second front à l'Ouest (futur débarquement de Normandie).
    • Accord de principe sur le partage de l'Allemagne après la guerre.
    • L'URSS s'engage à entrer en guerre contre le Japon après la défaite de l'Allemagne.
  • Conférence de Yalta (février 1945).
    • L'Allemagne sera divisée en quatre zones d'occupation (américaine, britannique, française, soviétique). Berlin sera également divisée.
    • Négociation sur le sort de la Pologne et des pays d'Europe de l'Est : Staline promet des élections libres, promesse qui ne sera pas tenue.
    • Décision de créer une organisation internationale pour maintenir la paix : l'ONU.
    • La ligne Oder-Neisse est envisagée comme future frontière orientale de l'Allemagne.
  • Conférence de Potsdam (juillet-août 1945).
    • Les "Trois Grands" ont changé : Truman remplace Roosevelt, Attlee remplace Churchill. Staline est le seul rescapé.
    • Confirmation du partage de l'Allemagne et de Berlin en quatre zones d'occupation.
    • Fixation des frontières de la Pologne et du déplacement de millions d'Allemands.
    • Principes de démilitarisation, dénazification, démocratisation et décartellisation de l'Allemagne.
    • Truman informe Staline de l'existence de la bombe atomique, ce qui va accroître la méfiance entre les deux superpuissances.

Ces conférences, bien qu'elles aient permis une coordination militaire efficace, révèlent déjà les premières fissures entre l'URSS et les puissances occidentales, notamment sur le sort de l'Europe de l'Est.

B. La création de l'Organisation des Nations Unies (ONU)

La volonté de créer une organisation internationale pour prévenir de futurs conflits, après l'échec de la Société des Nations (SDN), est forte.

  • Charte de San Francisco (26 juin 1945). 50 États signent la charte fondatrice de l'ONU. Son siège est à New York.
  • Objectifs principaux :
    • Maintenir la paix et la sécurité internationales.
    • Développer des relations amicales entre les nations.
    • Réaliser la coopération internationale pour résoudre les problèmes économiques, sociaux, intellectuels et humanitaires.
    • Encourager le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
  • Organes principaux :
    • Assemblée Générale : Tous les États membres y sont représentés, chacun ayant une voix. Elle débat des grandes questions mondiales et formule des recommandations.
    • Conseil de Sécurité : Organe exécutif, il est responsable du maintien de la paix. Il compte 15 membres, dont 5 permanents (États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, URSS/Russie) qui disposent d'un droit de veto. Ce droit permet à l'une de ces puissances de bloquer toute résolution.
    • Secrétariat général, Cour Internationale de Justice, Conseil Économique et Social, etc.
  • L'ONU est une instance de dialogue et de coopération, mais son efficacité est souvent limitée par les rivalités entre les grandes puissances, notamment au sein du Conseil de Sécurité.

C. Les procès des criminels de guerre

La nécessité de rendre justice face aux atrocités commises pendant la guerre est une priorité.

  • Tribunal militaire international de Nuremberg (1945-1946).
    • Créé par les Alliés, il juge les principaux dignitaires nazis.
    • Il établit de nouvelles catégories de crimes : crimes contre la paix (déclenchement d'une guerre d'agression), crimes de guerre (violations des lois et coutumes de la guerre) et crimes contre l'humanité (assassinats, exterminations, réductions en esclavage, déportations, etc., commis contre des populations civiles).
    • 24 accusés, 12 condamnations à mort.
  • Tribunal de Tokyo (1946-1948).
    • Juge les principaux responsables militaires et politiques japonais.
    • 28 accusés, 7 condamnations à mort.
  • Ces procès marquent une étape majeure dans l'histoire du droit international. Ils affirment le principe de la responsabilité individuelle pour les crimes commis, même sous les ordres d'un État, et jettent les bases de la justice pénale internationale.

Chapitre 3

III. Les débuts de la Guerre Froide et la bipolarisation du monde

A. La montée des tensions entre les blocs (1945-1947)

Les promesses de Yalta sur l'Europe de l'Est ne sont pas tenues par Staline. L'URSS installe progressivement des régimes communistes dans les pays libérés par l'Armée Rouge.

  • Discours de Fulton (mars 1946). Winston Churchill dénonce l'installation d'un "rideau de fer" qui s'est abattu sur l'Europe, séparant l'Est de l'Ouest.
  • Doctrine Truman (mars 1947). Le président américain Harry Truman déclare que les États-Unis soutiendront les peuples libres qui résistent aux tentatives d'asservissement. C'est une politique d'endiguement (containment) du communisme.
  • Plan Marshall (juin 1947). Officiellement l'European Recovery Program, c'est un plan d'aide économique massive des États-Unis à l'Europe pour sa reconstruction. L'URSS refuse cette aide pour elle-même et l'interdit à ses satellites, y voyant une tentative d'ingérence américaine.
  • Création du Kominform (septembre 1947). En réponse à la doctrine Truman et au Plan Marshall, l'URSS crée le Bureau d'information des partis communistes et ouvriers, pour renforcer le contrôle sur les partis communistes européens et consolider son bloc.
  • Coup de Prague (février 1948). Les communistes prennent le pouvoir en Tchécoslovaquie par la force, éliminant les partis démocratiques. Cet événement choque l'Occident et renforce la conviction que l'URSS cherche à étendre son influence.
  • Blocus de Berlin (juin 1948 - mai 1949). L'URSS bloque tous les accès terrestres à Berlin-Ouest (située en zone soviétique) pour protester contre la réforme monétaire dans les zones occidentales. Les Alliés organisent un pont aérien pour ravitailler la ville. Le blocus échoue et renforce la division de l'Allemagne.

B. La formation des alliances militaires

La méfiance mutuelle et la peur d'une agression poussent les deux blocs à former des alliances militaires défensives.

  • OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) - 1949.
    • Alliance militaire défensive regroupant les États-Unis, le Canada et plusieurs pays d'Europe de l'Ouest.
    • Son article 5 stipule qu'une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous.
  • Pacte de Varsovie (1955).
    • En réponse à l'entrée de la RFA dans l'OTAN, l'URSS crée son propre pacte militaire avec les démocraties populaires d'Europe de l'Est (Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, RDA, Roumanie, Bulgarie, Albanie).
  • Course aux armements. Les deux blocs s'engagent dans une compétition effrénée pour développer des armes toujours plus puissantes. L'URSS développe sa bombe atomique en 1949, puis la bombe H en 1953, peu après les États-Unis.
  • Équilibre de la terreur. La possession de l'arme nucléaire par les deux superpuissances crée une dissuasion mutuelle. La certitude d'une destruction réciproque en cas de conflit direct (MAD - Mutual Assured Destruction) empêche une guerre totale, mais alimente une peur constante.

C. La division de l'Allemagne et de l'Europe

Le blocus de Berlin et la montée des tensions entraînent la partition de l'Allemagne.

  • RFA et RDA (1949).
    • Les zones d'occupation occidentales fusionnent pour donner naissance à la République Fédérale d'Allemagne (RFA), avec Bonn pour capitale. C'est un État démocratique et capitaliste.
    • En réponse, la zone soviétique devient la République Démocratique Allemande (RDA), État communiste sous l'influence de l'URSS, avec Berlin-Est comme capitale.
  • Rideau de fer. La division de l'Allemagne symbolise la division plus large de l'Europe en deux blocs hostiles, séparés par le "rideau de fer".
    • Europe de l'Est sous influence soviétique. Les pays d'Europe de l'Est (Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, RDA) deviennent des "démocraties populaires" à parti unique, soumises à la doctrine soviétique.
    • Europe de l'Ouest sous influence américaine. Les pays d'Europe de l'Ouest (France, Royaume-Uni, Italie, RFA, etc.) s'alignent sur les États-Unis, bénéficient du Plan Marshall et intègrent l'OTAN.
  • Cette division politique, économique et idéologique marque le début de la bipolarisation du monde, où toutes les relations internationales sont vues à travers le prisme de la confrontation Est-Ouest.

Chapitre 4

IV. La décolonisation et l'émergence du Tiers Monde

A. Les causes et les formes de la décolonisation

Plusieurs facteurs expliquent la vague de décolonisation qui submerge le monde.

  • Affaiblissement des métropoles. Les puissances coloniales (Royaume-Uni, France, Pays-Bas, Belgique) sont épuisées et ruinées par la guerre. Elles ont du mal à maintenir leur autorité sur leurs colonies.
  • Rôle des élites locales. Des mouvements nationalistes se sont développés dans les colonies, portés par des élites locales (souvent formées dans les métropoles) qui réclament l'autonomie puis l'indépendance. Ex: Nehru en Inde, Hô Chi Minh en Indochine, Bourguiba en Tunisie, Ferhat Abbas en Algérie.
  • Contexte de Guerre Froide. Les États-Unis et l'URSS, bien que pour des raisons différentes, sont favorables à la décolonisation.
    • Les États-Unis, ancienne colonie, défendent le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et voient dans le colonialisme un frein au libéralisme économique.
    • L'URSS soutient les mouvements de libération nationale pour affaiblir les puissances capitalistes et étendre l'influence du communisme.
  • Charte de l'ONU. La Charte de l'ONU reconnaît le droit des peuples à l'autodétermination, offrant un cadre légal aux revendications d'indépendance.
  • Formes de décolonisation. La décolonisation peut être :
    • Pacifique : Négociations, transferts de pouvoir progressifs (ex: Inde, Afrique subsaharienne française).
    • Violente : Conflits armés et guerres d'indépendance (ex: Indochine, Algérie).

B. Les exemples majeurs de décolonisation

Plusieurs cas illustrent la diversité des chemins vers l'indépendance.

  • Inde (1947).
    • La "perle de l'Empire britannique" obtient son indépendance après un long combat non-violent mené par le Mahatma Gandhi et le Parti du Congrès de Nehru.
    • La décolonisation est marquée par la partition du pays en deux États : l'Union Indienne (majorité hindoue) et le Pakistan (majorité musulmane), entraînant des violences intercommunautaires et des déplacements massifs de populations.
  • Indochine (1946-1954).
    • La France tente de maintenir son emprise sur l'Indochine face au mouvement nationaliste et communiste du Viet Minh dirigé par Hô Chi Minh.
    • La guerre d'Indochine s'achève par la défaite française de Dien Bien Phu en 1954. Les Accords de Genève (1954) reconnaissent l'indépendance du Vietnam, du Laos et du Cambodge, mais divisent provisoirement le Vietnam en deux (Nord communiste, Sud pro-occidental).
  • Algérie (1954-1962).
    • L'Algérie, considérée comme un département français, connaît une guerre d'indépendance particulièrement longue et sanglante, menée par le FLN (Front de Libération Nationale).
    • Ce conflit interne à la France déchire le pays et aboutit à l'indépendance de l'Algérie en 1962 après les Accords d'Évian.
  • Afrique subsaharienne.
    • La plupart des colonies françaises et britanniques obtiennent leur indépendance de manière plus pacifique à la fin des années 1950 et au début des années 1960. L'année 1960 est souvent appelée "l'année de l'Afrique" car de nombreux pays accèdent à la souveraineté.

C. L'émergence du Tiers Monde et le non-alignement

Les nouveaux États indépendants refusent de s'aligner sur l'un ou l'autre des blocs de la Guerre Froide.

  • Conférence de Bandung (1955).
    • Première conférence des pays "afro-asiatiques", réunissant 29 pays (dont l'Inde, l'Indonésie, l'Égypte, la Chine).
    • Ils affirment leur volonté de ne pas s'aligner sur les blocs Est-Ouest et de promouvoir une coopération Sud-Sud.
    • Principes clés : respect de la souveraineté, non-ingérence, coexistence pacifique, lutte contre le colonialisme et le racisme.
  • Mouvement des non-alignés (fondé en 1961 à Belgrade).
    • Officiellement créé par Tito (Yougoslavie), Nasser (Égypte), Nehru (Inde) et Soekarno (Indonésie).
    • Il représente une "troisième voie" dans le contexte de la Guerre Froide, cherchant à défendre l'indépendance politique et économique des jeunes nations.
  • Volonté d'indépendance. Ces pays, souvent appelés le Tiers Monde (expression de Alfred Sauvy en 1952 par analogie avec le Tiers État de la Révolution française), partagent une histoire commune de domination coloniale et une volonté de construire leur propre destin.
  • Défis du développement. Cependant, les pays du Tiers Monde sont confrontés à d'immenses défis : pauvreté, sous-développement économique, instabilités politiques, conflits frontaliers et difficulté à construire une identité nationale forte. Leur émergence marque un changement profond dans l'équilibre des puissances mondiales.

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