La multiplication des acteurs internationaux dans un monde bipolaire de 1945 au debut des annees 1970
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Chapitre 1
L'émergence d'un monde bipolaire et ses acteurs étatiques
La fin de la Seconde Guerre mondiale et la naissance de la bipolarisation
Après la victoire des Alliés en 1945, l'heure est à la reconstruction et à la redéfinition des frontières et des influences. Les conférences interalliées majeures sont le théâtre de ces discussions :
- Conférence de Yalta (février 1945) : Staline, Roosevelt et Churchill se partagent les zones d'influence en Europe, notamment en Allemagne et en Pologne. Des désaccords émergent déjà sur l'avenir de l'Europe de l'Est.
- Conférence de Potsdam (juillet-août 1945) : Truman (succédant à Roosevelt), Staline et Attlee (succédant à Churchill) confirment la division de l'Allemagne en quatre zones d'occupation et la dénazification. Les tensions s'accentuent, notamment avec l'annonce du succès de l'essai atomique américain.
Ces divergences donnent rapidement naissance à une séparation nette entre l'Est et l'Ouest, symbolisée par le "Rideau de fer" évoqué par Churchill en mars 1946. Ce rideau n'est pas une frontière physique mais une ligne de démarcation idéologique et politique qui divise l'Europe.
La rupture est officialisée par deux doctrines opposées :
- Doctrine Truman (mars 1947) : Le président américain Harry Truman promet une aide économique et militaire aux pays menacés par le communisme (Grèce, Turquie). C'est la politique d'endiguement (ou Containment) visant à contenir l'expansion soviétique.
- Doctrine Jdanov (septembre 1947) : Le dirigeant soviétique Andreï Jdanov dénonce l'impérialisme américain et divise le monde en deux camps irréconciliables : le camp "impérialiste et antidémocratique" (autour des États-Unis) et le camp "anti-impérialiste et démocratique" (autour de l'URSS).
Ces déclarations marquent le début de la Guerre Froide, un conflit sans affrontement direct entre les deux superpuissances, mais caractérisé par une rivalité idéologique, politique, économique et militaire intense.
Les États-Unis et leur sphère d'influence
Les États-Unis, sortis grands vainqueurs de la guerre et épargnés par les destructions sur leur territoire, deviennent la première puissance mondiale. Ils mettent en place une stratégie d'influence basée sur leur modèle libéral et capitaliste :
- Plan Marshall (1947) : Officiellement appelé European Recovery Program, ce vaste programme d'aide économique vise à reconstruire l'Europe de l'Ouest. Il permet de relancer les économies européennes, de stabiliser les démocraties occidentales et de lutter contre l'influence communiste. Les pays bénéficiaires doivent accepter des conditions économiques et politiques favorables aux États-Unis.
- OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord, 1949) : C'est une alliance militaire défensive regroupant les États-Unis, le Canada et plusieurs pays d'Europe de l'Ouest. Son objectif est de garantir la sécurité collective contre toute agression extérieure, principalement soviétique. L'OTAN est le pilier militaire de l'endiguement.
- Le modèle libéral et capitaliste promu par les États-Unis repose sur la démocratie parlementaire, l'économie de marché, la propriété privée et les libertés individuelles. Ce modèle est diffusé par des moyens culturels (cinéma, musique, mode) et économiques, créant une véritable "américanisation" d'une partie du monde.
L'URSS et son bloc
L'Union Soviétique, bien qu'ayant subi des pertes humaines et matérielles colossales, sort également renforcée de la guerre, ayant libéré une grande partie de l'Europe de l'Est. Elle étend son influence et met en place son propre système :
- Kominform (Bureau d'information des partis communistes et ouvriers, 1947) : Créé en réponse à la Doctrine Truman et au Plan Marshall, le Kominform vise à coordonner les actions des partis communistes en Europe et à renforcer l'orthodoxie idéologique soviétique. C'est un instrument de contrôle politique.
- Pacte de Varsovie (1955) : En réponse à l'intégration de l'Allemagne de l'Ouest dans l'OTAN, l'URSS fonde cette alliance militaire regroupant les pays d'Europe de l'Est (Pologne, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, Albanie, RDA). Il constitue le pendant militaire de l'OTAN à l'Est.
- CAEM (Conseil d'Assistance Économique Mutuelle, 1949) : Également appelé COMECON, cette organisation économique vise à organiser la coopération économique entre les pays du bloc de l'Est, en réponse au Plan Marshall. Elle met en place une division du travail entre les pays membres sur le modèle soviétique.
- Le modèle communiste et planifié de l'URSS repose sur la dictature du prolétariat (parti unique), la nationalisation des moyens de production, la planification économique centralisée et l'absence de propriété privée. Ce modèle est imposé aux "démocraties populaires" d'Europe de l'Est, souvent par la force.
Ces deux blocs, avec leurs institutions politiques, économiques et militaires propres, s'opposent frontalement, créant un système international profondément divisé.
Chapitre 2
Le rôle croissant des organisations internationales
L'Organisation des Nations Unies (ONU) : espoirs et limites
Fondée en 1945, l'ONU succède à la Société des Nations (SDN) avec l'ambition de maintenir la paix et la sécurité internationales.
- Charte de San Francisco (juin 1945) : Ce texte fondateur définit les objectifs et les principes de l'ONU : maintenir la paix et la sécurité, développer des relations amicales entre les nations, réaliser la coopération internationale et promouvoir le respect des droits de l'homme.
- L'ONU est structurée autour de plusieurs organes principaux :
- Assemblée Générale : Composée de tous les États membres (193 aujourd'hui), chaque pays dispose d'une voix. Elle débat des grandes questions mondiales et émet des résolutions non contraignantes.
- Conseil de Sécurité : C'est l'organe exécutif, responsable du maintien de la paix et de la sécurité. Il est composé de 15 membres, dont 5 permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni) disposant d'un droit de veto. Ce droit permet à une seule puissance de bloquer une résolution, ce qui a souvent paralysé l'action de l'ONU pendant la Guerre Froide.
- Le maintien de la paix est une mission centrale de l'ONU, notamment par l'envoi de Casques bleus (forces de maintien de la paix). Cependant, l'antagonisme entre les blocs a souvent rendu difficile l'intervention de l'ONU dans les crises majeures, les superpuissances utilisant leur droit de veto pour protéger leurs intérêts ou ceux de leurs alliés. L'ONU est un forum de dialogue mais ses capacités d'action sont limitées par la réalité de la bipolarisation.
Les institutions économiques et financières mondiales
La fin de la guerre marque aussi la volonté de reconstruire un système économique mondial stable et ouvert, afin d'éviter les erreurs du passé (protectionnisme, dévaluations compétitives).
- Accords de Bretton Woods (juillet 1944) : Ces accords, signés avant la fin de la guerre, jettent les bases d'un nouvel ordre monétaire et financier international. Ils établissent la convertibilité des monnaies par rapport au dollar américain, lui-même indexé sur l'or (système du Gold Exchange Standard).
- De ces accords naissent deux institutions majeures :
- Fonds Monétaire International (FMI) : Sa mission est d'assurer la stabilité financière mondiale en surveillant les taux de change et en accordant des prêts à court terme aux pays en difficulté pour éviter les crises monétaires.
- Banque Mondiale (BIRD - Banque Internationale pour la Reconstruction et le Développement) : Elle vise à financer la reconstruction des pays dévastés par la guerre, puis le développement des pays émergents par des prêts à long terme pour des projets d'infrastructure.
- GATT (Accord Général sur les Tarifs douaniers et le Commerce, 1947) : Ce n'est pas une organisation mais un accord multilatéral visant à réduire les obstacles au commerce international (droits de douane, quotas) par des cycles de négociations. Il favorise la libéralisation des échanges et la croissance économique mondiale.
Ces institutions reflètent la volonté des puissances occidentales, menées par les États-Unis, de construire un ordre économique libéral. L'URSS et son bloc refusent d'y adhérer, créant une division économique mondiale.
Les organisations régionales et leurs spécificités
Parallèlement aux organisations mondiales, de nombreuses organisations régionales voient le jour, répondant à des besoins spécifiques de coopération ou de sécurité.
- OECE (Organisation Européenne de Coopération Économique, 1948) : Créée pour gérer la répartition de l'aide du Plan Marshall, elle jette les bases de la coopération économique en Europe de l'Ouest. Elle deviendra l'OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Économiques) en 1961, élargissant ses missions et ses membres.
- CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier, 1951) : Initiée par Robert Schuman et Jean Monnet, elle met en commun la production de charbon et d'acier de six pays européens (France, RFA, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg). C'est le premier pas concret vers la construction européenne, visant à rendre toute guerre entre les membres "non seulement impensable, mais matériellement impossible".
- Ligue Arabe (1945) : Organisation régionale regroupant des États arabes, elle vise à coordonner leurs politiques, promouvoir la coopération économique et culturelle, et défendre les intérêts arabes, notamment face à la question palestinienne.
- Organisation de l'Unité Africaine (OUA, 1963) : Fondée à Addis-Abeba, elle regroupe les États africains nouvellement indépendants. Ses objectifs sont de promouvoir l'unité et la solidarité africaines, de défendre la souveraineté des États membres et de favoriser la décolonisation du continent. Elle sera remplacée par l'Union Africaine en 2002.
Ces organisations régionales témoignent d'une volonté d'intégration et d'affirmation propre à certaines aires géographiques, parfois en réaction à la bipolarisation mondiale.
Chapitre 3
L'émergence du Tiers Monde et le non-alignement
Le processus de décolonisation et ses acteurs
Après 1945, les empires coloniaux s'effondrent sous le poids des mouvements nationalistes, affaiblis par la guerre et poussés par les principes d'autodétermination.
- Les mouvements nationalistes se développent dans les colonies, souvent menés par des élites locales formées en Occident (Gandhi en Inde, Hô Chi Minh en Indochine, Bourguiba en Tunisie, Nkrumah au Ghana). Ils réclament l'indépendance, parfois par la lutte armée (Indochine, Algérie), parfois par des négociations (Inde).
- Les indépendances se succèdent à un rythme rapide : Inde et Pakistan (1947), Indonésie (1949), Maroc et Tunisie (1956), une grande partie de l'Afrique subsaharienne en 1960.
- Ces nouveaux États sont souvent fragiles économiquement et politiquement, confrontés à des défis de développement et de construction nationale. Ils sont courtisés par les deux blocs, chacun cherchant à étendre son influence.
- Le rôle de l'ONU est important dans ce processus. La Charte des Nations Unies reconnaît le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et l'ONU sert de tribune aux pays colonisés pour faire entendre leurs revendications. Elle envoie des missions d'observation et vote des résolutions en faveur de la décolonisation.
La Conférence de Bandung (1955) et ses principes
Organisée en Indonésie, la Conférence de Bandung réunit 29 pays d'Asie et d'Afrique, représentant plus de la moitié de la population mondiale. C'est un événement majeur pour l'affirmation du Tiers Monde.
- Elle symbolise la solidarité afro-asiatique et la volonté de ces pays de s'affirmer sur la scène internationale.
- Les participants dénoncent le colonialisme sous toutes ses formes (anticolonialisme) et réclament le droit des peuples à l'autodétermination.
- Ils affirment des principes de non-ingérence dans les affaires intérieures des États, de respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale.
- La conférence promeut la coopération économique entre les pays du Sud et demande un nouvel ordre économique plus juste.
- Bandung marque la prise de conscience d'une identité commune pour ces pays, refusant d'être de simples pions dans la Guerre Froide.
Le Mouvement des Non-Alignés (MNA) : objectifs et influence
Suite à Bandung, l'idée d'une "troisième voie" s'organise formellement.
- La Conférence de Belgrade (1961) marque la naissance officielle du Mouvement des Non-Alignés. Les leaders emblématiques sont Nehru (Inde), Tito (Yougoslavie), Nasser (Égypte), Soekarno (Indonésie) et Nkrumah (Ghana).
- L'objectif principal du MNA est la neutralité active, c'est-à-dire le refus d'adhérer à l'un ou l'autre des blocs militaires (OTAN ou Pacte de Varsovie) tout en participant activement aux affaires internationales.
- Ils cherchent à contester la bipolarisation du monde, à promouvoir le désarmement, à lutter contre l'impérialisme et le néocolonialisme, et à obtenir un développement économique plus équitable.
- Le MNA, par son nombre et sa diversité, représente une force morale et politique importante, bien que son influence soit souvent limitée par les divisions internes et la pression des superpuissances. Il donne une voix aux pays du Sud et représente une tentative de rééquilibrer les relations internationales.
Chapitre 4
Les acteurs non étatiques et les forces transnationales
Les firmes multinationales (FMN) et leur expansion
Les firmes multinationales (FMN), également appelées entreprises transnationales, sont des entreprises qui opèrent dans plusieurs pays. Leur pouvoir économique et leur influence grandissent considérablement après 1945.
- Elles réalisent des investissements directs étrangers (IDE), construisant des usines, des infrastructures et créant des emplois dans de nombreux pays. Ce faisant, elles transfèrent des capitaux, des technologies et des savoir-faire.
- Le développement technologique (transports, communications) facilite leur expansion mondiale. Elles profitent de la libéralisation des échanges et de la recherche de nouveaux marchés et de main-d'œuvre moins chère.
- Leur influence économique est majeure. Elles peuvent peser sur les décisions politiques des États, notamment en matière de fiscalité, de législation du travail ou d'environnement. Certaines FMN ont un budget supérieur à celui de petits États.
- Les secteurs clés de cette expansion sont l'énergie (les "sept sœurs" du pétrole, comme Exxon, Shell, BP), l'automobile (Ford, General Motors), l'électronique et l'agroalimentaire. Elles représentent une force transnationale qui échappe parfois au contrôle des États.
Les organisations non gouvernementales (ONG) : premiers pas
Les organisations non gouvernementales (ONG) sont des associations à but non lucratif, indépendantes des États, qui agissent dans des domaines variés. Leur rôle, bien que moins visible qu'aujourd'hui, commence à s'affirmer.
- Beaucoup d'ONG ont une vocation d'action humanitaire, comme la Croix-Rouge internationale, qui intervient sur les zones de conflit et auprès des populations sinistrées.
- D'autres se mobilisent pour la défense des droits de l'homme, à l'image d'Amnesty International, fondée en 1961, qui lutte contre la torture et les exécutions capitales.
- Elles apportent une expertise technique et une aide au développement dans des domaines comme la santé, l'éducation ou l'agriculture.
- Les ONG commencent à exercer une pression sur les États et les organisations internationales pour qu'ils respectent leurs engagements et agissent en faveur de causes spécifiques. Elles contribuent à faire émerger une "opinion publique internationale".
Les mouvements d'opinion et les intellectuels
La période est aussi marquée par l'émergence de mouvements sociaux et de figures intellectuelles qui contestent l'ordre établi.
- Les mouvements pacifistes se développent, notamment en réaction à la menace nucléaire et aux guerres coloniales (guerre du Vietnam). Ils organisent des manifestations et des pétitions pour le désarmement et la paix.
- Les intellectuels engagés (philosophes, écrivains, artistes) jouent un rôle important dans le débat public. Ils dénoncent les injustices, critiquent les régimes totalitaires, et défendent les idéaux de liberté et de justice (Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Bertrand Russell).
- L'opinion publique internationale, grâce au développement des médias de masse (radio, télévision), commence à être sensibilisée aux grands enjeux mondiaux et peut exercer une influence, même si elle est encore limitée.
- Ces acteurs constituent une critique des blocs, dénonçant l'affrontement idéologique, la course aux armements et les ingérences des superpuissances. Ils préfigurent les mouvements contestataires des années 1960.
Chapitre 5
Les crises de la Guerre Froide et la confrontation des acteurs
Les crises majeures et l'équilibre de la terreur
Plusieurs crises ont failli dégénérer en conflit ouvert entre les deux superpuissances :
- Crise de Berlin (1948-1949) : L'URSS impose un blocus terrestre à Berlin-Ouest pour protester contre la réforme monétaire dans les zones occidentales d'Allemagne. Les Alliés organisent un pont aérien pour ravitailler la ville. La crise se résout sans affrontement direct, mais conduit à la création de la RFA et de la RDA en 1949.
- Guerre de Corée (1950-1953) : La Corée du Nord communiste, soutenue par la Chine et l'URSS, envahit la Corée du Sud, soutenue par les États-Unis et l'ONU. C'est le premier conflit "chaud" de la Guerre Froide, impliquant directement les deux blocs par procuration. Il se termine par un armistice et la division de la Corée.
- Crise de Cuba (1962) : L'installation de missiles nucléaires soviétiques à Cuba, à 150 km des côtes américaines, provoque une confrontation directe entre Kennedy et Khrouchtchev. Le monde est au bord de la guerre nucléaire pendant 13 jours. La crise se dénoue par le retrait des missiles soviétiques contre la promesse américaine de ne pas envahir Cuba et le retrait de missiles américains de Turquie (secret).
- Ces crises illustrent l'équilibre de la terreur, où la possession de l'arme nucléaire par les deux blocs (la dissuasion nucléaire) empêche un affrontement direct, par crainte d'une destruction mutuelle assurée (MAD - Mutually Assured Destruction).
Le rôle des acteurs tiers dans les conflits périphériques
Si la confrontation directe est évitée, la Guerre Froide se manifeste par de nombreux conflits régionaux, où les superpuissances soutiennent des acteurs locaux.
- Guerre du Vietnam (1955-1975) : Les États-Unis s'engagent massivement pour soutenir le Sud-Vietnam contre le Nord-Vietnam communiste et le Front National de Libération (Viet Cong), soutenus par l'URSS et la Chine. Ce conflit est emblématique de l'intervention des blocs dans les pays du Tiers Monde.
- Conflits israélo-arabes : Les États-Unis soutiennent Israël, tandis que l'URSS apporte son aide à certains États arabes (Égypte, Syrie). La Guerre des Six Jours (1967) est un exemple de ces tensions régionales instrumentalisées par la Guerre Froide.
- Les deux blocs apportent leur soutien aux mouvements de libération ou aux régimes amis dans les pays du Tiers Monde, par des aides militaires, économiques ou politiques, transformant ces régions en théâtres d'affrontement indirect.
La coexistence pacifique et ses limites
Malgré les crises, la peur d'une guerre nucléaire conduit à une période de relative détente entre les superpuissances.
- Le concept de coexistence pacifique, promu par Khrouchtchev après la mort de Staline (1953), suggère la possibilité pour les deux systèmes idéologiques de coexister sans guerre, tout en maintenant une compétition.
- Cette période de "dégel" et de "détente" est marquée par des tentatives de dialogue (sommet de Camp David en 1959, Ligne rouge directe entre Washington et Moscou après la crise de Cuba).
- Cependant, cette coexistence reste limitée : la compétition idéologique (propagande, espionnage) et la course aux armements (nucléaires et conventionnels) se poursuivent. La détente n'est pas la fin de la Guerre Froide, mais une modalité de sa gestion, où l'affrontement est déplacé sur d'autres terrains que la confrontation directe.
En conclusion, la période 1945-1970 est celle d'une profonde transformation du système international. Dominé par la bipolarisation entre les États-Unis et l'URSS, le monde voit aussi l'émergence de nouveaux acteurs (ONU, FMN, MNA, ONG) qui complexifient les relations internationales et préfigurent un monde plus multipolaire.
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