Éducation nationale françaiseHistoire-GéographieTerminale générale14 min de lecture

Les relations internationales depuis 1945

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4 chapitres

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12 questions

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Terminale générale

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Chapitre 1

I. La Guerre Froide : un monde bipolaire (1947-1991)

A. L'émergence des deux blocs et la bipolarisation du monde

Après la Seconde Guerre mondiale, les anciens alliés se divisent rapidement. Les Conférences de Yalta (février 1945) et de Potsdam (juillet-août 1945) marquent les premières divergences concernant l'avenir de l'Europe et de l'Allemagne.

  • Doctrine Truman (mars 1947) : Le président américain Harry Truman promet une aide économique et militaire aux pays menacés par le communisme (Grèce, Turquie). C'est une politique d'« endiguement » (containment) du communisme.
  • Doctrine Jdanov (septembre 1947) : En réponse, Andreï Jdanov, idéologue soviétique, divise le monde en deux camps irréconciliables : les forces impérialistes (États-Unis) et antidémocratiques, et les forces anti-impérialistes et démocratiques (URSS).
  • Le Rideau de fer, expression popularisée par Churchill en 1946, symbolise la division idéologique et physique de l'Europe en deux blocs.
  • OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) : Créée en 1949, c'est une alliance militaire défensive sous commandement américain, regroupant les États-Unis, le Canada et des pays d'Europe de l'Ouest.
  • Pacte de Varsovie : Fondé en 1955, il s'agit de l'alliance militaire des pays du bloc de l'Est (URSS et ses satellites), en réponse à l'intégration de la RFA dans l'OTAN.

En résumé : Le monde se structure autour de deux superpuissances, chacune avec son idéologie, son modèle économique et ses alliances militaires. C'est la bipolarisation.

B. Les crises majeures de la Guerre Froide

Bien que directe, la confrontation entre les deux blocs a été évitée, plusieurs crises ont failli dégénérer en conflit mondial.

  • Blocus de Berlin (1948-1949) : L'URSS bloque les accès terrestres à Berlin-Ouest pour protester contre la réforme monétaire dans les zones occidentales. Les Alliés organisent un pont aérien pour ravitailler la ville. Le blocus est levé après presque un an.
  • Guerre de Corée (1950-1953) : La Corée, divisée après la Seconde Guerre mondiale, est le théâtre d'un conflit entre le Nord communiste (soutenu par la Chine et l'URSS) et le Sud pro-occidental (soutenu par l'ONU, principalement les États-Unis). C'est la première guerre chaude de la Guerre Froide.
  • Crise des missiles de Cuba (octobre 1962) : L'URSS installe secrètement des missiles nucléaires à Cuba, menaçant directement les États-Unis. Kennedy impose un blocus naval. C'est le moment le plus critique de la Guerre Froide, le monde étant au bord d'une guerre nucléaire. Un accord est trouvé (retrait des missiles russes contre la promesse américaine de ne pas envahir Cuba et le retrait de missiles américains de Turquie).
  • Guerre du Vietnam (1955-1975) : Les États-Unis s'engagent militairement pour soutenir le Sud-Vietnam contre le Nord-Vietnam communiste et le Viet Cong. C'est un échec cuisant pour les États-Unis, qui se retirent en 1973. Le Vietnam est réunifié sous un régime communiste en 1975.

À retenir : Ces crises montrent la dangerosité de l'affrontement bipolaire et le rôle central de la menace nucléaire comme facteur de dissuasion.

C. La coexistence pacifique et la détente

Malgré les crises, la peur d'une guerre nucléaire pousse les deux superpuissances à rechercher une certaine stabilisation.

  • Dégel des relations : Après la mort de Staline (1953), une période de "dégel" s'amorce. Khrouchtchev dénonce les excès du stalinisme et promeut la coexistence pacifique (compétition idéologique et économique sans affrontement militaire direct).
  • Course aux armements : Les deux blocs continuent de développer et d'accumuler des armes nucléaires et conventionnelles, créant un équilibre de la terreur (capacité de destruction mutuelle assurée).
  • Accords SALT (Strategic Arms Limitation Talks) : Série de négociations entre les États-Unis et l'URSS dans les années 1970 visant à limiter la production d'armes stratégiques (missiles intercontinentaux). Les accords SALT I (1972) et SALT II (1979) sont des symboles de la détente.
  • Accords d'Helsinki (1975) : Acte final de la Conférence sur la Sécurité et la Coopération en Europe (CSCE) qui reconnaît l'inviolabilité des frontières européennes, promeut la coopération économique et le respect des droits de l'homme. Ils sont considérés comme l'apogée de la détente.

Nuance : La détente n'est pas la fin de la compétition, mais une gestion des tensions pour éviter l'escalade. Elle est remise en question par l'invasion soviétique de l'Afghanistan (1979) et la relance de la course aux armements sous Ronald Reagan.

D. La fin de la Guerre Froide et l'effondrement du bloc soviétique

La fin des années 1980 marque l'accélération du déclin du bloc soviétique.

  • Crise économique de l'URSS : L'économie planifiée soviétique est de plus en plus inefficace et ne peut plus soutenir la course aux armements ni répondre aux besoins de la population. Le système est à bout de souffle.
  • Perestroïka et Glasnost : Arrivé au pouvoir en 1985, Mikhaïl Gorbatchev lance des réformes profondes : la Perestroïka (restructuration économique pour moderniser le pays) et la Glasnost (transparence politique et liberté d'expression). Ces réformes fragilisent le régime.
  • Chute du mur de Berlin (9 novembre 1989) : Symbole de la division de l'Europe et du monde, sa chute, sous la pression populaire, marque un tournant majeur. Elle est suivie par la chute des régimes communistes en Europe de l'Est.
  • Dislocation de l'URSS (décembre 1991) : Les républiques soviétiques déclarent leur indépendance. L'URSS est officiellement dissoute le 25 décembre 1991, mettant fin à 74 ans de régime communiste et à la Guerre Froide.

Conséquence majeure : La fin de la Guerre Froide marque la fin du monde bipolaire et ouvre une nouvelle ère pour les relations internationales.

Chapitre 2

II. Un nouvel ordre mondial après la Guerre Froide (années 1990)

A. L'hyperpuissance américaine et les espoirs d'un monde unipolaire

La fin de la bipolarité laisse les États-Unis dans une position de domination sans précédent.

  • Fin de la bipolarité : La confrontation Est-Ouest disparaît, ne laissant qu'une seule superpuissance militaire, économique et culturelle : les États-Unis.
  • Leadership américain : Les États-Unis sont perçus comme le gendarme du monde, le promoteur de la démocratie et de l'économie de marché. Ils sont à la tête de nombreuses institutions internationales.
  • Nouvel ordre mondial : Le président George H.W. Bush évoque un "nouvel ordre mondial" fondé sur le droit international et la coopération multilatérale, sous égide américaine.
  • Guerre du Golfe (1990-1991) : L'invasion du Koweït par l'Irak de Saddam Hussein est condamnée par l'ONU, et une coalition internationale menée par les États-Unis libère le Koweït. Cette guerre illustre la capacité des États-Unis à mobiliser la communauté internationale et à agir militairement pour défendre leurs intérêts et le droit international.

Vision optimiste : Certains théoriciens (comme Francis Fukuyama) parlent même de la "fin de l'histoire", avec le triomphe définitif de la démocratie libérale.

B. La montée des nouvelles puissances et la multipolarisation

L'hégémonie américaine est rapidement contestée par l'émergence de nouveaux acteurs puissants.

  • Émergence de la Chine : Grâce à ses réformes économiques, la Chine connaît une croissance fulgurante et s'affirme comme une puissance économique, commerciale et militaire majeure. Elle devient un acteur incontournable.
  • Union Européenne (UE) : L'UE s'élargit et approfondit son intégration, cherchant à peser davantage sur la scène mondiale par sa puissance économique et son modèle de coopération.
  • Russie post-soviétique : Après une période de transition difficile, la Russie, sous Vladimir Poutine, cherche à retrouver son statut de grande puissance, notamment en affirmant ses intérêts dans son "étranger proche" et en modernisant son armée.
  • BRICS : Acronyme désignant un groupe de pays (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) considérés comme de grandes puissances émergentes, remettant en question l'ordre mondial dominé par l'Occident.

Tendance : Le monde tend vers une multipolarisation, où plusieurs centres de pouvoir coexistent et s'influencent mutuellement.

C. Les nouveaux défis et menaces

La fin de la Guerre Froide ne signifie pas la fin des conflits, mais l'apparition de nouvelles formes de menaces.

  • Terrorisme international : Les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis marquent un tournant. Des groupes comme Al-Qaïda puis Daech mènent des actions transfrontalières, défiant les États.
  • Prolifération nucléaire : Le risque de voir de nouveaux États (Corée du Nord, Iran) acquérir l'arme nucléaire est une préoccupation majeure pour la sécurité mondiale.
  • Crises humanitaires : Les conflits armés, les catastrophes naturelles, les famines entraînent des déplacements massifs de populations et des besoins humanitaires urgents, nécessitant une réponse internationale.
  • Conflits régionaux : Des guerres civiles et des conflits interétatiques persistent ou éclatent (ex-Yougoslavie, Rwanda, Darfour), souvent liés à des facteurs ethniques, religieux ou des ressources.

Caractéristique : Ces menaces sont souvent transnationales et asymétriques, rendant les réponses plus complexes.

Chapitre 3

III. Les acteurs des relations internationales

A. Les États et leurs diplomaties

Les États restent les acteurs principaux, dotés de la souveraineté.

  • Souveraineté nationale : Principe fondamental du droit international, selon lequel chaque État est indépendant et exerce une autorité exclusive sur son territoire et sa population.
  • Alliances stratégiques : Les États forment des alliances (militaires comme l'OTAN, économiques, politiques) pour défendre leurs intérêts, garantir leur sécurité ou accroître leur influence.
  • Puissance militaire : La force armée reste un attribut essentiel de la puissance d'un État, lui permettant d'exercer une contrainte ou une dissuasion.
  • Influence culturelle : Le soft power (puissance douce) permet à un État d'influencer d'autres pays par l'attractivité de sa culture, de ses valeurs, de son modèle de développement (ex: cinéma américain, gastronomie française).

Outil clé : La diplomatie, avec ses ambassades et ses négociations, est le principal instrument des relations interétatiques.

B. Les organisations internationales

Elles sont créées par des États pour coopérer sur des sujets d'intérêt commun.

  • ONU (Organisation des Nations Unies) et ses agences : Fondée en 1945, l'ONU a pour objectifs de maintenir la paix et la sécurité internationales, de développer des relations amicales entre les nations, de réaliser la coopération internationale. Ses agences spécialisées (UNESCO, OMS, FMI, Banque Mondiale) interviennent dans divers domaines. Le Conseil de Sécurité a un rôle prépondérant pour la paix.
  • OTAN : Alliance militaire défensive, toujours active après la Guerre Froide, elle a étendu ses missions.
  • OMC (Organisation Mondiale du Commerce) : Régule le commerce international et vise à réduire les obstacles au libre-échange.
  • FMI (Fonds Monétaire International) et Banque Mondiale : Institutions financières internationales qui apportent une aide monétaire et des prêts aux pays en difficulté, souvent avec des conditions de réformes économiques.

Rôle : Ces organisations facilitent la coopération, établissent des normes et tentent de résoudre les problèmes mondiaux.

C. Les acteurs non étatiques

Ces acteurs ne sont pas des États mais ont une influence grandissante.

  • ONG (Organisations Non Gouvernementales) : Acteurs de la société civile (ex: Médecins Sans Frontières, Amnesty International, Greenpeace). Elles interviennent dans l'humanitaire, la défense des droits de l'homme, l'environnement, etc., et influencent l'opinion publique et les politiques des États.
  • Entreprises multinationales (FMN) : Grandes entreprises opérant dans plusieurs pays. Leur puissance économique et leur influence sont considérables, parfois supérieures à celles de certains États (ex: Apple, TotalEnergies, Amazon). Elles jouent un rôle majeur dans la mondialisation.
  • Groupes terroristes : Mènent des actions violentes pour atteindre des objectifs politiques, religieux ou idéologiques, souvent à l'échelle transnationale (ex: Al-Qaïda, Daech).
  • Opinion publique : Grâce aux médias et aux réseaux sociaux, l'opinion publique mondiale peut peser sur les décisions des gouvernements et des organisations internationales.

Constat : Le paysage des relations internationales est de plus en plus complexe, avec une multitude d'acteurs aux intérêts et aux moyens variés.

Chapitre 4

IV. Les enjeux contemporains des relations internationales

A. La mondialisation et ses conséquences

La mondialisation est l'interconnexion croissante des économies, des sociétés et des cultures à l'échelle planétaire.

  • Interdépendance économique : Les économies nationales sont de plus en plus liées par les échanges de biens, de services, de capitaux et de technologies. Une crise dans une région peut avoir des répercussions mondiales.
  • Flux migratoires : Les migrations internationales augmentent, posant des défis d'intégration, de gestion des frontières et de respect des droits des migrants.
  • Développement durable : La mondialisation pose la question de la durabilité des modèles de production et de consommation face à l'épuisement des ressources et à la dégradation de l'environnement.
  • Crises financières : La libéralisation des capitaux et l'interconnexion des marchés rendent le système financier mondial vulnérable aux crises (ex: crise de 2008).

Double face : La mondialisation est à la fois source de croissance et de défis, de richesse et d'inégalités.

B. Les défis environnementaux et climatiques

Ces défis sont transnationaux et exigent une action collective.

  • Changement climatique : Le réchauffement global, causé principalement par les émissions de gaz à effet de serre, entraîne des conséquences majeures (montée des eaux, événements climatiques extrêmes, sécheresses).
  • Accords de Paris (2015) : Traité international visant à limiter le réchauffement climatique bien en-dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, en encourageant les pays à réduire leurs émissions.
  • Sécurité alimentaire : Le changement climatique, les conflits et la croissance démographique menacent la capacité à nourrir une population mondiale croissante.
  • Ressources en eau : L'accès à l'eau potable est un enjeu majeur, source de tensions et de conflits potentiels dans de nombreuses régions du monde.

Urgence : Ces défis imposent une transformation profonde des sociétés et une coopération internationale sans précédent.

C. La question des droits de l'homme et de la démocratie

Ces valeurs sont au cœur de nombreux débats et tensions.

  • Droits de l'homme : La promotion et la protection des droits de l'homme (civils, politiques, économiques, sociaux, culturels) sont des objectifs de l'ONU et de nombreuses ONG, mais leur application reste inégale.
  • Intervention humanitaire : Le droit d'ingérence humanitaire est débattu : doit-on intervenir militairement dans un État souverain pour protéger des populations menacées de génocide ou de crimes de masse ?
  • Démocratisation : Le soutien à la démocratie est une politique étrangère majeure pour certains États, mais elle peut se heurter à des résistances ou à des modèles politiques alternatifs.
  • Conflits identitaires : Les conflits basés sur des différences ethniques, religieuses ou culturelles sont sources d'instabilité et de violences, notamment en Afrique et au Moyen-Orient.

Tension : Entre le principe de souveraineté des États et l'impératif moral de protection des droits fondamentaux.

D. Les nouvelles conflictualités et la cybersécurité

Le type et la nature des conflits évoluent avec les avancées technologiques.

  • Guerres hybrides : Combinaison de méthodes militaires conventionnelles, de tactiques de guérilla, de cyberattaques, de désinformation et d'ingérence politique, rendant l'identification de l'agresseur difficile.
  • Cyberattaques : Les infrastructures critiques (énergétiques, financières, de communication) sont vulnérables aux attaques informatiques menées par des États, des groupes terroristes ou des criminels. La cybersécurité est devenue un enjeu de souveraineté nationale.
  • Désinformation : La diffusion massive de fausses informations (fake news) via les réseaux sociaux peut influencer les élections, déstabiliser les sociétés et exacerber les tensions internationales.
  • Terrorisme transnational : Des groupes comme Daech utilisent internet pour recruter, planifier des attaques et diffuser leur propagande à l'échelle mondiale.

Adaptation : Les États et les organisations internationales doivent s'adapter à ces nouvelles formes de menaces qui brouillent les frontières entre paix et guerre.

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