Éducation nationale françaiseHistoire-GéographieTerminale générale20 min de lecture

Mers et océans : entre appropriation, protection et liberté de circulation

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Lecture

4 chapitres

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Pratique

12 questions

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Objectif

Terminale générale

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Chapitre 1

I. Les mers et océans : des espaces convoités et stratégiques

A. Une ressource vitale et économique majeure

Les océans sont de véritables réservoirs de ressources, indispensables au développement et à la survie de l'humanité.

  • Ressources halieutiques : La pêche est une activité millénaire et fondamentale. Les poissons, crustacés et coquillages constituent une source essentielle de protéines pour des milliards d'individus, notamment dans les pays en développement. Les zones de pêche intensive se situent principalement sur les plateaux continentaux, riches en plancton. Cependant, la surpêche menace gravement la biodiversité marine et l'équilibre des éécosystèmes.
  • Hydrocarbures offshore : Les fonds marins recèlent d'importantes réserves de pétrole et de gaz naturel. L'exploitation offshore (en mer) est devenue cruciale pour l'approvisionnement énergétique mondial. Des gisements majeurs se trouvent dans le golfe du Mexique, la mer du Nord, le Golfe Persique, ou au large du Brésil et de l'Afrique de l'Ouest. Cette exploitation est techniquement complexe, coûteuse et présente des risques environnementaux (marées noires).
  • Minerais marins : Au-delà des hydrocarbures, les fonds océaniques contiennent des nodules polymétalliques (riches en manganèse, nickel, cuivre, cobalt), des sulfures hydrothermaux (cuivre, zinc, or, argent) et des croûtes cobaltifères. Ces minerais sont très recherchés pour les industries de haute technologie (électronique, batteries). Leur exploitation est encore à un stade exploratoire, mais elle soulève d'importantes questions environnementales sur les écosystèmes des grands fonds.
  • Énergies marines renouvelables (EMR) : Les océans offrent un potentiel immense pour la production d'énergie propre. On distingue plusieurs types d'EMR :
    • L'éolien offshore (fixe ou flottant), qui exploite la force du vent en mer.
    • L'énergie marémotrice, qui utilise la force des marées (ex: usine de la Rance en France).
    • L'énergie houlomotrice, qui convertit l'énergie des vagues.
    • L'énergie thermique des mers (ETM), qui tire parti de la différence de température entre les eaux de surface et de profondeur. Ces énergies sont en plein développement et représentent une alternative aux énergies fossiles.

B. Des routes commerciales essentielles

Les mers et océans sont les principales voies d'échanges de marchandises à l'échelle mondiale, le commerce maritime étant le pilier de la mondialisation.

  • Flux maritimes mondiaux : Environ 90 % du commerce mondial en volume transite par voie maritime. Les principaux flux relient les trois pôles de la Triade (Amérique du Nord, Europe, Asie de l'Est), ainsi que les pôles émergents. Ces flux transportent des matières premières (pétrole, minerais, céréales), des produits manufacturés et des biens de consommation.
  • Conteneurisation : L'invention du conteneur dans les années 1950 a révolutionné le transport maritime. Il a permis d'optimiser le chargement, le déchargement et le transfert des marchandises, réduisant considérablement les coûts et les délais. Les porte-conteneurs sont devenus les symboles de cette logistique mondiale, avec des navires géants pouvant transporter plus de 24 000 EVP (Équivalents Vingt Pieds).
  • Canaux et détroits stratégiques : Certains passages maritimes sont des points de passage obligés (des "goulets d'étranglement" ou chokepoints) pour le commerce mondial. Leur contrôle ou leur blocage peut avoir des conséquences économiques et géopolitiques majeures. Parmi les plus importants :
    • Le canal de Suez (relie la Méditerranée à la mer Rouge, évitant le contournement de l'Afrique).
    • Le canal de Panama (relie l'Atlantique au Pacifique, évitant le contournement de l'Amérique du Sud).
    • Le détroit de Malacca (entre l'Indonésie et la Malaisie, passage clé pour le commerce entre l'Asie et l'Europe/Moyen-Orient).
    • Le détroit d'Ormuz (à l'entrée du Golfe Persique, essentiel pour le transport de pétrole).
    • Le détroit de Bab el Mandeb (entre la mer Rouge et le golfe d'Aden). Ces passages sont des lieux de forte concentration de navires et sont donc sujets à des risques (piraterie, accidents, tensions politiques).
  • Façades maritimes : Ce sont des littoraux où se concentrent des ports majeurs et des activités industrialo-portuaires intenses, servant de portes d'entrée et de sortie des marchandises pour de vastes arrière-pays (hinterlands). Les principales façades maritimes sont :
    • La Northern Range en Europe (de Hambourg au Havre).
    • Les façades asiatiques (Chine, Japon, Corée du Sud).
    • Les façades nord-américaines (côte Est et côte Ouest). Ces façades sont des lieux d'intégration à la mondialisation et des pôles de développement économique.

C. Des enjeux géopolitiques et de souveraineté

La maîtrise des mers est synonyme de puissance, et les espaces maritimes sont l'objet de revendications et parfois de conflits.

  • Zones économiques exclusives (ZEE) : Instaurée par le droit de la mer, la ZEE est un espace maritime qui s'étend jusqu'à 200 milles nautiques (environ 370 km) des côtes d'un État. Dans cette zone, l'État côtier dispose de droits souverains pour l'exploration et l'exploitation des ressources naturelles (poissons, hydrocarbures, vents, etc.), ainsi que pour la recherche scientifique marine. La France possède la deuxième plus grande ZEE du monde (environ 11 millions de km²), grâce à ses territoires d'outre-mer.
  • Droit de la mer (CNUDM) : La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, signée à Montego Bay en 1982 (et entrée en vigueur en 1994), est le cadre juridique international qui régit l'utilisation des océans. Elle définit les différentes zones maritimes (eaux intérieures, mer territoriale, zone contiguë, ZEE, plateau continental, haute mer) et les droits et devoirs des États. C'est un instrument fondamental pour la gestion pacifique des océans, bien que certains États ne l'aient pas ratifiée (ex: États-Unis).
  • Conflits territoriaux maritimes : Malgré le droit de la mer, de nombreuses zones maritimes sont l'objet de litiges entre États. Ces conflits peuvent porter sur la délimitation des ZEE, la possession d'îles ou d'archipels, ou l'accès à des ressources. Les exemples les plus notables sont :
    • La mer de Chine méridionale, où plusieurs États (Chine, Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei, Taïwan) revendiquent tout ou partie des îles Paracels et Spratleys pour leurs ressources et leur position stratégique.
    • L'Arctique, où les pays riverains (Russie, Canada, États-Unis, Danemark via le Groenland, Norvège) revendiquent des extensions de leur plateau continental en vue de l'exploitation de ses richesses (hydrocarbures, minerais) et du contrôle des futures routes maritimes.
    • Des litiges sur des îles comme les îles Malouines/Falkland (Royaume-Uni/Argentine).
  • Puissances maritimes : La puissance maritime ne se limite pas à la force navale, mais inclut aussi la capacité à contrôler les flux maritimes, à exploiter les ressources marines, à développer une industrie navale forte et à affirmer sa présence sur les océans. Les États-Unis, la Chine, le Japon, le Royaume-Uni, la France sont des puissances maritimes majeures. La Chine, en particulier, développe une marine de guerre de plus en plus importante et une politique d'affirmation en mer de Chine.

Chapitre 2

II. La liberté de circulation : un principe contesté et régulé

A. Le principe de la liberté des mers

Historiquement, la mer a été perçue comme un espace libre, ouvert à tous.

  • Mare Liberum : Ce concept, défendu par le juriste hollandais Hugo Grotius au XVIIe siècle, postule que la haute mer est une propriété commune de l'humanité et qu'elle doit être libre d'accès pour la navigation et la pêche de toutes les nations. C'est le principe fondateur du droit international de la mer.
  • Eaux internationales : Appelés également haute mer, ces espaces se situent au-delà des ZEE des États côtiers. Ils représentent environ 64 % de la surface des océans. Dans ces zones, le principe de la liberté des mers s'applique pleinement : liberté de navigation, de survol, de pêche, de pose de câbles et de pipelines sous-marins, et de recherche scientifique.
  • Liberté de navigation : C'est le droit pour les navires de tous les États, qu'ils soient côtiers ou sans littoral, de naviguer librement dans les eaux internationales. Ce principe est crucial pour le commerce mondial et la projection de puissance militaire. Il inclut aussi le droit de passage inoffensif dans la mer territoriale d'un État, à condition que le passage ne porte pas atteinte à la paix, au bon ordre ou à la sécurité de l'État côtier.
  • Liberté de survol : Similairement, les aéronefs peuvent survoler librement les eaux internationales. Ce droit est essentiel pour l'aviation civile et militaire.

B. Les limites et les menaces à la liberté de circulation

Malgré le principe de la liberté des mers, la circulation maritime est sujette à diverses menaces et restrictions.

  • Piraterie maritime : Phénomène ancien, la piraterie a connu un regain d'activité au début du XXIe siècle, notamment au large de la Somalie (golfe d'Aden) et dans le détroit de Malacca. Les pirates attaquent les navires de commerce pour rançonner l'équipage ou voler la cargaison. Bien que les attaques aient diminué grâce aux efforts internationaux, la piraterie reste une menace significative dans certaines zones, comme le golfe de Guinée.
  • Terrorisme maritime : Les attaques terroristes contre des navires ou des installations portuaires sont une préoccupation majeure. L'attentat contre le pétrolier USS Cole au Yémen en 2000 en est un exemple. Les groupes terroristes pourraient cibler des navires transportant des substances dangereuses ou des infrastructures stratégiques pour causer des dommages économiques ou des pertes humaines.
  • Trafics illicites : Les mers sont utilisées pour divers trafics illicites :
    • Trafic de drogue (cocaïne depuis l'Amérique du Sud vers l'Europe et l'Amérique du Nord, héroïne depuis l'Asie).
    • Trafic d'armes.
    • Trafic d'êtres humains (migration clandestine, surtout en Méditerranée).
    • Pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN), qui épuise les stocks de poissons et nuit aux pêcheurs légaux. Ces trafics représentent des défis majeurs pour la sécurité maritime et la souveraineté des États.
  • Contrôle des points de passage : Les États riverains de canaux et détroits stratégiques peuvent exercer une forme de contrôle sur le passage des navires, notamment pour des raisons de sécurité ou de souveraineté. Bien que le droit international garantisse le passage, des tensions peuvent survenir, comme le blocus occasionnel du détroit d'Ormuz par l'Iran ou les restrictions de navigation dans les eaux territoriales de certains États.

C. La régulation internationale et les acteurs de la sécurité maritime

Face à ces menaces, la communauté internationale a mis en place des mécanismes de régulation et de coopération.

  • Organisation Maritime Internationale (OMI) : Agence spécialisée des Nations Unies, l'OMI est responsable de la sécurité et de la sûreté de la navigation, ainsi que de la prévention de la pollution des mers par les navires. Elle élabore des conventions et des réglementations internationales (ex: SOLAS pour la sécurité des navires, MARPOL pour la prévention de la pollution).
  • Opérations navales internationales : Pour lutter contre la piraterie et le terrorisme, plusieurs opérations navales multinationales ont été déployées, comme l'opération Atalanta de l'Union européenne au large de la Somalie. Ces opérations impliquent des patrouilles, l'escorte de navires commerciaux et la formation des forces navales locales.
  • Surveillance maritime : La surveillance des vastes étendues océaniques est essentielle. Elle est assurée par des moyens satellitaires, aériens (avions de patrouille maritime) et navals. L'objectif est de détecter les activités illicites, de prévenir les accidents et de coordonner les opérations de secours.
  • Coopération internationale : La sécurité maritime est un enjeu qui dépasse les frontières. La coopération entre États se manifeste par des accords bilatéraux ou multilatéraux, le partage de renseignements, des exercices conjoints et la formation. Des organisations régionales jouent également un rôle important, comme l'ASEAN pour la sécurité en Asie du Sud-Est ou l'Union africaine.

Chapitre 3

III. La protection des mers et océans : un défi environnemental majeur

A. Les menaces environnementales sur les écosystèmes marins

Les activités humaines ont des impacts dévastateurs sur la santé des océans.

  • Pollution plastique : C'est l'une des menaces les plus visibles. Des millions de tonnes de déchets plastiques (sacs, bouteilles, microplastiques) sont déversées chaque année dans les océans. Ces plastiques se fragmentent, sont ingérés par la faune marine, s'accumulent dans les gyres océaniques (ex: septième continent de plastique) et perturbent les écosystèmes.
  • Pollution chimique et sonore :
    • Pollution chimique : Les rejets industriels, agricoles (pesticides, engrais entraînant l'eutrophisation et les zones mortes), les hydrocarbures (marées noires accidentelles ou dégagements opérationnels des navires) contaminent l'eau et les organismes marins.
    • Pollution sonore : Le bruit généré par le trafic maritime, les sonars militaires et l'exploration sismique perturbe la communication, l'orientation et la reproduction de nombreuses espèces marines, notamment les cétacés.
  • Surpêche : L'intensification des pratiques de pêche (chaluts géants, technologies de détection avancées) a conduit à l'épuisement de nombreux stocks de poissons. La pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) aggrave ce phénomène. La surpêche déséquilibre les chaînes alimentaires marines et met en péril la biodiversité.
  • Acidification des océans : Les océans absorbent une partie significative du dioxyde de carbone (CO2CO_2) émis par les activités humaines. Cela entraîne une diminution du pH de l'eau, rendant les océans plus acides. L'acidification menace les organismes à coquille ou squelette calcaire (coraux, coquillages, plancton), qui ont du mal à former et maintenir leur structure. C'est une menace majeure pour les récifs coralliens et l'ensemble de la chaîne alimentaire marine.

B. Les conséquences du changement climatique

Le réchauffement global a des effets profonds et complexes sur les milieux marins.

  • Hausse du niveau des mers : Due à la dilatation thermique de l'eau (elle prend plus de volume en se réchauffant) et à la fonte des glaciers et des calottes polaires. La hausse du niveau des mers menace les zones côtières basses, les îles, les deltas et les infrastructures littorales, entraînant érosion, inondations et salinisation des terres agricoles.
  • Fonte des glaces : La fonte de la banquise arctique et des glaciers continentaux a des conséquences multiples. Elle contribue à la hausse du niveau des mers, modifie les écosystèmes polaires (menaçant ours polaires, phoques) et ouvre de nouvelles routes maritimes (Passage du Nord-Ouest, Route maritime du Nord), avec de nouvelles opportunités et de nouveaux risques.
  • Blanchissement des coraux : Le réchauffement des eaux provoque le blanchissement des coraux. Les coraux expulsent les algues symbiotiques (zooxanthelles) qui leur donnent leur couleur et leur apportent des nutriments. Sans ces algues, les coraux meurent, entraînant la destruction des récifs coralliens, qui sont des écosystèmes essentiels pour la biodiversité marine et la protection des côtes.
  • Modification des courants marins : Le changement climatique peut altérer la température et la salinité des eaux, ce qui peut perturber les grands courants océaniques (ex: Gulf Stream). Ces courants jouent un rôle majeur dans la régulation du climat mondial et la distribution des espèces marines. Leur modification aurait des impacts climatiques et écologiques considérables.

C. Les initiatives et les acteurs de la protection

Face à l'ampleur de ces menaces, de nombreuses initiatives sont mises en œuvre pour protéger les océans.

  • Aires marines protégées (AMP) : Ce sont des zones où la protection de l'environnement est renforcée (interdiction de pêche, restriction de navigation, etc.). Elles visent à préserver la biodiversité, restaurer les écosystèmes endommagés et maintenir les services écosystémiques. La France s'est engagée à protéger 30 % de ses espaces maritimes d'ici 2030.
  • ONG environnementales : Des organisations non gouvernementales comme Greenpeace, WWF, Surfrider Foundation, Sea Shepherd jouent un rôle crucial. Elles mènent des campagnes de sensibilisation, des actions de plaidoyer auprès des gouvernements, des opérations de nettoyage et de surveillance en mer. Elles contribuent à alerter l'opinion publique et à faire pression pour une meilleure protection.
  • Conventions internationales : De nombreux accords internationaux visent à réguler les activités humaines en mer et à protéger l'environnement :
    • La Convention de Londres (prévention de la pollution des mers par l'immersion de déchets).
    • La Convention MARPOL (prévention de la pollution par les navires).
    • La Convention sur la diversité biologique (CDB).
    • L'Accord de Paris sur le climat, qui indirectement concerne les océans. Un nouvel accord sur la biodiversité en haute mer (BBNJ) a été adopté en 2023 pour protéger les eaux internationales.
  • Économie bleue durable : Ce concept promeut une gestion durable des ressources marines et océaniques pour la croissance économique, l'amélioration des moyens de subsistance et des emplois, tout en préservant la santé des écosystèmes marins. Il s'agit de développer des activités maritimes (pêche, aquaculture, tourisme, énergies marines) respectueuses de l'environnement, en opposition à une "économie grise" destructrice.

Chapitre 4

IV. Les mers et océans : des espaces de tensions et de coopérations

A. Les rivalités de puissance et les zones de friction

La compétition pour les ressources et le contrôle des espaces maritimes génère des tensions.

  • Mer de Chine méridionale : C'est l'une des zones les plus tendues du monde. La Chine revendique la quasi-totalité de cette mer ("ligne en neuf traits"), s'opposant aux revendications de plusieurs pays riverains (Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei). La Chine y construit des îles artificielles et y militarise des récifs, affirmant sa souveraineté et son contrôle sur les routes maritimes et les ressources (pétrole, gaz, pêche). Les États-Unis y mènent des opérations de "liberté de navigation" pour contester les revendications chinoises.
  • Arctique : Avec la fonte de la banquise, l'Arctique devient un espace de compétition. Les pays riverains (Russie, Canada, États-Unis, Norvège, Danemark) cherchent à étendre leurs revendications sur le plateau continental pour exploiter les ressources (hydrocarbures, minerais) et contrôler les nouvelles routes maritimes (Passage du Nord-Est, Passage du Nord-Ouest), qui réduiraient considérablement les temps de transport entre l'Asie et l'Europe. La militarisation de la région est en augmentation.
  • Conflits d'usage : Au-delà des tensions géopolitiques, il existe des conflits d'usage entre différentes activités maritimes : pêche vs. éolien offshore, tourisme vs. aquaculture, transport maritime vs. zones protégées. Ces conflits nécessitent une planification spatiale maritime pour concilier les différents intérêts.
  • Course aux armements navals : De nombreuses puissances investissent massivement dans le renforcement de leurs marines de guerre (porte-avions, sous-marins, frégates). La Chine, la Russie, les États-Unis rivalisent pour la projection de puissance navale, la protection de leurs intérêts maritimes et la dissuasion. Cette course aux armements peut exacerber les tensions régionales et mondiales.

B. La coopération pour la gestion des ressources et la sécurité

Malgré les tensions, la nécessité de gérer les océans collectivement favorise la coopération.

  • Accords de pêche : Pour éviter la surpêche et gérer durablement les stocks, des organisations régionales de gestion des pêches (ORGP) sont créées. Elles fixent des quotas, des tailles minimales de capture et des périodes de fermeture. Des accords bilatéraux ou multilatéraux sont également signés pour le partage des ressources halieutiques transfrontalières.
  • Recherche scientifique internationale : La compréhension des océans et de leurs écosystèmes nécessite des efforts de recherche à l'échelle mondiale. Des programmes internationaux (ex: Système mondial d'observation des océans - GOOS) collectent des données sur le climat, la biodiversité, l'acidification. La coopération scientifique est essentielle pour éclairer les décisions politiques.
  • Sauvetage en mer : Le sauvetage de vies humaines en mer est un devoir moral et une obligation légale (Convention SOLAS, Convention SAR). Des centres de coordination de sauvetage (MRCC) sont établis à travers le monde et coopèrent pour localiser et secourir les navires et personnes en détresse. C'est un domaine où la coopération internationale est constante et vitale.
  • Partenariats régionaux : Des organisations régionales développent des cadres de coopération pour la sécurité maritime, la protection de l'environnement ou la gestion des ressources. L'ASEAN en Asie du Sud-Est, l'Union du Maghreb Arabe pour la Méditerranée, ou la Commission Océan Indien sont des exemples de ces partenariats qui visent à promouvoir la stabilité et le développement durable.

C. Vers une gouvernance mondiale des océans ?

La complexité des enjeux maritimes appelle à une gouvernance plus globale et intégrée.

  • Défis de la gouvernance : La gouvernance des océans est fragmentée. Elle implique une multitude d'acteurs (États, organisations internationales, ONG, entreprises) et de cadres juridiques sectoriels (pêche, transport, environnement). Les défis sont de taille : assurer le respect du droit international, coordonner les actions, financer les programmes de protection et gérer les biens communs (haute mer).
  • Rôle des organisations internationales : L'ONU et ses agences spécialisées (OMI, UNESCO via la COI - Commission Océanographique Intergouvernementale, PNUE - Programme des Nations Unies pour l'environnement) jouent un rôle central dans l'élaboration des normes, la promotion de la coopération et le suivi des enjeux maritimes. La CNUDM est le pilier de cette gouvernance.
  • Acteurs non étatiques : Les ONG, les fondations, les universités, les entreprises privées (armateurs, compagnies pétrolières) sont des acteurs de plus en plus influents de la gouvernance maritime. Ils contribuent à la recherche, à la sensibilisation, à la mise en œuvre de solutions innovantes et au financement de projets.
  • Enjeux du patrimoine commun de l'humanité : La haute mer et les grands fonds marins sont considérés comme un patrimoine commun de l'humanité. Cela signifie que leurs ressources et leurs bénéfices doivent être gérés dans l'intérêt de tous, en tenant compte des générations futures. La notion de patrimoine commun implique une responsabilité partagée et la nécessité d'une gouvernance mondiale pour protéger ces espaces vitaux et non appropriables. L'adoption du traité sur la biodiversité en haute mer (BBNJ) en 2023 est un pas important vers cette gouvernance.

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