Nouveaux rapports de puissance et enjeux mondiaux
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Chapitre 1
La recomposition des puissances mondiales
L'affirmation de nouvelles puissances : l'exemple de la Chine
La Chine est l'exemple le plus frappant de cette recomposition. En quelques décennies, elle est passée d'un pays en développement à une puissance mondiale incontournable.
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Croissance économique fulgurante :
- Depuis la fin des années 1970, la Chine a connu une croissance économique moyenne de près de 10% par an.
- Elle est devenue la deuxième économie mondiale en termes de PIB nominal et la première en parité de pouvoir d'achat (PPA).
- Elle est l'« usine du monde » (premier exportateur mondial) et un marché de consommation colossal.
- Ses entreprises (Huawei, Alibaba, Tencent) rivalisent avec les géants occidentaux.
- Exemple : La ville de Shenzhen, un ancien village de pêcheurs, est devenue un pôle technologique majeur, preuve de cette transformation rapide.
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Montée en puissance militaire :
- La Chine investit massivement dans sa défense, avec le deuxième budget militaire mondial.
- Elle modernise rapidement son armée (APL) et développe des technologies de pointe (porte-avions, avions furtifs, cyberdéfense).
- Sa présence navale se renforce en mer de Chine méridionale et au-delà.
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Influence culturelle et diplomatique :
- Elle développe son soft power via les Instituts Confucius, les médias d'État (CGTN) et l'exportation de sa culture.
- La Chine est très active dans les organisations internationales (ONU, OMC) et promeut une vision multipolaire du monde.
- Exemple : Son rôle croissant au sein des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) ou de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
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Projets d'infrastructures (Routes de la Soie) :
- L'initiative "la Ceinture et la Route" (Belt and Road Initiative - BRI), aussi appelée Nouvelles Routes de la Soie, est un gigantesque programme d'investissement dans les infrastructures (ports, routes, chemins de fer, pipelines) reliant la Chine à l'Asie, l'Europe et l'Afrique.
- Objectif : Faciliter les échanges commerciaux, renforcer l'influence économique et géopolitique chinoise.
- Critique : Certains y voient une "diplomatie de la dette" pour les pays bénéficiaires.
Le maintien et le renouvellement de la puissance américaine
Malgré l'émergence de nouvelles puissances, les États-Unis restent la première puissance mondiale, mais ils doivent faire face à de nouveaux défis.
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Hard power (militaire, économique) :
- La première puissance militaire mondiale, avec un budget de défense inégalé et une présence militaire sur tous les continents.
- Une économie innovante et dynamique, notamment dans les secteurs de pointe (numérique, biotechnologies).
- Le dollar américain reste la monnaie de référence mondiale.
- Exemple : La Silicon Valley, berceau des géants technologiques (Apple, Google, Microsoft), symbolise cette puissance économique et innovante.
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Soft power (culture, innovation) :
- Une influence culturelle inégalée (cinéma, musique, modes de vie) diffusée à l'échelle planétaire.
- Un modèle universitaire attractif et une capacité d'innovation scientifique et technologique de premier plan.
- Exemple : La diffusion du mode de vie américain ("American Way of Life") et de ses produits culturels (Hollywood, musique pop).
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Défis internes et externes :
- Internes : Fractures sociales (inégalités), polarisations politiques, vieillissement des infrastructures, question raciale.
- Externes : Montée en puissance de la Chine, défiance de certains alliés, remise en question du multilatéralisme par certains courants politiques américains.
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Rôle dans les organisations internationales :
- Membre fondateur et acteur majeur de l'ONU, du FMI, de la Banque Mondiale.
- Les États-Unis restent un acteur clé des alliances stratégiques (OTAN).
- Néanmoins, leur politique peut parfois être perçue comme unilatérale, notamment sous certaines administrations.
L'émergence de puissances régionales et intermédiaires
Au-delà des superpuissances, de nombreux États jouent un rôle croissant à l'échelle régionale, voire mondiale.
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BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) :
- Groupe de pays considérés comme de grandes puissances émergentes, partageant la volonté de rééquilibrer l'ordre mondial.
- Ils représentent environ 40% de la population mondiale et plus de 25% du PIB mondial.
- Objectif : Développer une coopération économique et politique, et avoir plus de poids sur la scène internationale.
- Limites : Diversité des régimes politiques, déséquilibres économiques, et parfois des rivalités internes (ex: Inde-Chine).
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Puissances émergentes (Turquie, Indonésie, Mexique, Nigéria, etc.) :
- Ces pays connaissent une forte croissance économique et démographique.
- Ils affirment leur rôle dans leur zone d'influence et cherchent à s'imposer sur la scène internationale.
- Exemple : La Turquie, sous Erdogan, cherche à étendre son influence en Méditerranée orientale, au Moyen-Orient et en Afrique. L'Indonésie, pays musulman le plus peuplé, est un acteur majeur de l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est).
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Rôle dans leur zone d'influence, coopération et rivalités :
- Ces puissances jouent un rôle de stabilisateur ou, au contraire, de perturbateur dans leur région.
- Elles peuvent coopérer sur certains dossiers (ex: accords commerciaux régionaux) mais aussi entrer en rivalité pour l'accès aux ressources ou l'influence politique.
- Leur poids démographique et économique leur confère une légitimité croissante.
L'Union européenne : une puissance normative et économique
L'UE est un acteur unique sur la scène mondiale, caractérisée par son modèle d'intégration et son influence par les normes.
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Marché unique et monnaie commune :
- Le marché unique européen, avec ses 27 États membres et plus de 450 millions d'habitants, est l'un des plus grands du monde. Il permet la libre circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes.
- L'euro est la deuxième monnaie de réserve mondiale, derrière le dollar.
- Cette intégration économique confère à l'UE un poids commercial et financier considérable.
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Influence réglementaire :
- L'UE est une puissance normative : ses standards élevés en matière d'environnement, de protection des données (RGPD), de droits des consommateurs sont souvent adoptés par d'autres pays ou entreprises souhaitant accéder au marché européen. C'est l'effet "Brussels Effect".
- Exemple : Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) est devenu une référence mondiale en matière de protection des données personnelles.
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Défis de l'intégration politique :
- Malgré les succès économiques, l'intégration politique reste un défi (manque d'une politique étrangère et de défense commune forte).
- Les divergences entre États membres sur des sujets clés (immigration, budget, relations internationales) peuvent affaiblir sa voix.
- Le Brexit a montré la fragilité de l'unité européenne.
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Rôle sur la scène internationale :
- L'UE est un acteur majeur de l'aide au développement et de la diplomatie multilatérale.
- Elle promeut des valeurs démocratiques et les droits de l'homme.
- Cependant, son hard power (militaire) reste limité comparé à son poids économique.
- Exemple : L'UE est le premier donateur mondial d'aide au développement.
Chapitre 2
Les espaces maritimes : entre appropriation et rivalités
Les mers et océans : des espaces stratégiques
Le rôle stratégique des espaces maritimes est multiple et croissant.
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Voies de communication et de commerce :
- Environ 90% du commerce mondial transite par voie maritime.
- Les porte-conteneurs, pétroliers et méthaniers sont les piliers des chaînes d'approvisionnement mondiales.
- Exemple : Le Canal de Suez, le Détroit de Malacca sont des passages obligés pour le commerce reliant l'Europe et l'Asie.
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Ressources (halieutiques, énergétiques) :
- Halieutiques : Les océans sont une source majeure de protéines pour des milliards de personnes (pêche).
- Énergétiques : Gisement de pétrole et de gaz offshore (Mer du Nord, Golfe du Mexique), potentiel d'énergies renouvelables marines (éolien offshore, hydroliennes).
- Minérales : Nodules polymétalliques, sulfures hydrothermaux, croûtes cobaltifères, riches en métaux rares et stratégiques, situés dans les fonds marins.
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Enjeux géopolitiques :
- Les espaces maritimes sont des théâtres de projection de puissance militaire et de surveillance.
- Ils sont au cœur des stratégies de défense et de dissuasion nucléaire (sous-marins).
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Liberté de navigation :
- Principe fondamental du droit maritime international, garantissant le passage des navires dans les eaux internationales.
- Ce principe est parfois contesté, notamment par des États riverains qui revendiquent une souveraineté accrue.
- La Convention de Montego Bay (1982) est le texte de référence du droit de la mer.
La course à l'appropriation des ressources maritimes
La demande croissante en ressources et les avancées technologiques stimulent une course à l'appropriation des espaces maritimes et de leurs richesses.
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Zones Économiques Exclusives (ZEE) :
- Définies par la Convention de Montego Bay, les ZEE s'étendent jusqu'à 200 milles nautiques (environ 370 km) des côtes d'un État.
- Dans sa ZEE, un État a le droit exclusif d'explorer et d'exploiter les ressources (halieutiques, énergétiques, minérales).
- La France possède la deuxième plus grande ZEE mondiale (plus de 11 millions de km²), grâce à ses territoires d'Outre-mer.
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Exploitation des fonds marins :
- Les fonds marins recèlent des ressources minérales stratégiques (cobalt, nickel, terres rares) indispensables aux nouvelles technologies.
- L'exploitation est techniquement complexe et coûteuse, mais les enjeux sont colossaux.
- Risque : Impact environnemental potentiellement dévastateur sur des écosystèmes marins encore méconnus.
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Ressources halieutiques et énergétiques :
- Surexploitation des stocks de poissons, menaçant la biodiversité et la sécurité alimentaire.
- Développement de l'exploitation pétrolière et gazière offshore, malgré les risques environnementaux (marées noires).
- Exemple : La pêche illégale non déclarée et non réglementée (INN) est un fléau qui épuise les ressources.
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Conflits d'usage et de souveraineté :
- Les chevauchements de ZEE ou les revendications sur des îles inhabitées sont sources de tensions.
- Les conflits peuvent être liés à la pêche, à l'exploration d'hydrocarbures ou à des questions de souveraineté territoriale.
- La Mer de Chine méridionale est l'exemple le plus emblématique de ces conflits, avec de multiples revendications territoriales.
Les routes maritimes et les points de passage stratégiques
La circulation des biens et des personnes par voie maritime dépend de routes bien définies et de lieux de passage obligés.
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Détroits et canaux (Malacca, Suez, Panama) :
- Les détroits (passages naturels étroits) et les canaux (artificiels) sont des chokepoints (points d'étranglement) essentiels au commerce mondial.
- Leur blocage ou leur contrôle offre une position stratégique majeure.
- Exemple : Le Canal de Suez permet d'éviter le contournement de l'Afrique, réduisant considérablement les temps de trajet entre l'Europe et l'Asie.
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Chokepoints :
- Ces points de passage sont des zones de haute surveillance et de forte vulnérabilité.
- Leur fermeture, même temporaire (ex: échouement d'un navire dans le canal de Suez en 2021), a des conséquences économiques mondiales.
- Ils sont également des cibles potentielles pour des actes de piraterie ou de terrorisme.
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Sécurité des routes maritimes :
- La sécurisation des routes maritimes est un enjeu majeur pour le commerce international.
- Des marines nationales et des coalitions internationales patrouillent dans les zones à risque.
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Piraterie et terrorisme maritime :
- La piraterie (Golfe d'Aden, Golfe de Guinée) et le terrorisme maritime menacent la sécurité des navires et des équipages.
- Ces menaces entraînent des surcoûts (assurances, sécurité armée) et des perturbations du trafic.
- Exemple : Les attaques des Houthis en Mer Rouge depuis fin 2023 ont contraint de nombreux navires à contourner l'Afrique, allongeant les trajets et augmentant les coûts.
Les rivalités de puissance en mer
La maîtrise des mers est un facteur clé de puissance et génère de vives compétitions entre États.
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Militarisation des mers :
- Développement des marines de guerre (porte-avions, sous-marins nucléaires, frégates).
- Course à l'armement et à la modernisation des flottes.
- Exemple : La Chine, les États-Unis, la Russie et l'Inde sont parmi les pays qui investissent le plus dans leur marine.
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Conflits territoriaux (Mer de Chine méridionale) :
- La Mer de Chine méridionale est un foyer de tensions majeures, avec des revendications territoriales multiples (Chine, Vietnam, Philippines, Malaisie, Brunei, Taïwan) sur des îles et récifs (Spratleys, Paracels).
- Enjeux : Richesses en hydrocarbures, zones de pêche, contrôle de routes maritimes vitales.
- La Chine y a construit des îles artificielles pour asseoir sa souveraineté, ce qui est contesté par ses voisins et les États-Unis.
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Affirmation des marines nationales :
- Les grandes puissances déploient leurs flottes pour affirmer leur présence et protéger leurs intérêts.
- La projection de puissance maritime permet d'intervenir loin de ses bases.
- Exemple : Les patrouilles de la marine américaine ("Freedom of Navigation Operations") en Mer de Chine méridionale pour contester les revendications chinoises excessives.
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Enjeux de souveraineté :
- Le contrôle des espaces maritimes est un attribut essentiel de la souveraineté d'un État.
- Les revendications sur l'Arctique, riches en hydrocarbures et avec de nouvelles routes maritimes potentielles (Passage du Nord-Ouest, Route maritime du Nord), sont un autre exemple de ces enjeux.
- Le droit d'explorer et d'exploiter les fonds marins au-delà des ZEE (Zone internationale des fonds marins) est encadré par l'Autorité internationale des fonds marins (AIFM), mais les négociations sont complexes.
Chapitre 3
Les enjeux environnementaux et climatiques
Le changement climatique : un défi global
Le réchauffement climatique est l'un des plus grands défis de notre époque, aux conséquences multiples et profondes.
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Causes et conséquences :
- Causes : Principalement l'émission de gaz à effet de serre (GES) due aux activités humaines (combustion d'énergies fossiles, déforestation, agriculture intensive).
- Conséquences : Augmentation des températures mondiales, élévation du niveau des mers, acidification des océans, événements météorologiques extrêmes (sécheresses, inondations, canicules, tempêtes), perte de biodiversité.
- Exemple : La fonte des glaciers et des calottes polaires contribue directement à l'élévation du niveau de la mer, menaçant les villes côtières.
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Vulnérabilité des territoires :
- Certaines régions du monde sont particulièrement vulnérables : les îles de faible altitude (Pacifique), les zones côtières, les régions arides ou semi-arides, les deltas fluviaux.
- Ces territoires subissent de plein fouet les effets du changement climatique.
- Exemple : Les petits États insulaires du Pacifique, comme Tuvalu, risquent de disparaître sous les eaux.
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Migrations climatiques :
- Le changement climatique est un facteur croissant de déplacement de populations (réfugiés climatiques).
- Ces migrations peuvent générer des tensions sociales et politiques.
- Exemple : Des populations du Sahel sont contraintes de quitter leurs terres devenues infertiles suite aux sécheresses prolongées.
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Responsabilités différenciées :
- Les pays développés, historiquement les plus grands émetteurs de GES, ont une "responsabilité historique" dans le réchauffement climatique.
- Les pays émergents voient leurs émissions augmenter rapidement avec leur développement économique.
- Le principe de "responsabilités communes mais différenciées" est au cœur des négociations climatiques internationales (Accord de Paris).
- Le débat porte sur la répartition des efforts et des financements pour la transition énergétique et l'adaptation.
La gestion des ressources : eau, énergie, biodiversité
La pression sur les ressources naturelles s'intensifie avec la croissance démographique et économique.
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Stress hydrique :
- Manque d'eau douce disponible par rapport aux besoins de la population.
- Aggravé par le changement climatique (sécheresses) et la pollution.
- Source potentielle de conflits, notamment dans les bassins fluviaux transfrontaliers.
- Exemple : La question du partage des eaux du Nil entre l'Égypte, le Soudan et l'Éthiopie est une source de tensions récurrentes.
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Transition énergétique :
- Passage des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon) aux énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique).
- Nécessaire pour réduire les émissions de GES et lutter contre le changement climatique.
- Représente un défi technologique, économique et social majeur.
- Exemple : L'Allemagne, avec son "Energiewende", est un pionnier de la transition énergétique, bien que confrontée à des défis.
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Érosion de la biodiversité :
- Disparition accélérée d'espèces animales et végétales, destruction d'écosystèmes.
- Causes : Déforestation, urbanisation, pollution, changement climatique, surexploitation des ressources.
- Conséquences : Perte de services écosystémiques essentiels (pollinisation, purification de l'eau, régulation du climat).
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Sécurité alimentaire :
- Capacité à assurer l'accès de tous à une alimentation suffisante, saine et nutritive.
- Menacée par le changement climatique, la dégradation des sols, la perte de biodiversité et les conflits.
- Exemple : La monoculture intensive et l'utilisation excessive de pesticides fragilisent les systèmes agricoles et réduisent la biodiversité.
Les acteurs et les politiques environnementales
La réponse aux défis environnementaux implique une multitude d'acteurs, des organisations internationales aux citoyens.
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Organisations internationales (ONU, COP) :
- L'ONU joue un rôle central, notamment à travers le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et les Conférences des Parties (COP) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
- Les COP sont des sommets annuels où les pays négocient des accords sur le climat (ex: Accord de Paris en 2015).
- Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) fournit les bases scientifiques aux négociations.
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États et politiques nationales :
- Les États mettent en œuvre des politiques pour réduire leurs émissions, protéger l'environnement et s'adapter au changement climatique (législations, subventions, taxes carbone).
- Les niveaux d'ambition et d'action varient fortement d'un pays à l'autre.
- Exemple : La France s'est engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 (loi énergie-climat).
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Société civile et ONG :
- Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) comme Greenpeace, WWF, Les Amis de la Terre, jouent un rôle majeur de sensibilisation, de plaidoyer et d'action directe.
- Les mouvements citoyens (ex: marches pour le climat, grèves étudiantes pour le climat) exercent une pression sur les décideurs politiques.
- Exemple : Les actions de désobéissance civile menées par Extinction Rebellion pour alerter sur l'urgence climatique.
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Entreprises et innovations vertes :
- De plus en plus d'entreprises adoptent des pratiques plus durables et investissent dans les "technologies vertes" (énergies renouvelables, économie circulaire, véhicules électriques).
- La finance verte oriente les capitaux vers des projets respectueux de l'environnement.
- Exemple : Le développement de l'hydrogène vert comme alternative aux carburants fossiles.
Les tensions et conflits liés à l'environnement
Les enjeux environnementaux peuvent être des catalyseurs de tensions, voire de conflits.
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Conflits pour l'eau :
- La raréfaction de l'eau douce exacerbe les tensions entre États partageant les mêmes bassins fluviaux ou nappes phréatiques.
- Exemple : Le barrage de la Renaissance sur le Nil, construit par l'Éthiopie, est une source de vives inquiétudes pour l'Égypte et le Soudan, qui craignent une réduction de leur approvisionnement en eau.
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Accès aux ressources :
- La compétition pour l'accès aux ressources stratégiques (minerais, terres rares, hydrocarbures) peut générer des rivalités.
- L'Arctique, avec la fonte des glaces, est un nouvel espace de compétition pour ses ressources et ses routes maritimes.
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Dégradation des écosystèmes :
- La déforestation massive, la pollution des sols et des eaux peuvent entraîner la destruction des moyens de subsistance des populations locales, provoquant des déplacements et des tensions.
- Exemple : Les conflits autour de l'exploitation minière ou forestière illégale dans des régions fragiles.
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Justice environnementale :
- Les populations les plus pauvres ou marginalisées sont souvent les premières victimes de la dégradation de l'environnement et du changement climatique.
- La justice environnementale vise à lutter contre ces inégalités et à garantir un accès équitable aux ressources et un environnement sain pour tous.
- Ce concept met en lumière la dimension sociale et éthique des défis environnementaux.
Chapitre 4
Les défis de la gouvernance mondiale
La multiplication des acteurs de la gouvernance mondiale
La gouvernance mondiale n'est plus l'affaire des seuls États ; elle implique une diversité d'acteurs interconnectés.
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États et organisations intergouvernementales :
- Les États restent les acteurs principaux, détenant la souveraineté et le pouvoir de décision.
- Ils coopèrent au sein d'organisations intergouvernementales (OIG) comme l'ONU, l'OMC, l'OMS, le FMI, qui élaborent des normes et des politiques internationales.
- Exemple : Le Conseil de Sécurité de l'ONU est l'organe principal du maintien de la paix et de la sécurité internationale.
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Acteurs non étatiques (ONG, FTN) :
- Les Organisations Non Gouvernementales (ONG) défendent des causes spécifiques (droits de l'homme, environnement, aide humanitaire) et exercent une pression sur les États et les OIG.
- Les Firmes Transnationales (FTN) ou multinationales (GAFAM, géants de l'énergie) ont un poids économique et politique considérable, influençant les législations et les pratiques mondiales.
- Exemple : Amnesty International milite pour le respect des droits humains à travers le monde.
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Société civile transnationale :
- Ensemble des associations, mouvements sociaux, syndicats, groupes de citoyens qui agissent au-delà des frontières nationales.
- Ils participent aux débats mondiaux et peuvent influencer les décisions.
- Exemple : Le Forum Social Mondial, qui rassemble des mouvements altermondialistes du monde entier.
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Réseaux et coalitions :
- Des groupes d'acteurs divers (États, ONG, experts, entreprises) se forment autour de problématiques spécifiques pour échanger des informations et coordonner des actions.
- Ces réseaux sont souvent plus flexibles et efficaces que les structures intergouvernementales classiques.
- Ils illustrent la complexité et la fluidité de la gouvernance contemporaine.
Les limites de la gouvernance mondiale
Malgré la nécessité d'une gouvernance mondiale, celle-ci se heurte à de nombreux obstacles.
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Souveraineté des États :
- Les États sont jaloux de leur souveraineté et réticents à déléguer des pouvoirs à des instances supranationales.
- Le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États limite l'action des OIG.
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Manque de consensus :
- Les intérêts nationaux divergent souvent, rendant difficile l'atteinte d'un consensus sur des problèmes globaux.
- Les divisions idéologiques ou géopolitiques peuvent paralyser les négociations.
- Exemple : Les blocages au Conseil de Sécurité de l'ONU dus au droit de veto des membres permanents.
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Inefficacité des institutions :
- Certaines institutions internationales sont jugées trop lentes, bureaucratiques ou peu représentatives.
- Leur manque de moyens financiers ou de pouvoir contraignant limite leur efficacité.
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Crises multilatérales :
- Les crises (financières, sanitaires comme la COVID-19) révèlent les faiblesses de la coopération internationale et la tendance au repli national.
- Le "multilatéralisme" (coopération entre plusieurs États) est parfois remis en question.
- Le nationalisme et le protectionnisme sont des menaces pour la gouvernance mondiale.
Les enjeux de la sécurité collective et du maintien de la paix
La sécurité collective vise à garantir la paix et la stabilité à l'échelle mondiale, un défi constant dans un monde fragmenté.
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Rôle de l'ONU :
- L'Organisation des Nations Unies est l'acteur central de la sécurité collective.
- Son objectif est de prévenir les conflits, maintenir la paix et favoriser la coopération internationale.
- Le Conseil de Sécurité est responsable de la paix et de la sécurité internationales.
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Opérations de maintien de la paix :
- Les "Casques Bleus" de l'ONU sont déployés dans des zones de conflit pour surveiller les cessez-le-feu, protéger les civils et soutenir la reconstruction.
- Ces opérations sont souvent complexes et dangereuses.
- Exemple : La Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) fut l'une des plus importantes et dangereuses.
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Terrorisme international :
- Une menace transnationale qui défie les frontières et nécessite une coopération internationale accrue (renseignement, lutte contre le financement du terrorisme).
- Les groupes terroristes (Daech, Al-Qaïda) exploitent les faiblesses des États et les zones de non-droit.
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Prolifération nucléaire :
- La diffusion des armes nucléaires est une menace majeure pour la sécurité mondiale.
- Le Traité de Non-Prolifération (TNP) vise à limiter le nombre d'États dotés de l'arme nucléaire.
- Exemple : Le programme nucléaire iranien ou nord-coréen sont des sujets de vives préoccupations internationales.
Les nouvelles formes de coopération et de contestation
Face aux limites des modèles traditionnels, de nouvelles dynamiques de coopération et de contestation émergent.
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Diplomatie multilatérale :
- Les sommets internationaux (G7, G20, COP) sont des lieux de négociation et de coordination entre États.
- De nouvelles formes de diplomatie incluent davantage d'acteurs non étatiques.
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Coopération régionale :
- Les organisations régionales (Union Européenne, ASEAN, Union Africaine, Mercosur) jouent un rôle croissant dans la résolution des problèmes locaux et la promotion de l'intégration.
- Elles peuvent servir de laboratoires pour la gouvernance mondiale.
- Exemple : L'ASEAN promeut la stabilité et l'intégration économique en Asie du Sud-Est.
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Mouvements altermondialistes :
- Mouvements sociaux qui contestent les effets négatifs de la mondialisation néolibérale (inégalités, dégradation environnementale) et proposent des alternatives.
- Ils militent pour une mondialisation plus juste et solidaire.
- Slogan : "Un autre monde est possible".
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Cyber-gouvernance :
- La gestion de l'espace numérique (Internet, données) est un enjeu de gouvernance majeur.
- Elle nécessite une coopération entre États, entreprises et acteurs de la société civile pour garantir la sécurité, la liberté et l'ouverture du cyberespace.
- Les questions de cybercriminalité, de cyber-espionnage et de régulation des géants du numérique sont au cœur de ces débats.
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