Éducation nationale françaiseOption Mathématiques complémentairesTerminale générale18 min de lecture

Géométrie et représentation dans l'espace

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Lecture

4 chapitres

Un parcours éditorialisé et navigable.

Pratique

12 questions

Quiz et cartes mémoire à ouvrir après la lecture.

Objectif

Terminale générale

Format rapide pour vérifier si le chapitre correspond.

Chapitre 1

Repérage dans l'espace et vecteurs

Coordonnées dans l'espace

Pour situer précisément n'importe quel point dans l'espace, on utilise un repère orthonormé.

  • Repère orthonormé : C'est un ensemble de quatre points (O;i,j,k)(O; \vec{i}, \vec{j}, \vec{k}).

    • OO est l'origine du repère.
    • i\vec{i}, j\vec{j}, k\vec{k} sont trois vecteurs unitaires (leur norme est 1) et orthogonaux deux à deux (ils forment des angles droits entre eux). Ils définissent les directions des axes OxOx, OyOy et OzOz.
  • Coordonnées d'un point : Tout point MM de l'espace peut être repéré de manière unique par un triplet de nombres réels (xM,yM,zM)(x_M, y_M, z_M). Cela signifie que le vecteur OM\vec{OM} peut s'écrire : OM=xMi+yMj+zMk\vec{OM} = x_M \vec{i} + y_M \vec{j} + z_M \vec{k}.

    • xMx_M est l'abscisse.
    • yMy_M est l'ordonnée.
    • zMz_M est la cote.
  • Coordonnées d'un vecteur : Si vous avez deux points A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) et B(xB,yB,zB)B(x_B, y_B, z_B), les coordonnées du vecteur AB\vec{AB} sont calculées en soustrayant les coordonnées du point d'origine de celles du point d'arrivée : AB=(xBxA;yByA;zBzA)\vec{AB} = (x_B - x_A; y_B - y_A; z_B - z_A).

  • Distance entre deux points : La distance ABAB (ou la norme du vecteur AB\vec{AB}) se calcule grâce à une généralisation du théorème de Pythagore : AB=AB=(xBxA)2+(yByA)2+(zBzA)2AB = ||\vec{AB}|| = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2 + (z_B - z_A)^2}. C'est une formule fondamentale pour tous les calculs de longueur dans l'espace.

    Exemple : Soient A(1,2,3)A(1, 2, 3) et B(4,1,5)B(4, -1, 5). AB=(41;12;53)=(3;3;2)\vec{AB} = (4-1; -1-2; 5-3) = (3; -3; 2). AB=32+(3)2+22=9+9+4=22AB = \sqrt{3^2 + (-3)^2 + 2^2} = \sqrt{9 + 9 + 4} = \sqrt{22}.

Opérations sur les vecteurs

Les vecteurs sont des outils puissants pour décrire des déplacements ou des directions. On peut effectuer plusieurs opérations avec eux.

  • Somme de vecteurs : Si u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z) et v(x,y,z)\vec{v}(x', y', z'), alors leur somme est : u+v=(x+x;y+y;z+z)\vec{u} + \vec{v} = (x+x'; y+y'; z+z'). Graphiquement, cela correspond à la règle du parallélogramme ou à la relation de Chasles.

  • Produit par un scalaire : Multiplier un vecteur par un nombre réel (un scalaire) λ\lambda change sa longueur et/ou son sens, mais pas sa direction. Si u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z), alors λu=(λx;λy;λz)\lambda \vec{u} = (\lambda x; \lambda y; \lambda z).

  • Combinaison linéaire : Un vecteur w\vec{w} est une combinaison linéaire des vecteurs u\vec{u} et v\vec{v} s'il existe des scalaires aa et bb tels que w=au+bv\vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v}. C'est une notion clé pour comprendre les plans et la colinéarité/coplanarité.

  • Vecteurs colinéaires : Deux vecteurs non nuls u\vec{u} et v\vec{v} sont colinéaires si et seulement s'il existe un scalaire λ0\lambda \neq 0 tel que v=λu\vec{v} = \lambda \vec{u}. Cela signifie qu'ils ont la même direction (ils peuvent être parallèles ou sur la même droite). En coordonnées : u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z) et v(x,y,z)\vec{v}(x', y', z') sont colinéaires si (x,y,z)=(λx,λy,λz)(x', y', z') = (\lambda x, \lambda y, \lambda z). Pratiquement, cela signifie que les rapports des coordonnées sont égaux : xx=yy=zz\frac{x'}{x} = \frac{y'}{y} = \frac{z'}{z} (si les dénominateurs ne sont pas nuls).

Produit scalaire dans l'espace

Le produit scalaire est une opération entre deux vecteurs qui donne un nombre (un scalaire) et permet de déterminer leur orthogonalité ou l'angle entre eux.

  • Définition analytique : Si u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z) et v(x,y,z)\vec{v}(x', y', z'), le produit scalaire est : uv=xx+yy+zz\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz'. C'est la définition la plus utilisée en Terminale pour les calculs.

  • Définition géométrique : uv=u×v×cos(θ)\vec{u} \cdot \vec{v} = ||\vec{u}|| \times ||\vec{v}|| \times \cos(\theta), où θ\theta est l'angle non orienté entre les deux vecteurs. Cette définition est utile pour calculer un angle ou pour comprendre la signification géométrique du produit scalaire.

  • Orthogonalité de vecteurs : Deux vecteurs non nuls u\vec{u} et v\vec{v} sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul : uv=0\vec{u} \cdot \vec{v} = 0. Géométriquement, cela signifie qu'ils forment un angle de 90°.

  • Norme d'un vecteur : La norme d'un vecteur u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z) est sa longueur : u=x2+y2+z2||\vec{u}|| = \sqrt{x^2 + y^2 + z^2}. On peut aussi la relier au produit scalaire : u2=uu||\vec{u}||^2 = \vec{u} \cdot \vec{u}.

Chapitre 2

Droites dans l'espace

Représentation paramétrique d'une droite

Pour décrire une droite DD dans l'espace, nous avons besoin de deux éléments :

  1. Un point A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) par lequel la droite passe.
  2. Un vecteur directeur u(a,b,c)\vec{u}(a, b, c) de la droite. Ce vecteur donne la direction de la droite. Il doit être non nul.

Un point M(x,y,z)M(x, y, z) appartient à la droite DD si et seulement si le vecteur AM\vec{AM} est colinéaire au vecteur directeur u\vec{u}. Cela signifie qu'il existe un nombre réel tt (le paramètre réel) tel que AM=tu\vec{AM} = t\vec{u}. En termes de coordonnées, on obtient le système d'équations paramétriques de la droite :

{x=xA+tay=yA+tbz=zA+tc\begin{cases} x = x_A + ta \\ y = y_A + tb \\ z = z_A + tc \end{cases}

tRt \in \mathbb{R}. Chaque valeur de tt correspond à un point unique sur la droite.

  • Vecteur directeur non nul : Il est crucial que le vecteur directeur u\vec{u} ne soit pas le vecteur nul (0,0,0)(0,0,0), sinon il ne donnerait aucune direction.

Exemple : La droite passant par A(1,2,3)A(1, 2, 3) et de vecteur directeur u(4,5,6)\vec{u}(4, 5, 6) a pour représentation paramétrique :

{x=1+4ty=2+5tz=3+6t\begin{cases} x = 1 + 4t \\ y = 2 + 5t \\ z = 3 + 6t \end{cases}

tRt \in \mathbb{R}.

Positions relatives de deux droites

Dans l'espace, deux droites peuvent se comporter de différentes manières.

  1. Sécantes : Elles se coupent en un seul point. Leurs vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires.
  2. Parallèles : Leurs vecteurs directeurs sont colinéaires, et elles n'ont aucun point commun.
  3. Confondus : Leurs vecteurs directeurs sont colinéaires, et elles ont tous leurs points en commun (ce sont la même droite).
  4. Non coplanaires (gauches) : Elles ne sont ni parallèles, ni sécantes. Elles ne se rencontrent jamais et ne sont pas dans le même plan. Leurs vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires.

Comment déterminer la position relative ?

  • Étape 1 : Vecteurs directeurs

    • Si les vecteurs directeurs sont colinéaires, les droites sont soit parallèles, soit confondues. Il suffit alors de vérifier si un point de l'une appartient à l'autre.
      • Si oui, elles sont confondues.
      • Si non, elles sont parallèles.
    • Si les vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires, les droites sont soit sécantes, soit gauches.
  • Étape 2 : Intersection (si les vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires)

    • On cherche un point d'intersection en égalant leurs représentations paramétriques.
    • Si le système a une solution unique, les droites sont sécantes.
    • Si le système n'a pas de solution, les droites sont gauches. Les droites gauches sont une particularité de la 3D, elles n'existent pas en 2D.

Orthogonalité d'une droite et d'un vecteur

Une droite DD de vecteur directeur u\vec{u} est orthogonale à un vecteur v\vec{v} si et seulement si leurs directions sont perpendiculaires. Cela se traduit par un produit scalaire nul : uv=0\vec{u} \cdot \vec{v} = 0. Attention : cela ne veut pas dire que la droite et le vecteur se coupent, mais que leur direction est perpendiculaire.

Chapitre 3

Plans dans l'espace

Représentation cartésienne d'un plan

Un plan P\mathcal{P} peut être défini par une équation cartésienne de la forme : ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0, où a,b,c,da, b, c, d sont des réels, et a,b,ca, b, c ne sont pas tous nuls.

  • Vecteur normal : Le vecteur n(a,b,c)\vec{n}(a, b, c) est un vecteur normal au plan. Cela signifie qu'il est orthogonal à tous les vecteurs directeurs du plan. Un plan est entièrement défini par un point et un vecteur normal.

  • Point du plan : Un point M(xM,yM,zM)M(x_M, y_M, z_M) appartient au plan P\mathcal{P} si ses coordonnées vérifient l'équation du plan : axM+byM+czM+d=0ax_M + by_M + cz_M + d = 0.

  • Détermination par trois points non alignés : Trois points A,B,CA, B, C non alignés déterminent un plan unique. Pour trouver son équation, on peut chercher un vecteur normal n(a,b,c)\vec{n}(a, b, c) tel que nAB=0\vec{n} \cdot \vec{AB} = 0 et nAC=0\vec{n} \cdot \vec{AC} = 0. On obtient ainsi a,b,ca, b, c. Ensuite, on utilise un des points pour trouver dd.

Exemple : Soit le plan d'équation 2x3y+z5=02x - 3y + z - 5 = 0. Un vecteur normal est n(2,3,1)\vec{n}(2, -3, 1). Le point A(1,1,0)A(1, -1, 0) est-il dans le plan ? 2(1)3(1)+05=2+35=02(1) - 3(-1) + 0 - 5 = 2 + 3 - 5 = 0. Oui, il est dans le plan.

Représentation paramétrique d'un plan

Un plan P\mathcal{P} peut aussi être décrit par un point et deux directions. Pour cela, il faut :

  1. Un point A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) appartenant au plan.
  2. Deux vecteurs directeurs u(ux,uy,uz)\vec{u}(u_x, u_y, u_z) et v(vx,vy,vz)\vec{v}(v_x, v_y, v_z) non colinéaires. Ces vecteurs donnent deux directions différentes du plan.

Un point M(x,y,z)M(x, y, z) appartient au plan P\mathcal{P} si et seulement si le vecteur AM\vec{AM} est une combinaison linéaire des vecteurs u\vec{u} et v\vec{v}. Cela signifie qu'il existe deux nombres réels ss et tt (les paramètres réels) tels que AM=su+tv\vec{AM} = s\vec{u} + t\vec{v}. En termes de coordonnées, on obtient le système d'équations paramétriques du plan :

{x=xA+sux+tvxy=yA+suy+tvyz=zA+suz+tvz\begin{cases} x = x_A + s u_x + t v_x \\ y = y_A + s u_y + t v_y \\ z = z_A + s u_z + t v_z \end{cases}

(s,t)R2(s, t) \in \mathbb{R}^2. Les deux vecteurs directeurs u\vec{u} et v\vec{v} ne doivent pas être colinéaires pour définir un plan.

Positions relatives de deux plans

Dans l'espace, deux plans peuvent être :

  1. Parallèles : Leurs vecteurs normaux sont colinéaires, et ils n'ont aucun point commun.
  2. Sécants : Ils se coupent selon une droite. Leurs vecteurs normaux ne sont pas colinéaires.
  3. Confondus : Leurs vecteurs normaux sont colinéaires, et ils ont tous leurs points en commun (ce sont le même plan).

Comment déterminer la position relative ?

  • Étape 1 : Vecteurs normaux
    • Soient P1:a1x+b1y+c1z+d1=0\mathcal{P}_1: a_1x + b_1y + c_1z + d_1 = 0 avec n1(a1,b1,c1)\vec{n_1}(a_1, b_1, c_1)
    • Et P2:a2x+b2y+c2z+d2=0\mathcal{P}_2: a_2x + b_2y + c_2z + d_2 = 0 avec n2(a2,b2,c2)\vec{n_2}(a_2, b_2, c_2)
    • Si les vecteurs normaux n1\vec{n_1} et n2\vec{n_2} sont colinéaires, les plans sont soit parallèles, soit confondus.
      • Pour distinguer, on vérifie si un point du premier plan appartient au second. Ou plus simplement, si l'équation de l'un est un multiple de l'autre (y compris le terme constant dd).
      • Si a2=ka1a_2 = k a_1, b2=kb1b_2 = k b_1, c2=kc1c_2 = k c_1 et d2=kd1d_2 = k d_1 (avec k0k \neq 0), alors les plans sont confondus.
      • Sinon, ils sont parallèles stricts.
    • Si les vecteurs normaux n1\vec{n_1} et n2\vec{n_2} ne sont pas colinéaires, les plans sont sécants. Leur intersection est une droite.

Orthogonalité d'une droite et d'un plan

Une droite DD et un plan P\mathcal{P} sont orthogonaux si la droite est perpendiculaire à toutes les droites du plan qu'elle coupe. Cela se produit si et seulement si le vecteur directeur de la droite DD est colinéaire au vecteur normal du plan P\mathcal{P}. Si u\vec{u} est un vecteur directeur de DD et n\vec{n} est un vecteur normal de P\mathcal{P}, alors DP    u=knD \perp \mathcal{P} \iff \vec{u} = k\vec{n} pour un certain réel k0k \neq 0.

Chapitre 4

Intersections et distances

Intersection d'une droite et d'un plan

Pour trouver l'intersection d'une droite DD et d'un plan P\mathcal{P}, on utilise leurs équations :

  • Droite DD : Représentation paramétrique (x=xA+tax = x_A + ta, y=yA+tby = y_A + tb, z=zA+tcz = z_A + tc)
  • Plan P\mathcal{P} : Équation cartésienne (ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0)

On substitue les expressions de x,y,zx, y, z de la droite dans l'équation du plan : a(xA+ta)+b(yA+tb)+c(zA+tc)+d=0a(x_A + ta) + b(y_A + tb) + c(z_A + tc) + d = 0. Cela donne une équation en tt.

Trois cas possibles :

  1. Point d'intersection unique : Si l'équation en tt a une solution unique, cette valeur de tt permet de trouver les coordonnées du point d'intersection. C'est le cas général.
  2. Droite incluse dans le plan : Si l'équation en tt est vérifiée pour tout tRt \in \mathbb{R} (par exemple, 0=00=0), cela signifie que tous les points de la droite appartiennent au plan. La droite est contenue dans le plan.
    • Cela se produit si le vecteur directeur de la droite est orthogonal au vecteur normal du plan (un=0\vec{u} \cdot \vec{n} = 0) ET qu'un point de la droite appartient au plan.
  3. Droite parallèle au plan (pas d'intersection) : Si l'équation en tt n'a pas de solution (par exemple, 5=05=0), cela signifie que la droite est parallèle au plan et ne le coupe pas.
    • Cela se produit si le vecteur directeur de la droite est orthogonal au vecteur normal du plan (un=0\vec{u} \cdot \vec{n} = 0) ET qu'un point de la droite n'appartient pas au plan.

Intersection de trois plans

L'intersection de trois plans correspond à la résolution d'un système de trois équations à trois inconnues (x,y,zx, y, z). Chaque équation représente un plan.

{a1x+b1y+c1z+d1=0a2x+b2y+c2z+d2=0a3x+b3y+c3z+d3=0\begin{cases} a_1x + b_1y + c_1z + d_1 = 0 \\ a_2x + b_2y + c_2z + d_2 = 0 \\ a_3x + b_3y + c_3z + d_3 = 0 \end{cases}

Les résultats possibles sont :

  1. Point unique : Le système a une solution unique (x,y,z)(x, y, z). C'est le cas le plus fréquent.
  2. Droite : Les trois plans s'intersectent selon une droite (ils sont "en faisceau"). Le système a une infinité de solutions, dont l'ensemble forme une droite.
  3. Ensemble vide :
    • Les trois plans sont parallèles distincts.
    • Deux plans sont parallèles distincts et le troisième les coupe.
    • Les plans s'intersectent deux à deux (forment un prisme triangulaire), mais n'ont pas de point commun aux trois. Dans ces cas, le système n'a aucune solution.

La résolution se fait généralement par substitution ou par la méthode du pivot de Gauss.

Distance d'un point à un plan

La distance d'un point A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) à un plan P\mathcal{P} d'équation ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 est donnée par la formule :

d(A,P)=axA+byA+czA+da2+b2+c2d(A, \mathcal{P}) = \frac{|ax_A + by_A + cz_A + d|}{\sqrt{a^2 + b^2 + c^2}}

Cette formule est à connaître par cœur ! Elle représente la longueur du segment AHAH, où HH est la projection orthogonale de AA sur le plan P\mathcal{P}.

Exemple : Distance du point A(1,2,3)A(1, 2, 3) au plan P:2xy+2z1=0\mathcal{P}: 2x - y + 2z - 1 = 0. d(A,P)=2(1)(2)+2(3)122+(1)2+22=22+614+1+4=59=53d(A, \mathcal{P}) = \frac{|2(1) - (2) + 2(3) - 1|}{\sqrt{2^2 + (-1)^2 + 2^2}} = \frac{|2 - 2 + 6 - 1|}{\sqrt{4 + 1 + 4}} = \frac{|5|}{\sqrt{9}} = \frac{5}{3}.

Distance d'un point à une droite

La distance d'un point AA à une droite DD est la plus courte distance entre AA et un point de DD. C'est la longueur du segment AHAH, où HH est la projection orthogonale de AA sur la droite DD.

Pour la calculer, voici une méthode courante :

  1. Soit DD la droite passant par BB et de vecteur directeur u\vec{u}.
  2. Soit HH la projection orthogonale de AA sur DD. Alors AHu=0\vec{AH} \cdot \vec{u} = 0.
  3. Le point HH appartient à la droite DD, donc BH=tu\vec{BH} = t\vec{u} pour un certain tRt \in \mathbb{R}.
  4. On a AH=AB+BH=AB+tu\vec{AH} = \vec{AB} + \vec{BH} = \vec{AB} + t\vec{u}.
  5. En utilisant AHu=0\vec{AH} \cdot \vec{u} = 0, on trouve tt: (AB+tu)u=0    ABu+tu2=0(\vec{AB} + t\vec{u}) \cdot \vec{u} = 0 \implies \vec{AB} \cdot \vec{u} + t||\vec{u}||^2 = 0. Donc t=ABuu2t = -\frac{\vec{AB} \cdot \vec{u}}{||\vec{u}||^2}.
  6. Une fois tt trouvé, on peut calculer les coordonnées de HH (si nécessaire) ou directement la distance AH=AHAH = ||\vec{AH}||. On peut aussi utiliser le Théorème de Pythagore dans le triangle rectangle ABHABH (rectangle en HH) : AH2=AB2BH2AH^2 = AB^2 - BH^2. Où BH=t×uBH = |t| \times ||\vec{u}||.

Alternativement, une formule avec le produit vectoriel (hors programme Mathématiques Complémentaires) existe et est plus directe. Mais avec le produit scalaire, la méthode par projection est tout à fait faisable et pédagogique.

Exemple : Distance du point A(1,0,0)A(1, 0, 0) à la droite DD passant par B(0,1,0)B(0, 1, 0) et de vecteur directeur u(0,0,1)\vec{u}(0, 0, 1) (l'axe Oz).

  1. AB=(1,1,0)\vec{AB} = (-1, 1, 0).
  2. u=(0,0,1)\vec{u} = (0, 0, 1).
  3. ABu=(1)(0)+(1)(0)+(0)(1)=0\vec{AB} \cdot \vec{u} = (-1)(0) + (1)(0) + (0)(1) = 0.
  4. Puisque ABu=0\vec{AB} \cdot \vec{u} = 0, cela signifie que AA est déjà orthogonal à la direction de la droite DD par rapport à BB. En fait HH est BB. Non, ce n'est pas H=BH=B. Si ABu=0\vec{AB} \cdot \vec{u} = 0, c'est que le point AA est tel que le segment ABAB est déjà perpendiculaire à la droite DD. La distance est donc ABAB. d(A,D)=AB=(1)2+12+02=2d(A, D) = AB = \sqrt{(-1)^2 + 1^2 + 0^2} = \sqrt{2}. En réalité, le point HH a pour coordonnées (0,0,0)(0, 0, 0) (projection de AA sur l'axe OzOz). Le vecteur AH\vec{AH} serait (1,0,0)(1,0,0) et AB\vec{AB} est (1,1,0)(-1,1,0).

Reprenons l'exemple avec la méthode de tt: AB=(1,1,0)\vec{AB} = (-1, 1, 0) et u=(0,0,1)\vec{u} = (0, 0, 1). t=ABuu2=012=0t = -\frac{\vec{AB} \cdot \vec{u}}{||\vec{u}||^2} = -\frac{0}{1^2} = 0. Donc AH=AB+0u=AB\vec{AH} = \vec{AB} + 0\vec{u} = \vec{AB}. d(A,D)=AH=AB=(1)2+12+02=2d(A, D) = ||\vec{AH}|| = ||\vec{AB}|| = \sqrt{(-1)^2 + 1^2 + 0^2} = \sqrt{2}. C'est logique, car la droite est l'axe OzOz, le point BB est sur l'axe OyOy, et le point AA est sur l'axe OxOx. Le point le plus proche de A(1,0,0)A(1,0,0) sur l'axe OzOz est l'origine (0,0,0)(0,0,0). La distance est (10)2+(00)2+(00)2=1\sqrt{(1-0)^2 + (0-0)^2 + (0-0)^2} = 1. Mon exemple n'était pas bon pour illustrer le t0t \neq 0.

Reprenons avec A(1,1,1)A(1,1,1) et DD passant par B(0,0,0)B(0,0,0) avec u(1,0,0)\vec{u}(1,0,0) (l'axe OxOx).

  1. AB=(1,1,1)\vec{AB} = (-1, -1, -1).
  2. u=(1,0,0)\vec{u} = (1, 0, 0).
  3. ABu=(1)(1)+(1)(0)+(1)(0)=1\vec{AB} \cdot \vec{u} = (-1)(1) + (-1)(0) + (-1)(0) = -1.
  4. u2=12+02+02=1||\vec{u}||^2 = 1^2 + 0^2 + 0^2 = 1.
  5. t=11=1t = -\frac{-1}{1} = 1.
  6. AH=AB+tu=(1,1,1)+1(1,0,0)=(1+1,1+0,1+0)=(0,1,1)\vec{AH} = \vec{AB} + t\vec{u} = (-1, -1, -1) + 1(1, 0, 0) = (-1+1, -1+0, -1+0) = (0, -1, -1).
  7. d(A,D)=AH=02+(1)2+(1)2=0+1+1=2d(A, D) = ||\vec{AH}|| = \sqrt{0^2 + (-1)^2 + (-1)^2} = \sqrt{0 + 1 + 1} = \sqrt{2}.

Le point HH est B+tu=(0,0,0)+1(1,0,0)=(1,0,0)B+t\vec{u} = (0,0,0) + 1(1,0,0) = (1,0,0). Ce qui est bien la projection du point A(1,1,1)A(1,1,1) sur l'axe OxOx. Et la distance de (1,1,1)(1,1,1) à (1,0,0)(1,0,0) est (11)2+(10)2+(10)2=0+1+1=2\sqrt{(1-1)^2+(1-0)^2+(1-0)^2} = \sqrt{0+1+1} = \sqrt{2}. La méthode fonctionne !

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