Éducation nationale françaiseOption Mathématiques expertesTerminale générale27 min de lecture

Démonstration et logique formelle

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Lecture

5 chapitres

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Pratique

12 questions

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Objectif

Terminale générale

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Chapitre 1

Les Fondamentaux du Raisonnement Logique

Propositions et Connecteurs Logiques

Une proposition est une affirmation qui peut être, sans ambiguïté, soit vraie, soit fausse. Elle ne peut pas être les deux à la fois et ne peut pas être ni l'un ni l'autre.

Exemples de propositions :

  • "2 + 2 = 4" (Vraie)
  • "Paris est la capitale de l'Allemagne" (Fausse)
  • "Tous les chats sont noirs" (Fausse)

Exemples de phrases qui ne sont PAS des propositions :

  • "Quel temps fait-il ?" (C'est une question)
  • "Va chercher le pain." (C'est un ordre)
  • "Cette phrase est fausse." (Paradoxe, ne peut être ni vraie ni fausse)

La valeur de vérité d'une proposition est donc Vrai (V ou 1) ou Faux (F ou 0).

Pour combiner des propositions simples et en créer de plus complexes, nous utilisons des connecteurs logiques :

  • ET (conjonction), noté \land : La proposition "ABA \land B" est vraie si et seulement si A est vraie ET B est vraie.

    • Exemple : "Il pleut ET il fait froid."
    • Table de vérité :
      ABA \land B
      VVV
      VFF
      FVF
      FFF
  • OU (disjonction), noté \lor : La proposition "ABA \lor B" est vraie si et seulement si A est vraie OU B est vraie (ou les deux). C'est le "ou" inclusif.

    • Exemple : "Je prendrai du café OU du thé." (Je peux prendre les deux)
    • Table de vérité :
      ABA \lor B
      VVV
      VFV
      FVV
      FFF
  • NON (négation), noté ¬\lnot ou \overline{} : La proposition "¬A\lnot A" est vraie si et seulement si A est fausse.

    • Exemple : "NON il pleut" signifie "Il ne pleut pas."
    • Table de vérité :
      A¬\lnot A
      VF
      FV

Ces tables de vérité sont les fondations de l'évaluation de la validité de toutes les expressions logiques complexes.

Implication et Équivalence Logique

Ces deux connecteurs sont absolument cruciaux en mathématiques pour exprimer des relations de cause à effet ou d'identité logique.

  • Implication (si... alors...), notée \Rightarrow : La proposition "ABA \Rightarrow B" (lire "si A alors B") est fausse UNIQUEMENT si A est vraie ET B est fausse. Dans tous les autres cas, elle est vraie.

    • A est l'hypothèse ou l'antécédent.
    • B est la conclusion ou le conséquent.
    • Une implication est toujours vraie si son hypothèse est fausse, quelle que soit la conclusion. C'est un point souvent contre-intuitif mais fondamental en logique.
    • Exemple : "S'il pleut (A\text{A}), alors le sol est mouillé (B\text{B})."
      • S'il pleut (V) et le sol est mouillé (V) \rightarrow l'implication est Vraie.
      • S'il pleut (V) et le sol n'est PAS mouillé (F) \rightarrow l'implication est Fausse.
      • S'il ne pleut PAS (F) et le sol est mouillé (V) \rightarrow l'implication est Vraie (le sol peut être mouillé pour d'autres raisons, comme un arrosage).
      • S'il ne pleut PAS (F) et le sol n'est PAS mouillé (F) \rightarrow l'implication est Vraie.
    • Table de vérité :
      ABA \Rightarrow B
      VVV
      VFF
      FVV
      FFV
  • Équivalence (si et seulement si), notée \Leftrightarrow : La proposition "ABA \Leftrightarrow B" (lire "A si et seulement si B" ou "A est équivalent à B") est vraie si A et B ont la même valeur de vérité. Elle est fausse si elles ont des valeurs de vérité différentes.

    • ABA \Leftrightarrow B est équivalent à (AB)(BA)(A \Rightarrow B) \land (B \Rightarrow A).
    • Exemple : "Un triangle est équilatéral \Leftrightarrow ses trois côtés sont de même longueur."
    • Table de vérité :
      ABA \Leftrightarrow B
      VVV
      VFF
      FVF
      FFV

L'équivalence est très importante car elle signifie que deux propositions sont logiquement interchangeables.

Quantificateurs Universel et Existentiel

Les quantificateurs permettent d'exprimer des propriétés sur des ensembles d'éléments.

  • Quantificateur universel (Pour tout), noté \forall : Signifie "pour tout", "pour chaque", "quel que soit".

    • xE,P(x)\forall x \in E, P(x) signifie que la propriété P(x)P(x) est vraie pour TOUS les éléments xx de l'ensemble EE.
    • Exemple : nN,n0\forall n \in \mathbb{N}, n \ge 0 (Pour tout entier naturel nn, nn est supérieur ou égal à 0). C'est Vrai.
    • Exemple : xR,x2>0\forall x \in \mathbb{R}, x^2 > 0 (Pour tout réel xx, x2x^2 est strictement positif). C'est Faux (car 02=00^2 = 0).
  • Quantificateur existentiel (Il existe), noté \exists : Signifie "il existe (au moins un)", "il y a".

    • xE,P(x)\exists x \in E, P(x) signifie qu'il existe AU MOINS UN élément xx de l'ensemble EE pour lequel la propriété P(x)P(x) est vraie.
    • Exemple : xR,x2=4\exists x \in \mathbb{R}, x^2 = 4 (Il existe un réel xx tel que x2=4x^2 = 4). C'est Vrai (par exemple x=2x=2 ou x=2x=-2).
    • Exemple : nN,n<0\exists n \in \mathbb{N}, n < 0 (Il existe un entier naturel nn tel que nn est négatif). C'est Faux.
  • Négation des propositions quantifiées : C'est une erreur fréquente.

    • La négation de "xE,P(x)\forall x \in E, P(x)" est "xE,¬P(x)\exists x \in E, \lnot P(x)".
      • Exemple : Négation de "Tous les élèves ont réussi" est "Il existe au moins un élève qui n'a pas réussi".
    • La négation de "xE,P(x)\exists x \in E, P(x)" est "xE,¬P(x)\forall x \in E, \lnot P(x)".
      • Exemple : Négation de "Il existe un chat noir" est "Tous les chats ne sont pas noirs" (ou "Aucun chat n'est noir").
  • Ordre des quantificateurs : L'ordre des quantificateurs est CRUCIAL et change le sens de la proposition.

    • x,y,P(x,y)\forall x, \exists y, P(x,y) : Pour chaque xx, il existe un yy (qui peut dépendre de xx) tel que P(x,y)P(x,y) est vraie.
      • Exemple : nN,mN,m>n\forall n \in \mathbb{N}, \exists m \in \mathbb{N}, m > n (Pour tout entier nn, il existe un entier mm qui lui est strictement supérieur). C'est Vrai (par exemple, m=n+1m=n+1).
    • y,x,P(x,y)\exists y, \forall x, P(x,y) : Il existe un yy (fixe pour tous les xx) tel que pour chaque xx, P(x,y)P(x,y) est vraie.
      • Exemple : mN,nN,m>n\exists m \in \mathbb{N}, \forall n \in \mathbb{N}, m > n (Il existe un entier mm qui est strictement supérieur à TOUS les entiers nn). C'est Faux.

Chapitre 2

Les Types de Raisonnements Directs

Raisonnement Déductif

Le raisonnement déductif est la forme la plus courante de démonstration en mathématiques. Il consiste à partir de prémisses (définitions, axiomes, théorèmes déjà établis) considérées comme vraies pour en tirer une conclusion spécifique et nécessairement vraie.

  • Principe : Si les prémisses sont vraies, alors la conclusion DOIT être vraie.
  • Structure :
    1. Prémisse 1 (règle générale)
    2. Prémisse 2 (cas spécifique)
    3. Conclusion (application de la règle au cas spécifique)
  • Exemples en mathématiques :
    • Prémisse 1 : Tous les multiples de 2 sont des nombres pairs.
    • Prémisse 2 : 10 est un multiple de 2.
    • Conclusion : Donc, 10 est un nombre pair.
    • Autre exemple :
      • Prémisse 1 : Si un triangle est rectangle, alors il vérifie le théorème de Pythagore.
      • Prémisse 2 : Le triangle ABC est rectangle en A.
      • Conclusion : Donc, AB2+AC2=BC2AB^2 + AC^2 = BC^2.

Le raisonnement déductif est la base de la construction des théories mathématiques. Chaque étape doit être justifiée par une règle logique ou un fait établi.

Raisonnement par Disjonction des Cas

Ce type de raisonnement est utilisé lorsque l'on ne peut pas traiter une situation de manière globale, mais qu'elle peut être découpée en un nombre fini de cas distincts et exhaustifs.

  • Principe : Pour prouver une propriété PP, on montre que cette propriété est vraie dans chacun des cas possibles qui couvrent toutes les situations.
  • Étapes :
    1. Identifier tous les cas possibles et mutuellement exclusifs (ou du moins dont l'union couvre toutes les possibilités) pour la situation étudiée.
    2. Démontrer la propriété pour le Cas 1.
    3. Démontrer la propriété pour le Cas 2.
    4. ...
    5. Démontrer la propriété pour le Cas nn.
    6. Conclure que la propriété est vraie dans tous les cas, donc globalement.
  • Exemples d'application :
    • Pour prouver une propriété sur un entier nn, on peut distinguer :
      • Cas 1 : nn est pair.
      • Cas 2 : nn est impair.
    • Pour prouver une propriété sur la valeur absolue x|x| :
      • Cas 1 : x0x \ge 0, alors x=x|x|=x.
      • Cas 2 : x<0x < 0, alors x=x|x|=-x.
    • Exemple : Démontrer que pour tout entier nn, n(n+1)n(n+1) est pair.
      • Cas 1 : nn est pair. Alors n=2kn=2k pour un entier kk. Donc n(n+1)=2k(2k+1)n(n+1) = 2k(2k+1), qui est un multiple de 2, donc pair.
      • Cas 2 : nn est impair. Alors n=2k+1n=2k+1 pour un entier kk. Donc n+1=2k+2=2(k+1)n+1 = 2k+2 = 2(k+1). Donc n(n+1)=(2k+1)2(k+1)n(n+1) = (2k+1)2(k+1), qui est un multiple de 2, donc pair.
      • Conclusion : Dans tous les cas, n(n+1)n(n+1) est pair.

Il est crucial de s'assurer que les cas sont bien exhaustifs (ils couvrent toutes les possibilités) et distincts (pour éviter les redondances, même si ce n'est pas une obligation stricte).

Raisonnement par Analyse-Synthèse

Ce raisonnement est souvent utilisé pour les problèmes d'existence et d'unicité, ou pour la construction d'objets mathématiques. Il se déroule en deux phases principales.

  • Phase d'Analyse (Recherche) :
    • On suppose que le problème a une solution et qu'elle existe.
    • On travaille "à rebours" à partir de cette solution supposée pour en déduire les propriétés qu'elle devrait nécessairement avoir.
    • Cette phase permet d'identifier les caractéristiques de la solution ou la méthode pour la construire. Elle aboutit à une "solution candidate" ou à une condition nécessaire.
  • Phase de Synthèse (Vérification) :
    • On prend la solution candidate trouvée lors de la phase d'analyse.
    • On vérifie que cette solution candidate satisfait bien les conditions initiales du problème.
    • On prouve l'existence et l'unicité de la solution.
  • Utilité pour les problèmes d'existence et d'unicité : L'analyse montre qu'il ne peut y avoir qu'une seule solution (unicité), et la synthèse montre que cette solution existe réellement.
  • Exemples de construction :
    • Problème : Trouver une fonction ff telle que f(x)+f(x)=2xf(x) + f(-x) = 2x pour tout xRx \in \mathbb{R}.

      • Analyse :
        1. Supposons qu'une telle fonction ff existe.
        2. On a f(x)+f(x)=2xf(x) + f(-x) = 2x (Équation 1)
        3. Remplaçons xx par x-x dans l'Équation 1 : f(x)+f(x)=2(x)=2xf(-x) + f(x) = 2(-x) = -2x (Équation 2)
        4. Oh, on obtient la même équation ! Cela ne nous aide pas directement pour trouver ff.
        5. Tentons une autre approche : On cherche f(x)f(x). Si on a f(x)+f(x)=2xf(x)+f(-x)=2x, et si on avait une autre relation pour f(x)f(x) et f(x)f(-x), on pourrait résoudre un système.
        6. Considérons une décomposition f(x)=P(x)+I(x)f(x) = P(x) + I(x)PP est paire (P(x)=P(x)P(x)=P(-x)) et II est impaire (I(x)=I(x)I(x)=-I(-x)).
        7. Alors f(x)+f(x)=(P(x)+I(x))+(P(x)+I(x))=(P(x)+I(x))+(P(x)I(x))=2P(x)f(x)+f(-x) = (P(x)+I(x)) + (P(-x)+I(-x)) = (P(x)+I(x)) + (P(x)-I(x)) = 2P(x).
        8. Donc 2P(x)=2xP(x)=x2P(x) = 2x \Rightarrow P(x) = x.
        9. Cela signifie que la partie paire de ff doit être xx. Mais xx n'est pas une fonction paire ((x)=xx(-x) = -x \ne x). Ce chemin ne semble pas aboutir directement.
        10. Reprenons l'idée du système. On a f(x)+f(x)=2xf(x) + f(-x) = 2x.
        11. Si on suppose que ff est linéaire, f(x)=ax+bf(x)=ax+b. Alors ax+b+a(x)+b=ax+bax+b=2bax+b + a(-x)+b = ax+b-ax+b = 2b. Donc 2b=2x2b=2x, ce qui est impossible car 2b2b est une constante et 2x2x ne l'est pas.
        12. Re-reprenons : On cherche f(x)f(x). On a f(x)+f(x)=2xf(x) + f(-x) = 2x.
        13. Si on dérive (si ff est dérivable) : f(x)f(x)=2f'(x) - f'(-x) = 2.
        14. Si f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax^2+bx+c, alors ax2+bx+c+a(x)2+b(x)+c=ax2+bx+c+ax2bx+c=2ax2+2cax^2+bx+c + a(-x)^2+b(-x)+c = ax^2+bx+c+ax^2-bx+c = 2ax^2+2c.
        15. Donc 2ax2+2c=2x2ax^2+2c=2x. Impossible car 2ax22ax^2 n'est pas 2x2x sauf si a=0a=0. Si a=0a=0, on a 2c=2x2c=2x, impossible.
        16. Insight : Et si f(x)=x+g(x)f(x)=x+g(x)gg est une fonction impaire ?
        17. Alors (x+g(x))+(x+g(x))=x+g(x)xg(x)=0(x+g(x)) + (-x+g(-x)) = x+g(x)-x-g(x) = 0. On veut 2x2x.
        18. Alternative : On cherche f(x)f(x). On a f(x)+f(x)=2xf(x)+f(-x)=2x.
        19. On peut chercher f(x)f(x) sous la forme ax+bax+b. On a vu que ça ne marche pas.
        20. On sait que f(x)=P(x)+I(x)f(x) = P(x) + I(x)P(x)=f(x)+f(x)2P(x) = \frac{f(x)+f(-x)}{2} et I(x)=f(x)f(x)2I(x) = \frac{f(x)-f(-x)}{2}.
        21. D'après l'énoncé, f(x)+f(x)=2xf(x)+f(-x) = 2x.
        22. Donc P(x)=2x2=xP(x) = \frac{2x}{2} = x.
        23. Donc f(x)=x+I(x)f(x) = x + I(x), où I(x)I(x) est une fonction impaire quelconque.
        24. La phase d'analyse nous dit que si une solution existe, elle doit être de la forme f(x)=x+I(x)f(x) = x + I(x)II est impaire.
      • Synthèse :
        1. Soit f(x)=x+I(x)f(x) = x + I(x)II est une fonction impaire quelconque (par exemple I(x)=0I(x)=0, ou I(x)=x3I(x)=x^3).
        2. Vérifions si cette forme satisfait la condition : f(x)+f(x)=(x+I(x))+(x+I(x))f(x) + f(-x) = (x + I(x)) + (-x + I(-x)) Comme II est impaire, I(x)=I(x)I(-x) = -I(x). f(x)+f(x)=x+I(x)xI(x)=0f(x) + f(-x) = x + I(x) - x - I(x) = 0.
        3. Ah, il y a une erreur dans le raisonnement d'analyse ou dans l'application. Reprenons l'analyse à partir de P(x)=xP(x) = x. f(x)=P(x)+I(x)f(x) = P(x) + I(x)P(x)=xP(x) = x. Donc f(x)=x+I(x)f(x) = x + I(x) pour une fonction impaire II. Alors f(x)=x+I(x)=xI(x)f(-x) = -x + I(-x) = -x - I(x). f(x)+f(x)=(x+I(x))+(xI(x))=0f(x) + f(-x) = (x + I(x)) + (-x - I(x)) = 0.
        4. On voulait f(x)+f(x)=2xf(x)+f(-x)=2x. Il y a une contradiction. Cela signifie qu'il n'existe pas de fonction ff telle que f(x)+f(x)=2xf(x)+f(-x)=2x pour tout xx.
        5. Correction de la compréhension de l'énoncé de l'exemple : Si on avait f(x)=x+Cf(x) = x + C (constante), alors f(x)+f(x)=(x+C)+(x+C)=2Cf(x)+f(-x) = (x+C)+(-x+C) = 2C. Donc 2C=2x2C=2x, impossible.
        6. Moralité : Le raisonnement par analyse-synthèse peut aussi conclure à l'inexistence d'une solution si la synthèse échoue ou révèle une contradiction.
    • Exemple plus simple : Résoudre l'équation x+1=x+3x+1 = \sqrt{x+3}.

      • Analyse :
        1. Supposons qu'il existe une solution xx.
        2. Pour que x+3\sqrt{x+3} soit défini, il faut x+30x3x+3 \ge 0 \Rightarrow x \ge -3.
        3. Pour que x+1=x+3x+1 = \sqrt{x+3} ait un sens, il faut x+10x1x+1 \ge 0 \Rightarrow x \ge -1.
        4. Élevons au carré les deux membres : (x+1)2=x+3(x+1)^2 = x+3.
        5. x2+2x+1=x+3x^2+2x+1 = x+3.
        6. x2+x2=0x^2+x-2 = 0.
        7. Calcul du discriminant Δ=124(1)(2)=1+8=9\Delta = 1^2 - 4(1)(-2) = 1+8=9.
        8. Les solutions de cette équation sont x=1±92=1±32x = \frac{-1 \pm \sqrt{9}}{2} = \frac{-1 \pm 3}{2}.
        9. Donc x1=1+32=1x_1 = \frac{-1+3}{2} = 1 et x2=132=2x_2 = \frac{-1-3}{2} = -2.
        10. Ces solutions sont des candidats.
      • Synthèse :
        1. Vérifions x1=1x_1=1 : 111 \ge -1 (condition respectée). 1+1=21+1 = 2. 1+3=4=2\sqrt{1+3} = \sqrt{4} = 2. Donc x=1x=1 est solution.
        2. Vérifions x2=2x_2=-2 : 2<1-2 < -1 (condition x1x \ge -1 NON respectée). Donc x=2x=-2 n'est pas solution.
        3. Conclusion : La seule solution de l'équation est x=1x=1.

Chapitre 3

Les Raisonnements Indirects et par l'Absurde

Raisonnement par Contraposition

Le raisonnement par contraposition est basé sur une équivalence logique fondamentale : une implication ABA \Rightarrow B est logiquement équivalente à sa contraposée ¬B¬A\lnot B \Rightarrow \lnot A.

  • Définition de la contraposée : La contraposée de "ABA \Rightarrow B" est "¬B¬A\lnot B \Rightarrow \lnot A".
  • Équivalence logique : (AB)(¬B¬A)(A \Rightarrow B) \Leftrightarrow (\lnot B \Rightarrow \lnot A).
    • On peut le vérifier avec une table de vérité :
      AB¬\lnot A¬\lnot BA \Rightarrow B¬\lnot B \Rightarrow ¬\lnot A
      VVFFVV
      VFFVFF
      FVVFVV
      FFVVVV
      Les deux colonnes sont identiques, prouvant l'équivalence.
  • Quand l'utiliser ? Ce raisonnement est très puissant lorsque la négation de la conclusion (¬B\lnot B) rend les calculs ou la logique plus simple à manipuler que l'hypothèse AA.
  • Exemples de démonstrations :
    • Propriété à prouver : Si n2n^2 est pair, alors nn est pair (où nn est un entier naturel).
      • A:n2A : n^2 est pair.
      • B:nB : n est pair.
      • La démonstration directe serait un peu compliquée.
      • Utilisons la contraposée : ¬B¬A\lnot B \Rightarrow \lnot A.
      • ¬B:n\lnot B : n est impair.
      • ¬A:n2\lnot A : n^2 est impair.
      • La contraposée devient : "Si nn est impair, alors n2n^2 est impair."
      • Démonstration de la contraposée :
        1. Supposons nn est impair.
        2. Alors nn peut s'écrire sous la forme 2k+12k+1 pour un certain entier kk.
        3. Calculons n2=(2k+1)2=4k2+4k+1=2(2k2+2k)+1n^2 = (2k+1)^2 = 4k^2 + 4k + 1 = 2(2k^2+2k) + 1.
        4. Puisque 2k2+2k2k^2+2k est un entier, n2n^2 est de la forme 2K+12K+1, donc n2n^2 est impair.
      • Nous avons prouvé la contraposée. Par équivalence, la propriété originale est vraie.

Raisonnement par l'Absurde

Le raisonnement par l'absurde (ou reductio ad absurdum) est une technique de démonstration indirecte très élégante. Il repose sur le principe du tiers exclu : une proposition est soit vraie, soit fausse.

  • Principe : Pour prouver qu'une proposition PP est vraie, on suppose que sa négation ¬P\lnot P est vraie. Si cette supposition mène à une contradiction logique (un résultat absurde, comme 0=10=1, ou une affirmation qui contredit une prémisse ou un théorème connu), alors la supposition ¬P\lnot P doit être fausse. Par conséquent, PP doit être vraie.
  • Étapes :
    1. Pour prouver PP, on suppose ¬P\lnot P.
    2. On développe une chaîne de déductions logiques à partir de ¬P\lnot P et des hypothèses initiales du problème.
    3. On arrive à une contradiction (par exemple, Q¬QQ \land \lnot Q, ou Vrai=FauxVrai = Faux).
    4. On conclut que la supposition ¬P\lnot P est fausse.
    5. Donc, PP est vraie.
  • Exemples classiques :
    • L'irrationalité de 2\sqrt{2} :
      • Propriété à prouver (PP) : 2\sqrt{2} est irrationnel.
      • Supposition par l'absurde (¬P\lnot P) : Supposons que 2\sqrt{2} est rationnel.
      • Déduction :
        1. Si 2\sqrt{2} est rationnel, alors il peut s'écrire sous la forme pq\frac{p}{q}pp et qq sont des entiers naturels non nuls, et la fraction pq\frac{p}{q} est irréductible (c'est-à-dire que pp et qq n'ont pas de facteurs premiers en commun, ils sont premiers entre eux).
        2. 2=pq2=p2q22q2=p2\sqrt{2} = \frac{p}{q} \Rightarrow 2 = \frac{p^2}{q^2} \Rightarrow 2q^2 = p^2.
        3. Cette dernière égalité implique que p2p^2 est un nombre pair.
        4. Si p2p^2 est pair, alors pp est pair (démontré par contraposition précédemment).
        5. Puisque pp est pair, on peut écrire p=2kp = 2k pour un certain entier kk.
        6. Substituons p=2kp=2k dans l'équation 2q2=p22q^2=p^2 : 2q2=(2k)2=4k22q^2 = (2k)^2 = 4k^2.
        7. En divisant par 2, on obtient q2=2k2q^2 = 2k^2.
        8. Cette égalité implique que q2q^2 est un nombre pair.
        9. Si q2q^2 est pair, alors qq est pair (encore par contraposition).
        10. Nous avons donc déduit que pp est pair ET qq est pair.
      • Contradiction : Si pp et qq sont tous les deux pairs, alors ils ont 2 comme facteur commun. Ceci contredit notre hypothèse initiale que la fraction pq\frac{p}{q} est irréductible.
      • Conclusion : La supposition que 2\sqrt{2} est rationnel mène à une contradiction. Par conséquent, cette supposition est fausse, et 2\sqrt{2} est bien irrationnel.

Le raisonnement par l'absurde est particulièrement efficace pour prouver l'inexistence de quelque chose ou l'impossibilité d'une situation.

Chapitre 4

Le Raisonnement par Récurrence

Principe de la Récurrence

Le raisonnement par récurrence est une méthode pour prouver qu'une propriété P(n)P(n) est vraie pour tous les entiers naturels nn à partir d'un certain rang (souvent n0=0n_0=0 ou n0=1n_0=1).

  • Utilité : Il est utilisé pour les suites, les sommes, les inégalités, les propriétés de divisibilité, etc., où la propriété dépend d'un index entier.

  • Analogie de la chaîne de dominos :

    1. Si vous poussez le premier domino (étape d'initialisation).
    2. Et si chaque domino qui tombe fait tomber le suivant (étape d'hérédité).
    3. Alors tous les dominos tomberont (conclusion). La propriété P(n)P(n) est comme le fait que le nn-ième domino tombe.
  • Structure du raisonnement : Pour prouver que P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n \ge n_0 :

    1. Initialisation : Montrer que P(n0)P(n_0) est vraie.
    2. Hérédité : Supposer que P(k)P(k) est vraie pour un entier kn0k \ge n_0 (c'est l'hypothèse de récurrence), puis montrer que P(k+1)P(k+1) est vraie.
    3. Conclusion : Par le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n \ge n_0.

Les Étapes du Raisonnement par Récurrence

Reprenons les étapes avec plus de détails et des conseils.

  1. Initialisation (P(n0)P(n_0)) :

    • Il s'agit de vérifier que la propriété est vraie pour le premier terme de la séquence, n0n_0. C'est souvent n=0n=0 ou n=1n=1.
    • C'est une simple vérification directe. Si l'initialisation échoue, la propriété est fausse ou le rang de départ est incorrect.
  2. Hérédité (P(k)P(k+1)P(k) \Rightarrow P(k+1)) :

    • Hypothèse de récurrence : On suppose que la propriété P(k)P(k) est vraie pour un entier kk quelconque fixé, kn0k \ge n_0. On ne suppose PAS que P(k)P(k) est vraie pour TOUS les kk.
    • But : Montrer qu'alors P(k+1)P(k+1) est vraie. C'est l'étape la plus difficile et le cœur de la démonstration.
    • Il faut utiliser l'hypothèse de récurrence P(k)P(k) pour prouver P(k+1)P(k+1). Souvent, cela implique d'exprimer le (k+1)(k+1)-ième terme en fonction du kk-ième terme.
  3. Conclusion :

    • Une fois l'initialisation et l'hérédité prouvées, on peut affirmer : "Par le principe de récurrence, la propriété P(n)P(n) est vraie pour tout entier naturel nn0n \ge n_0."
  • Erreurs courantes à éviter :

    • Oublier l'initialisation (le premier domino ne tombe jamais).
    • Ne pas utiliser l'hypothèse de récurrence dans la phase d'hérédité (vous ne montrez pas que le kk-ième domino fait tomber le (k+1)(k+1)-ième).
    • Confondre P(k)P(k) et P(k+1)P(k+1) ou ne pas clairement distinguer ce que l'on suppose de ce que l'on veut prouver.
    • Affirmer la propriété pour tous les nn dès le début de l'hérédité.
  • Exemple : Montrer que pour tout nNn \in \mathbb{N}^* (entiers naturels non nuls), la somme des nn premiers entiers est Sn=1+2+...+n=n(n+1)2S_n = 1+2+...+n = \frac{n(n+1)}{2}.

    • Propriété P(n)P(n) : 1+2+...+n=n(n+1)21+2+...+n = \frac{n(n+1)}{2}.
    • 1. Initialisation (n0=1n_0=1) :
      • Pour n=1n=1, S1=1S_1 = 1.
      • La formule donne 1(1+1)2=1×22=1\frac{1(1+1)}{2} = \frac{1 \times 2}{2} = 1.
      • Donc P(1)P(1) est vraie.
    • 2. Hérédité :
      • Supposons que P(k)P(k) est vraie pour un entier k1k \ge 1. C'est-à-dire, on suppose 1+2+...+k=k(k+1)21+2+...+k = \frac{k(k+1)}{2}. (Hypothèse de récurrence)
      • Montrons que P(k+1)P(k+1) est vraie, c'est-à-dire que 1+2+...+(k+1)=(k+1)(k+2)21+2+...+(k+1) = \frac{(k+1)(k+2)}{2}.
      • Partons du membre de gauche de P(k+1)P(k+1) : 1+2+...+k+(k+1)=(1+2+...+k)+(k+1)1+2+...+k+(k+1) = (1+2+...+k) + (k+1)
      • En utilisant l'hypothèse de récurrence : =k(k+1)2+(k+1)= \frac{k(k+1)}{2} + (k+1) =(k+1)(k2+1)= (k+1) \left( \frac{k}{2} + 1 \right) =(k+1)(k+22)= (k+1) \left( \frac{k+2}{2} \right) =(k+1)(k+2)2= \frac{(k+1)(k+2)}{2}
      • Nous avons bien montré que 1+2+...+(k+1)=(k+1)(k+2)21+2+...+(k+1) = \frac{(k+1)(k+2)}{2}. Donc P(k+1)P(k+1) est vraie.
    • 3. Conclusion : Puisque P(1)P(1) est vraie et que P(k)P(k+1)P(k) \Rightarrow P(k+1) est vraie, par le principe de récurrence, P(n)P(n) est vraie pour tout nNn \in \mathbb{N}^*.

Variantes et Applications de la Récurrence

Le principe de récurrence peut être adapté pour des situations légèrement différentes.

  • Récurrence forte :

    • L'hypothèse de récurrence n'est plus seulement P(k)P(k), mais "pour tout jj tel que n0jkn_0 \le j \le k, la propriété P(j)P(j) est vraie".
    • On utilise cette forme lorsque la preuve de P(k+1)P(k+1) nécessite la connaissance de plusieurs termes précédents, pas seulement P(k)P(k).
    • Exemple : Définition de suites par récurrence où un+1u_{n+1} dépend de unu_n et un1u_{n-1}.
  • Récurrence à plusieurs pas :

    • Similaire à la récurrence forte, mais on prouve P(k+p)P(k+p) à partir de P(k)P(k). L'initialisation doit alors être faite pour pp premiers termes.
  • Démonstration de formules :

    • Sommes : Comme l'exemple précédent (1+2+...+n1+2+...+n).
    • Produits : Par exemple, P(n):i=1n(11i+1)=1n+1P(n): \prod_{i=1}^n (1 - \frac{1}{i+1}) = \frac{1}{n+1}.
    • Inégalités : Par exemple, P(n):2n>nP(n): 2^n > n pour n1n \ge 1.
  • Étude de suites numériques :

    • Prouver qu'une suite est majorée/minorée, croissante/décroissante.
    • Exemple : Soit (un)(u_n) une suite définie par u0=0u_0=0 et un+1=un+2u_{n+1} = \sqrt{u_n+2}. Montrer que 0un20 \le u_n \le 2 pour tout nn.
      • Initialisation : u0=0u_0=0, donc 0u020 \le u_0 \le 2 est vraie.
      • Hérédité : Supposons 0uk20 \le u_k \le 2 pour un k0k \ge 0.
        • Alors 0+2uk+22+20+2 \le u_k+2 \le 2+2, donc 2uk+242 \le u_k+2 \le 4.
        • En prenant la racine carrée (la fonction racine est croissante sur [0,+[[0, +\infty[) : 2uk+24\sqrt{2} \le \sqrt{u_k+2} \le \sqrt{4}.
        • Donc 2uk+12\sqrt{2} \le u_{k+1} \le 2.
        • Puisque 20\sqrt{2} \ge 0, on a bien 0uk+120 \le u_{k+1} \le 2. L'hérédité est prouvée.
      • Conclusion : Par récurrence, pour tout nNn \in \mathbb{N}, 0un20 \le u_n \le 2.

Chapitre 5

Erreurs Logiques et Pièges Fréquents

Confusions et Faux Raisonnements

  • Confondre implication et réciproque :

    • L'implication est ABA \Rightarrow B.
    • La réciproque est BAB \Rightarrow A.
    • Ces deux propositions ne sont PAS logiquement équivalentes. La vérité de l'une n'entraîne pas la vérité de l'autre.
    • Exemple : "S'il pleut (A\text{A}), alors le sol est mouillé (B\text{B})." (Vraie, en général)
    • Réciproque : "Si le sol est mouillé (B\text{B}), alors il pleut (A\text{A})." (Fausse, le sol peut être mouillé par un arrosage).
    • Piège : Affirmer la réciproque comme si elle était vraie, alors qu'elle ne l'est pas.
  • Confondre implication et contraposée :

    • L'implication ABA \Rightarrow B et sa contraposée ¬B¬A\lnot B \Rightarrow \lnot A SONT logiquement équivalentes.
    • C'est une erreur de croire qu'elles ne le sont pas, ou de penser que la contraposée est la réciproque.
  • Affirmation du conséquent :

    • C'est un sophisme courant. Partir de ABA \Rightarrow B et de BB pour conclure AA.
    • Exemple : "Si j'ai la grippe (A\text{A}), alors j'ai de la fièvre (B\text{B})." (Vrai)
    • "J'ai de la fièvre (B\text{B})."
    • Fausse conclusion : "Donc j'ai la grippe (A\text{A})." (On peut avoir de la fièvre pour d'autres raisons).
  • Négation incorrecte de propositions :

    • Nier "ET" par "OU" et vice-versa (lois de De Morgan).
      • ¬(AB)(¬A¬B)\lnot (A \land B) \Leftrightarrow (\lnot A \lor \lnot B)
      • ¬(AB)(¬A¬B)\lnot (A \lor B) \Leftrightarrow (\lnot A \land \lnot B)
    • Nier les quantificateurs (vu précédemment).
      • ¬(x,P(x))(x,¬P(x))\lnot (\forall x, P(x)) \Leftrightarrow (\exists x, \lnot P(x))
      • ¬(x,P(x))(x,¬P(x))\lnot (\exists x, P(x)) \Leftrightarrow (\forall x, \lnot P(x))
    • Ces erreurs peuvent invalider toute une démonstration.

La Nécessité de la Rigueur

La rigueur est la qualité la plus importante en mathématiques. Une démonstration n'est valide que si chaque étape est justifiée de manière irréfutable.

  • Importance de la définition des termes : Avant de commencer une démonstration, assurez-vous que tous les termes et symboles utilisés sont clairement définis. Que signifie "pair" ? "Premier" ? "Convergent" ?
  • Clarté des étapes de la démonstration :
    • Chaque transition d'une étape à l'autre doit être logique et explicite.
    • Utilisez des mots de liaison clairs ("donc", "ainsi", "par conséquent", "on en déduit", "car").
    • Évitez les "sauts logiques" où une étape est implicitement supposée.
  • Justification de chaque affirmation :
    • Toute affirmation doit être une définition, un axiome, une hypothèse du problème, ou un théorème/lemme/propriété préalablement établi(e) et prouvé(e).
    • Ne laissez aucune affirmation "en l'air".
  • Exemples de démonstrations fallacieuses :
    • Preuve que 1=01=0 :
      1. Soient aa et bb deux nombres réels tels que a=ba=b.
      2. Multiplions par aa : a2=aba^2 = ab.
      3. Soustraire b2b^2 : a2b2=abb2a^2 - b^2 = ab - b^2.
      4. Factoriser : (ab)(a+b)=b(ab)(a-b)(a+b) = b(a-b).
      5. Diviser par (ab)(a-b) : a+b=ba+b = b.
      6. Puisque a=ba=b, on a b+b=bb+b=b, soit 2b=b2b=b.
      7. Si b0b \ne 0, on peut diviser par bb et obtenir 2=12=1.
      8. Si on part de a=1,b=1a=1, b=1, alors 2=12=1.
      • Où est l'erreur ? L'erreur est à l'étape 5. Pour diviser par (ab)(a-b), il faut que ab0a-b \ne 0. Or, si a=ba=b, alors ab=0a-b=0. La division par zéro est une opération indéfinie et invalide le raisonnement.

La pratique régulière de la démonstration, l'analyse critique des arguments et la relecture attentive de vos propres preuves sont les meilleures façons de développer une rigueur mathématique solide.

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