Suites et séries numériques
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5 chapitres
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Pratique
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Chapitre 1
Rappels sur les suites numériques
Définition et modes de génération d'une suite
Il existe plusieurs façons de définir une suite :
-
Suite définie explicitement (ou par une formule directe) : Chaque terme est donné directement en fonction de son indice . C'est comme une fonction où .
- Exemple : La suite définie par . Pour trouver , on remplace par : . Pour trouver , on remplace par : . Pour trouver , on remplace par : .
- Avantage : On peut calculer n'importe quel terme directement sans connaître les précédents.
-
Suite définie par récurrence : Le premier terme (ou les premiers termes) est donné, et chaque terme suivant est défini en fonction du ou des termes précédents.
- Exemple : La suite définie par et pour tout . Pour trouver : . Pour trouver : . (Dans cet exemple, la suite est constante à partir de .)
- Exemple 2 : et .
- Désavantage : Pour calculer , il faut généralement calculer tous les termes précédents.
-
Représentation graphique d'une suite : On représente les termes d'une suite par des points dans un repère. Pour une suite définie par récurrence , on peut utiliser la droite d'équation et la courbe représentative de .
- Placer sur l'axe des abscisses.
- Monter (ou descendre) jusqu'à la courbe de pour trouver (ordonnée du point).
- Se déplacer horizontalement jusqu'à la droite pour ramener sur l'axe des abscisses.
- Répéter le processus pour trouver , , etc. Cette méthode permet de visualiser le comportement de la suite (convergence, divergence, oscillation).
Sens de variation d'une suite
Le sens de variation d'une suite décrit si ses termes augmentent, diminuent ou restent constants.
-
Une suite est croissante si pour tout , .
- Si , la suite est strictement croissante.
-
Une suite est décroissante si pour tout , .
- Si , la suite est strictement décroissante.
-
Une suite est constante si pour tout , .
-
Une suite est monotone si elle est soit croissante, soit décroissante (soit constante).
-
Démonstration du sens de variation : Pour étudier le sens de variation, on étudie le signe de la différence .
- Si pour tout , alors est strictement croissante.
- Si pour tout , alors est strictement décroissante.
- Si pour tout , alors est constante.
- Exemple : . Pour , . Donc la suite est strictement croissante.
Si tous les termes de la suite sont strictement positifs, on peut aussi étudier le rapport par rapport à 1.
- Si pour tout , alors est strictement croissante.
- Si pour tout , alors est strictement décroissante. Cette méthode est souvent utilisée pour les suites définies par un produit ou une puissance.
Suites arithmétiques et géométriques
Ces deux types de suites sont fondamentales en mathématiques.
-
Définition et terme général d'une suite arithmétique : Une suite est arithmétique si la différence entre deux termes consécutifs est constante. Cette constante est appelée la raison de la suite, notée .
- Pour tout , .
- Le terme général est donné par . Si , . Si , .
- Exemple : , . La suite est . Le terme général est .
-
Somme des termes d'une suite arithmétique : La somme des premiers termes d'une suite arithmétique, de à , est donnée par la formule : . Le nombre de termes est . Donc, .
- Cas particulier : Somme des premiers termes (de à ) : .
- Exemple : Somme des 100 premiers entiers : .
-
Définition et terme général d'une suite géométrique : Une suite est géométrique si le rapport entre deux termes consécutifs est constant. Cette constante est appelée la raison de la suite, notée .
- Pour tout , .
- Le terme général est donné par . Si , . Si , .
- Exemple : , . La suite est . Le terme général est .
-
Somme des termes d'une suite géométrique : La somme des premiers termes d'une suite géométrique, de à , est donnée par la formule (si ) : . Le nombre de termes est . Donc, .
- Cas particulier : Somme des premiers termes (de à ) : .
- Si , la suite est constante, et .
- Exemple : , . Somme des 5 premiers termes : .
Chapitre 2
Convergence des suites numériques
Limite d'une suite
-
Définition intuitive de la limite : Lorsque devient de plus en plus grand, les termes de la suite se rapprochent-ils d'une valeur particulière ? Ou deviennent-ils arbitrairement grands (en positif ou négatif) ?
-
Limite finie (convergence) : Une suite converge vers un réel si, pour tout intervalle ouvert contenant , tous les termes de la suite à partir d'un certain rang appartiennent à cet intervalle. On écrit . Intuitivement, les termes de la suite s'accumulent autour de lorsque est grand.
- Exemple : La suite . Les termes sont . Lorsque devient très grand, s'approche de . Donc . La suite converge vers .
-
Limite infinie (divergence) : Une suite diverge vers si, pour tout réel , tous les termes de la suite à partir d'un certain rang sont supérieurs à . On écrit . De même, une suite diverge vers si .
- Exemple : La suite . . La suite diverge.
- Exemple : La suite . . La suite diverge.
Si une suite ne converge pas vers une limite finie et ne diverge pas vers , elle est dite divergente sans limite infinie (ex: suite alternée ).
Propriétés des limites de suites
Ces propriétés sont essentielles pour calculer des limites complexes.
-
Opérations sur les limites : Soient et deux suites convergeant vers et respectivement.
Opération Limite de Limite de Limite de () Cas général (si ) Formes indéterminées , Attention aux formes indéterminées ! Dans ces cas, il faut souvent transformer l'expression de la suite (factorisation, conjugué, etc.) pour lever l'indétermination.
-
Théorèmes de comparaison : Ces théorèmes permettent de déterminer la limite d'une suite en la comparant à d'autres suites dont la limite est connue.
- Si pour tout , et , alors . (Si une suite est plus grande qu'une suite qui tend vers , alors elle tend aussi vers .)
- Si pour tout , et , alors . (Si une suite est plus petite qu'une suite qui tend vers , alors elle tend aussi vers .)
-
Théorème des gendarmes (ou théorème d'encadrement) : Soient trois suites , et . Si pour tout , , et si et (avec un réel), alors ====.
- Exemple : . On sait que . Donc . Comme et , alors par le théorème des gendarmes, .
Suites monotones et bornées
Ces concepts sont cruciaux pour prouver la convergence d'une suite sans connaître sa limite exacte.
-
Suite majorée, minorée, bornée :
- Une suite est majorée s'il existe un réel tel que pour tout , . (La suite ne dépasse jamais ).
- Une suite est minorée s'il existe un réel tel que pour tout , . (La suite n'est jamais en dessous de ).
- Une suite est bornée si elle est à la fois majorée et minorée. (Ses termes sont compris entre deux valeurs et ).
-
Théorème de convergence monotone : Ce théorème est un résultat fondamental :
- Toute suite croissante et majorée converge.
- Toute suite décroissante et minorée converge.
- Toute suite croissante et non majorée diverge vers .
- Toute suite décroissante et non minorée diverge vers . Ce théorème garantit l'existence d'une limite finie, même si on ne sait pas la calculer directement.
-
Application aux suites définies par récurrence : Le théorème de convergence monotone est souvent utilisé pour les suites définies par récurrence de la forme . Pour démontrer la convergence d'une telle suite, on suit généralement ces étapes :
- Initialisation : Montrer que est dans un certain intervalle .
- Hérédité : Montrer que si , alors . (Cela prouve que la suite est bornée sur cet intervalle).
- Monotonie : Étudier le sens de variation de la suite (signe de ou comparaison de et ).
- Conclusion : Si la suite est monotone et bornée, alors elle converge (par le théorème de convergence monotone).
- Calcul de la limite : Si , alors est un point fixe de la fonction , c'est-à-dire . On résout cette équation pour trouver la valeur de .
Chapitre 3
Séries numériques
Définition d'une série numérique
Soit une suite numérique. On appelle série numérique associée à la suite la somme formelle .
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Suite des sommes partielles : Pour étudier la convergence d'une série, on définit la suite des sommes partielles par : . Autrement dit, est la somme des premiers termes de la suite .
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Série convergente : La série est dite convergente si la suite de ses sommes partielles converge vers une limite finie . Dans ce cas, on appelle la somme de la série, et on écrit .
-
Série divergente : La série est dite divergente si la suite de ses sommes partielles ne converge pas (c'est-à-dire qu'elle diverge vers ou n'admet pas de limite).
-
Reste d'une série : Si une série converge vers , on définit le reste d'ordre de la série, noté , comme la somme des termes à partir de l'indice : . Si la série converge, alors ====.
Exemples de séries usuelles
-
Séries géométriques : Une série géométrique est de la forme , où est le premier terme et est la raison.
- La suite des sommes partielles est (si ).
- Critère de convergence : Une série géométrique converge si et seulement si . Dans ce cas, sa somme est .
- Si , la série diverge (sauf cas ).
- Exemple : .
-
Séries de Riemann (critère de convergence) : Une série de Riemann est de la forme , où est un réel.
- Critère de convergence : Une série de Riemann converge si et seulement si .
- Si , la série diverge.
- Exemple : converge car .
- Exemple : (série harmonique) diverge car .
-
Séries télescopiques : Une série est dite télescopique si son terme général peut s'écrire sous la forme (ou ). La somme partielle se simplifie considérablement : . La série converge si et seulement si existe et est finie.
- Exemple : . On peut décomposer en éléments simples : . Ici . . . La série converge et sa somme est 1.
Propriétés des séries convergentes
-
Linéarité des séries : Si et sont deux séries convergentes de sommes respectives et , et si est un réel, alors :
- La série converge et sa somme est .
- La série converge et sa somme est .
-
Condition nécessaire de convergence (terme général tend vers 0) : Si la série converge, alors ====.
- Attention : La réciproque est fausse ! Si , la série n'est pas nécessairement convergente. L'exemple classique est la série harmonique : , mais la série diverge.
- Cette propriété est utile pour prouver la divergence d'une série : si (ou n'existe pas), alors la série diverge.
-
Séries à termes positifs : Une série est à termes positifs si pour tout . Pour ces séries, la suite des sommes partielles est croissante. Par le théorème de convergence monotone, une série à termes positifs converge si et seulement si sa suite des sommes partielles est majorée. Ce fait simplifie l'étude de la convergence des séries à termes positifs.
Chapitre 4
Critères de convergence pour les séries
Critères de comparaison
Ces critères sont très utiles pour les séries à termes positifs. Soient et deux séries à termes positifs.
-
Comparaison par inégalité :
- Si pour tout :
- Si converge, alors converge. (Une série plus petite qu'une série convergente converge).
- Si diverge, alors diverge. (Une série plus grande qu'une série divergente diverge).
- Exemple : Étudier . On sait que . Comme est une série de Riemann convergente (), alors converge.
- Si pour tout :
-
Comparaison par équivalence : Si , et si (c'est-à-dire ), alors les séries et sont de même nature (elles convergent ou divergent simultanément).
- Exemple : Étudier . Pour grand, et . Donc . Comme est une série de Riemann convergente, alors converge.
-
Négligeabilité () : Si , et si , on écrit .
- Si converge, alors converge.
- Si diverge, alors diverge.
Critère de d'Alembert
Ce critère est particulièrement efficace pour les séries dont le terme général contient des factorielles ou des puissances. Soit une série à termes strictement positifs ().
-
On calcule la limite du rapport des termes consécutifs : .
- Si , alors la série converge.
- Si , alors la série diverge.
- Si , le critère ne permet pas de conclure. Il faut utiliser un autre critère.
-
Application aux séries à termes positifs : Ce critère est souvent utilisé pour les séries de la forme ou .
-
Limites du critère : Le cas est la principale limite. Par exemple, pour les séries de Riemann , le rapport lorsque , quel que soit . Le critère de d'Alembert ne permet donc pas de conclure pour les séries de Riemann.
Critère de Cauchy (racine n-ième)
Ce critère est utile pour les séries dont le terme général est une puissance -ième. Soit une série à termes positifs ().
-
On calcule la limite de la racine n-ième du terme général : .
- Si , alors la série converge.
- Si , alors la série diverge.
- Si , le critère ne permet pas de conclure.
-
Application aux séries à termes positifs : Ce critère est efficace pour les séries de la forme .
-
Comparaison avec le critère de d'Alembert : Le critère de Cauchy est plus puissant que celui de d'Alembert : si le critère de d'Alembert conclut, alors celui de Cauchy conclut aussi. Cependant, le critère de Cauchy peut conclure dans des cas où d'Alembert ne conclut pas (ex: certaines séries où la limite du rapport n'existe pas mais celle de la racine -ième oui).
Chapitre 5
Séries alternées et séries entières
Séries alternées
-
Définition d'une série alternée : Une série est dite alternée si ses termes sont alternativement positifs et négatifs. Elle peut s'écrire sous la forme ou , où est une suite de termes positifs ().
- Exemple : (série harmonique alternée).
-
Critère spécial des séries alternées (CSSA) : Soit une série alternée avec . Si la suite :
- est décroissante à partir d'un certain rang,
- tend vers zéro (), alors la série converge.
- Exemple : Pour la série harmonique alternée , on a .
- La suite est bien décroissante.
- . Donc, par le CSSA, la série harmonique alternée converge.
-
Convergence absolue et semi-convergence :
- Une série est dite absolument convergente si la série des valeurs absolues converge. Si une série est absolument convergente, alors elle est convergente. (La réciproque est fausse).
- Une série est dite semi-convergente si elle est convergente mais non absolument convergente.
- Exemple : La série harmonique alternée est convergente (par le CSSA). Mais la série des valeurs absolues (série harmonique) est divergente. Donc la série harmonique alternée est semi-convergente.
- L'intérêt de la convergence absolue est qu'elle permet d'utiliser les critères pour les séries à termes positifs (comparaison, d'Alembert, Cauchy) sur .
Introduction aux séries entières
-
Définition et forme générale : Une série entière est une série de fonctions de la forme , où les sont des coefficients réels ou complexes et est une variable réelle ou complexe. Chaque série entière a un ensemble de valeurs de pour lesquelles elle converge.
-
Rayon de convergence : Pour toute série entière , il existe un réel (éventuellement ) appelé rayon de convergence, tel que :
- La série converge absolument pour tout tel que .
- La série diverge pour tout tel que .
- Pour , on ne peut pas conclure directement, il faut étudier la convergence aux bornes de l'intervalle. Le rayon de convergence peut souvent être calculé par les critères de d'Alembert ou de Cauchy appliqués à la série . Si , alors (si ). Si , . Si , . De même, si , alors .
-
Intervalle de convergence : Si est le rayon de convergence, l'ensemble des valeurs de pour lesquelles la série converge s'appelle l'intervalle de convergence.
- Si , l'intervalle est de la forme , , ou . Il faut étudier la convergence en et .
- Si , c'est le disque ouvert de centre et de rayon .
Opérations sur les séries entières
Les séries entières ont des propriétés très pratiques qui les rendent similaires aux polynômes.
-
Dérivation et intégration terme à terme : Si converge pour , alors est dérivable et intégrable sur , et :
- Le rayon de convergence des séries dérivée et intégrée est le même que celui de la série originale ().
-
Somme et produit de séries entières : Si et ont des rayons de convergence et :
- Somme : . Le rayon de convergence est au moins .
- Produit de Cauchy : où . Le rayon de convergence est au moins .
-
Développement en série entière de fonctions usuelles : De nombreuses fonctions peuvent être représentées par une série entière, c'est ce qu'on appelle un développement en série entière (DSE).
- pour .
- pour tout ().
- pour tout ().
- pour tout ().
- pour . Ces DSE sont fondamentaux et doivent être connus. Ils permettent de calculer des limites, des intégrales, et d'approximer des fonctions.
Après la lecture
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Suite naturelle
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