La continuite
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4 chapitres
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Pratique
12 questions
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Objectif
Terminale générale
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Chapitre 1
Introduction à la notion de continuité
Définition intuitive et exemples
La continuité est une propriété fondamentale des fonctions en mathématiques. Intuitivement, une fonction est continue si l'on peut tracer sa courbe représentative sans jamais lever le crayon de la feuille. Il n'y a pas de "saut", de "trou" ou de "cassure" dans le tracé.
Exemples de fonctions continues usuelles :
- Les fonctions affines : (ex: )
- Les fonctions polynomiales :
- Les fonctions racine carrée : (sur son domaine de définition )
- Les fonctions sinus et cosinus : ,
- La fonction exponentielle :
- La fonction logarithme népérien : (sur son domaine de définition )
Exemples de fonctions non continues :
- La fonction partie entière : (présente des sauts à chaque entier)
- La fonction inverse : n'est pas continue en (elle n'est pas définie en ce point et tend vers )
- Les fonctions définies par morceaux avec des "sauts". Par exemple : Cette fonction présente un saut en .
Continuité en un point
Une fonction est dite continue en un point de son domaine de définition si la limite de lorsque tend vers existe et est égale à la valeur de la fonction en ce point.
Formellement, est continue en si et seulement si :
Cela signifie trois choses :
- doit être définie (le point appartient au domaine de définition de ).
- La limite doit exister et être finie.
- Ces deux valeurs doivent être égales.
Exemple : Soit la fonction . Pour montrer qu'elle est continue en :
- .
- .
- Puisque , la fonction est continue en .
Contre-exemple : Reprenons la fonction définie par morceaux : Est-elle continue en ?
- .
- Calculons les limites à gauche et à droite :
- .
- . Les limites à gauche et à droite sont différentes, donc n'existe pas. La fonction n'est pas continue en .
Continuité sur un intervalle
Une fonction est dite continue sur un intervalle si elle est continue en chaque point de cet intervalle.
Il y a quelques subtilités pour les bornes de l'intervalle :
- Si l'intervalle est ouvert , est continue sur si elle est continue en tout point .
- Si l'intervalle est fermé , est continue sur si :
- Elle est continue sur .
- Elle est continue à droite en : .
- Elle est continue à gauche en : .
- Pour les intervalles semi-ouverts (ex: ou ), on adapte la définition en conséquence. Pour , il faut la continuité à droite en .
Rappel important : Toutes les fonctions usuelles (polynomiales, rationnelles, trigonométriques, exponentielle, logarithme) sont continues sur leur domaine de définition. Par exemple, est continue sur et sur , mais pas sur .
Chapitre 2
Propriétés des fonctions continues
Opérations sur les fonctions continues
La continuité est une propriété "stable" par les opérations arithmétiques et la composition. C'est très utile pour prouver la continuité de fonctions complexes.
Soient et deux fonctions continues sur un intervalle , et un réel.
- Somme et différence : La fonction (et ) est continue sur . Exemple : est continue sur , est continue sur . Donc est continue sur .
- Produit : La fonction est continue sur . Exemple : est continue sur .
- Produit par un scalaire : La fonction est continue sur . Exemple : est continue sur .
- Quotient : La fonction est continue sur pour tous les points tels que . Exemple : est continue sur et sur . Elle n'est pas définie en , donc pas continue en .
- Composition : Si est continue sur et est continue sur tel que (l'image de par est incluse dans ), alors la fonction composée est continue sur . Exemple : est continue sur . est continue sur . L'image de par est , qui est bien inclus dans . Donc est continue sur .
Conséquence importante :
- Toute fonction polynomiale est continue sur .
- Toute fonction rationnelle est continue sur son domaine de définition (qui est privé des valeurs annulant le dénominateur).
Continuité et ordre
Le lien entre continuité et ordre est crucial, notamment avec le Théorème des Valeurs Intermédiaires (TVI).
Le TVI est un outil puissant pour prouver l'existence d'antécédents et de solutions à des équations.
Théorème des Valeurs Intermédiaires (TVI) : Soit une fonction continue sur un intervalle . Pour tout réel compris entre et (c'est-à-dire ou ), il existe au moins un réel tel que .
En d'autres termes, une fonction continue ne "saute" aucune valeur. Elle prend toutes les valeurs intermédiaires entre et .
Applications du TVI :
- Prouver l'existence d'une solution à une équation .
- Prouver l'existence d'un antécédent pour une valeur donnée .
Exemple : Montrer que l'équation admet au moins une solution sur l'intervalle . Soit .
- est une fonction polynomiale, donc elle est continue sur , et en particulier sur .
- Calculons les valeurs aux bornes :
- .
- .
- La valeur est bien comprise entre et .
- D'après le TVI, il existe au moins un réel tel que . L'équation admet donc au moins une solution sur .
Cas des fonctions strictement monotones
Quand on ajoute la condition de stricte monotonie à la continuité, le TVI devient encore plus puissant, garantissant l'unicité de la solution.
Si est une fonction continue et strictement monotone (strictement croissante ou strictement décroissante) sur un intervalle , alors pour tout réel compris entre et , il existe un unique réel tel que .
Interprétation graphique : La courbe d'une fonction continue et strictement monotone ne peut couper une droite horizontale qu'en un seul point si est entre et .
Application à la résolution d'équations : Ce corollaire du TVI est fondamental pour montrer l'existence ET l'unicité des solutions d'équations du type .
Exemple : Reprenons l'équation sur . Soit .
- est continue sur .
- Calculons sa dérivée pour étudier sa monotonie : .
- Pour , , donc , et . Ainsi, sur .
- Puisque , la fonction est strictement croissante sur .
- Comme et , et que est compris entre et , alors d'après le corollaire du TVI, il existe une unique solution à l'équation .
C'est un résultat très fort car il nous assure non seulement qu'une solution existe, mais qu'il n'y en a qu'une seule sur cet intervalle.
Chapitre 3
Théorème des Valeurs Intermédiaires (TVI)
Énoncé et interprétation graphique du TVI
Le Théorème des Valeurs Intermédiaires (TVI) est un pilier de l'analyse des fonctions continues.
Énoncé formel : Soit une fonction continue sur un intervalle . Soit un nombre réel quelconque compris entre et . Alors il existe au moins un nombre appartenant à l'intervalle tel que .
Conditions cruciales :
- La fonction doit être continue sur l'intervalle fermé . C'est la condition la plus importante. Si la fonction n'est pas continue, le théorème ne s'applique pas (on peut avoir des "sauts" qui "manquent" des valeurs).
- L'intervalle doit être fermé pour que et soient définies et que l'on puisse parler de valeurs aux bornes.
- Le nombre doit être entre et .
Interprétation graphique : Imaginez la courbe de la fonction entre les points et . Si la fonction est continue, cela signifie que vous pouvez dessiner la courbe de à sans lever le crayon. Le TVI dit que si vous tracez une droite horizontale qui passe entre et , cette droite va nécessairement couper la courbe de au moins une fois entre et . La continuité "force" la courbe à traverser toutes les hauteurs intermédiaires entre et .
Tableau récapitulatif des conditions et conséquences :
| Condition 1 | Condition 2 | Conséquence (TVI) |
|---|---|---|
| continue sur | Il existe au moins un tel que |
Corollaire du TVI : Cas $f(a)f(b) < 0$
Un cas très fréquent et utile du TVI est lorsque . C'est le corollaire qui permet de montrer l'existence de racines (zéros) d'une fonction.
Énoncé du corollaire : Si est une fonction continue sur un intervalle et si et sont de signes opposés (c'est-à-dire ), alors il existe au moins un réel appartenant à l'intervalle tel que .
Explication : Si et sont de signes opposés, cela signifie que l'un est positif et l'autre est négatif. Par exemple, si et . La valeur est alors nécessairement comprise entre et . Le TVI garantit donc l'existence d'un tel que . Notez que le est dans car si ou , alors , ce qui contredit la condition .
Applications pratiques :
- Prouver qu'une équation a au moins une solution.
- Localiser des racines dans des intervalles spécifiques.
Exemple : Montrer que l'équation admet au moins une solution sur . Soit .
- est continue sur (somme de fonctions continues : et ). Donc est continue sur tout intervalle fermé, par exemple .
- Calculons les valeurs aux bornes de :
- . Donc .
- . Donc .
- Puisque et , on a .
- D'après le corollaire du TVI, il existe au moins un réel tel que . L'équation admet donc au moins une solution sur .
Méthode de dichotomie
La méthode de dichotomie est un algorithme numérique qui utilise le corollaire du TVI pour approcher une solution de l'équation avec une précision donnée.
Principe : On part d'un intervalle où est continue et . On sait qu'il existe une racine dans cet intervalle.
- On calcule le milieu de l'intervalle : .
- On évalue .
- On compare le signe de avec et :
- Si , on a trouvé la racine.
- Si et sont de signes opposés (), alors la racine est dans . On remplace par .
- Si et sont de signes opposés (), alors la racine est dans . On remplace par .
- On répète le processus avec le nouvel intervalle, qui a une longueur divisée par deux.
Algorithme :
fonction dichotomie(f, a, b, precision) :
si f(a) * f(b) >= 0 alors
afficher "Le TVI ne garantit pas de racine sur cet intervalle."
retourner
fin si
tant que (b - a) > precision faire
m = (a + b) / 2
si f(m) == 0 alors
retourner m
sinon si f(a) * f(m) < 0 alors
b = m
sinon
a = m
fin si
fin tant que
retourner (a + b) / 2 // Retourne une approximation de la racine
fin fonction
Précision de l'approximation : Après itérations, la longueur de l'intervalle de recherche est . Pour obtenir une précision (c'est-à-dire un intervalle de longueur inférieure à ), on cherche tel que .
Avantages :
- Simple à comprendre et à implémenter.
- Garantit la convergence vers une racine si les conditions du TVI sont remplies.
- La vitesse de convergence est constante et prévisible.
Inconvénients :
- Relativement lente comparée à d'autres méthodes numériques (comme la méthode de Newton).
- Ne permet pas de trouver toutes les racines s'il y en a plusieurs dans l'intervalle initial.
Chapitre 4
Applications de la continuité
Résolution d'équations
La continuité est un outil essentiel pour prouver l'existence et parfois l'unicité de solutions à des équations, surtout celles qui ne peuvent pas être résolues algébriquement.
1. Existence de solutions (via le TVI) : Pour montrer qu'une équation admet une solution sur un intervalle :
- Vérifier que est continue sur .
- Vérifier que est entre et . Si ces deux conditions sont remplies, le TVI garantit l'existence d'au moins une solution.
Exemple : Montrer que l'équation admet au moins une solution sur . On pose . On cherche tel que .
- est continue sur (différence de fonctions continues).
- Cherchons un intervalle où et sont de signes opposés.
- .
- .
- Puisque et , le corollaire du TVI assure qu'il existe au moins une solution telle que .
2. Unicité de la solution (via la stricte monotonie) : Pour montrer qu'une équation admet une unique solution sur un intervalle :
- Vérifier que est continue sur .
- Vérifier que est strictement monotone sur (en étudiant le signe de sa dérivée ).
- Vérifier que est entre et . Si toutes ces conditions sont remplies, le corollaire du TVI pour les fonctions strictement monotones garantit l'existence et l'unicité d'une solution.
Exemple : Montrer que l'équation admet une unique solution sur . On a déjà montré l'existence d'une solution sur .
- est continue sur .
- Étudions la monotonie sur : . On sait que , donc . Par conséquent, . Donc pour tout . De plus, seulement si , c'est-à-dire pour . Ces points sont isolés. Ainsi, est strictement décroissante sur .
- Calculons les limites :
- . est bornée entre -1 et 1, tandis que . Donc .
- . est bornée, tandis que . Donc .
- Puisque est continue et strictement décroissante de à sur , et que est une valeur intermédiaire, le corollaire du TVI assure qu'il existe une unique solution à sur .
Optimisation et extremums
La continuité joue un rôle central dans l'existence d'extremums (maximums et minimums) pour une fonction sur un intervalle fermé.
Théorème des bornes atteintes (ou Théorème de Weierstrass) : Si est une fonction continue sur un intervalle fermé et borné , alors admet un maximum et un minimum sur cet intervalle. Autrement dit, il existe tel que et il existe tel que .
Conditions cruciales :
- Continuité de la fonction.
- L'intervalle doit être fermé (type ).
- L'intervalle doit être borné (il ne s'étend pas à l'infini).
Ce théorème garantit l'existence des extremums, mais ne donne pas leur position. Pour les trouver, on utilise généralement la dérivabilité (points critiques, bornes de l'intervalle).
Exemple : Soit sur l'intervalle .
- est une fonction polynomiale, donc elle est continue sur , et en particulier sur l'intervalle fermé et borné .
- D'après le théorème des bornes atteintes, admet un maximum et un minimum sur .
Pour les trouver :
- Dérivée : .
- Point critique : . Ce point est dans .
- Valeurs aux bornes et au point critique :
- Le minimum de sur est (atteint en ).
- Le maximum de sur est (atteint en ).
Continuité et suites numériques
La continuité est essentielle pour étudier la convergence des suites définies par récurrence du type .
Théorème du point fixe (admis en Terminale) : Soit une suite définie par et . Si :
- est une fonction continue sur un intervalle .
- L'intervalle est stable par (c'est-à-dire ).
- La suite est convergente vers une limite . Alors la limite est un point fixe de , c'est-à-dire .
Explication : Si , alors . Puisque est continue en , on a . Donc, en passant à la limite dans , on obtient .
Conditions cruciales :
- La fonction doit être continue.
- La suite doit être convergente. L'étude de la convergence (monotonie et bornitude) est souvent faite avant d'appliquer ce théorème.
Exemple : Soit la suite définie par et . On admet que est convergente vers une limite .
- La fonction est continue sur son domaine de définition, qui est . Puisque et que tous les termes de la suite sont positifs, on peut considérer comme continue sur un intervalle approprié qui contient .
- Puisque converge vers , et que est continue, alors doit être un point fixe de , c'est-à-dire .
(on doit avoir car est positive).
Calcul du discriminant : .
Les solutions sont .
- .
- . Puisque la suite est à termes positifs (, et si , alors , donc ), sa limite doit être positive. Donc, . La continuité de est essentielle pour affirmer que la limite de la suite est un point fixe. Sans continuité, cette propriété ne serait pas garantie.
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