Éducation nationale françaiseSpécialité MathématiquesTerminale générale17 min de lecture

Les fonctions trigonométriques

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Lecture

5 chapitres

Un parcours éditorialisé et navigable.

Pratique

12 questions

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Objectif

Terminale générale

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Chapitre 1

Rappels et extensions sur le cercle trigonométrique

Cercle trigonométrique et mesure des angles

Le cercle trigonométrique est un outil fondamental en mathématiques. C'est un cercle de rayon 1, centré à l'origine O(0,0)O(0,0) d'un repère orthonormé (O;i,j)(O; \vec{i}, \vec{j}). Le point de coordonnées (1,0)(1,0) est appelé l'origine des arcs.

Les angles peuvent être mesurés en degrés ou en radians. Le radian est l'unité de mesure d'angle privilégiée en mathématiques.

  • Un tour complet du cercle représente 360360^\circ ou 2π2\pi radians.
  • Un demi-tour représente 180180^\circ ou π\pi radians.

La correspondance degrés-radians est proportionnelle:

  • Pour convertir des degrés en radians: anglerad=angledeg×π180angle_{rad} = angle_{deg} \times \frac{\pi}{180}
  • Pour convertir des radians en degrés: angledeg=anglerad×180πangle_{deg} = angle_{rad} \times \frac{180}{\pi}

Voici quelques valeurs remarquables :

DegrésRadians
00^\circ00
3030^\circπ6\frac{\pi}{6}
4545^\circπ4\frac{\pi}{4}
6060^\circπ3\frac{\pi}{3}
9090^\circπ2\frac{\pi}{2}
180180^\circπ\pi
270270^\circ3π2\frac{3\pi}{2}
360360^\circ2π2\pi

Les angles associés sont des angles qui partagent les mêmes valeurs de cosinus, sinus ou tangente, ou des valeurs opposées. Ils sont souvent liés par des symétries sur le cercle trigonométrique. Pour un angle xx:

  • xx et x-x: cos(x)=cos(x)\cos(-x) = \cos(x), sin(x)=sin(x)\sin(-x) = -\sin(x)
  • xx et πx\pi-x: cos(πx)=cos(x)\cos(\pi-x) = -\cos(x), sin(πx)=sin(x)\sin(\pi-x) = \sin(x)
  • xx et π+x\pi+x: cos(π+x)=cos(x)\cos(\pi+x) = -\cos(x), sin(π+x)=sin(x)\sin(\pi+x) = -\sin(x)
  • xx et π2x\frac{\pi}{2}-x: cos(π2x)=sin(x)\cos(\frac{\pi}{2}-x) = \sin(x), sin(π2x)=cos(x)\sin(\frac{\pi}{2}-x) = \cos(x)
  • xx et π2+x\frac{\pi}{2}+x: cos(π2+x)=sin(x)\cos(\frac{\pi}{2}+x) = -\sin(x), sin(π2+x)=cos(x)\sin(\frac{\pi}{2}+x) = \cos(x) Ces relations sont très utiles pour simplifier des expressions ou résoudre des équations.

Coordonnées d'un point sur le cercle

Pour tout réel xx, on peut associer un point unique MM sur le cercle trigonométrique. Si l'angle orienté (i,OM)(\vec{i}, \vec{OM}) mesure xx radians, alors les coordonnées du point MM sont (cos(x),sin(x))(\cos(x), \sin(x)).

  • L'abscisse du point MM est cos(x)\cos(x).
  • L'ordonnée du point MM est sin(x)\sin(x).

Puisque MM est sur le cercle de rayon 1, ses coordonnées (cos(x),sin(x))(\cos(x), \sin(x)) vérifient l'équation du cercle X2+Y2=1X^2 + Y^2 = 1. D'où la relation fondamentale de la trigonométrie : cos2(x)+sin2(x)=1\cos^2(x) + \sin^2(x) = 1 Cette relation est toujours vraie, quel que soit le réel xx.

Les valeurs remarquables de cosinus et sinus sont à connaître par cœur :

xxcos(x)\cos(x)sin(x)\sin(x)
001100
π6\frac{\pi}{6}32\frac{\sqrt{3}}{2}12\frac{1}{2}
π4\frac{\pi}{4}22\frac{\sqrt{2}}{2}22\frac{\sqrt{2}}{2}
π3\frac{\pi}{3}12\frac{1}{2}32\frac{\sqrt{3}}{2}
π2\frac{\pi}{2}0011
π\pi1-100
3π2\frac{3\pi}{2}001-1
2π2\pi1100

Les signes des fonctions trigonométriques dépendent du quadrant où se trouve le point MM sur le cercle :

QuadrantIntervallecos(x)\cos(x)sin(x)\sin(x)
I[0,π2][0, \frac{\pi}{2}]PositifPositif
II[π2,π][\frac{\pi}{2}, \pi]NégatifPositif
III[π,3π2][\pi, \frac{3\pi}{2}]NégatifNégatif
IV[3π2,2π][\frac{3\pi}{2}, 2\pi]PositifNégatif

Fonction tangente

La fonction tangente est définie comme le rapport du sinus sur le cosinus : tan(x)=sin(x)cos(x)\tan(x) = \frac{\sin(x)}{\cos(x)} Son domaine de définition DtanD_{\tan} est l'ensemble des réels xx pour lesquels cos(x)0\cos(x) \neq 0. Cela signifie que xx ne peut pas être de la forme π2+kπ\frac{\pi}{2} + k\pi, où kk est un entier relatif. Dtan=R{π2+kπkZ}D_{\tan} = \mathbb{R} \setminus \{ \frac{\pi}{2} + k\pi \mid k \in \mathbb{Z} \}.

La fonction tangente est périodique de période π\pi: tan(x+π)=tan(x)\tan(x+\pi) = \tan(x). Elle est également impaire: tan(x)=tan(x)\tan(-x) = -\tan(x). Cela signifie que sa courbe est symétrique par rapport à l'origine.

La représentation graphique de la fonction tangente présente des asymptotes verticales aux valeurs où cos(x)=0\cos(x)=0 (par exemple, en π2\frac{\pi}{2}, 3π2\frac{3\pi}{2}, etc.). Sur l'intervalle ]π2,π2[]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}[, la fonction tangente est strictement croissante.

Chapitre 2

Étude des fonctions cosinus et sinus

Propriétés des fonctions cosinus et sinus

Les fonctions cosinus et sinus sont des fonctions fondamentales en analyse.

  • Domaine de définition et de valeurs :

    • Le domaine de définition des fonctions cosinus et sinus est R\mathbb{R}. Elles sont définies pour tout nombre réel.
    • Leur ensemble image (ou domaine de valeurs) est l'intervalle [1,1][-1, 1]. C'est-à-dire que pour tout xRx \in \mathbb{R}, on a 1cos(x)1-1 \le \cos(x) \le 1 et 1sin(x)1-1 \le \sin(x) \le 1.
  • Périodicité :

    • Les fonctions cosinus et sinus sont périodiques de période 2π2\pi. Cela signifie que pour tout xRx \in \mathbb{R} et tout entier kk, on a cos(x+2kπ)=cos(x)\cos(x+2k\pi) = \cos(x) et sin(x+2kπ)=sin(x)\sin(x+2k\pi) = \sin(x).
    • Cela implique que l'on peut étudier ces fonctions sur un intervalle de longueur 2π2\pi, par exemple [0,2π[[0, 2\pi[ ou [π,π][-\pi, \pi], et étendre les résultats par périodicité.
  • Parité :

    • La fonction cosinus est paire : cos(x)=cos(x)\cos(-x) = \cos(x) pour tout xRx \in \mathbb{R}. Sa courbe est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées.
    • La fonction sinus est impaire : sin(x)=sin(x)\sin(-x) = -\sin(x) pour tout xRx \in \mathbb{R}. Sa courbe est symétrique par rapport à l'origine.
  • Dérivabilité et continuité :

    • Les fonctions cosinus et sinus sont continues et dérivables sur tout R\mathbb{R}. Leurs dérivées sont également continues.

Dérivées des fonctions trigonométriques

La connaissance des dérivées est essentielle pour étudier les variations des fonctions trigonométriques.

  • La dérivée de cos(x)\cos(x) est sin(x)-\sin(x). (cos(x))=sin(x)(\cos(x))' = -\sin(x)
  • La dérivée de sin(x)\sin(x) est cos(x)\cos(x). (sin(x))=cos(x)(\sin(x))' = \cos(x)

Ces formules s'étendent aux fonctions composées :

  • Pour une fonction de la forme cos(ax+b)\cos(ax+b), sa dérivée est asin(ax+b)-a\sin(ax+b). (cos(ax+b))=asin(ax+b)(\cos(ax+b))' = -a\sin(ax+b) Par exemple, la dérivée de cos(3x+1)\cos(3x+1) est 3sin(3x+1)-3\sin(3x+1).
  • Pour une fonction de la forme sin(ax+b)\sin(ax+b), sa dérivée est acos(ax+b)a\cos(ax+b). (sin(ax+b))=acos(ax+b)(\sin(ax+b))' = a\cos(ax+b) Par exemple, la dérivée de sin(2xπ4)\sin(2x-\frac{\pi}{4}) est 2cos(2xπ4)2\cos(2x-\frac{\pi}{4}).

L'application aux variations est directe : pour connaître les variations d'une fonction trigonométrique, on étudie le signe de sa dérivée.

  • Si f(x)>0f'(x) > 0, alors ff est croissante.
  • Si f(x)<0f'(x) < 0, alors ff est décroissante.
  • Si f(x)=0f'(x) = 0, alors ff a un extremum local (maximum ou minimum).

Représentations graphiques

Les représentations graphiques des fonctions cosinus et sinus sont des courbes ondulatoires appelées sinusoïdes.

  • La courbe de cosinus (appelée aussi cosinusoïde) est une sinusoïde qui passe par (0,1)(0,1), a un maximum en (0,1)(0,1), un zéro en (π2,0)(\frac{\pi}{2},0), un minimum en (π,1)(\pi,-1), un zéro en (3π2,0)(\frac{3\pi}{2},0) et un maximum en (2π,1)(2\pi,1).
  • La courbe de sinus (sinusoïde) est une sinusoïde qui passe par (0,0)(0,0), a un zéro en (0,0)(0,0), un maximum en (π2,1)(\frac{\pi}{2},1), un zéro en (π,0)(\pi,0), un minimum en (3π2,1)(\frac{3\pi}{2},-1) et un zéro en (2π,0)(2\pi,0). On peut dire que la courbe de sinus est la courbe de cosinus décalée de π2\frac{\pi}{2} vers la droite : sin(x)=cos(xπ2)\sin(x) = \cos(x-\frac{\pi}{2}).

L'amplitude d'une sinusoïde est la moitié de la différence entre sa valeur maximale et sa valeur minimale. Pour cos(x)\cos(x) et sin(x)\sin(x), l'amplitude est 11. La période est la longueur du plus petit intervalle sur lequel la fonction se répète. Pour cos(x)\cos(x) et sin(x)\sin(x), la période est 2π2\pi.

Les transformations de courbes permettent d'obtenir des fonctions trigonométriques plus complexes : Une fonction de la forme f(x)=Acos(ωx+ϕ)+Bf(x) = A\cos(\omega x + \phi) + B ou f(x)=Asin(ωx+ϕ)+Bf(x) = A\sin(\omega x + \phi) + B :

  • A|A| est l'amplitude.
  • La période est T=2πωT = \frac{2\pi}{|\omega|}.
  • ϕ\phi est le déphasage (ou phase initiale).
  • BB est le décalage vertical (translation sur l'axe des ordonnées). Ces paramètres permettent de modéliser de nombreux phénomènes périodiques.

Chapitre 3

Équations et inéquations trigonométriques

Résolution d'équations du type $\cos(x) = a$

Pour résoudre l'équation cos(x)=a\cos(x) = a :

  1. Vérifier que 1a1-1 \le a \le 1. Si aa n'est pas dans cet intervalle, il n'y a pas de solution.
  2. Trouver une valeur α\alpha telle que cos(α)=a\cos(\alpha) = a. On utilise souvent les valeurs remarquables ou la fonction arccos\arccos.
  3. La méthode de résolution s'appuie sur la propriété de parité de cosinus et sa périodicité. Les solutions générales sont : x=α+2kπoux=α+2kπouˋ kZx = \alpha + 2k\pi \quad \text{ou} \quad x = -\alpha + 2k\pi \quad \text{où } k \in \mathbb{Z}
  4. Pour trouver les solutions dans [0;2π[[0; 2\pi[ (ou tout autre intervalle donné), on attribue des valeurs entières à kk et on vérifie si les solutions obtenues sont dans l'intervalle.
  5. L'utilisation du cercle trigonométrique est très visuelle : on trace la droite verticale d'abscisse aa. Les points d'intersection avec le cercle donnent les angles solutions.

Résolution d'équations du type $\sin(x) = a$

Pour résoudre l'équation sin(x)=a\sin(x) = a :

  1. Vérifier que 1a1-1 \le a \le 1. Si aa n'est pas dans cet intervalle, il n'y a pas de solution.
  2. Trouver une valeur α\alpha telle que sin(α)=a\sin(\alpha) = a. On utilise souvent les valeurs remarquables ou la fonction arcsin\arcsin.
  3. La méthode de résolution s'appuie sur la propriété des angles associés (πx)(\pi-x) et la périodicité de sinus. Les solutions générales sont : x=α+2kπoux=πα+2kπouˋ kZx = \alpha + 2k\pi \quad \text{ou} \quad x = \pi - \alpha + 2k\pi \quad \text{où } k \in \mathbb{Z}
  4. Pour trouver les solutions dans [0;2π[[0; 2\pi[ (ou tout autre intervalle donné), on procède comme pour le cosinus.
  5. L'utilisation du cercle trigonométrique : on trace la droite horizontale d'ordonnée aa. Les points d'intersection avec le cercle donnent les angles solutions.

Résolution d'équations du type $\tan(x) = a$

Pour résoudre l'équation tan(x)=a\tan(x) = a :

  1. Il n'y a pas de restriction sur aa, car la fonction tangente prend toutes les valeurs réelles.
  2. Trouver une valeur α\alpha telle que tan(α)=a\tan(\alpha) = a. On utilise souvent les valeurs remarquables ou la fonction arctan\arctan.
  3. Les conditions d'existence : xπ2+kπx \neq \frac{\pi}{2} + k\pi.
  4. La méthode de résolution s'appuie sur la périodicité de π\pi de la fonction tangente. Les solutions générales sont : x=α+kπouˋ kZx = \alpha + k\pi \quad \text{où } k \in \mathbb{Z}
  5. Pour trouver les solutions dans ]π2;π2[]-\frac{\pi}{2}; \frac{\pi}{2}[ (l'intervalle principal), il n'y a qu'une seule solution α\alpha. Pour d'autres intervalles, on ajoute ou soustrait des multiples de π\pi.

Résolution d'inéquations trigonométriques

La résolution d'inéquations trigonométriques est souvent plus complexe que celle des équations, car elle implique des intervalles de solutions. La meilleure méthode est l'utilisation du cercle trigonométrique.

  1. Représenter graphiquement la condition sur le cercle trigonométrique. Par exemple, pour cos(x)>a\cos(x) > a, on cherche les points du cercle dont l'abscisse est supérieure à aa.
  2. Identifier les angles qui correspondent aux égalités (par exemple, cos(x)=a\cos(x) = a). Ce sont les "bornes" des intervalles de solutions.
  3. Déterminer les arcs du cercle qui satisfont l'inéquation.
  4. Écrire les intervalles de solutions en tenant compte de la périodicité et de l'intervalle de résolution demandé (souvent [0;2π[[0; 2\pi[ ou [π;π][-\pi; \pi]).

Exemple simple : Résoudre sin(x)<12\sin(x) < \frac{1}{2} sur [0;2π[[0; 2\pi[.

  1. Résoudre sin(x)=12\sin(x) = \frac{1}{2}. Les solutions dans [0;2π[[0; 2\pi[ sont x=π6x = \frac{\pi}{6} et x=5π6x = \frac{5\pi}{6}.
  2. Sur le cercle, l'ordonnée est inférieure à 12\frac{1}{2} pour les arcs allant de 00 à π6\frac{\pi}{6} et de 5π6\frac{5\pi}{6} à 2π2\pi.
  3. Les solutions sont donc x[0;π6[]5π6;2π[x \in [0; \frac{\pi}{6}[ \cup ]\frac{5\pi}{6}; 2\pi[.

Chapitre 4

Formules d'addition et de duplication

Formules d'addition

Les formules d'addition permettent de calculer le cosinus, le sinus ou la tangente d'une somme ou d'une différence d'angles.

  • Pour le cosinus :
    • cos(a+b)=cos(a)cos(b)sin(a)sin(b)\cos(a+b) = \cos(a)\cos(b) - \sin(a)\sin(b)
    • cos(ab)=cos(a)cos(b)+sin(a)sin(b)\cos(a-b) = \cos(a)\cos(b) + \sin(a)\sin(b)
  • Pour le sinus :
    • sin(a+b)=sin(a)cos(b)+cos(a)sin(b)\sin(a+b) = \sin(a)\cos(b) + \cos(a)\sin(b)
    • sin(ab)=sin(a)cos(b)cos(a)sin(b)\sin(a-b) = \sin(a)\cos(b) - \cos(a)\sin(b)
  • Pour la tangente (avec les conditions d'existence a,b,a+bπ2+kπa, b, a+b \neq \frac{\pi}{2} + k\pi) :
    • tan(a+b)=tan(a)+tan(b)1tan(a)tan(b)\tan(a+b) = \frac{\tan(a) + \tan(b)}{1 - \tan(a)\tan(b)}
    • tan(ab)=tan(a)tan(b)1+tan(a)tan(b)\tan(a-b) = \frac{\tan(a) - \tan(b)}{1 + \tan(a)\tan(b)}

Les démonstrations de ces formules peuvent être faites de différentes manières :

  • Géométriques : en utilisant des triangles rectangles et des propriétés de symétrie sur le cercle trigonométrique.
  • Vectorielles : en utilisant le produit scalaire de vecteurs unitaires et des rotations.
  • Via les nombres complexes (plus avancé).

Formules de duplication

Les formules de duplication sont des cas particuliers des formules d'addition où a=ba=b. Elles permettent d'exprimer cos(2x)\cos(2x), sin(2x)\sin(2x) et tan(2x)\tan(2x) en fonction de cos(x)\cos(x) et sin(x)\sin(x) (ou tan(x)\tan(x)).

  • Pour cos(2x)\cos(2x) :
    • cos(2x)=cos2(x)sin2(x)\cos(2x) = \cos^2(x) - \sin^2(x)
    • En utilisant cos2(x)+sin2(x)=1\cos^2(x) + \sin^2(x) = 1, on peut obtenir deux autres formes :
      • cos(2x)=2cos2(x)1\cos(2x) = 2\cos^2(x) - 1
      • cos(2x)=12sin2(x)\cos(2x) = 1 - 2\sin^2(x)
  • Pour sin(2x)\sin(2x) :
    • sin(2x)=2sin(x)cos(x)\sin(2x) = 2\sin(x)\cos(x)
  • Pour tan(2x)\tan(2x) (avec les conditions d'existence x,2xπ2+kπx, 2x \neq \frac{\pi}{2} + k\pi) :
    • tan(2x)=2tan(x)1tan2(x)\tan(2x) = \frac{2\tan(x)}{1 - \tan^2(x)}

Ces formules ont de nombreuses applications pour la simplification d'expressions trigonométriques, la résolution d'équations, ou le calcul d'intégrales. Par exemple, pour calculer cos(π8)\cos(\frac{\pi}{8}), on peut utiliser la formule cos(2x)=2cos2(x)1\cos(2x) = 2\cos^2(x) - 1 en posant 2x=π42x = \frac{\pi}{4}.

Linéarisation

La linéarisation consiste à transformer des puissances de fonctions trigonométriques (comme cos2(x)\cos^2(x) ou sin2(x)\sin^2(x)) en expressions où les fonctions trigonométriques apparaissent avec des arguments multiples (comme cos(2x)\cos(2x)), mais sans puissances. C'est le processus inverse des formules de duplication.

  • À partir de cos(2x)=2cos2(x)1\cos(2x) = 2\cos^2(x) - 1, on en déduit : cos2(x)=1+cos(2x)2\cos^2(x) = \frac{1 + \cos(2x)}{2}
  • À partir de cos(2x)=12sin2(x)\cos(2x) = 1 - 2\sin^2(x), on en déduit : sin2(x)=1cos(2x)2\sin^2(x) = \frac{1 - \cos(2x)}{2}

L'utilité pour le calcul intégral est majeure. Il est très difficile d'intégrer directement cos2(x)\cos^2(x) ou sin2(x)\sin^2(x). En revanche, 1+cos(2x)2\frac{1 + \cos(2x)}{2} et 1cos(2x)2\frac{1 - \cos(2x)}{2} sont faciles à intégrer. Par exemple, cos2(x)dx=1+cos(2x)2dx=12(1+cos(2x))dx=12(x+12sin(2x))+C\int \cos^2(x) dx = \int \frac{1 + \cos(2x)}{2} dx = \frac{1}{2} \int (1 + \cos(2x)) dx = \frac{1}{2} (x + \frac{1}{2}\sin(2x)) + C.

Ces formules de linéarisation sont des exemples d'application où la maîtrise des transformations trigonométriques est cruciale.

Chapitre 5

Applications des fonctions trigonométriques

Modélisation de phénomènes périodiques

Les fonctions trigonométriques sont par excellence les outils pour la modélisation de phénomènes périodiques. Exemples de phénomènes :

  • Le son (ondes sonores)
  • La lumière (ondes électromagnétiques)
  • Les marées
  • La variation de température au cours d'une journée ou d'une année
  • Le mouvement d'un pendule simple
  • Les courants alternatifs en électricité

Les fonctions de la forme f(t)=Acos(ωt+ϕ)+Bf(t) = A \cos(\omega t + \phi) + B (ou avec sinus) sont les plus courantes pour cette modélisation.

  • A est l'amplitude : c'est la moitié de l'écart entre la valeur maximale et minimale du phénomène. Elle représente l'intensité ou la portée de l'oscillation.
  • ω\omega (oméga) est la pulsation (ou fréquence angulaire) : elle est liée à la période TT par la relation ω=2πT\omega = \frac{2\pi}{T}.
  • ϕ\phi (phi) est le déphasage (ou phase initiale) : il détermine le décalage de l'onde par rapport à l'origine du temps.
  • B est la valeur moyenne ou le décalage vertical.

La détermination des paramètres se fait souvent à partir de données expérimentales ou de l'énoncé du problème.

  • TT (période) : durée d'un cycle complet.
  • A=MaxMin2A = \frac{Max - Min}{2}.
  • B=Max+Min2B = \frac{Max + Min}{2}.
  • ω=2πT\omega = \frac{2\pi}{T}.
  • ϕ\phi est déterminé en utilisant un point connu de la courbe (souvent l'instant initial t=0t=0).

L'interprétation physique de ces paramètres est cruciale pour comprendre le phénomène modélisé. Par exemple, une grande amplitude pour une onde sonore signifie un son fort.

Calcul de limites et d'intégrales

Les fonctions trigonométriques apparaissent fréquemment dans les calculs de limites et d'intégrales.

  • Limites usuelles : La limite la plus importante est : limx0sin(x)x=1\lim_{x \to 0} \frac{\sin(x)}{x} = 1 Celle-ci est fondamentale et sert de base pour d'autres limites, comme : limx01cos(x)x2=12\lim_{x \to 0} \frac{1 - \cos(x)}{x^2} = \frac{1}{2} limx0tan(x)x=1\lim_{x \to 0} \frac{\tan(x)}{x} = 1

  • Intégration des fonctions trigonométriques de base :

    • cos(x)dx=sin(x)+C\int \cos(x) dx = \sin(x) + C
    • sin(x)dx=cos(x)+C\int \sin(x) dx = -\cos(x) + C
    • tan(x)dx=ln(cos(x))+C\int \tan(x) dx = -\ln(|\cos(x)|) + C
    • 1cos2(x)dx=tan(x)+C\int \frac{1}{\cos^2(x)} dx = \tan(x) + C
  • Utilisation des formules de linéarisation : Comme vu précédemment, les formules cos2(x)=1+cos(2x)2\cos^2(x) = \frac{1 + \cos(2x)}{2} et sin2(x)=1cos(2x)2\sin^2(x) = \frac{1 - \cos(2x)}{2} sont essentielles pour l'intégration de puissances de cosinus et sinus.

  • Changement de variable trigonométrique : Parfois, pour intégrer des fonctions impliquant des racines carrées comme a2x2\sqrt{a^2-x^2}, on peut poser x=asin(θ)x = a\sin(\theta) ou x=acos(θ)x = a\cos(\theta). Cela transforme l'intégrale en une intégrale trigonométrique, souvent plus simple à résoudre.

Géométrie et trigonométrie

La trigonométrie est née de la géométrie et reste un pilier pour la résolution de problèmes géométriques.

  • Relations métriques dans le triangle rectangle :

    • cos(θ)=coˆteˊ adjacenthypoteˊnuse\cos(\theta) = \frac{\text{côté adjacent}}{\text{hypoténuse}}
    • sin(θ)=coˆteˊ opposeˊhypoteˊnuse\sin(\theta) = \frac{\text{côté opposé}}{\text{hypoténuse}}
    • tan(θ)=coˆteˊ opposeˊcoˆteˊ adjacent\tan(\theta) = \frac{\text{côté opposé}}{\text{côté adjacent}}
  • Théorème d'Al-Kashi (ou loi des cosinus) : Dans un triangle quelconque ABCABC de côtés a,b,ca, b, c (où aa est opposé à AA, etc.) : a2=b2+c22bccos(A)a^2 = b^2 + c^2 - 2bc \cos(A) b2=a2+c22accos(B)b^2 = a^2 + c^2 - 2ac \cos(B) c2=a2+b22abcos(C)c^2 = a^2 + b^2 - 2ab \cos(C) C'est une généralisation du théorème de Pythagore.

  • Formules d'aires : L'aire d'un triangle peut être calculée avec la formule : A=12absin(C)=12bcsin(A)=12acsin(B)\mathcal{A} = \frac{1}{2}ab\sin(C) = \frac{1}{2}bc\sin(A) = \frac{1}{2}ac\sin(B)a,b,ca, b, c sont les longueurs des côtés et A,B,CA, B, C sont les angles opposés.

  • Applications en physique :

    • Vecteurs et forces : La décomposition d'un vecteur force en ses composantes horizontales et verticales utilise le cosinus et le sinus. Par exemple, la force de gravité sur un plan incliné se décompose en mgcos(θ)mg\cos(\theta) (normale au plan) et mgsin(θ)mg\sin(\theta) (parallèle au plan).
    • Calcul de trajectoires, étude des mouvements oscillatoires (ressort-masse, pendule). La trigonométrie est indispensable pour analyser les phénomènes ondulatoires, les projections et les rotations.

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