Éducation nationale françaiseSpécialité MathématiquesTerminale générale23 min de lecture

Manipulation des vecteurs des droites et des plans de l'espace

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Lecture

6 chapitres

Un parcours éditorialisé et navigable.

Pratique

12 questions

Quiz et cartes mémoire à ouvrir après la lecture.

Objectif

Terminale générale

Format rapide pour vérifier si le chapitre correspond.

Chapitre 1

Repérage dans l'espace et vecteurs

Coordonnées dans l'espace

Pour situer un point dans l'espace, nous utilisons un système de coordonnées.

Repère orthonormé Un repère orthonormé de l'espace est constitué d'un point origine OO et de trois vecteurs unitaires i\vec{i}, j\vec{j}, k\vec{k} qui sont deux à deux orthogonaux. On le note (O;i,j,k)(O; \vec{i}, \vec{j}, \vec{k}). Les axes sont :

  • L'axe des abscisses (Ox) porté par i\vec{i}.
  • L'axe des ordonnées (Oy) porté par j\vec{j}.
  • L'axe des cotes (Oz) porté par k\vec{k}.

Coordonnées d'un point Tout point MM de l'espace peut être repéré de manière unique par un triplet de nombres réels (xM,yM,zM)(x_M, y_M, z_M), appelés ses coordonnées. Cela signifie que le vecteur OM\vec{OM} s'écrit : OM=xMi+yMj+zMk\vec{OM} = x_M\vec{i} + y_M\vec{j} + z_M\vec{k}.

Coordonnées d'un vecteur Si vous avez deux points A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) et B(xB,yB,zB)B(x_B, y_B, z_B), les coordonnées du vecteur AB\vec{AB} sont obtenues en soustrayant les coordonnées du point d'origine de celles du point d'arrivée : AB=(xBxA,yByA,zBzA)\vec{AB} = (x_B - x_A, y_B - y_A, z_B - z_A). On note souvent u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z) pour un vecteur u\vec{u} de coordonnées x,y,zx, y, z.

Exemple : Si A(1,2,3)A(1, 2, 3) et B(4,0,1)B(4, 0, -1), alors AB=(41,02,13)=(3,2,4)\vec{AB} = (4-1, 0-2, -1-3) = (3, -2, -4).

Opérations sur les vecteurs

Les vecteurs peuvent être combinés de différentes manières.

Somme de vecteurs Pour additionner deux vecteurs u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z) et v(x,y,z)\vec{v}(x', y', z'), on additionne leurs coordonnées respectives : u+v=(x+x,y+y,z+z)\vec{u} + \vec{v} = (x+x', y+y', z+z').

Produit d'un vecteur par un réel Pour multiplier un vecteur u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z) par un réel kk, on multiplie chaque coordonnée par ce réel : ku=(kx,ky,kz)k\vec{u} = (kx, ky, kz).

Combinaison linéaire de vecteurs Une combinaison linéaire de vecteurs u1,u2,,un\vec{u_1}, \vec{u_2}, \dots, \vec{u_n} est un vecteur de la forme a1u1+a2u2++anuna_1\vec{u_1} + a_2\vec{u_2} + \dots + a_n\vec{u_n}, où a1,a2,,ana_1, a_2, \dots, a_n sont des réels. Cette notion est fondamentale pour exprimer des vecteurs en fonction d'autres.

Exemple : Soient u(1,0,2)\vec{u}(1, 0, 2) et v(1,3,0)\vec{v}(-1, 3, 0). Alors 2uv=(2×1(1),2×03,2×20)=(2+1,03,40)=(3,3,4)2\vec{u} - \vec{v} = (2 \times 1 - (-1), 2 \times 0 - 3, 2 \times 2 - 0) = (2+1, 0-3, 4-0) = (3, -3, 4).

Colinéarité et coplanarité

Ces concepts sont cruciaux pour comprendre les relations spatiales entre vecteurs.

Vecteurs colinéaires Deux vecteurs non nuls u\vec{u} et v\vec{v} sont colinéaires si et seulement s'il existe un réel kk tel que v=ku\vec{v} = k\vec{u}. Géométriquement, cela signifie qu'ils ont la même direction. Ils sont portés par des droites parallèles (ou confondues).

Critère de colinéarité Si u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z) et v(x,y,z)\vec{v}(x', y', z'), alors u\vec{u} et v\vec{v} sont colinéaires si et seulement si leurs coordonnées sont proportionnelles. C'est-à-dire qu'il existe un réel kk tel que x=kxx' = kx, y=kyy' = ky, et z=kzz' = kz. Si aucune coordonnée n'est nulle, on peut vérifier que xx=yy=zz=k\frac{x'}{x} = \frac{y'}{y} = \frac{z'}{z} = k. Attention : si une coordonnée est nulle, il faut que la coordonnée correspondante de l'autre vecteur soit aussi nulle pour qu'ils soient colinéaires.

Exemple : u(1,2,3)\vec{u}(1, -2, 3) et v(2,4,6)\vec{v}(-2, 4, -6). Ici, v=2u\vec{v} = -2\vec{u}, donc ils sont colinéaires.

Vecteurs coplanaires Trois vecteurs u\vec{u}, v\vec{v}, w\vec{w} sont coplanaires si et seulement s'ils peuvent être représentés par des segments orientés situés dans un même plan. Cela signifie que l'un des vecteurs peut s'exprimer comme une combinaison linéaire des deux autres. Par exemple, w=au+bv\vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v} avec a,bRa, b \in \mathbb{R}. Pour vérifier la coplanarité, on peut chercher si un des vecteurs est une combinaison linéaire des deux autres. Si c'est le cas, ils sont coplanaires.

Méthode pratique : Soient u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z), v(x,y,z)\vec{v}(x', y', z'), w(x,y,z)\vec{w}(x'', y'', z''). On cherche a,ba, b tels que au+bv=wa\vec{u} + b\vec{v} = \vec{w}. Cela conduit à un système de trois équations à deux inconnues : {ax+bx=xay+by=yaz+bz=z\begin{cases} ax + bx' = x'' \\ ay + by' = y'' \\ az + bz' = z'' \end{cases} Si ce système a une solution unique ou une infinité de solutions, les vecteurs sont coplanaires. S'il n'y a pas de solution, ils ne le sont pas.

Norme d'un vecteur et distance

Ces outils permettent de mesurer des longueurs dans l'espace.

Calcul de la norme La norme (ou longueur) d'un vecteur u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z) est notée u||\vec{u}|| et se calcule par la formule : u=x2+y2+z2||\vec{u}|| = \sqrt{x^2 + y^2 + z^2}. C'est une généralisation du théorème de Pythagore dans l'espace.

Exemple : Si u(3,2,4)\vec{u}(3, -2, -4), alors u=32+(2)2+(4)2=9+4+16=29||\vec{u}|| = \sqrt{3^2 + (-2)^2 + (-4)^2} = \sqrt{9 + 4 + 16} = \sqrt{29}.

Distance entre deux points La distance entre deux points A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) et B(xB,yB,zB)B(x_B, y_B, z_B) est simplement la norme du vecteur AB\vec{AB}. AB=AB=(xBxA)2+(yByA)2+(zBzA)2AB = ||\vec{AB}|| = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2 + (z_B - z_A)^2}.

Milieu d'un segment Les coordonnées du milieu II d'un segment [AB][AB] sont la moyenne des coordonnées de AA et BB : I(xA+xB2,yA+yB2,zA+zB2)I\left(\frac{x_A+x_B}{2}, \frac{y_A+y_B}{2}, \frac{z_A+z_B}{2}\right).

Chapitre 2

Produit scalaire dans l'espace

Définitions du produit scalaire

Le produit scalaire de deux vecteurs u\vec{u} et v\vec{v} est un nombre réel.

Définition géométrique Soient u\vec{u} et v\vec{v} deux vecteurs non nuls. Leur produit scalaire est défini par : uv=u×v×cos(θ)\vec{u} \cdot \vec{v} = ||\vec{u}|| \times ||\vec{v}|| \times \cos(\theta), où θ\theta est l'angle entre u\vec{u} et v\vec{v}. Si l'un des vecteurs est nul, le produit scalaire est 0. Cette définition est utile pour calculer des angles entre vecteurs.

Définition analytique Dans un repère orthonormé, si u(x,y,z)\vec{u}(x, y, z) et v(x,y,z)\vec{v}(x', y', z'), leur produit scalaire est : uv=xx+yy+zz\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz'. C'est la formule la plus utilisée pour le calcul du produit scalaire en coordonnées.

Exemple : u(1,2,1)\vec{u}(1, 2, -1) et v(3,0,4)\vec{v}(3, 0, 4). uv=(1)(3)+(2)(0)+(1)(4)=3+04=1\vec{u} \cdot \vec{v} = (1)(3) + (2)(0) + (-1)(4) = 3 + 0 - 4 = -1.

Propriétés du produit scalaire

  • Commutativité : uv=vu\vec{u} \cdot \vec{v} = \vec{v} \cdot \vec{u}
  • Linéarité :
    • u(v+w)=uv+uw\vec{u} \cdot (\vec{v} + \vec{w}) = \vec{u} \cdot \vec{v} + \vec{u} \cdot \vec{w}
    • (ku)v=k(uv)(k\vec{u}) \cdot \vec{v} = k(\vec{u} \cdot \vec{v})
  • Carré scalaire : uu=u2\vec{u} \cdot \vec{u} = ||\vec{u}||^2. Donc u=uu||\vec{u}|| = \sqrt{\vec{u} \cdot \vec{u}}.

Orthogonalité de vecteurs

Le produit scalaire est l'outil parfait pour tester l'orthogonalité.

Critère d'orthogonalité Deux vecteurs non nuls u\vec{u} et v\vec{v} sont orthogonaux si et seulement si leur produit scalaire est nul : uv=0\vec{u} \cdot \vec{v} = 0. Géométriquement, cela signifie que l'angle entre eux est de 90° (cos(90°)=0\cos(90°) = 0).

Vecteurs orthogonaux On dit que u\vec{u} et v\vec{v} sont orthogonaux et on note uv\vec{u} \perp \vec{v} si uv=0\vec{u} \cdot \vec{v} = 0.

Exemple : u(1,2,3)\vec{u}(1, -2, 3) et v(1,2,1)\vec{v}(1, 2, 1). uv=(1)(1)+(2)(2)+(3)(1)=14+3=0\vec{u} \cdot \vec{v} = (1)(1) + (-2)(2) + (3)(1) = 1 - 4 + 3 = 0. Donc u\vec{u} et v\vec{v} sont orthogonaux.

Base orthonormée Un repère (O;i,j,k)(O; \vec{i}, \vec{j}, \vec{k}) est orthonormé si les vecteurs i,j,k\vec{i}, \vec{j}, \vec{k} sont deux à deux orthogonaux et unitaires (leur norme est 1). C'est pourquoi la formule analytique uv=xx+yy+zz\vec{u} \cdot \vec{v} = xx' + yy' + zz' est si pratique : elle ne fonctionne que dans un repère orthonormé !

Projection orthogonale

La projection orthogonale permet de "décomposer" un vecteur.

Vecteur projeté Soient un vecteur u\vec{u} et une droite DD dirigée par un vecteur unitaire v\vec{v}. Le projeté orthogonal de u\vec{u} sur la droite DD est le vecteur p\vec{p} tel que : p=(uv)v\vec{p} = (\vec{u} \cdot \vec{v})\vec{v}. Le nombre uv\vec{u} \cdot \vec{v} est la longueur algébrique de la projection de u\vec{u} sur l'axe défini par v\vec{v}.

Calcul de la projection Pour projeter un point MM sur une droite DD (ou un plan PP), on cherche le point HH (projeté) sur DD (ou PP) tel que MH\vec{MH} soit orthogonal à DD (ou PP).

Applications géométriques La projection orthogonale est utilisée pour :

  • Calculer des distances (point à droite, point à plan).
  • Déterminer des coordonnées de points spécifiques (par exemple, le pied de la hauteur d'un triangle).
  • Décomposer une force en physique.

Chapitre 3

Représentations de droites dans l'espace

Représentation paramétrique d'une droite

C'est une manière très courante de définir une droite.

Vecteur directeur Une droite est caractérisée par un point par lequel elle passe et sa direction. Cette direction est donnée par un vecteur directeur u(a,b,c)\vec{u}(a, b, c), qui est un vecteur non nul parallèle à la droite.

Point de passage Pour définir une droite, il faut également un point A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) par lequel elle passe.

Paramètre réel Soit une droite DD passant par A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) et de vecteur directeur u(a,b,c)\vec{u}(a, b, c). Tout point M(x,y,z)M(x, y, z) appartenant à DD vérifie la relation vectorielle AM=tu\vec{AM} = t\vec{u} pour un certain réel tt. Cela donne la représentation paramétrique de la droite DD : {x=xA+tay=yA+tbz=zA+tc\begin{cases} x = x_A + ta \\ y = y_A + tb \\ z = z_A + tc \end{cases}tRt \in \mathbb{R} est le paramètre réel. Chaque valeur de tt correspond à un unique point sur la droite.

Exemple : Droite passant par A(1,2,3)A(1, 2, 3) et de vecteur directeur u(4,1,0)\vec{u}(4, -1, 0). Sa représentation paramétrique est : {x=1+4ty=2tz=3\begin{cases} x = 1 + 4t \\ y = 2 - t \\ z = 3 \end{cases} pour tRt \in \mathbb{R}.

Vérifier l'appartenance d'un point

Comment savoir si un point est sur une droite donnée par sa représentation paramétrique ?

Substitution des coordonnées Pour vérifier si un point P(xP,yP,zP)P(x_P, y_P, z_P) appartient à une droite DD dont la représentation paramétrique est donnée, on substitue les coordonnées de PP dans les équations de la droite.

Résolution du système {xP=xA+tayP=yA+tbzP=zA+tc\begin{cases} x_P = x_A + ta \\ y_P = y_A + tb \\ z_P = z_A + tc \end{cases} On résout chacune des trois équations pour trouver une valeur de tt.

Existence du paramètre Si les trois équations donnent la même valeur de tt, alors le point PP appartient à la droite. Sinon, il n'y appartient pas.

Exemple : La droite D:{x=1+4ty=2tz=3D : \begin{cases} x = 1 + 4t \\ y = 2 - t \\ z = 3 \end{cases} et le point P(9,0,3)P(9, 0, 3). 9=1+4t    4t=8    t=29 = 1 + 4t \implies 4t = 8 \implies t = 2 0=2t    t=20 = 2 - t \implies t = 2 3=33 = 3 (cette équation est toujours vraie, elle ne donne pas d'information sur tt, mais elle est compatible). Comme on trouve t=2t=2 dans les deux premières équations et que la troisième est compatible, le point PP appartient à la droite DD.

Positions relatives de deux droites

Dans l'espace, deux droites peuvent être dans différentes configurations.

Droites parallèles Deux droites D1D_1 et D2D_2 sont parallèles si leurs vecteurs directeurs u1\vec{u_1} et u2\vec{u_2} sont colinéaires. On les distingue en :

  • Parallèles confondues : Si elles sont parallèles ET ont un point commun.
  • Parallèles distinctes : Si elles sont parallèles ET n'ont aucun point commun.

Droites sécantes Deux droites sont sécantes si elles ont un unique point d'intersection. Pour trouver ce point, on égalise leurs représentations paramétriques (avec des paramètres différents, par exemple tt et tt'). {x1+ta1=x2+ta2y1+tb1=y2+tb2z1+tc1=z2+tc2\begin{cases} x_1 + t a_1 = x_2 + t' a_2 \\ y_1 + t b_1 = y_2 + t' b_2 \\ z_1 + t c_1 = z_2 + t' c_2 \end{cases} Ce système de 3 équations à 2 inconnues (tt et tt') doit avoir une unique solution pour que les droites soient sécantes.

Droites non coplanaires (ou gauches) Deux droites sont non coplanaires (ou gauches) si elles ne sont ni parallèles, ni sécantes. Elles ne sont pas dans le même plan. Le système d'équations pour trouver l'intersection n'aura pas de solution. Vérifier la non-colinéarité des vecteurs directeurs d'abord. S'ils ne sont pas colinéaires, les droites sont soit sécantes, soit gauches.

ConfigurationVecteurs directeursPoints communs
Parallèles confonduesColinéairesInfinité
Parallèles distinctesColinéairesAucun
SécantesNon colinéairesUn seul
Non coplanaires (gauches)Non colinéairesAucun

Chapitre 4

Représentations de plans dans l'espace

Vecteur normal à un plan

C'est une façon élégante de définir l'orientation d'un plan.

Définition du vecteur normal Un vecteur normal à un plan PP est un vecteur n\vec{n} non nul qui est orthogonal à tous les vecteurs directeurs du plan. Géométriquement, il est perpendiculaire au plan.

Orthogonalité aux vecteurs du plan Si n\vec{n} est un vecteur normal au plan PP et si u\vec{u} est un vecteur quelconque du plan (c'est-à-dire que u\vec{u} est le vecteur AB\vec{AB}AA et BB sont deux points du plan), alors nu=0\vec{n} \cdot \vec{u} = 0.

Unicité à un facteur près Si n\vec{n} est un vecteur normal à un plan, alors tout vecteur knk\vec{n} (avec k0k \neq 0) est aussi un vecteur normal à ce même plan. Le vecteur normal n'est pas unique, mais sa direction l'est.

Équation cartésienne d'un plan

C'est une équation de la forme ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0.

Formule ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 Un plan PP peut être défini par une équation cartésienne de la forme ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0, où a,b,c,da, b, c, d sont des réels et (a,b,c)(0,0,0)(a, b, c) \neq (0, 0, 0). Le triplet (a,b,c)(a, b, c) est alors les coordonnées d'un vecteur normal au plan PP. Si M(x,y,z)M(x, y, z) est un point quelconque du plan et A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) est un point connu du plan, et si n(a,b,c)\vec{n}(a, b, c) est un vecteur normal au plan, alors AMn=0\vec{AM} \cdot \vec{n} = 0. (xxA)a+(yyA)b+(zzA)c=0(x-x_A)a + (y-y_A)b + (z-z_A)c = 0 axaxA+bybyA+czczA=0ax - ax_A + by - by_A + cz - cz_A = 0 ax+by+cz(axA+byA+czA)=0ax + by + cz - (ax_A + by_A + cz_A) = 0. En posant d=(axA+byA+czA)d = -(ax_A + by_A + cz_A), on obtient bien ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0.

Détermination des coefficients

  • Les coefficients a,b,ca, b, c sont les coordonnées d'un vecteur normal n\vec{n}.
  • Le coefficient dd est déterminé en utilisant les coordonnées d'un point connu du plan. On substitue les coordonnées du point dans l'équation et on résout pour dd.

Exemple : Trouver l'équation d'un plan PP passant par A(1,0,2)A(1, 0, -2) et de vecteur normal n(2,1,3)\vec{n}(2, -1, 3). L'équation est de la forme 2xy+3z+d=02x - y + 3z + d = 0. Comme AA appartient au plan : 2(1)(0)+3(2)+d=0    206+d=0    4+d=0    d=42(1) - (0) + 3(-2) + d = 0 \implies 2 - 0 - 6 + d = 0 \implies -4 + d = 0 \implies d = 4. Donc l'équation du plan est 2xy+3z+4=02x - y + 3z + 4 = 0.

Représentation paramétrique d'un plan

Un plan, contrairement à une droite, a besoin de deux vecteurs directeurs.

Deux vecteurs directeurs non colinéaires Un plan est défini par un point de passage et deux vecteurs directeurs u\vec{u} et v\vec{v} qui ne sont pas colinéaires (sinon, ils définiraient une droite, pas un plan).

Point de passage Un point A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) appartenant au plan est nécessaire.

Deux paramètres réels Soit un plan PP passant par A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) et dirigé par les vecteurs u(a,b,c)\vec{u}(a, b, c) et v(a,b,c)\vec{v}(a', b', c'). Tout point M(x,y,z)M(x, y, z) appartenant à PP vérifie la relation vectorielle AM=tu+kv\vec{AM} = t\vec{u} + k\vec{v} pour des réels tt et kk. Cela donne la représentation paramétrique du plan PP : {x=xA+ta+kay=yA+tb+kbz=zA+tc+kc\begin{cases} x = x_A + ta + ka' \\ y = y_A + tb + kb' \\ z = z_A + tc + kc' \end{cases}t,kRt, k \in \mathbb{R} sont les deux paramètres réels. Chaque couple (t,k)(t, k) correspond à un unique point sur le plan.

Exemple : Plan passant par A(1,0,0)A(1, 0, 0) et de vecteurs directeurs u(1,1,0)\vec{u}(1, 1, 0) et v(0,1,1)\vec{v}(0, 1, 1). Sa représentation paramétrique est : {x=1+ty=t+kz=k\begin{cases} x = 1 + t \\ y = t + k \\ z = k \end{cases} pour t,kRt, k \in \mathbb{R}.

Positions relatives de deux plans

Deux plans peuvent être parallèles ou sécants.

Plans parallèles Deux plans P1P_1 et P2P_2 d'équations a1x+b1y+c1z+d1=0a_1x+b_1y+c_1z+d_1=0 et a2x+b2y+c2z+d2=0a_2x+b_2y+c_2z+d_2=0 sont parallèles si leurs vecteurs normaux n1(a1,b1,c1)\vec{n_1}(a_1, b_1, c_1) et n2(a2,b2,c2)\vec{n_2}(a_2, b_2, c_2) sont colinéaires.

  • Plans confondus : Si les vecteurs normaux sont colinéaires ET si un point de P1P_1 appartient à P2P_2 (ou si leurs équations sont proportionnelles).
  • Plans strictement parallèles : Si les vecteurs normaux sont colinéaires ET s'ils n'ont aucun point commun.

Plans sécants Deux plans sont sécants si leurs vecteurs normaux ne sont pas colinéaires. Leur intersection est alors une droite. Pour trouver l'équation de cette droite, on résout le système formé par les deux équations des plans.

Exemple : P1:x+y+z=1P_1: x+y+z=1 et P2:2xy+z=0P_2: 2x-y+z=0. n1(1,1,1)\vec{n_1}(1, 1, 1) et n2(2,1,1)\vec{n_2}(2, -1, 1). Ils ne sont pas colinéaires. Les plans sont sécants. Pour trouver la droite d'intersection : {x+y+z=12xy+z=0\begin{cases} x+y+z=1 \\ 2x-y+z=0 \end{cases} On peut exprimer yy et zz en fonction de xx (ou l'inverse). De la première équation : y=1xzy = 1-x-z. On substitue dans la seconde : 2x(1xz)+z=0    2x1+x+z+z=0    3x1+2z=0    z=13x22x - (1-x-z) + z = 0 \implies 2x - 1 + x + z + z = 0 \implies 3x - 1 + 2z = 0 \implies z = \frac{1-3x}{2}. Puis on trouve y=1x13x2=22x1+3x2=1+x2y = 1-x-\frac{1-3x}{2} = \frac{2-2x-1+3x}{2} = \frac{1+x}{2}. En posant x=tx=t, on obtient la représentation paramétrique de la droite d'intersection : {x=ty=12+12tz=1232t\begin{cases} x = t \\ y = \frac{1}{2} + \frac{1}{2}t \\ z = \frac{1}{2} - \frac{3}{2}t \end{cases} Le vecteur directeur est d(1,12,32)\vec{d}(1, \frac{1}{2}, -\frac{3}{2}) ou (2,1,3)(2, 1, -3).

Chapitre 5

Positions relatives droites et plans

Droite et plan parallèles

Vecteur directeur orthogonal au vecteur normal Une droite DD de vecteur directeur u\vec{u} est parallèle à un plan PP de vecteur normal n\vec{n} si et seulement si u\vec{u} et n\vec{n} sont orthogonaux, c'est-à-dire un=0\vec{u} \cdot \vec{n} = 0.

Point de la droite n'appartenant pas au plan Si, en plus, un point de la droite n'appartient pas au plan, alors la droite est strictement parallèle au plan (intersection vide).

Intersection vide Dans ce cas, la droite et le plan n'ont aucun point commun.

Droite incluse dans un plan

Vecteur directeur orthogonal au vecteur normal Comme pour le cas précédent, le vecteur directeur de la droite u\vec{u} doit être orthogonal au vecteur normal du plan n\vec{n} (un=0\vec{u} \cdot \vec{n} = 0).

Point de la droite appartenant au plan De plus, pour que la droite soit incluse dans le plan, au moins un point de la droite doit appartenir au plan. Si le vecteur directeur est orthogonal au vecteur normal ET qu'un point de la droite est dans le plan, alors toute la droite est dans le plan.

Infinité de points communs Dans ce cas, la droite et le plan ont une infinité de points en commun (tous les points de la droite).

Droite et plan sécants

Vecteur directeur non orthogonal au vecteur normal Une droite DD de vecteur directeur u\vec{u} est sécante à un plan PP de vecteur normal n\vec{n} si et seulement si u\vec{u} et n\vec{n} ne sont pas orthogonaux, c'est-à-dire un0\vec{u} \cdot \vec{n} \neq 0.

Calcul du point d'intersection Pour trouver le point d'intersection, on substitue les expressions paramétriques de la droite dans l'équation cartésienne du plan. Cela donne une équation en tt (le paramètre de la droite).

Un unique point commun Cette équation en tt aura une unique solution, qui permet de trouver les coordonnées du point d'intersection.

Exemple : Droite D:{x=1+ty=2tz=3tD: \begin{cases} x = 1+t \\ y = 2-t \\ z = 3t \end{cases} et plan P:x+y+z=6P: x+y+z=6.

  1. Vecteur directeur u(1,1,3)\vec{u}(1, -1, 3). Vecteur normal n(1,1,1)\vec{n}(1, 1, 1). un=(1)(1)+(1)(1)+(3)(1)=11+3=30\vec{u} \cdot \vec{n} = (1)(1) + (-1)(1) + (3)(1) = 1 - 1 + 3 = 3 \neq 0. Les droite et plan sont sécants.
  2. Substitution : (1+t)+(2t)+(3t)=6(1+t) + (2-t) + (3t) = 6 3+3t=6    3t=3    t=13 + 3t = 6 \implies 3t = 3 \implies t = 1.
  3. Point d'intersection : Pour t=1t=1, x=1+1=2x=1+1=2, y=21=1y=2-1=1, z=3(1)=3z=3(1)=3. Le point d'intersection est (2,1,3)(2, 1, 3).

Chapitre 6

Applications et problèmes géométriques

Calcul de distances

Distance point-plan La distance d'un point A(xA,yA,zA)A(x_A, y_A, z_A) à un plan PP d'équation ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 est donnée par la formule : d(A,P)=axA+byA+czA+da2+b2+c2d(A, P) = \frac{|ax_A + by_A + cz_A + d|}{\sqrt{a^2 + b^2 + c^2}}. Cette formule est à connaître par cœur.

Distance point-droite Pour calculer la distance d'un point AA à une droite DD:

  1. Trouver un plan PP passant par AA et orthogonal à DD. Son vecteur normal est le vecteur directeur de DD.
  2. Calculer le point d'intersection HH de DD et PP. HH est le projeté orthogonal de AA sur DD.
  3. La distance d(A,D)d(A, D) est la distance AHAH.

Distance entre deux droites

  • Parallèles : Choisir un point AA sur une droite et calculer la distance de AA à l'autre droite (méthode point-droite).
  • Sécantes : La distance est 0.
  • Non coplanaires (gauches) : C'est plus complexe. On peut chercher la longueur du segment de la perpendiculaire commune aux deux droites. Une méthode consiste à trouver la distance entre un plan contenant une droite et parallèle à l'autre, et un point de la deuxième droite.

Recherche de points particuliers

Projeté orthogonal Le projeté orthogonal d'un point MM sur une droite DD (ou un plan PP) est le point HH de DD (ou PP) tel que la droite (MH)(MH) est orthogonale à DD (ou PP). On le trouve en général en :

  1. Écrivant l'équation de la droite (MH)(MH) (ou du plan (MH)(MH)).
  2. Calculant l'intersection de cette droite (ou plan) avec DD (ou PP).

Intersection de droites/plans Comme vu précédemment, la recherche de points d'intersection est une application directe des représentations de droites et de plans.

Symétrie Le symétrique d'un point AA par rapport à un point II, une droite DD ou un plan PP peut être trouvé en utilisant les notions de milieu et de projeté orthogonal.

  • Symétrique par rapport à un point II: II est le milieu de [AA][AA'].
  • Symétrique par rapport à une droite DD: HH (projeté de AA sur DD) est le milieu de [AA][AA'].
  • Symétrique par rapport à un plan PP: HH (projeté de AA sur PP) est le milieu de [AA][AA']. La droite (AH)(AH) est normale au plan PP.

Démonstrations géométriques

Les vecteurs et le produit scalaire sont des outils puissants pour les démonstrations.

Utilisation des vecteurs

  • Parallélisme de droites ou plans : Montrer la colinéarité des vecteurs directeurs ou normaux.
  • Alignement de points : Montrer la colinéarité des vecteurs formés par ces points (par exemple AB\vec{AB} et AC\vec{AC}).
  • Appartenance à un plan : Montrer que trois vecteurs sont coplanaires, ou qu'un point vérifie l'équation du plan.

Utilisation du produit scalaire

  • Orthogonalité : Montrer que le produit scalaire de deux vecteurs est nul.
  • Triangle rectangle : Montrer que deux côtés sont orthogonaux.
  • Hauteurs, médianes, médiatrices : Utiliser les propriétés d'orthogonalité.

Preuves d'orthogonalité et de parallélisme Pour prouver qu'une droite est orthogonale à un plan, il suffit de montrer que son vecteur directeur est colinéaire au vecteur normal du plan. Pour prouver qu'une droite est parallèle à un plan, il suffit de montrer que son vecteur directeur est orthogonal au vecteur normal du plan. Pour prouver que deux plans sont parallèles, il suffit de montrer que leurs vecteurs normaux sont colinéaires. Pour prouver que deux droites sont orthogonales, il suffit de montrer que le produit scalaire de leurs vecteurs directeurs est nul.

Ce chapitre est une pierre angulaire de la géométrie dans l'espace. En maîtrisant ces concepts et ces outils, vous serez capable de résoudre une grande variété de problèmes. N'hésitez pas à refaire les exemples et à vous entraîner avec des exercices !

Après la lecture

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