Éducation nationale françaiseSpécialité MathématiquesTerminale générale19 min de lecture

Nombres complexes

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Lecture

5 chapitres

Un parcours éditorialisé et navigable.

Pratique

12 questions

Quiz et cartes mémoire à ouvrir après la lecture.

Objectif

Terminale générale

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Chapitre 1

Introduction aux nombres complexes

Nécessité et définition

Historiquement, les mathématiciens ont rencontré un problème insoluble dans l'ensemble des nombres réels (R\mathbb{R}) : il était impossible de trouver un nombre xx tel que x2=1x^2 = -1. Pour résoudre cette difficulté, ils ont introduit une nouvelle entité, l'unité imaginaire, notée ii, définie par ==i2=1i^2 = -1==.

À partir de cette unité imaginaire, on a construit un nouvel ensemble de nombres, appelé l'ensemble des nombres complexes, noté C\mathbb{C}. Un nombre complexe zz peut s'écrire sous la forme algébrique : z=a+ibz = a + ibaa et bb sont des nombres réels.

  • aa est appelé la partie réelle de zz, notée Re(z)\text{Re}(z).
  • bb est appelé la partie imaginaire de zz, notée Im(z)\text{Im}(z).

Un nombre complexe est dit réel pur si sa partie imaginaire est nulle (b=0b=0). Il est dit imaginaire pur si sa partie réelle est nulle (a=0a=0).

Deux nombres complexes z=a+ibz = a + ib et z=a+ibz' = a' + ib' sont égaux si et seulement si leurs parties réelles sont égales et leurs parties imaginaires sont égales : a=aa = a' et b=bb = b'.

Opérations sur les nombres complexes

Les opérations arithmétiques fondamentales s'étendent aux nombres complexes en respectant la propriété i2=1i^2 = -1.

Addition et soustraction

Pour z=a+ibz = a + ib et z=a+ibz' = a' + ib' :

  • Addition : z+z=(a+a)+i(b+b)z + z' = (a + a') + i(b + b')
  • Soustraction : zz=(aa)+i(bb)z - z' = (a - a') + i(b - b') Exemple : (2+3i)+(1i)=(2+1)+i(31)=3+2i(2 + 3i) + (1 - i) = (2+1) + i(3-1) = 3 + 2i.

Multiplication

Pour z=a+ibz = a + ib et z=a+ibz' = a' + ib' : z×z=(a+ib)(a+ib)=aa+aib+iba+i2bbz \times z' = (a + ib)(a' + ib') = aa' + aib' + iba' + i^2bb' Puisque i2=1i^2 = -1 : ==z×z=(aabb)+i(ab+ba)z \times z' = (aa' - bb') + i(ab' + ba')== Exemple : (2+3i)(1i)=2(1)+2(i)+3i(1)+3i(i)=22i+3i3i2=2+i3(1)=2+i+3=5+i(2 + 3i)(1 - i) = 2(1) + 2(-i) + 3i(1) + 3i(-i) = 2 - 2i + 3i - 3i^2 = 2 + i - 3(-1) = 2 + i + 3 = 5 + i.

Conjugué d'un nombre complexe

Le conjugué d'un nombre complexe z=a+ibz = a + ib est le nombre complexe zˉ\bar{z} défini par : zˉ=aib\bar{z} = a - ib Propriétés importantes :

  • zˉ=z\overline{\bar{z}} = z
  • z+zˉ=2a=2Re(z)z + \bar{z} = 2a = 2 \text{Re}(z)
  • zzˉ=2ib=2iIm(z)z - \bar{z} = 2ib = 2i \text{Im}(z)
  • zzˉ=a2+b2z \bar{z} = a^2 + b^2 (toujours un nombre réel positif)
  • z+z=zˉ+zˉ\overline{z + z'} = \bar{z} + \bar{z'}
  • z×z=zˉ×zˉ\overline{z \times z'} = \bar{z} \times \bar{z'}
  • Si z0z \neq 0, (1z)=1zˉ\overline{\left(\frac{1}{z}\right)} = \frac{1}{\bar{z}}
  • Si z0z' \neq 0, (zz)=zˉzˉ\overline{\left(\frac{z}{z'}\right)} = \frac{\bar{z}}{\bar{z'}}

Division

Pour diviser des nombres complexes, on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur afin de rendre le dénominateur réel. Pour z=a+ibz = a + ib et z=a+ibz' = a' + ib' avec z0z' \neq 0 : zz=a+iba+ib=(a+ib)(aib)(a+ib)(aib)=(aa+bb)+i(baab)a2+b2\frac{z}{z'} = \frac{a + ib}{a' + ib'} = \frac{(a + ib)(a' - ib')}{(a' + ib')(a' - ib')} = \frac{(aa' + bb') + i(ba' - ab')}{a'^2 + b'^2} ==zz=aa+bba2+b2+ibaaba2+b2====\frac{z}{z'} = \frac{aa' + bb'}{a'^2 + b'^2} + i\frac{ba' - ab'}{a'^2 + b'^2}== Exemple : 2+3i1i=(2+3i)(1+i)(1i)(1+i)=2+2i+3i+3i212i2=2+5i31+1=1+5i2=12+52i\frac{2+3i}{1-i} = \frac{(2+3i)(1+i)}{(1-i)(1+i)} = \frac{2+2i+3i+3i^2}{1^2 - i^2} = \frac{2+5i-3}{1+1} = \frac{-1+5i}{2} = -\frac{1}{2} + \frac{5}{2}i.

Représentation géométrique

Les nombres complexes peuvent être représentés géométriquement. On utilise un plan complexe (aussi appelé plan d'Argand-Gauss), qui est un plan muni d'un repère orthonormé (O;u,v)(O; \vec{u}, \vec{v}).

  • L'axe des abscisses est appelé l'axe des réels.
  • L'axe des ordonnées est appelé l'axe des imaginaires.

À tout nombre complexe z=a+ibz = a + ib, on associe :

  • Un point MM de coordonnées (a,b)(a, b) dans le plan complexe. On dit que MM est l'image de zz et que zz est l'affixe du point MM, notée zMz_M.
  • Un vecteur OM\vec{OM} de coordonnées (a,b)(a, b). On dit que zz est l'affixe du vecteur OM\vec{OM}.

Affixe d'un point

Si M(x,y)M(x, y) est un point du plan, son affixe est zM=x+iyz_M = x + iy.

Affixe d'un vecteur

Si AA et BB sont deux points d'affixes respectives zAz_A et zBz_B, alors l'affixe du vecteur AB\vec{AB} est zAB=zBzAz_{\vec{AB}} = z_B - z_A. Exemple : Si AA a pour affixe 1+2i1+2i et BB a pour affixe 4i4-i, alors le vecteur AB\vec{AB} a pour affixe (4i)(1+2i)=33i(4-i) - (1+2i) = 3-3i.

Interprétation géométrique des opérations

  • L'addition de deux nombres complexes z1z_1 et z2z_2 correspond à l'addition vectorielle : l'image de z1+z2z_1+z_2 est le point M3M_3 tel que OM3=OM1+OM2\vec{OM_3} = \vec{OM_1} + \vec{OM_2} (règle du parallélogramme).
  • Le conjugué zˉ\bar{z} de zz a pour image le point MM' qui est le symétrique de l'image MM de zz par rapport à l'axe des réels.
  • La multiplication et la division ont des interprétations géométriques plus complexes qui seront abordées avec le module et l'argument.

Chapitre 2

Module et argument d'un nombre complexe

Module d'un nombre complexe

Le module d'un nombre complexe z=a+ibz = a + ib, noté z|z|, est la distance entre l'origine OO du plan complexe et le point MM d'affixe zz. En utilisant le théorème de Pythagore, on a : ==z=a2+b2====|z| = \sqrt{a^2 + b^2}== Exemple : Si z=3+4iz = 3 + 4i, alors z=32+42=9+16=25=5|z| = \sqrt{3^2 + 4^2} = \sqrt{9 + 16} = \sqrt{25} = 5.

Distance dans le plan complexe

Le module de la différence de deux nombres complexes zAz_A et zBz_B représente la distance entre les points AA et BB : AB=zBzAAB = |z_B - z_A|

Propriétés du module

Pour tous nombres complexes zz et zz' :

  • z0|z| \ge 0 et z=0    z=0|z| = 0 \iff z = 0
  • z=zˉ|z| = |\bar{z}|
  • zzˉ=z2z \bar{z} = |z|^2
  • zz=zz|z z'| = |z| |z'|
  • zz=zz\left|\frac{z}{z'}\right| = \frac{|z|}{|z'|} (si z0z' \neq 0)
  • zn=zn|z^n| = |z|^n pour tout entier nn
  • Inégalité triangulaire : <mark>z+zz+z</mark><mark>|z + z'| \le |z| + |z'|</mark> (l'égalité a lieu si zz et zz' sont colinéaires et de même sens)

Module et conjugué

L'égalité zzˉ=z2z \bar{z} = |z|^2 est particulièrement utile pour le calcul de l'inverse : 1z=zˉz2\frac{1}{z} = \frac{\bar{z}}{|z|^2}

Argument d'un nombre complexe

L'argument d'un nombre complexe non nul z=a+ibz = a + ib, noté arg(z)\arg(z), est la mesure de l'angle orienté (u,OM)(\vec{u}, \vec{OM})MM est le point d'affixe zz. L'argument est défini à 2π2\pi près. On choisit souvent l'argument principal, noté Arg(z)\text{Arg}(z), qui appartient à l'intervalle ]π,π]]-\pi, \pi]. Si θ=arg(z)\theta = \arg(z), alors : a=zcos(θ)etb=zsin(θ)a = |z|\cos(\theta) \quad \text{et} \quad b = |z|\sin(\theta) D'où : cos(θ)=azetsin(θ)=bz\cos(\theta) = \frac{a}{|z|} \quad \text{et} \quad \sin(\theta) = \frac{b}{|z|} Ces relations permettent de trouver l'argument à partir de la forme algébrique. Exemple : Si z=1+iz = 1 + i, alors z=12+12=2|z| = \sqrt{1^2 + 1^2} = \sqrt{2}. cos(θ)=12=22\cos(\theta) = \frac{1}{\sqrt{2}} = \frac{\sqrt{2}}{2} et sin(θ)=12=22\sin(\theta) = \frac{1}{\sqrt{2}} = \frac{\sqrt{2}}{2}. Donc θ=π4(mod2π)\theta = \frac{\pi}{4} \pmod{2\pi}.

Propriétés de l'argument

Pour tous nombres complexes non nuls zz et zz' :

  • arg(zz)=arg(z)+arg(z)(mod2π)\arg(z z') = \arg(z) + \arg(z') \pmod{2\pi}
  • arg(zz)=arg(z)arg(z)(mod2π)\arg\left(\frac{z}{z'}\right) = \arg(z) - \arg(z') \pmod{2\pi}
  • arg(zn)=narg(z)(mod2π)\arg(z^n) = n \arg(z) \pmod{2\pi} pour tout entier nn
  • arg(zˉ)=arg(z)(mod2π)\arg(\bar{z}) = -\arg(z) \pmod{2\pi}
  • arg(z)=arg(z)+π(mod2π)\arg(-z) = \arg(z) + \pi \pmod{2\pi}
  • zz est un réel pur     arg(z)=0(modπ)\iff \arg(z) = 0 \pmod{\pi} (si z0z \neq 0)
  • zz est un imaginaire pur     arg(z)=π2(modπ)\iff \arg(z) = \frac{\pi}{2} \pmod{\pi} (si z0z \neq 0)

Forme trigonométrique

Un nombre complexe zz non nul peut s'écrire sous sa forme trigonométrique : ==z=z(cos(θ)+isin(θ))====z = |z|(\cos(\theta) + i\sin(\theta))==z|z| est le module de zz et θ\theta est un argument de zz. On note parfois z=[z,θ]z = [|z|, \theta].

Passage forme algébrique à trigonométrique

  1. Calculer le module z=a2+b2|z| = \sqrt{a^2 + b^2}.
  2. Résoudre le système cos(θ)=az\cos(\theta) = \frac{a}{|z|} et sin(θ)=bz\sin(\theta) = \frac{b}{|z|} pour trouver θ\theta.

Passage forme trigonométrique à algébrique

  1. Calculer cos(θ)\cos(\theta) et sin(θ)\sin(\theta).
  2. Multiplier par le module z|z|. z=zcos(θ)+izsin(θ)z = |z|\cos(\theta) + i|z|\sin(\theta).

Opérations en forme trigonométrique

La forme trigonométrique simplifie grandement les multiplications et divisions. Soient z=z(cos(θ)+isin(θ))z = |z|(\cos(\theta) + i\sin(\theta)) et z=z(cos(θ)+isin(θ))z' = |z'|(\cos(\theta') + i\sin(\theta')).

  • Multiplication : zz=zz(cos(θ+θ)+isin(θ+θ))z z' = |z||z'|(\cos(\theta + \theta') + i\sin(\theta + \theta')) Les modules se multiplient, les arguments s'additionnent.
  • Division : (si z0z' \neq 0) zz=zz(cos(θθ)+isin(θθ))\frac{z}{z'} = \frac{|z|}{|z'|}(\cos(\theta - \theta') + i\sin(\theta - \theta')) Les modules se divisent, les arguments se soustraient.
  • Puissance : (Formule de De Moivre, voir section suivante) zn=zn(cos(nθ)+isin(nθ))z^n = |z|^n(\cos(n\theta) + i\sin(n\theta))

Interprétation géométrique

  • La multiplication par un nombre complexe zz' correspond à une rotation d'angle arg(z)\arg(z') et une homothétie de rapport z|z'|.
  • Le rapport zCzAzBzA\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} a pour module ACAB\frac{AC}{AB} et pour argument l'angle (AB,AC)(\vec{AB}, \vec{AC}).

Chapitre 3

Forme exponentielle et formule de Moivre

Forme exponentielle

La forme exponentielle est une notation compacte et très pratique pour les nombres complexes, basée sur la formule d'Euler. La formule d'Euler établit un lien fondamental entre l'exponentielle complexe et les fonctions trigonométriques : ==eiθ=cos(θ)+isin(θ)====e^{i\theta} = \cos(\theta) + i\sin(\theta)== Cette formule permet d'écrire tout nombre complexe non nul zz sous la forme exponentielle : z=zeiθz = |z|e^{i\theta}z|z| est le module de zz et θ\theta est un argument de zz.

Passage forme trigonométrique à exponentielle

C'est direct : on remplace (cos(θ)+isin(θ))(\cos(\theta) + i\sin(\theta)) par eiθe^{i\theta}. Exemple : z=2(cos(π3)+isin(π3))=2eiπ3z = 2(\cos(\frac{\pi}{3}) + i\sin(\frac{\pi}{3})) = 2e^{i\frac{\pi}{3}}.

Opérations en forme exponentielle

Les règles de calcul avec les puissances s'appliquent naturellement : Soient z=zeiθz = |z|e^{i\theta} et z=zeiθz' = |z'|e^{i\theta'}.

  • Multiplication : zz=zzei(θ+θ)z z' = |z||z'|e^{i(\theta + \theta')}
  • Division : zz=zzei(θθ)\frac{z}{z'} = \frac{|z|}{|z'|}e^{i(\theta - \theta')} (si z0z' \neq 0)
  • Puissance : zn=zneinθz^n = |z|^n e^{in\theta} pour tout entier nn.

Exemple : Soit z1=2eiπ/4z_1 = 2e^{i\pi/4} et z2=3eiπ/6z_2 = 3e^{i\pi/6}. z1z2=(2×3)ei(π/4+π/6)=6ei(3π/12+2π/12)=6ei5π/12z_1 z_2 = (2 \times 3)e^{i(\pi/4 + \pi/6)} = 6e^{i(3\pi/12 + 2\pi/12)} = 6e^{i5\pi/12}. z1z2=23ei(π/4π/6)=23eiπ/12\frac{z_1}{z_2} = \frac{2}{3}e^{i(\pi/4 - \pi/6)} = \frac{2}{3}e^{i\pi/12}.

Formule de Moivre

La formule de Moivre est une conséquence directe de la forme exponentielle et de la propriété (eiθ)n=einθ(e^{i\theta})^n = e^{in\theta}. Elle est particulièrement utile pour calculer les puissances de nombres complexes et pour les applications trigonométriques. Pour tout nombre réel θ\theta et tout entier relatif nn : ==(cos(θ)+isin(θ))n=cos(nθ)+isin(nθ)====(\cos(\theta) + i\sin(\theta))^n = \cos(n\theta) + i\sin(n\theta)==

Application au calcul de cos(nθ)\cos(n\theta) et sin(nθ)\sin(n\theta)

La formule de Moivre permet d'exprimer cos(nθ)\cos(n\theta) et sin(nθ)\sin(n\theta) en fonction de cos(θ)\cos(\theta) et sin(θ)\sin(\theta). Exemple : Pour n=2n=2, (cos(θ)+isin(θ))2=cos(2θ)+isin(2θ)(\cos(\theta) + i\sin(\theta))^2 = \cos(2\theta) + i\sin(2\theta). En développant le membre de gauche : cos2(θ)+2icos(θ)sin(θ)+i2sin2(θ)=(cos2(θ)sin2(θ))+i(2sin(θ)cos(θ))\cos^2(\theta) + 2i\cos(\theta)\sin(\theta) + i^2\sin^2(\theta) = (\cos^2(\theta) - \sin^2(\theta)) + i(2\sin(\theta)\cos(\theta)). Par identification des parties réelles et imaginaires : cos(2θ)=cos2(θ)sin2(θ)\cos(2\theta) = \cos^2(\theta) - \sin^2(\theta) sin(2θ)=2sin(θ)cos(θ)\sin(2\theta) = 2\sin(\theta)\cos(\theta) Ce sont les formules de duplication bien connues.

Linéarisation de polynômes trigonométriques

On peut aussi exprimer cosn(θ)\cos^n(\theta) et sinn(θ)\sin^n(\theta) en fonction de cos(kθ)\cos(k\theta) et sin(kθ)\sin(k\theta) (linéarisation). On utilise pour cela les formules d'Euler : cos(θ)=eiθ+eiθ2\cos(\theta) = \frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2} et sin(θ)=eiθeiθ2i\sin(\theta) = \frac{e^{i\theta} - e^{-i\theta}}{2i}. Exemple : Linéariser cos3(θ)\cos^3(\theta). cos3(θ)=(eiθ+eiθ2)3=18(ei3θ+3ei2θeiθ+3eiθei2θ+ei3θ)\cos^3(\theta) = \left(\frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2}\right)^3 = \frac{1}{8}(e^{i3\theta} + 3e^{i2\theta}e^{-i\theta} + 3e^{i\theta}e^{-i2\theta} + e^{-i3\theta}) =18(ei3θ+3eiθ+3eiθ+ei3θ)= \frac{1}{8}(e^{i3\theta} + 3e^{i\theta} + 3e^{-i\theta} + e^{-i3\theta}) =18((ei3θ+ei3θ)+3(eiθ+eiθ))= \frac{1}{8}((e^{i3\theta} + e^{-i3\theta}) + 3(e^{i\theta} + e^{-i\theta})) =18(2cos(3θ)+3×2cos(θ))= \frac{1}{8}(2\cos(3\theta) + 3 \times 2\cos(\theta)) =<mark>14cos(3θ)+34cos(θ)</mark>= <mark>\frac{1}{4}\cos(3\theta) + \frac{3}{4}\cos(\theta)</mark>.

Racines n-ièmes de l'unité

Les racines n-ièmes de l'unité sont les nombres complexes zz qui vérifient l'équation zn=1z^n = 1, où nn est un entier naturel non nul.

Calcul des racines n-ièmes de 1

Soit z=ρeiθz = \rho e^{i\theta} une racine nn-ième de l'unité. Alors zn=ρneinθ=1=1ei0z^n = \rho^n e^{in\theta} = 1 = 1e^{i0}. Par identification des modules et des arguments :

  • ρn=1    ρ=1\rho^n = 1 \implies \rho = 1 (car ρ\rho est un module, donc réel positif)
  • nθ=0+2kπ    θ=2kπnn\theta = 0 + 2k\pi \implies \theta = \frac{2k\pi}{n} pour kZk \in \mathbb{Z}. Pour obtenir nn racines distinctes, on prend k=0,1,,n1k = 0, 1, \dots, n-1. Les nn racines nn-ièmes de l'unité sont donc : ==zk=ei2kπn=cos(2kπn)+isin(2kπn)pour k=0,1,,n1====z_k = e^{i\frac{2k\pi}{n}} = \cos\left(\frac{2k\pi}{n}\right) + i\sin\left(\frac{2k\pi}{n}\right) \quad \text{pour } k = 0, 1, \dots, n-1==

Représentation géométrique des racines

Les images des racines nn-ièmes de l'unité sont les sommets d'un polygone régulier à nn côtés inscrit dans le cercle unité (cercle de rayon 1 centré à l'origine). Le premier sommet est toujours le point d'affixe 1.

Exemple : Les racines cubiques de l'unité (n=3n=3) sont :

  • z0=ei0=1z_0 = e^{i0} = 1
  • z1=ei2π3=cos(2π3)+isin(2π3)=12+i32z_1 = e^{i\frac{2\pi}{3}} = \cos(\frac{2\pi}{3}) + i\sin(\frac{2\pi}{3}) = -\frac{1}{2} + i\frac{\sqrt{3}}{2}
  • z2=ei4π3=cos(4π3)+isin(4π3)=12i32z_2 = e^{i\frac{4\pi}{3}} = \cos(\frac{4\pi}{3}) + i\sin(\frac{4\pi}{3}) = -\frac{1}{2} - i\frac{\sqrt{3}}{2} Ces trois points forment un triangle équilatéral dans le plan complexe.

Propriétés des racines de l'unité

  • Le produit des racines nn-ièmes de l'unité est (1)n1(-1)^{n-1}.
  • La somme des racines nn-ièmes de l'unité est 0 (pour n>1n > 1).
  • Si ω\omega est une racine nn-ième de l'unité, alors ωk\omega^k est aussi une racine nn-ième de l'unité.

Chapitre 4

Applications géométriques des nombres complexes

Transformations du plan

Une transformation du plan est une fonction qui associe à chaque point MM d'affixe zz un nouveau point MM' d'affixe zz'.

Translation

Une translation de vecteur w\vec{w} d'affixe zwz_{\vec{w}} transforme un point M(z)M(z) en M(z)M'(z') telle que MM=w\vec{MM'} = \vec{w}. L'écriture complexe de la translation est : ==z=z+zw====z' = z + z_{\vec{w}}==

Homothétie

Une homothétie de centre Ω(ω)\Omega(\omega) et de rapport kk (réel non nul) transforme un point M(z)M(z) en M(z)M'(z') telle que ΩM=kΩM\vec{\Omega M'} = k\vec{\Omega M}. L'écriture complexe de l'homothétie est : zω=k(zω)    z=k(zω)+ωz' - \omega = k(z - \omega) \iff z' = k(z - \omega) + \omega

Rotation

Une rotation de centre Ω(ω)\Omega(\omega) et d'angle α\alpha transforme un point M(z)M(z) en M(z)M'(z'). L'écriture complexe de la rotation est : zω=eiα(zω)    z=eiα(zω)+ωz' - \omega = e^{i\alpha}(z - \omega) \iff z' = e^{i\alpha}(z - \omega) + \omega

Similitude directe

Une similitude directe est une transformation qui combine une rotation, une homothétie et éventuellement une translation. C'est une transformation du plan qui conserve les angles orientés et multiplie les distances par un facteur constant (le rapport de la similitude). L'écriture complexe générale d'une similitude directe est : ==z=az+b====z' = az + b==aCa \in \mathbb{C}^* et bCb \in \mathbb{C}.

  • Le rapport de la similitude est a|a|.
  • L'angle de la similitude est arg(a)\arg(a).
  • Si a=1a=1, c'est une translation.
  • Si a1a \neq 1, le centre de la similitude est le point invariant Ω\Omega d'affixe ω=b1a\omega = \frac{b}{1-a}.

Alignement et orthogonalité

Les nombres complexes permettent de caractériser l'alignement de points et l'orthogonalité de vecteurs.

Condition d'alignement de trois points

Trois points distincts A,B,CA, B, C d'affixes zA,zB,zCz_A, z_B, z_C sont alignés si et seulement si les vecteurs AB\vec{AB} et AC\vec{AC} sont colinéaires. Cela se traduit par le fait que le rapport zCzAzBzA\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} est un nombre réel. zCzAzBzAR    arg(zCzAzBzA)=0(modπ)\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} \in \mathbb{R} \iff \arg\left(\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right) = 0 \pmod{\pi}

Condition d'orthogonalité de deux vecteurs

Deux vecteurs AB\vec{AB} et CD\vec{CD} d'affixes zBzAz_B - z_A et zDzCz_D - z_C sont orthogonaux si et seulement si l'angle entre eux est π2\frac{\pi}{2} ou π2-\frac{\pi}{2}. Cela se traduit par le fait que le rapport zDzCzBzA\frac{z_D - z_C}{z_B - z_A} est un nombre imaginaire pur. zDzCzBzAiR    arg(zDzCzBzA)=π2(modπ)\frac{z_D - z_C}{z_B - z_A} \in i\mathbb{R}^* \iff \arg\left(\frac{z_D - z_C}{z_B - z_A}\right) = \frac{\pi}{2} \pmod{\pi}

Utilisation des arguments

L'argument d'un rapport de la forme zCzAzBzA\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A} est égal à l'angle orienté (AB,AC)(\vec{AB}, \vec{AC}). arg(zCzAzBzA)=(AB,AC)(mod2π)\arg\left(\frac{z_C - z_A}{z_B - z_A}\right) = (\vec{AB}, \vec{AC}) \pmod{2\pi}.

Lieux géométriques

Les nombres complexes sont très efficaces pour décrire des ensembles de points géométriques.

Ensembles de points za=R|z-a| = R

L'ensemble des points MM d'affixe zz tels que za=R|z - a| = R (où aa est l'affixe d'un point fixe AA et R>0R > 0 est un réel) est le cercle de centre AA et de rayon RR. En effet, za|z - a| représente la distance AMAM.

Ensembles de points za=zb|z-a| = |z-b|

L'ensemble des points MM d'affixe zz tels que za=zb|z - a| = |z - b| (où aa et bb sont les affixes de deux points fixes distincts AA et BB) est la médiatrice du segment [AB][AB]. En effet, za=AM|z - a| = AM et zb=BM|z - b| = BM, donc AM=BMAM = BM.

Ensembles de points arg(zazb)=k\arg\left(\frac{z-a}{z-b}\right) = k

L'ensemble des points MM d'affixe zz tels que arg(zazb)=k(mod2π)\arg\left(\frac{z-a}{z-b}\right) = k \pmod{2\pi} (où aa et bb sont les affixes de deux points fixes AA et BB, et kk est un réel) est un arc de cercle passant par AA et BB. Si k=0(modπ)k = 0 \pmod{\pi}, les points M,A,BM, A, B sont alignés. Si MM est distinct de AA et BB, alors MM est sur la droite (AB)(AB). Si k=π2(modπ)k = \frac{\pi}{2} \pmod{\pi}, alors l'angle (BM,AM)(\vec{BM}, \vec{AM}) est droit. L'ensemble des points MM distincts de AA et BB est le cercle de diamètre [AB][AB] (privé de AA et BB).

Chapitre 5

Équations polynomiales et nombres complexes

Équations du second degré

Considérons l'équation az2+bz+c=0az^2 + bz + c = 0 avec a,b,cRa, b, c \in \mathbb{R} et a0a \neq 0. Le discriminant est Δ=b24ac\Delta = b^2 - 4ac.

Discriminant négatif

Si Δ<0\Delta < 0, l'équation n'a pas de solutions réelles. Cependant, elle possède deux solutions complexes conjuguées : ==z1=biΔ2aetz2=b+iΔ2a====z_1 = \frac{-b - i\sqrt{-\Delta}}{2a} \quad \text{et} \quad z_2 = \frac{-b + i\sqrt{-\Delta}}{2a}== Notez que Δ\sqrt{-\Delta} est un nombre réel puisque Δ>0-\Delta > 0.

Cas des coefficients complexes

Si les coefficients a,b,ca, b, c sont eux-mêmes des nombres complexes, la formule de résolution reste la même : z=b±δ2az = \frac{-b \pm \delta}{2a}δ\delta est une racine carrée complexe de Δ=b24ac\Delta = b^2 - 4ac. Pour trouver δ\delta, on pose δ=x+iy\delta = x+iy et on résout (x+iy)2=Δ(x+iy)^2 = \Delta. Cela mène à un système de deux équations réelles.

Factorisation de polynômes

Racines complexes conjuguées

Si un polynôme P(z)P(z) à coefficients réels admet une racine complexe z0z_0, alors son conjugué z0ˉ\bar{z_0} est aussi une racine de P(z)P(z). C'est une propriété très utile pour la factorisation. Si z0z_0 est une racine, alors (zz0)(z - z_0) est un facteur. Si z0ˉ\bar{z_0} est aussi une racine, alors (zz0ˉ)(z - \bar{z_0}) est un autre facteur. Le produit (zz0)(zz0ˉ)=z2(z0+z0ˉ)z+z0z0ˉ=z22Re(z0)z+z02(z - z_0)(z - \bar{z_0}) = z^2 - (z_0 + \bar{z_0})z + z_0\bar{z_0} = z^2 - 2\text{Re}(z_0)z + |z_0|^2, qui est un polynôme du second degré à coefficients réels.

Factorisation dans C[X]\mathbb{C}[X]

Le Théorème fondamental de l'algèbre (ou théorème de d'Alembert-Gauss) stipule que tout polynôme non constant à coefficients complexes admet au moins une racine complexe. Une conséquence est que tout polynôme P(z)P(z) de degré n1n \ge 1 à coefficients complexes peut être factorisé de manière unique (à l'ordre des facteurs près) sous la forme : P(z)=a(zz1)(zz2)(zzn)P(z) = a(z - z_1)(z - z_2)\dots(z - z_n)aa est le coefficient dominant de P(z)P(z) et z1,z2,,znz_1, z_2, \dots, z_n sont les nn racines de P(z)P(z) (comptées avec leur multiplicité).

Factorisation dans R[X]\mathbb{R}[X]

Si le polynôme P(z)P(z) est à coefficients réels, sa factorisation dans R[X]\mathbb{R}[X] sera différente. Les racines complexes non réelles apparaissent par paires conjuguées. On peut alors factoriser P(z)P(z) en un produit de polynômes irréductibles de degré 1 (pour les racines réelles) et de degré 2 (pour les paires de racines complexes conjuguées). Exemple : P(z)=z41P(z) = z^4 - 1. Les racines sont 1,1,i,i1, -1, i, -i. Dans C[X]\mathbb{C}[X] : P(z)=(z1)(z+1)(zi)(z+i)P(z) = (z-1)(z+1)(z-i)(z+i). Dans R[X]\mathbb{R}[X] : P(z)=(z1)(z+1)(z2+1)P(z) = (z-1)(z+1)(z^2+1).

Équations de degré supérieur

Pour les équations polynomiales de degré supérieur à 2, il n'existe pas de formule générale simple comme pour le second degré. On utilise souvent des stratégies spécifiques :

Recherche de racines évidentes

On teste des racines "simples" comme 1,1,i,i,2,21, -1, i, -i, 2, -2, etc. Si z0z_0 est une racine, alors (zz0)(z - z_0) est un facteur du polynôme.

Division polynomiale

Si on trouve une racine z0z_0, on peut effectuer la division euclidienne du polynôme P(z)P(z) par (zz0)(z - z_0). Cela réduit le degré du polynôme à résoudre. On peut utiliser la méthode de Horner pour simplifier les calculs.

Utilisation des racines n-ièmes

Certaines équations peuvent être ramenées à la recherche de racines nn-ièmes d'un nombre complexe. Par exemple, zn=Z0z^n = Z_0. Si Z0=ρeiϕZ_0 = \rho e^{i\phi}, alors les solutions sont zk=ρneiϕ+2kπnz_k = \sqrt[n]{\rho} e^{i\frac{\phi + 2k\pi}{n}} pour k=0,1,,n1k = 0, 1, \dots, n-1.

Polynômes réciproques

Ce sont des polynômes dont les coefficients sont symétriques. Par exemple az4+bz3+cz2+bz+a=0az^4 + bz^3 + cz^2 + bz + a = 0. On peut souvent les résoudre en divisant par zkz^k et en posant un changement de variable comme y=z+1zy = z + \frac{1}{z}.

Après la lecture

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