Nombres complexes
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Lecture
5 chapitres
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Pratique
12 questions
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Objectif
Terminale générale
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Chapitre 1
Introduction aux nombres complexes
Nécessité et définition
Historiquement, les mathématiciens ont rencontré un problème insoluble dans l'ensemble des nombres réels () : il était impossible de trouver un nombre tel que . Pour résoudre cette difficulté, ils ont introduit une nouvelle entité, l'unité imaginaire, notée , définie par ====.
À partir de cette unité imaginaire, on a construit un nouvel ensemble de nombres, appelé l'ensemble des nombres complexes, noté . Un nombre complexe peut s'écrire sous la forme algébrique : où et sont des nombres réels.
- est appelé la partie réelle de , notée .
- est appelé la partie imaginaire de , notée .
Un nombre complexe est dit réel pur si sa partie imaginaire est nulle (). Il est dit imaginaire pur si sa partie réelle est nulle ().
Deux nombres complexes et sont égaux si et seulement si leurs parties réelles sont égales et leurs parties imaginaires sont égales : et .
Opérations sur les nombres complexes
Les opérations arithmétiques fondamentales s'étendent aux nombres complexes en respectant la propriété .
Addition et soustraction
Pour et :
- Addition :
- Soustraction : Exemple : .
Multiplication
Pour et : Puisque : ==== Exemple : .
Conjugué d'un nombre complexe
Le conjugué d'un nombre complexe est le nombre complexe défini par : Propriétés importantes :
- (toujours un nombre réel positif)
- Si ,
- Si ,
Division
Pour diviser des nombres complexes, on multiplie le numérateur et le dénominateur par le conjugué du dénominateur afin de rendre le dénominateur réel. Pour et avec : Exemple : .
Représentation géométrique
Les nombres complexes peuvent être représentés géométriquement. On utilise un plan complexe (aussi appelé plan d'Argand-Gauss), qui est un plan muni d'un repère orthonormé .
- L'axe des abscisses est appelé l'axe des réels.
- L'axe des ordonnées est appelé l'axe des imaginaires.
À tout nombre complexe , on associe :
- Un point de coordonnées dans le plan complexe. On dit que est l'image de et que est l'affixe du point , notée .
- Un vecteur de coordonnées . On dit que est l'affixe du vecteur .
Affixe d'un point
Si est un point du plan, son affixe est .
Affixe d'un vecteur
Si et sont deux points d'affixes respectives et , alors l'affixe du vecteur est . Exemple : Si a pour affixe et a pour affixe , alors le vecteur a pour affixe .
Interprétation géométrique des opérations
- L'addition de deux nombres complexes et correspond à l'addition vectorielle : l'image de est le point tel que (règle du parallélogramme).
- Le conjugué de a pour image le point qui est le symétrique de l'image de par rapport à l'axe des réels.
- La multiplication et la division ont des interprétations géométriques plus complexes qui seront abordées avec le module et l'argument.
Chapitre 2
Module et argument d'un nombre complexe
Module d'un nombre complexe
Le module d'un nombre complexe , noté , est la distance entre l'origine du plan complexe et le point d'affixe . En utilisant le théorème de Pythagore, on a : Exemple : Si , alors .
Distance dans le plan complexe
Le module de la différence de deux nombres complexes et représente la distance entre les points et :
Propriétés du module
Pour tous nombres complexes et :
- et
- (si )
- pour tout entier
- Inégalité triangulaire : (l'égalité a lieu si et sont colinéaires et de même sens)
Module et conjugué
L'égalité est particulièrement utile pour le calcul de l'inverse :
Argument d'un nombre complexe
L'argument d'un nombre complexe non nul , noté , est la mesure de l'angle orienté où est le point d'affixe . L'argument est défini à près. On choisit souvent l'argument principal, noté , qui appartient à l'intervalle . Si , alors : D'où : Ces relations permettent de trouver l'argument à partir de la forme algébrique. Exemple : Si , alors . et . Donc .
Propriétés de l'argument
Pour tous nombres complexes non nuls et :
- pour tout entier
- est un réel pur (si )
- est un imaginaire pur (si )
Forme trigonométrique
Un nombre complexe non nul peut s'écrire sous sa forme trigonométrique : où est le module de et est un argument de . On note parfois .
Passage forme algébrique à trigonométrique
- Calculer le module .
- Résoudre le système et pour trouver .
Passage forme trigonométrique à algébrique
- Calculer et .
- Multiplier par le module . .
Opérations en forme trigonométrique
La forme trigonométrique simplifie grandement les multiplications et divisions. Soient et .
- Multiplication : Les modules se multiplient, les arguments s'additionnent.
- Division : (si ) Les modules se divisent, les arguments se soustraient.
- Puissance : (Formule de De Moivre, voir section suivante)
Interprétation géométrique
- La multiplication par un nombre complexe correspond à une rotation d'angle et une homothétie de rapport .
- Le rapport a pour module et pour argument l'angle .
Chapitre 3
Forme exponentielle et formule de Moivre
Forme exponentielle
La forme exponentielle est une notation compacte et très pratique pour les nombres complexes, basée sur la formule d'Euler. La formule d'Euler établit un lien fondamental entre l'exponentielle complexe et les fonctions trigonométriques : Cette formule permet d'écrire tout nombre complexe non nul sous la forme exponentielle : où est le module de et est un argument de .
Passage forme trigonométrique à exponentielle
C'est direct : on remplace par . Exemple : .
Opérations en forme exponentielle
Les règles de calcul avec les puissances s'appliquent naturellement : Soient et .
- Multiplication :
- Division : (si )
- Puissance : pour tout entier .
Exemple : Soit et . . .
Formule de Moivre
La formule de Moivre est une conséquence directe de la forme exponentielle et de la propriété . Elle est particulièrement utile pour calculer les puissances de nombres complexes et pour les applications trigonométriques. Pour tout nombre réel et tout entier relatif :
Application au calcul de et
La formule de Moivre permet d'exprimer et en fonction de et . Exemple : Pour , . En développant le membre de gauche : . Par identification des parties réelles et imaginaires : Ce sont les formules de duplication bien connues.
Linéarisation de polynômes trigonométriques
On peut aussi exprimer et en fonction de et (linéarisation). On utilise pour cela les formules d'Euler : et . Exemple : Linéariser . .
Racines n-ièmes de l'unité
Les racines n-ièmes de l'unité sont les nombres complexes qui vérifient l'équation , où est un entier naturel non nul.
Calcul des racines n-ièmes de 1
Soit une racine -ième de l'unité. Alors . Par identification des modules et des arguments :
- (car est un module, donc réel positif)
- pour . Pour obtenir racines distinctes, on prend . Les racines -ièmes de l'unité sont donc :
Représentation géométrique des racines
Les images des racines -ièmes de l'unité sont les sommets d'un polygone régulier à côtés inscrit dans le cercle unité (cercle de rayon 1 centré à l'origine). Le premier sommet est toujours le point d'affixe 1.
Exemple : Les racines cubiques de l'unité () sont :
- Ces trois points forment un triangle équilatéral dans le plan complexe.
Propriétés des racines de l'unité
- Le produit des racines -ièmes de l'unité est .
- La somme des racines -ièmes de l'unité est 0 (pour ).
- Si est une racine -ième de l'unité, alors est aussi une racine -ième de l'unité.
Chapitre 4
Applications géométriques des nombres complexes
Transformations du plan
Une transformation du plan est une fonction qui associe à chaque point d'affixe un nouveau point d'affixe .
Translation
Une translation de vecteur d'affixe transforme un point en telle que . L'écriture complexe de la translation est :
Homothétie
Une homothétie de centre et de rapport (réel non nul) transforme un point en telle que . L'écriture complexe de l'homothétie est :
Rotation
Une rotation de centre et d'angle transforme un point en . L'écriture complexe de la rotation est :
Similitude directe
Une similitude directe est une transformation qui combine une rotation, une homothétie et éventuellement une translation. C'est une transformation du plan qui conserve les angles orientés et multiplie les distances par un facteur constant (le rapport de la similitude). L'écriture complexe générale d'une similitude directe est : où et .
- Le rapport de la similitude est .
- L'angle de la similitude est .
- Si , c'est une translation.
- Si , le centre de la similitude est le point invariant d'affixe .
Alignement et orthogonalité
Les nombres complexes permettent de caractériser l'alignement de points et l'orthogonalité de vecteurs.
Condition d'alignement de trois points
Trois points distincts d'affixes sont alignés si et seulement si les vecteurs et sont colinéaires. Cela se traduit par le fait que le rapport est un nombre réel.
Condition d'orthogonalité de deux vecteurs
Deux vecteurs et d'affixes et sont orthogonaux si et seulement si l'angle entre eux est ou . Cela se traduit par le fait que le rapport est un nombre imaginaire pur.
Utilisation des arguments
L'argument d'un rapport de la forme est égal à l'angle orienté . .
Lieux géométriques
Les nombres complexes sont très efficaces pour décrire des ensembles de points géométriques.
Ensembles de points
L'ensemble des points d'affixe tels que (où est l'affixe d'un point fixe et est un réel) est le cercle de centre et de rayon . En effet, représente la distance .
Ensembles de points
L'ensemble des points d'affixe tels que (où et sont les affixes de deux points fixes distincts et ) est la médiatrice du segment . En effet, et , donc .
Ensembles de points
L'ensemble des points d'affixe tels que (où et sont les affixes de deux points fixes et , et est un réel) est un arc de cercle passant par et . Si , les points sont alignés. Si est distinct de et , alors est sur la droite . Si , alors l'angle est droit. L'ensemble des points distincts de et est le cercle de diamètre (privé de et ).
Chapitre 5
Équations polynomiales et nombres complexes
Équations du second degré
Considérons l'équation avec et . Le discriminant est .
Discriminant négatif
Si , l'équation n'a pas de solutions réelles. Cependant, elle possède deux solutions complexes conjuguées : Notez que est un nombre réel puisque .
Cas des coefficients complexes
Si les coefficients sont eux-mêmes des nombres complexes, la formule de résolution reste la même : où est une racine carrée complexe de . Pour trouver , on pose et on résout . Cela mène à un système de deux équations réelles.
Factorisation de polynômes
Racines complexes conjuguées
Si un polynôme à coefficients réels admet une racine complexe , alors son conjugué est aussi une racine de . C'est une propriété très utile pour la factorisation. Si est une racine, alors est un facteur. Si est aussi une racine, alors est un autre facteur. Le produit , qui est un polynôme du second degré à coefficients réels.
Factorisation dans
Le Théorème fondamental de l'algèbre (ou théorème de d'Alembert-Gauss) stipule que tout polynôme non constant à coefficients complexes admet au moins une racine complexe. Une conséquence est que tout polynôme de degré à coefficients complexes peut être factorisé de manière unique (à l'ordre des facteurs près) sous la forme : où est le coefficient dominant de et sont les racines de (comptées avec leur multiplicité).
Factorisation dans
Si le polynôme est à coefficients réels, sa factorisation dans sera différente. Les racines complexes non réelles apparaissent par paires conjuguées. On peut alors factoriser en un produit de polynômes irréductibles de degré 1 (pour les racines réelles) et de degré 2 (pour les paires de racines complexes conjuguées). Exemple : . Les racines sont . Dans : . Dans : .
Équations de degré supérieur
Pour les équations polynomiales de degré supérieur à 2, il n'existe pas de formule générale simple comme pour le second degré. On utilise souvent des stratégies spécifiques :
Recherche de racines évidentes
On teste des racines "simples" comme , etc. Si est une racine, alors est un facteur du polynôme.
Division polynomiale
Si on trouve une racine , on peut effectuer la division euclidienne du polynôme par . Cela réduit le degré du polynôme à résoudre. On peut utiliser la méthode de Horner pour simplifier les calculs.
Utilisation des racines n-ièmes
Certaines équations peuvent être ramenées à la recherche de racines -ièmes d'un nombre complexe. Par exemple, . Si , alors les solutions sont pour .
Polynômes réciproques
Ce sont des polynômes dont les coefficients sont symétriques. Par exemple . On peut souvent les résoudre en divisant par et en posant un changement de variable comme .
Après la lecture
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