Éducation nationale françaiseSpécialité MathématiquesTerminale générale22 min de lecture

Suites numériques

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Lecture

4 chapitres

Un parcours éditorialisé et navigable.

Pratique

12 questions

Quiz et cartes mémoire à ouvrir après la lecture.

Objectif

Terminale générale

Format rapide pour vérifier si le chapitre correspond.

Chapitre 1

Introduction aux suites numériques

Définition et modes de génération d'une suite

Une suite numérique est une liste ordonnée de nombres réels. Chaque nombre de la suite est appelé un terme. On note généralement une suite (un)nN(u_n)_{n \in \mathbb{N}} ou (un)nn0(u_n)_{n \ge n_0} si elle commence à un certain rang n0n_0. Le terme unu_n est le terme de rang nn.

Il existe plusieurs façons de définir une suite :

  1. Forme explicite (terme général) : Chaque terme unu_n est exprimé directement en fonction de son rang nn. C'est comme une fonction f(n)f(n)un=f(n)u_n = f(n). Exemple : Soit la suite (un)(u_n) définie pour tout nNn \in \mathbb{N} par un=2n+1u_n = 2n + 1. u0=2(0)+1=1u_0 = 2(0) + 1 = 1 u1=2(1)+1=3u_1 = 2(1) + 1 = 3 u2=2(2)+1=5u_2 = 2(2) + 1 = 5 Avec cette formule, on peut calculer n'importe quel terme directement.

  2. Forme par récurrence (relation de récurrence) : On donne le premier terme (ou les premiers termes) et une formule qui exprime un+1u_{n+1} (le terme suivant) en fonction de unu_n (le terme précédent). Exemple : Soit la suite (vn)(v_n) définie par v0=2v_0 = 2 et vn+1=3vn1v_{n+1} = 3v_n - 1 pour tout nNn \in \mathbb{N}. v0=2v_0 = 2 v1=3v01=3(2)1=5v_1 = 3v_0 - 1 = 3(2) - 1 = 5 v2=3v11=3(5)1=14v_2 = 3v_1 - 1 = 3(5) - 1 = 14 Pour calculer vnv_n, il faut calculer tous les termes précédents.

  3. Représentation graphique : On peut représenter les termes d'une suite (un)(u_n) dans un repère.

    • Pour une suite définie explicitement (un=f(n)u_n = f(n)), on place les points (n,un)(n, u_n).
    • Pour une suite définie par récurrence (un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n)), on peut utiliser la droite d'équation y=xy=x et la courbe de ff. On part de u0u_0 sur l'axe des abscisses, on monte (ou descend) jusqu'à la courbe de ff pour trouver u1u_1 sur l'axe des ordonnées. On reporte u1u_1 sur l'axe des abscisses en utilisant la droite y=xy=x, et on répète le processus. Cette méthode permet de visualiser le comportement de la suite (convergence, divergence).

Sens de variation d'une suite

Le sens de variation d'une suite décrit comment ses termes évoluent.

  • Une suite (un)(u_n) est croissante si pour tout nn, un+1unu_{n+1} \ge u_n.
  • Une suite (un)(u_n) est strictement croissante si pour tout nn, un+1>unu_{n+1} > u_n.
  • Une suite (un)(u_n) est décroissante si pour tout nn, un+1unu_{n+1} \le u_n.
  • Une suite (un)(u_n) est strictement décroissante si pour tout nn, un+1<unu_{n+1} < u_n.
  • Une suite est constante si pour tout nn, un+1=unu_{n+1} = u_n.
  • Une suite est monotone si elle est soit croissante, soit décroissante.

Pour étudier le sens de variation d'une suite, on étudie le signe de la différence un+1unu_{n+1} - u_n.

  • Si un+1un>0u_{n+1} - u_n > 0, la suite est strictement croissante.
  • Si un+1un<0u_{n+1} - u_n < 0, la suite est strictement décroissante.
  • Si un+1un=0u_{n+1} - u_n = 0, la suite est constante.

Exemple : Soit un=n23nu_n = n^2 - 3n. un+1un=((n+1)23(n+1))(n23n)u_{n+1} - u_n = ((n+1)^2 - 3(n+1)) - (n^2 - 3n) =(n2+2n+13n3)(n23n)= (n^2 + 2n + 1 - 3n - 3) - (n^2 - 3n) =n2n2n2+3n= n^2 - n - 2 - n^2 + 3n =2n2=2(n1)= 2n - 2 = 2(n-1)

  • Si n=0n=0, u1u0=2(1)=2<0u_1 - u_0 = 2(-1) = -2 < 0. Donc u0>u1u_0 > u_1.
  • Si n=1n=1, u2u1=2(0)=0u_2 - u_1 = 2(0) = 0. Donc u1=u2u_1 = u_2.
  • Si n2n \ge 2, n1>0n-1 > 0, donc 2(n1)>02(n-1) > 0. La suite est croissante pour n1n \ge 1. La suite n'est pas monotone sur N\mathbb{N} entier, mais elle est croissante à partir d'un certain rang.

Autre méthode (pour les suites à termes strictement positifs) : Comparer le quotient un+1un\frac{u_{n+1}}{u_n} à 1.

  • Si un+1un>1\frac{u_{n+1}}{u_n} > 1, la suite est strictement croissante.
  • Si un+1un<1\frac{u_{n+1}}{u_n} < 1, la suite est strictement décroissante.
  • Si un+1un=1\frac{u_{n+1}}{u_n} = 1, la suite est constante. Cette méthode est utile pour les suites géométriques ou les suites avec des factorielles.

Suites majorées, minorées, bornées

  • Une suite (un)(u_n) est majorée s'il existe un nombre réel MM tel que pour tout nn, unMu_n \le M. MM est appelé un majorant. Exemple : La suite un=11n+1u_n = 1 - \frac{1}{n+1} est majorée par 1, car 11n+1<11 - \frac{1}{n+1} < 1.

  • Une suite (un)(u_n) est minorée s'il existe un nombre réel mm tel que pour tout nn, unmu_n \ge m. mm est appelé un minorant. Exemple : La suite un=n2u_n = n^2 est minorée par 0, car n20n^2 \ge 0.

  • Une suite (un)(u_n) est bornée si elle est à la fois majorée et minorée. Exemple : La suite un=sin(n)u_n = \sin(n) est bornée, car 1sin(n)1-1 \le \sin(n) \le 1. Elle est majorée par 1 et minorée par -1.

Le concept de suite bornée est crucial pour la convergence.

Théorème de convergence monotone :

  • Toute suite croissante et majorée converge.
  • Toute suite décroissante et minorée converge. Ce théorème est très puissant car il permet de prouver qu'une suite a une limite sans connaître la valeur de cette limite.

Exemple : Soit (un)(u_n) la suite définie par u0=0u_0 = 0 et un+1=un+2u_{n+1} = \sqrt{u_n + 2}.

  1. Montrons par récurrence qu'elle est majorée par 2 :
    • Initialisation : u0=02u_0 = 0 \le 2. Vrai.
    • Hérédité : Supposons un2u_n \le 2. Alors un+24u_n + 2 \le 4, donc un+24\sqrt{u_n + 2} \le \sqrt{4}, soit un+12u_{n+1} \le 2.
    • Conclusion : Pour tout nn, un2u_n \le 2. La suite est majorée par 2.
  2. Montrons qu'elle est croissante : un+1un=un+2unu_{n+1} - u_n = \sqrt{u_n + 2} - u_n. On peut étudier le signe de f(x)=x+2xf(x) = \sqrt{x+2} - x ou comparer un+1u_{n+1} et unu_n. un+1unun+2unu_{n+1} \ge u_n \Leftrightarrow \sqrt{u_n+2} \ge u_n. Puisque un0u_n \ge 0 (facile à montrer par récurrence), on peut élever au carré : un+2un20un2un2u_n+2 \ge u_n^2 \Leftrightarrow 0 \ge u_n^2 - u_n - 2. Les racines de x2x2=0x^2 - x - 2 = 0 sont -1 et 2. Donc x2x20x^2 - x - 2 \le 0 pour x[1,2]x \in [-1, 2]. Puisque 0un20 \le u_n \le 2, l'inégalité un2un20u_n^2 - u_n - 2 \le 0 est vraie. Donc un+1unu_{n+1} \ge u_n. La suite est croissante.
  3. Puisque (un)(u_n) est croissante et majorée, elle converge.

Chapitre 2

Suites arithmétiques et géométriques

Suites arithmétiques

Une suite (un)(u_n) est dite arithmétique si la différence entre deux termes consécutifs est constante. Cette constante est appelée la raison de la suite, notée rr.

  • Définition par récurrence : un+1=un+ru_{n+1} = u_n + r pour tout nNn \in \mathbb{N} (ou nn0n \ge n_0).
  • Formule explicite : un=up+(np)ru_n = u_p + (n-p)r. Si le premier terme est u0u_0, alors un=u0+nru_n = u_0 + nr. Si le premier terme est u1u_1, alors un=u1+(n1)ru_n = u_1 + (n-1)r. La formule explicite est très utile pour calculer n'importe quel terme rapidement.

Exemple : Soit la suite arithmétique de premier terme u0=5u_0 = 5 et de raison r=3r = 3. un=5+3nu_n = 5 + 3n. u10=5+3(10)=35u_{10} = 5 + 3(10) = 35.

  • Somme des premiers termes : La somme SNS_N des NN premiers termes d'une suite arithmétique (de u0u_0 à uN1u_{N-1}) est donnée par la formule : SN=u0+u1++uN1=N×u0+uN12S_N = u_0 + u_1 + \dots + u_{N-1} = N \times \frac{u_0 + u_{N-1}}{2}. En général, la somme de kk termes consécutifs, de upu_p à uqu_q, est : S=(qp+1)×up+uq2S = (q - p + 1) \times \frac{u_p + u_q}{2}. Le nombre de termes est (dernier indicepremier indice+1)(dernier \text{ indice} - premier \text{ indice} + 1).

Exemple : Somme des 10 premiers termes de la suite précédente (u0u_0 à u9u_9) : u9=5+3(9)=32u_9 = 5 + 3(9) = 32. S10=10×u0+u92=10×5+322=10×372=5×37=185S_{10} = 10 \times \frac{u_0 + u_9}{2} = 10 \times \frac{5 + 32}{2} = 10 \times \frac{37}{2} = 5 \times 37 = 185.

  • Représentation graphique : Les points (n,un)(n, u_n) d'une suite arithmétique sont alignés. Ils se trouvent sur une droite d'équation y=rx+u0y = rx + u_0 (si la suite commence à n=0n=0).

Suites géométriques

Une suite (un)(u_n) est dite géométrique si le rapport entre deux termes consécutifs est constant. Cette constante est appelée la raison de la suite, notée qq.

  • Définition par récurrence : un+1=un×qu_{n+1} = u_n \times q pour tout nNn \in \mathbb{N} (ou nn0n \ge n_0).
  • Formule explicite : un=up×qnpu_n = u_p \times q^{n-p}. Si le premier terme est u0u_0, alors un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n. Si le premier terme est u1u_1, alors un=u1×qn1u_n = u_1 \times q^{n-1}. La formule explicite est essentielle pour les calculs rapides.

Exemple : Soit la suite géométrique de premier terme u0=3u_0 = 3 et de raison q=2q = 2. un=3×2nu_n = 3 \times 2^n. u5=3×25=3×32=96u_5 = 3 \times 2^5 = 3 \times 32 = 96.

  • Somme des premiers termes : La somme SNS_N des NN premiers termes d'une suite géométrique (de u0u_0 à uN1u_{N-1}) est donnée par la formule : SN=u0+u1++uN1=u0×1qN1qS_N = u_0 + u_1 + \dots + u_{N-1} = u_0 \times \frac{1 - q^N}{1 - q} (si q1q \ne 1). Si q=1q=1, la suite est constante et SN=N×u0S_N = N \times u_0. En général, la somme de kk termes consécutifs, de upu_p à uqu_q, est : S=up×1qqp+11qS = u_p \times \frac{1 - q^{q-p+1}}{1 - q}.

Exemple : Somme des 5 premiers termes de la suite précédente (u0u_0 à u4u_4) : S5=u0×1q51q=3×12512=3×1321=3×311=3×31=93S_5 = u_0 \times \frac{1 - q^5}{1 - q} = 3 \times \frac{1 - 2^5}{1 - 2} = 3 \times \frac{1 - 32}{-1} = 3 \times \frac{-31}{-1} = 3 \times 31 = 93.

  • Représentation graphique : Les points (n,un)(n, u_n) d'une suite géométrique ne sont pas alignés (sauf si q=1q=1 ou u0=0u_0=0). Ils suivent une courbe exponentielle (si u0>0u_0 > 0 et q>0q > 0).

Applications et modélisation

Les suites arithmétiques et géométriques sont omniprésentes dans de nombreux domaines.

  • Intérêts simples : Augmentation d'une somme d'argent par un montant fixe à chaque période. C'est une progression arithmétique. Exemple : Un capital de 1000€ placé à 5% d'intérêts simples. Chaque année, les intérêts sont de 1000×0.05=501000 \times 0.05 = 50€. C0=1000C_0 = 1000 Cn=1000+50nC_n = 1000 + 50n. C'est une suite arithmétique de raison 50.

  • Intérêts composés : Augmentation d'une somme d'argent par un pourcentage fixe du capital précédent à chaque période. C'est une progression géométrique. Exemple : Un capital de 1000€ placé à 5% d'intérêts composés. C0=1000C_0 = 1000 Cn+1=Cn+0.05Cn=Cn(1+0.05)=1.05CnC_{n+1} = C_n + 0.05 C_n = C_n (1 + 0.05) = 1.05 C_n. Cn=1000×(1.05)nC_n = 1000 \times (1.05)^n. C'est une suite géométrique de raison 1.05. Les intérêts composés sont une application très classique des suites géométriques.

  • Croissance de population : Peut être modélisée par des suites arithmétiques (croissance linéaire) ou géométriques (croissance exponentielle). Exemple : Une population de bactéries double toutes les heures. Si on commence avec 100 bactéries, Pn=100×2nP_n = 100 \times 2^n.

  • Amortissement / Dépréciation : Diminution de valeur d'un bien. Exemple : Une voiture perd 10% de sa valeur chaque année. Si elle vaut 20 000€ au départ. V0=20000V_0 = 20000 Vn+1=Vn0.1Vn=0.9VnV_{n+1} = V_n - 0.1 V_n = 0.9 V_n. Vn=20000×(0.9)nV_n = 20000 \times (0.9)^n. C'est une suite géométrique de raison 0.9.

Chapitre 3

Limite d'une suite

Notion de limite finie et infinie

  • Limite finie (Convergence) : Une suite (un)(u_n) converge vers un nombre réel LL si les termes de la suite se rapprochent de plus en plus de LL à mesure que nn devient très grand. On écrit limn+un=L\lim_{n \to +\infty} u_n = L. Formellement : pour tout ϵ>0\epsilon > 0, il existe un entier NN tel que pour tout n>Nn > N, unL<ϵ|u_n - L| < \epsilon. Exemple : limn+1n=0\lim_{n \to +\infty} \frac{1}{n} = 0. Les termes 1,1/2,1/3,1, 1/2, 1/3, \dots se rapprochent de 0.

  • Limite infinie (Divergence) : Une suite (un)(u_n) diverge vers ++\infty si ses termes deviennent arbitrairement grands à mesure que nn devient très grand. On écrit limn+un=+\lim_{n \to +\infty} u_n = +\infty. Formellement : pour tout A>0A > 0, il existe un entier NN tel que pour tout n>Nn > N, un>Au_n > A. Exemple : limn+n2=+\lim_{n \to +\infty} n^2 = +\infty.

  • Une suite (un)(u_n) diverge vers -\infty si ses termes deviennent arbitrairement petits (négatifs) à mesure que nn devient très grand. On écrit limn+un=\lim_{n \to +\infty} u_n = -\infty. Exemple : limn+n=\lim_{n \to +\infty} -n = -\infty.

  • Divergence sans limite : Une suite peut diverger sans tendre vers ++\infty ou -\infty. C'est le cas des suites qui oscillent. Exemple : La suite un=(1)nu_n = (-1)^n (qui vaut 1,1,1,1,1, -1, 1, -1, \dots) n'a pas de limite. Elle diverge.

Une suite qui converge est nécessairement bornée. La réciproque est fausse (ex: (1)n(-1)^n).

Théorèmes de comparaison et d'encadrement

Ces théorèmes sont des outils puissants pour trouver la limite d'une suite.

  1. Théorème des gendarmes (ou d'encadrement) : Si (un)(u_n), (vn)(v_n) et (wn)(w_n) sont trois suites telles que :

    • Pour tout nn (à partir d'un certain rang), vnunwnv_n \le u_n \le w_n
    • limn+vn=L\lim_{n \to +\infty} v_n = L
    • limn+wn=L\lim_{n \to +\infty} w_n = L Alors limn+un=L\lim_{n \to +\infty} u_n = L. Exemple : Soit un=cos(n)nu_n = \frac{\cos(n)}{n}. On sait que 1cos(n)1-1 \le \cos(n) \le 1. Donc 1ncos(n)n1n-\frac{1}{n} \le \frac{\cos(n)}{n} \le \frac{1}{n}. Comme limn+1n=0\lim_{n \to +\infty} -\frac{1}{n} = 0 et limn+1n=0\lim_{n \to +\infty} \frac{1}{n} = 0, alors limn+un=0\lim_{n \to +\infty} u_n = 0.
  2. Théorèmes de comparaison avec l'infini :

    • Si pour tout nn, unvnu_n \ge v_n et limn+vn=+\lim_{n \to +\infty} v_n = +\infty, alors limn+un=+\lim_{n \to +\infty} u_n = +\infty.
    • Si pour tout nn, unvnu_n \le v_n et limn+vn=\lim_{n \to +\infty} v_n = -\infty, alors limn+un=\lim_{n \to +\infty} u_n = -\infty. Exemple : Soit un=n+sin(n)u_n = n + \sin(n). On sait que sin(n)1\sin(n) \ge -1. Donc unn1u_n \ge n - 1. Comme limn+(n1)=+\lim_{n \to +\infty} (n-1) = +\infty, alors limn+un=+\lim_{n \to +\infty} u_n = +\infty.
  3. Opérations sur les limites : Les limites se comportent bien avec l'addition, la soustraction, la multiplication et la division (sauf les formes indéterminées).

    Opérationlimun=L\lim u_n = Llimun=L\lim u_n = Llimun=L0\lim u_n = L \ne 0limun=L\lim u_n = Llimun=±\lim u_n = \pm \inftylimun=±\lim u_n = \pm \inftylimun=0+\lim u_n = 0^+limun=0\lim u_n = 0^-
    un+vnu_n + v_nL+LL+L'L+=L+\infty = \infty+=\infty+\infty = \infty+L=\infty+L=\infty
    un×vnu_n \times v_nL×LL \times L'L×=±L \times \infty = \pm \infty×L=±\infty \times L = \pm \infty×=\infty \times \infty = \infty×L=±\infty \times L = \pm \infty
    unvn\frac{u_n}{v_n}LL\frac{L}{L'}L=0\frac{L}{\infty}=0L0+=±\frac{L}{0^+} = \pm \inftyL0=\frac{L}{0^-} = \mp \inftyL=±\frac{\infty}{L} = \pm \inftyL=0\frac{L}{\infty}=0

    Formes indéterminées (FI) :

    • \frac{\infty}{\infty}
    • 00\frac{0}{0}
    • \infty - \infty
    • 0×0 \times \infty
    • 11^\infty, 000^0, 0\infty^0 (moins fréquentes en Terminale)

    Pour lever une FI, on utilise souvent :

    • La factorisation par le terme de plus haut degré (pour les polynômes ou fractions rationnelles).
    • La conjugaison (pour les expressions avec des racines carrées).
    • Les croissances comparées.

Comportement des suites de référence

Connaître les limites de suites usuelles est essentiel.

  1. Limite de qnq^n :

    • Si q>1q > 1, limn+qn=+\lim_{n \to +\infty} q^n = +\infty.
    • Si q=1q = 1, limn+qn=1\lim_{n \to +\infty} q^n = 1.
    • Si 1<q<1-1 < q < 1, limn+qn=0\lim_{n \to +\infty} q^n = 0.
    • Si q1q \le -1, la suite qnq^n n'a pas de limite (elle diverge sans tendre vers l'infini). Exemple : limn+(0.5)n=0\lim_{n \to +\infty} (0.5)^n = 0. limn+2n=+\lim_{n \to +\infty} 2^n = +\infty.
  2. Limite de npn^p :

    • Si p>0p > 0, limn+np=+\lim_{n \to +\infty} n^p = +\infty.
    • Si p=0p = 0, limn+n0=limn+1=1\lim_{n \to +\infty} n^0 = \lim_{n \to +\infty} 1 = 1.
    • Si p<0p < 0, limn+np=0\lim_{n \to +\infty} n^p = 0. (Ex: n1=1/nn^{-1} = 1/n) Exemple : limn+n3=+\lim_{n \to +\infty} n^3 = +\infty. limn+1n2=0\lim_{n \to +\infty} \frac{1}{n^2} = 0.
  3. Limite de 1np\frac{1}{n^p} : Pour p>0p > 0, limn+1np=0\lim_{n \to +\infty} \frac{1}{n^p} = 0. C'est un cas particulier de npn^p avec p<0p < 0.

  4. Limite de suites arithmétiques :

    • Si r>0r > 0, limn+(u0+nr)=+\lim_{n \to +\infty} (u_0 + nr) = +\infty.
    • Si r<0r < 0, limn+(u0+nr)=\lim_{n \to +\infty} (u_0 + nr) = -\infty.
    • Si r=0r = 0, limn+(u0+nr)=u0\lim_{n \to +\infty} (u_0 + nr) = u_0. Les suites arithmétiques divergent, sauf si la raison est nulle.
  5. Limite de suites géométriques : Le comportement dépend de la raison qq, comme vu avec la limite de qnq^n.

    • Si u0>0u_0 > 0 et q>1q > 1, limn+u0qn=+\lim_{n \to +\infty} u_0 q^n = +\infty.
    • Si u0<0u_0 < 0 et q>1q > 1, limn+u0qn=\lim_{n \to +\infty} u_0 q^n = -\infty.
    • Si q=1q = 1, limn+u0qn=u0\lim_{n \to +\infty} u_0 q^n = u_0.
    • Si 1<q<1-1 < q < 1, limn+u0qn=0\lim_{n \to +\infty} u_0 q^n = 0.
    • Si q1q \le -1 ou q>1q > 1 avec u0=0u_0 = 0, la suite diverge (pas de limite).

Chapitre 4

Suites adjacentes et suites récurrentes

Suites adjacentes

Deux suites (un)(u_n) et (vn)(v_n) sont dites adjacentes si :

  1. L'une est croissante et l'autre est décroissante (par exemple, (un)(u_n) croissante et (vn)(v_n) décroissante).
  2. limn+(vnun)=0\lim_{n \to +\infty} (v_n - u_n) = 0.

Critère de convergence : Si deux suites (un)(u_n) et (vn)(v_n) sont adjacentes, alors elles convergent toutes les deux vers la même limite LL. De plus, si (un)(u_n) est croissante et (vn)(v_n) est décroissante, alors pour tout nn, unLvnu_n \le L \le v_n. Ce théorème est très utile pour prouver l'existence d'une limite et pour l'encadrer.

Exemple d'application : Construction de 2\sqrt{2}. On peut définir unu_n comme une suite croissante de nombres rationnels dont le carré est inférieur à 2, et vnv_n comme une suite décroissante de nombres rationnels dont le carré est supérieur à 2.

  • Intervalle emboîté : L'idée derrière les suites adjacentes est qu'elles définissent une suite d'intervalles [un,vn][u_n, v_n] qui se "resserre" autour d'un point unique.

Suites définies par $u_{n+1} = f(u_n)$

Ces suites sont appelées suites récurrentes. Leur comportement dépend fortement de la fonction ff.

  • Point fixe : Si une suite (un)(u_n) définie par un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) converge vers une limite LL, alors cette limite LL est un point fixe de ff. C'est-à-dire que LL doit vérifier l'équation L=f(L)L = f(L). Attention : Le fait que L=f(L)L = f(L) soit vrai ne garantit pas que la suite converge vers LL.

  • Convergence vers un point fixe : Pour qu'une suite un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) converge vers un point fixe LL, il faut souvent que :

    1. La suite soit monotone et bornée (théorème de convergence monotone).
    2. L=f(L)L = f(L) ait une solution.
    3. La fonction ff soit continue en LL.
  • Représentation graphique en escalier/spirale : Pour visualiser le comportement d'une suite un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n), on trace la courbe de ff et la droite y=xy=x.

    1. Placez u0u_0 sur l'axe des abscisses.
    2. Montez (ou descendez) verticalement jusqu'à la courbe de ff pour trouver f(u0)=u1f(u_0) = u_1 sur l'axe des ordonnées.
    3. Reportez u1u_1 sur l'axe des abscisses en allant horizontalement jusqu'à la droite y=xy=x.
    4. Répétez les étapes 2 et 3.
    • Si les points forment un "escalier" qui se rapproche de l'intersection de f(x)f(x) et y=xy=x, la suite converge.
    • Si les points forment une "spirale" qui se rapproche de l'intersection, la suite converge.
    • Si les points s'éloignent, la suite diverge.
  • Théorème du point fixe (cas simple) : Si ff est une fonction continue sur un intervalle II stable par ff (c'est-à-dire f(I)If(I) \subset I) et que la suite un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) est monotone et bornée (donc converge), alors sa limite est l'unique point fixe de ff dans II. Un cas plus général (hors programme Terminale mais utile) utilise la dérivée de ff: si f(x)<k<1|f'(x)| < k < 1 sur un intervalle, alors il y a convergence.

Démonstrations par récurrence

La démonstration par récurrence est une technique fondamentale pour prouver qu'une propriété P(n)P(n) est vraie pour tous les entiers naturels nn (à partir d'un certain rang). Elle se déroule en trois étapes :

  1. Initialisation : Vérifier que la propriété P(n)P(n) est vraie pour le premier rang n0n_0 (souvent n0=0n_0=0 ou n0=1n_0=1). Exemple : Montrer que P(0)P(0) est vraie.

  2. Hérédité : Supposer que la propriété P(k)P(k) est vraie pour un certain entier kn0k \ge n_0 (c'est l'hypothèse de récurrence), puis montrer qu'elle est vraie pour le rang suivant, P(k+1)P(k+1). Exemple : Supposons P(k)P(k) vraie. Montrons que P(k+1)P(k+1) est vraie.

  3. Conclusion : Si l'initialisation et l'hérédité sont vérifiées, alors la propriété P(n)P(n) est vraie pour tout nn0n \ge n_0.

Application aux propriétés de suites : La récurrence est très utilisée pour :

  • Prouver une formule explicite pour une suite définie par récurrence. Exemple : Montrer que si u0=1u_0 = 1 et un+1=2un+1u_{n+1} = 2u_n + 1, alors un=2n+11u_n = 2^{n+1} - 1.
  • Démontrer le sens de variation d'une suite. Exemple : Montrer que un>0u_n > 0 pour tout nn.
  • Démontrer qu'une suite est majorée ou minorée. Exemple : Montrer que unMu_n \le M pour tout nn.
  • Prouver des inégalités concernant les termes d'une suite.

Exemple détaillé de démonstration par récurrence : Soit la suite (un)(u_n) définie par u0=0u_0 = 0 et un+1=12un+1u_{n+1} = \frac{1}{2}u_n + 1. Montrer que pour tout nNn \in \mathbb{N}, un<2u_n < 2.

  1. Initialisation : Pour n=0n=0, u0=0u_0 = 0. On a bien 0<20 < 2. La propriété est vraie pour n=0n=0.

  2. Hérédité : Supposons que la propriété est vraie pour un entier k0k \ge 0, c'est-à-dire uk<2u_k < 2. (Hypothèse de récurrence) Nous voulons montrer que uk+1<2u_{k+1} < 2. D'après l'hypothèse de récurrence : uk<2u_k < 2 Multiplions par 12\frac{1}{2} (qui est positif, donc l'inégalité est conservée) : 12uk<12×2\frac{1}{2}u_k < \frac{1}{2} \times 2 12uk<1\frac{1}{2}u_k < 1 Ajoutons 1 aux deux membres de l'inégalité : 12uk+1<1+1\frac{1}{2}u_k + 1 < 1 + 1 uk+1<2u_{k+1} < 2 La propriété est donc vraie pour k+1k+1.

  3. Conclusion : Puisque la propriété est vraie pour n=0n=0 et qu'elle est héréditaire, elle est vraie pour tout entier naturel nn. C'est-à-dire, pour tout nNn \in \mathbb{N}, un<2u_n < 2.

La récurrence est un pilier de la logique mathématique et est indispensable pour travailler avec les suites.

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