Suites numériques
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4 chapitres
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Pratique
12 questions
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Objectif
Terminale générale
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Chapitre 1
Introduction aux suites numériques
Définition et modes de génération d'une suite
Une suite numérique est une liste ordonnée de nombres réels. Chaque nombre de la suite est appelé un terme. On note généralement une suite ou si elle commence à un certain rang . Le terme est le terme de rang .
Il existe plusieurs façons de définir une suite :
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Forme explicite (terme général) : Chaque terme est exprimé directement en fonction de son rang . C'est comme une fonction où . Exemple : Soit la suite définie pour tout par . Avec cette formule, on peut calculer n'importe quel terme directement.
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Forme par récurrence (relation de récurrence) : On donne le premier terme (ou les premiers termes) et une formule qui exprime (le terme suivant) en fonction de (le terme précédent). Exemple : Soit la suite définie par et pour tout . Pour calculer , il faut calculer tous les termes précédents.
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Représentation graphique : On peut représenter les termes d'une suite dans un repère.
- Pour une suite définie explicitement (), on place les points .
- Pour une suite définie par récurrence (), on peut utiliser la droite d'équation et la courbe de . On part de sur l'axe des abscisses, on monte (ou descend) jusqu'à la courbe de pour trouver sur l'axe des ordonnées. On reporte sur l'axe des abscisses en utilisant la droite , et on répète le processus. Cette méthode permet de visualiser le comportement de la suite (convergence, divergence).
Sens de variation d'une suite
Le sens de variation d'une suite décrit comment ses termes évoluent.
- Une suite est croissante si pour tout , .
- Une suite est strictement croissante si pour tout , .
- Une suite est décroissante si pour tout , .
- Une suite est strictement décroissante si pour tout , .
- Une suite est constante si pour tout , .
- Une suite est monotone si elle est soit croissante, soit décroissante.
Pour étudier le sens de variation d'une suite, on étudie le signe de la différence .
- Si , la suite est strictement croissante.
- Si , la suite est strictement décroissante.
- Si , la suite est constante.
Exemple : Soit .
- Si , . Donc .
- Si , . Donc .
- Si , , donc . La suite est croissante pour . La suite n'est pas monotone sur entier, mais elle est croissante à partir d'un certain rang.
Autre méthode (pour les suites à termes strictement positifs) : Comparer le quotient à 1.
- Si , la suite est strictement croissante.
- Si , la suite est strictement décroissante.
- Si , la suite est constante. Cette méthode est utile pour les suites géométriques ou les suites avec des factorielles.
Suites majorées, minorées, bornées
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Une suite est majorée s'il existe un nombre réel tel que pour tout , . est appelé un majorant. Exemple : La suite est majorée par 1, car .
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Une suite est minorée s'il existe un nombre réel tel que pour tout , . est appelé un minorant. Exemple : La suite est minorée par 0, car .
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Une suite est bornée si elle est à la fois majorée et minorée. Exemple : La suite est bornée, car . Elle est majorée par 1 et minorée par -1.
Le concept de suite bornée est crucial pour la convergence.
Théorème de convergence monotone :
- Toute suite croissante et majorée converge.
- Toute suite décroissante et minorée converge. Ce théorème est très puissant car il permet de prouver qu'une suite a une limite sans connaître la valeur de cette limite.
Exemple : Soit la suite définie par et .
- Montrons par récurrence qu'elle est majorée par 2 :
- Initialisation : . Vrai.
- Hérédité : Supposons . Alors , donc , soit .
- Conclusion : Pour tout , . La suite est majorée par 2.
- Montrons qu'elle est croissante : . On peut étudier le signe de ou comparer et . . Puisque (facile à montrer par récurrence), on peut élever au carré : . Les racines de sont -1 et 2. Donc pour . Puisque , l'inégalité est vraie. Donc . La suite est croissante.
- Puisque est croissante et majorée, elle converge.
Chapitre 2
Suites arithmétiques et géométriques
Suites arithmétiques
Une suite est dite arithmétique si la différence entre deux termes consécutifs est constante. Cette constante est appelée la raison de la suite, notée .
- Définition par récurrence : pour tout (ou ).
- Formule explicite : . Si le premier terme est , alors . Si le premier terme est , alors . La formule explicite est très utile pour calculer n'importe quel terme rapidement.
Exemple : Soit la suite arithmétique de premier terme et de raison . . .
- Somme des premiers termes : La somme des premiers termes d'une suite arithmétique (de à ) est donnée par la formule : . En général, la somme de termes consécutifs, de à , est : . Le nombre de termes est .
Exemple : Somme des 10 premiers termes de la suite précédente ( à ) : . .
- Représentation graphique : Les points d'une suite arithmétique sont alignés. Ils se trouvent sur une droite d'équation (si la suite commence à ).
Suites géométriques
Une suite est dite géométrique si le rapport entre deux termes consécutifs est constant. Cette constante est appelée la raison de la suite, notée .
- Définition par récurrence : pour tout (ou ).
- Formule explicite : . Si le premier terme est , alors . Si le premier terme est , alors . La formule explicite est essentielle pour les calculs rapides.
Exemple : Soit la suite géométrique de premier terme et de raison . . .
- Somme des premiers termes : La somme des premiers termes d'une suite géométrique (de à ) est donnée par la formule : (si ). Si , la suite est constante et . En général, la somme de termes consécutifs, de à , est : .
Exemple : Somme des 5 premiers termes de la suite précédente ( à ) : .
- Représentation graphique : Les points d'une suite géométrique ne sont pas alignés (sauf si ou ). Ils suivent une courbe exponentielle (si et ).
Applications et modélisation
Les suites arithmétiques et géométriques sont omniprésentes dans de nombreux domaines.
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Intérêts simples : Augmentation d'une somme d'argent par un montant fixe à chaque période. C'est une progression arithmétique. Exemple : Un capital de 1000€ placé à 5% d'intérêts simples. Chaque année, les intérêts sont de . . C'est une suite arithmétique de raison 50.
-
Intérêts composés : Augmentation d'une somme d'argent par un pourcentage fixe du capital précédent à chaque période. C'est une progression géométrique. Exemple : Un capital de 1000€ placé à 5% d'intérêts composés. . . C'est une suite géométrique de raison 1.05. Les intérêts composés sont une application très classique des suites géométriques.
-
Croissance de population : Peut être modélisée par des suites arithmétiques (croissance linéaire) ou géométriques (croissance exponentielle). Exemple : Une population de bactéries double toutes les heures. Si on commence avec 100 bactéries, .
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Amortissement / Dépréciation : Diminution de valeur d'un bien. Exemple : Une voiture perd 10% de sa valeur chaque année. Si elle vaut 20 000€ au départ. . . C'est une suite géométrique de raison 0.9.
Chapitre 3
Limite d'une suite
Notion de limite finie et infinie
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Limite finie (Convergence) : Une suite converge vers un nombre réel si les termes de la suite se rapprochent de plus en plus de à mesure que devient très grand. On écrit . Formellement : pour tout , il existe un entier tel que pour tout , . Exemple : . Les termes se rapprochent de 0.
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Limite infinie (Divergence) : Une suite diverge vers si ses termes deviennent arbitrairement grands à mesure que devient très grand. On écrit . Formellement : pour tout , il existe un entier tel que pour tout , . Exemple : .
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Une suite diverge vers si ses termes deviennent arbitrairement petits (négatifs) à mesure que devient très grand. On écrit . Exemple : .
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Divergence sans limite : Une suite peut diverger sans tendre vers ou . C'est le cas des suites qui oscillent. Exemple : La suite (qui vaut ) n'a pas de limite. Elle diverge.
Une suite qui converge est nécessairement bornée. La réciproque est fausse (ex: ).
Théorèmes de comparaison et d'encadrement
Ces théorèmes sont des outils puissants pour trouver la limite d'une suite.
-
Théorème des gendarmes (ou d'encadrement) : Si , et sont trois suites telles que :
- Pour tout (à partir d'un certain rang),
- Alors . Exemple : Soit . On sait que . Donc . Comme et , alors .
-
Théorèmes de comparaison avec l'infini :
- Si pour tout , et , alors .
- Si pour tout , et , alors . Exemple : Soit . On sait que . Donc . Comme , alors .
-
Opérations sur les limites : Les limites se comportent bien avec l'addition, la soustraction, la multiplication et la division (sauf les formes indéterminées).
Opération Formes indéterminées (FI) :
- , , (moins fréquentes en Terminale)
Pour lever une FI, on utilise souvent :
- La factorisation par le terme de plus haut degré (pour les polynômes ou fractions rationnelles).
- La conjugaison (pour les expressions avec des racines carrées).
- Les croissances comparées.
Comportement des suites de référence
Connaître les limites de suites usuelles est essentiel.
-
Limite de :
- Si , .
- Si , .
- Si , .
- Si , la suite n'a pas de limite (elle diverge sans tendre vers l'infini). Exemple : . .
-
Limite de :
- Si , .
- Si , .
- Si , . (Ex: ) Exemple : . .
-
Limite de : Pour , . C'est un cas particulier de avec .
-
Limite de suites arithmétiques :
- Si , .
- Si , .
- Si , . Les suites arithmétiques divergent, sauf si la raison est nulle.
-
Limite de suites géométriques : Le comportement dépend de la raison , comme vu avec la limite de .
- Si et , .
- Si et , .
- Si , .
- Si , .
- Si ou avec , la suite diverge (pas de limite).
Chapitre 4
Suites adjacentes et suites récurrentes
Suites adjacentes
Deux suites et sont dites adjacentes si :
- L'une est croissante et l'autre est décroissante (par exemple, croissante et décroissante).
- .
Critère de convergence : Si deux suites et sont adjacentes, alors elles convergent toutes les deux vers la même limite . De plus, si est croissante et est décroissante, alors pour tout , . Ce théorème est très utile pour prouver l'existence d'une limite et pour l'encadrer.
Exemple d'application : Construction de . On peut définir comme une suite croissante de nombres rationnels dont le carré est inférieur à 2, et comme une suite décroissante de nombres rationnels dont le carré est supérieur à 2.
- Intervalle emboîté : L'idée derrière les suites adjacentes est qu'elles définissent une suite d'intervalles qui se "resserre" autour d'un point unique.
Suites définies par $u_{n+1} = f(u_n)$
Ces suites sont appelées suites récurrentes. Leur comportement dépend fortement de la fonction .
-
Point fixe : Si une suite définie par converge vers une limite , alors cette limite est un point fixe de . C'est-à-dire que doit vérifier l'équation . Attention : Le fait que soit vrai ne garantit pas que la suite converge vers .
-
Convergence vers un point fixe : Pour qu'une suite converge vers un point fixe , il faut souvent que :
- La suite soit monotone et bornée (théorème de convergence monotone).
- ait une solution.
- La fonction soit continue en .
-
Représentation graphique en escalier/spirale : Pour visualiser le comportement d'une suite , on trace la courbe de et la droite .
- Placez sur l'axe des abscisses.
- Montez (ou descendez) verticalement jusqu'à la courbe de pour trouver sur l'axe des ordonnées.
- Reportez sur l'axe des abscisses en allant horizontalement jusqu'à la droite .
- Répétez les étapes 2 et 3.
- Si les points forment un "escalier" qui se rapproche de l'intersection de et , la suite converge.
- Si les points forment une "spirale" qui se rapproche de l'intersection, la suite converge.
- Si les points s'éloignent, la suite diverge.
-
Théorème du point fixe (cas simple) : Si est une fonction continue sur un intervalle stable par (c'est-à-dire ) et que la suite est monotone et bornée (donc converge), alors sa limite est l'unique point fixe de dans . Un cas plus général (hors programme Terminale mais utile) utilise la dérivée de : si sur un intervalle, alors il y a convergence.
Démonstrations par récurrence
La démonstration par récurrence est une technique fondamentale pour prouver qu'une propriété est vraie pour tous les entiers naturels (à partir d'un certain rang). Elle se déroule en trois étapes :
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Initialisation : Vérifier que la propriété est vraie pour le premier rang (souvent ou ). Exemple : Montrer que est vraie.
-
Hérédité : Supposer que la propriété est vraie pour un certain entier (c'est l'hypothèse de récurrence), puis montrer qu'elle est vraie pour le rang suivant, . Exemple : Supposons vraie. Montrons que est vraie.
-
Conclusion : Si l'initialisation et l'hérédité sont vérifiées, alors la propriété est vraie pour tout .
Application aux propriétés de suites : La récurrence est très utilisée pour :
- Prouver une formule explicite pour une suite définie par récurrence. Exemple : Montrer que si et , alors .
- Démontrer le sens de variation d'une suite. Exemple : Montrer que pour tout .
- Démontrer qu'une suite est majorée ou minorée. Exemple : Montrer que pour tout .
- Prouver des inégalités concernant les termes d'une suite.
Exemple détaillé de démonstration par récurrence : Soit la suite définie par et . Montrer que pour tout , .
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Initialisation : Pour , . On a bien . La propriété est vraie pour .
-
Hérédité : Supposons que la propriété est vraie pour un entier , c'est-à-dire . (Hypothèse de récurrence) Nous voulons montrer que . D'après l'hypothèse de récurrence : Multiplions par (qui est positif, donc l'inégalité est conservée) : Ajoutons 1 aux deux membres de l'inégalité : La propriété est donc vraie pour .
-
Conclusion : Puisque la propriété est vraie pour et qu'elle est héréditaire, elle est vraie pour tout entier naturel . C'est-à-dire, pour tout , .
La récurrence est un pilier de la logique mathématique et est indispensable pour travailler avec les suites.
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