Éducation nationale françaiseSpécialité Physique-ChimieTerminale générale23 min de lecture

Les mouvements dans un champ uniforme

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Lecture

5 chapitres

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Pratique

12 questions

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Objectif

Terminale générale

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Chapitre 1

Introduction aux champs uniformes et au mouvement

Rappel sur les vecteurs et les forces

Pour comprendre les mouvements dans un champ uniforme, il est essentiel de maîtriser les concepts de base de la mécanique newtonienne.

Un vecteur position OM(t)\vec{OM}(t) décrit la localisation d'un point matériel M dans l'espace à un instant tt. Ses coordonnées (x(t),y(t),z(t))(x(t), y(t), z(t)) dépendent du temps.

Le vecteur vitesse v(t)\vec{v}(t) représente la variation de la position par rapport au temps. C'est la dérivée du vecteur position par rapport au temps : v(t)=dOMdt=(dx/dtdy/dtdz/dt)\vec{v}(t) = \frac{d\vec{OM}}{dt} = \begin{pmatrix} dx/dt \\ dy/dt \\ dz/dt \end{pmatrix} Sa norme v||\vec{v}|| est la vitesse scalaire.

Le vecteur accélération a(t)\vec{a}(t) décrit la variation de la vitesse par rapport au temps. C'est la dérivée du vecteur vitesse par rapport au temps : a(t)=dvdt=(d2x/dt2d2y/dt2d2z/dt2)\vec{a}(t) = \frac{d\vec{v}}{dt} = \begin{pmatrix} d^2x/dt^2 \\ d^2y/dt^2 \\ d^2z/dt^2 \end{pmatrix} L'accélération indique comment la vitesse (en direction ou en intensité) change.

La Deuxième loi de Newton (ou principe fondamental de la dynamique) est la pierre angulaire de l'étude du mouvement. Elle stipule que la somme vectorielle des forces extérieures Fext\sum \vec{F}_{ext} agissant sur un corps est égale au produit de sa masse mm par son accélération a\vec{a} : Fext=ma\sum \vec{F}_{ext} = m \cdot \vec{a} Cette loi permet de déterminer l'accélération d'un objet si l'on connaît les forces qui s'exercent sur lui. De l'accélération, on peut ensuite obtenir la vitesse et la position par intégration.

Une force est une interaction capable de modifier l'état de mouvement d'un corps ou de le déformer. Un champ est une région de l'espace où une force s'exerce sur un objet ayant une certaine propriété (masse pour le champ de pesanteur, charge pour le champ électrique, etc.).

Définition et caractéristiques d'un champ uniforme

Un champ uniforme est une région de l'espace où le vecteur champ (force par unité de propriété) est constant en direction, sens et intensité en tout point. Cela simplifie grandement l'étude du mouvement car la force est constante.

Les principaux champs uniformes étudiés sont :

  • Champ de pesanteur uniforme : Il règne à la surface de la Terre sur des distances faibles devant le rayon terrestre. Le vecteur champ de pesanteur g\vec{g} est dirigé verticalement vers le bas et son intensité est d'environ 9,81 N/kg9,81 \text{ N/kg} (ou m/s2\text{m/s}^2). La force de pesanteur (poids) est P=mg\vec{P} = m\vec{g}.
  • Champ électrique uniforme : Il est généré, par exemple, entre deux plaques planes et parallèles, chargées uniformément et séparées par une petite distance. Le vecteur champ électrique E\vec{E} est constant et dirigé de la plaque positive vers la plaque négative. La force électrique subie par une particule de charge qq est Fe=qE\vec{F}_e = q\vec{E}.
  • Champ magnétique uniforme (introduction) : Il peut être créé, par exemple, à l'intérieur d'un solénoïde long. Le vecteur champ magnétique B\vec{B} est constant. La force magnétique (force de Lorentz) sur une particule de charge qq et de vitesse v\vec{v} est Fm=q(vB)\vec{F}_m = q (\vec{v} \land \vec{B}). Contrairement aux deux précédents, la force magnétique ne dépend pas que de la position mais aussi de la vitesse de la particule.

Conditions initiales et équations horaires

Pour déterminer précisément le mouvement d'un objet, il ne suffit pas de connaître les forces (et donc l'accélération). Il faut aussi connaître son état au début de l'étude. Ce sont les conditions initiales, généralement définies à l'instant t=0t=0.

  • Position initiale : C'est la position du mobile à t=0t=0, notée OM0\vec{OM}_0 ou (x0,y0,z0)(x_0, y_0, z_0). Souvent, on choisit l'origine du repère pour que (x0,y0,z0)=(0,0,0)(x_0, y_0, z_0) = (0,0,0).
  • Vitesse initiale : C'est la vitesse du mobile à t=0t=0, notée v0\vec{v}_0 ou (v0x,v0y,v0z)(v_{0x}, v_{0y}, v_{0z}). Elle est cruciale pour décrire la trajectoire.
  • Origine du temps : L'instant t=0t=0 est choisi arbitrairement au début du mouvement étudié.

À partir de l'accélération a(t)\vec{a}(t), et en utilisant les conditions initiales, on peut trouver les équations horaires du mouvement. Ces équations décrivent la vitesse v(t)\vec{v}(t) et la position OM(t)\vec{OM}(t) du mobile en fonction du temps.

Si l'accélération est constante (a(t)=a\vec{a}(t) = \vec{a}), les équations horaires sont :

  • Vitesse : v(t)=at+v0\vec{v}(t) = \vec{a}t + \vec{v}_0
  • Position : OM(t)=12at2+v0t+OM0\vec{OM}(t) = \frac{1}{2}\vec{a}t^2 + \vec{v}_0t + \vec{OM}_0

Ces formules sont fondamentales pour résoudre les problèmes de mouvements dans les champs uniformes.

Chapitre 2

Mouvement d'un projectile dans un champ de pesanteur uniforme

Étude de la chute libre verticale

La chute libre verticale est le mouvement d'un corps soumis uniquement à son poids dans un champ de pesanteur uniforme. On néglige les frottements de l'air.

Prenons un repère (O,k)(O, \vec{k}) vertical, orienté vers le bas.

  1. Bilan des forces : Seul le poids P=mg\vec{P} = m\vec{g} s'applique.
  2. Deuxième loi de Newton : ma=mg    a=gm\vec{a} = m\vec{g} \implies \vec{a} = \vec{g}. Dans notre repère, a=(00g)\vec{a} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ g \end{pmatrix}. L'accélération est constante et égale à g\vec{g}.
  3. Conditions initiales (pour un lâcher sans vitesse initiale depuis l'origine) :
    • Position : z0=0z_0 = 0
    • Vitesse : v0=0v_0 = 0
  4. Équations horaires du mouvement :
    • Accélération : az=ga_z = g
    • Vitesse (intégration de l'accélération) : vz(t)=gt+v0z    vz(t)=gtv_z(t) = gt + v_{0z} \implies v_z(t) = gt
    • Position (intégration de la vitesse) : z(t)=12gt2+v0zt+z0    z(t)=12gt2z(t) = \frac{1}{2}gt^2 + v_{0z}t + z_0 \implies z(t) = \frac{1}{2}gt^2

On observe que la vitesse augmente linéairement avec le temps et la distance parcourue augmente avec le carré du temps.

Qualitativement, si l'on tient compte des frottements de l'air, un corps en chute libre atteint une vitesse limite vLv_L. Cette vitesse est atteinte lorsque la force de frottement de l'air compense exactement le poids, annulant ainsi l'accélération. Le mouvement devient alors rectiligne uniforme. Plus la surface de contact avec l'air est grande et la masse faible, plus la vitesse limite est basse (ex: parachute).

Mouvement parabolique sans frottements

Le mouvement parabolique décrit la trajectoire d'un projectile lancé avec une vitesse initiale non verticale, toujours dans un champ de pesanteur uniforme et sans frottements.

Prenons un repère (O,i,j)(O, \vec{i}, \vec{j})OO est le point de lancement, i\vec{i} est horizontal et j\vec{j} est vertical vers le haut.

  1. Bilan des forces : Seul le poids P=mg\vec{P} = m\vec{g} s'applique.

  2. Deuxième loi de Newton : ma=mg    a=gm\vec{a} = m\vec{g} \implies \vec{a} = \vec{g}. Dans notre repère, a=(0g)\vec{a} = \begin{pmatrix} 0 \\ -g \end{pmatrix} (car g\vec{g} est vers le bas et j\vec{j} vers le haut).

  3. Conditions initiales :

    • Position : OM0=(x0y0)=(00)\vec{OM}_0 = \begin{pmatrix} x_0 \\ y_0 \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \end{pmatrix} (en général, l'origine est le point de départ)
    • Vitesse : Le projectile est lancé avec une vitesse initiale v0\vec{v}_0 faisant un angle α\alpha avec l'horizontale. v0=(v0xv0y)=(v0cosαv0sinα)\vec{v}_0 = \begin{pmatrix} v_{0x} \\ v_{0y} \end{pmatrix} = \begin{pmatrix} v_0 \cos \alpha \\ v_0 \sin \alpha \end{pmatrix}
  4. Décomposition du mouvement : Le mouvement est décomposé en deux composantes indépendantes :

    • Mouvement horizontal (axe des x) : L'accélération est nulle (ax=0a_x = 0). Le mouvement est rectiligne uniforme.
      • vx(t)=v0x=v0cosαv_x(t) = v_{0x} = v_0 \cos \alpha
      • x(t)=v0xt+x0    x(t)=(v0cosα)tx(t) = v_{0x}t + x_0 \implies x(t) = (v_0 \cos \alpha)t
    • Mouvement vertical (axe des y) : L'accélération est constante (ay=ga_y = -g). Le mouvement est rectiligne uniformément varié.
      • vy(t)=ayt+v0y    vy(t)=gt+v0sinαv_y(t) = a_y t + v_{0y} \implies v_y(t) = -gt + v_0 \sin \alpha
      • y(t)=12ayt2+v0yt+y0    y(t)=12gt2+(v0sinα)ty(t) = \frac{1}{2}a_y t^2 + v_{0y}t + y_0 \implies y(t) = -\frac{1}{2}gt^2 + (v_0 \sin \alpha)t
  5. Équation de la trajectoire : Elle donne yy en fonction de xx. On élimine le temps tt des équations horaires de position. De x(t)=(v0cosα)tx(t) = (v_0 \cos \alpha)t, on tire t=xv0cosαt = \frac{x}{v_0 \cos \alpha}. En substituant tt dans l'équation de y(t)y(t) : y(x)=12g(xv0cosα)2+(v0sinα)(xv0cosα)y(x) = -\frac{1}{2}g \left(\frac{x}{v_0 \cos \alpha}\right)^2 + (v_0 \sin \alpha) \left(\frac{x}{v_0 \cos \alpha}\right) y(x)=g2(v0cosα)2x2+(tanα)xy(x) = -\frac{g}{2(v_0 \cos \alpha)^2} x^2 + (\tan \alpha) x Cette équation est de la forme y=Ax2+Bxy = Ax^2 + Bx, ce qui est l'équation d'une parabole. La trajectoire d'un projectile sans frottements est toujours parabolique.

Portée et flèche d'un tir

Pour un tir avec une vitesse initiale v0\vec{v}_0 et un angle α\alpha depuis l'origine :

  • La portée PP est la distance horizontale maximale parcourue par le projectile avant de toucher le sol (ou de revenir à sa hauteur de départ, y=0y=0). On cherche xx lorsque y(x)=0y(x) = 0 (avec x0x \neq 0). 0=g2(v0cosα)2x2+(tanα)x0 = -\frac{g}{2(v_0 \cos \alpha)^2} x^2 + (\tan \alpha) x x(g2(v0cosα)2x+tanα)=0x \left( -\frac{g}{2(v_0 \cos \alpha)^2} x + \tan \alpha \right) = 0 La solution x=0x=0 correspond au départ. L'autre solution est la portée : P=2v02sinαcosαg=v02sin(2α)gP = \frac{2 v_0^2 \sin \alpha \cos \alpha}{g} = \frac{v_0^2 \sin(2\alpha)}{g} La portée est maximale pour α=45\alpha = 45^\circ (sin(2α)=1\sin(2\alpha) = 1).

  • La flèche HH est la hauteur maximale atteinte par le projectile. Elle est atteinte lorsque la composante verticale de la vitesse s'annule : vy(t)=0v_y(t) = 0. 0=gtH+v0sinα    tH=v0sinαg0 = -gt_H + v_0 \sin \alpha \implies t_H = \frac{v_0 \sin \alpha}{g} On substitue ce temps tHt_H dans l'équation de y(t)y(t) : H=y(tH)=12g(v0sinαg)2+(v0sinα)(v0sinαg)H = y(t_H) = -\frac{1}{2}g \left(\frac{v_0 \sin \alpha}{g}\right)^2 + (v_0 \sin \alpha) \left(\frac{v_0 \sin \alpha}{g}\right) H=v02sin2α2g+v02sin2αg=v02sin2α2gH = -\frac{v_0^2 \sin^2 \alpha}{2g} + \frac{v_0^2 \sin^2 \alpha}{g} = \frac{v_0^2 \sin^2 \alpha}{2g} La flèche est maximale pour α=90\alpha = 90^\circ (tir vertical).

Ces formules montrent l'influence de l'angle de tir et de la vitesse initiale sur la trajectoire et les performances d'un projectile.

Influence des frottements de l'air (qualitatif)

Dans la réalité, les frottements de l'air ne sont jamais nuls. C'est une force de frottement fluide qui s'oppose toujours au mouvement du projectile.

  • Sa direction est opposée à celle du vecteur vitesse v\vec{v}.
  • Son intensité dépend généralement de la vitesse :
    • À faible vitesse : Ff=kvF_f = k v (proportionnelle à la vitesse)
    • À grande vitesse : Ff=kv2F_f = k' v^2 (proportionnelle au carré de la vitesse)

L'introduction des frottements de l'air modifie la trajectoire du projectile :

  • La portée est réduite.
  • La flèche est réduite.
  • La trajectoire n'est plus une parabole symétrique. La partie descendante est plus raide que la partie montante.
  • Un projectile peut atteindre une vitesse terminale si la force de frottement devient égale au poids, comme vu pour la chute libre.

L'étude des mouvements avec frottements est plus complexe car la force de frottement dépend de la vitesse, ce qui rend les équations différentielles non linéaires.

Chapitre 3

Mouvement d'une particule chargée dans un champ électrique uniforme

Force électrique et accélération

Lorsqu'une particule de charge qq (en Coulombs, C) est placée dans un champ électrique E\vec{E} (en Volts par mètre, V/m), elle subit une force électrique Fe\vec{F}_e. Fe=qE\vec{F}_e = q\vec{E}

  • La direction de Fe\vec{F}_e est la même que celle de E\vec{E}.
  • Le sens de Fe\vec{F}_e dépend du signe de la charge qq :
    • Si q>0q > 0 (charge positive), Fe\vec{F}_e a le même sens que E\vec{E}.
    • Si q<0q < 0 (charge négative), Fe\vec{F}_e a le sens opposé à E\vec{E}.
  • L'intensité de la force est Fe=qEF_e = |q|E.

D'après la Deuxième loi de Newton (en négligeant le poids devant la force électrique, ce qui est souvent le cas pour les particules microscopiques) : Fext=ma    Fe=ma\sum \vec{F}_{ext} = m\vec{a} \implies \vec{F}_e = m\vec{a} L'accélération due au champ électrique est donc : a=qmE\vec{a} = \frac{q}{m}\vec{E} Comme le champ E\vec{E} est uniforme, l'accélération a\vec{a} est également constante (en direction, sens et intensité). On est donc dans une situation analogue au mouvement dans un champ de pesanteur uniforme.

Trajectoire dans un champ électrique uniforme

Considérons un champ électrique E\vec{E} uniforme dirigé selon l'axe des yy négatifs (entre des plaques horizontales). Le poids est négligé.

  1. Référentiel : Terrestre, galiléen.

  2. Bilan des forces : Seule la force électrique Fe=qE\vec{F}_e = q\vec{E} s'applique.

  3. Deuxième loi de Newton : a=qmE\vec{a} = \frac{q}{m}\vec{E}. Si E=(0E0)\vec{E} = \begin{pmatrix} 0 \\ -E \\ 0 \end{pmatrix} (champ dirigé vers le bas), alors a=(0qEm0)\vec{a} = \begin{pmatrix} 0 \\ -\frac{qE}{m} \\ 0 \end{pmatrix}. Si la particule est un électron (q=e<0q=-e < 0), alors a=(0+eEme0)\vec{a} = \begin{pmatrix} 0 \\ +\frac{eE}{m_e} \\ 0 \end{pmatrix} (l'électron est accéléré vers la plaque positive, donc vers le haut).

  4. Conditions initiales : Supposons la particule lancée horizontalement depuis l'origine avec une vitesse v0v_0 selon l'axe des xx.

    • Position : OM0=(000)\vec{OM}_0 = \begin{pmatrix} 0 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}
    • Vitesse : v0=(v000)\vec{v}_0 = \begin{pmatrix} v_0 \\ 0 \\ 0 \end{pmatrix}
  5. Équations horaires du mouvement :

    • Accélération : ax=0a_x = 0, ay=qEma_y = \frac{qE}{m} (si E\vec{E} est selon yy et la charge est positive) ou qEm-\frac{qE}{m} (si E\vec{E} est selon yy et la charge est négative, ou si E\vec{E} est dans le sens opposé).
    • Vitesse :
      • vx(t)=v0v_x(t) = v_0
      • vy(t)=qEmtv_y(t) = \frac{qE}{m}t
    • Position :
      • x(t)=v0tx(t) = v_0t
      • y(t)=12qEmt2y(t) = \frac{1}{2}\frac{qE}{m}t^2
  6. Équation de la trajectoire : En éliminant t=xv0t = \frac{x}{v_0} : y(x)=12qEm(xv0)2=(qE2mv02)x2y(x) = \frac{1}{2}\frac{qE}{m} \left(\frac{x}{v_0}\right)^2 = \left(\frac{qE}{2mv_0^2}\right) x^2 C'est l'équation d'une parabole. La trajectoire d'une particule chargée dans un champ électrique uniforme est parabolique (si la vitesse initiale n'est pas parallèle au champ).

Cette analogie avec le champ de pesanteur est très utile. Il suffit de remplacer gg par qEm\frac{|q|E}{m} et d'adapter le sens. La déviation des particules due au champ électrique est un phénomène clé, utilisé dans de nombreuses applications.

Application : le canon à électrons

Le canon à électrons est un dispositif fondamental dans les tubes cathodiques (anciens téléviseurs, oscilloscopes) et les microscopes électroniques. Son rôle est d'émettre et d'accélérer un faisceau d'électrons, puis de le dévier.

  1. Émission des électrons : Un filament chauffé (cathode) émet des électrons par effet thermoïonique.
  2. Accélération des électrons : Les électrons sont accélérés par une tension électrique (plusieurs milliers de volts) appliquée entre la cathode et une anode perforée. Un champ électrique uniforme est créé, ce qui confère aux électrons une grande énergie cinétique Ec=12mv2E_c = \frac{1}{2}mv^2. L'énergie acquise par un électron de charge e-e accéléré par une tension UU est ΔEc=eU\Delta E_c = eU. Donc 12mev2=eU\frac{1}{2}m_e v^2 = eU, d'où v=2eUmev = \sqrt{\frac{2eU}{m_e}}.
  3. Déviation des électrons : Après accélération, les électrons passent entre deux paires de plaques de déviation, l'une horizontale, l'autre verticale. En appliquant une tension entre ces plaques, on crée un champ électrique uniforme qui dévie le faisceau d'électrons.
    • Une tension sur les plaques horizontales dévie le faisceau verticalement.
    • Une tension sur les plaques verticales dévie le faisceau horizontalement. Cette déviation permet de balayer l'écran de l'oscilloscope ou de focaliser le faisceau dans un microscope.

L'énergie cinétique des particules est directement liée à la tension d'accélération, ce qui permet de contrôler la vitesse des électrons.

Chapitre 4

Mouvement d'une particule chargée dans un champ magnétique uniforme

Force de Lorentz

Une particule de charge qq et de vitesse v\vec{v} qui se déplace dans un champ magnétique B\vec{B} subit une force magnétique appelée force de Lorentz FL\vec{F}_L. FL=q(vB)\vec{F}_L = q (\vec{v} \land \vec{B}) C'est un produit vectoriel, ce qui implique des propriétés importantes :

  • La direction de FL\vec{F}_L est perpendiculaire à la fois à v\vec{v} et à B\vec{B}.
  • Le sens est donné par la règle de la main droite (ou du tire-bouchon) :
    • Si q>0q > 0, le pouce indique FL\vec{F}_L, l'index v\vec{v}, le majeur B\vec{B}.
    • Si q<0q < 0, la force est dans le sens opposé à celui indiqué par la main droite.
  • L'intensité de la force est FL=qvBsinθF_L = |q| v B \sin \theta, où θ\theta est l'angle entre v\vec{v} et B\vec{B}.
    • Si v\vec{v} est parallèle à B\vec{B} (θ=0\theta = 0 ou π\pi), sinθ=0\sin \theta = 0, donc FL=0\vec{F}_L = \vec{0}. La particule n'est pas déviée.
    • Si v\vec{v} est perpendiculaire à B\vec{B} (θ=π/2\theta = \pi/2), sinθ=1\sin \theta = 1, donc FL=qvBF_L = |q| v B. La force est maximale.

Une propriété cruciale de la force de Lorentz est qu'elle est toujours perpendiculaire au vecteur vitesse v\vec{v}. Cela signifie que :

  • Elle ne travaille jamais : W=FLdl=FLvdt=0W = \vec{F}_L \cdot d\vec{l} = \vec{F}_L \cdot \vec{v} dt = 0.
  • Elle ne modifie pas l'énergie cinétique de la particule.
  • Elle ne modifie pas la norme de la vitesse (v||\vec{v}||). Elle ne fait que changer la direction de la vitesse.

Mouvement circulaire uniforme

Considérons une particule de charge qq, de masse mm, animée d'une vitesse v\vec{v} perpendiculaire à un champ magnétique B\vec{B} uniforme et constant. Le poids est négligé.

  1. Bilan des forces : Seule la force de Lorentz FL=q(vB)\vec{F}_L = q (\vec{v} \land \vec{B}) s'applique.
  2. Deuxième loi de Newton : ma=FLm\vec{a} = \vec{F}_L. Puisque FL\vec{F}_L est perpendiculaire à v\vec{v}, elle agit comme une force centripète. Elle ne modifie pas la vitesse scalaire, seulement sa direction. Le mouvement résultant est un mouvement circulaire uniforme.

Dans un mouvement circulaire uniforme, l'accélération est centripète et a pour norme a=v2Ra = \frac{v^2}{R}, où RR est le rayon de la trajectoire. Donc, mv2R=FL=qvBm \frac{v^2}{R} = F_L = |q| v B. On peut en déduire le rayon de la trajectoire : R=mvqBR = \frac{mv}{|q|B} Le rayon du cercle est proportionnel à la quantité de mouvement (mvmv) de la particule et inversement proportionnel à la charge et à l'intensité du champ magnétique.

La période du mouvement TT (temps pour faire un tour complet) est : T=2πRv=2π(mv/qB)v=2πmqBT = \frac{2\pi R}{v} = \frac{2\pi (mv/|q|B)}{v} = \frac{2\pi m}{|q|B} La période est indépendante de la vitesse et du rayon pour une particule donnée dans un champ donné. C'est le principe des cyclotrons. La fréquence f=1/Tf = 1/T est appelée fréquence cyclotron.

La force de Lorentz est responsable de la déviation des particules chargées et de leur confinement dans des trajectoires circulaires ou hélicoïdales.

Applications : spectromètre de masse et sélecteur de vitesses

  • Spectromètre de masse : Cet appareil permet de séparer les ions en fonction de leur rapport masse/charge (m/qm/q) et de les identifier.

    1. Les ions sont d'abord accélérés par un champ électrique.
    2. Ils pénètrent ensuite dans une chambre où règne un champ magnétique uniforme B\vec{B}, perpendiculaire à leur vitesse.
    3. Les ions décrivent des trajectoires circulaires de rayon R=mvqBR = \frac{mv}{|q|B}.
    4. En mesurant RR et en connaissant vv, q|q| et BB, on peut déterminer mm. Les ions de même charge mais de masses différentes auront des trajectoires de rayons différents, ce qui permet de les séparer et de les détecter.
  • Sélecteur de vitesses : Il permet de filtrer les particules chargées pour ne laisser passer que celles ayant une vitesse spécifique.

    1. Un faisceau de particules chargées traverse une région où coexistent un champ électrique E\vec{E} et un champ magnétique B\vec{B}, ces deux champs étant perpendiculaires entre eux et perpendiculaires à la vitesse des particules.
    2. La force électrique est Fe=qE\vec{F}_e = q\vec{E}.
    3. La force magnétique est FL=q(vB)\vec{F}_L = q (\vec{v} \land \vec{B}).
    4. Les deux forces sont opposées si E\vec{E}, B\vec{B}, v\vec{v} sont orthogonaux et correctement orientés. Les particules qui ne sont pas déviées sont celles pour lesquelles la somme des forces est nulle : Fe+FL=0\vec{F}_e + \vec{F}_L = \vec{0}. qE+q(vB)=0q\vec{E} + q (\vec{v} \land \vec{B}) = \vec{0} Si q0q \neq 0, alors E=(vB)\vec{E} = -(\vec{v} \land \vec{B}). En intensité, E=vBE = vB. Les particules qui traversent sans déviation ont une vitesse v=EBv = \frac{E}{B}. Ce dispositif est crucial pour préparer des faisceaux de particules ayant une vitesse bien définie avant d'entrer dans d'autres instruments, comme un spectromètre de masse.

Chapitre 5

Synthèse et applications pratiques

Comparaison des différents types de mouvements

CaractéristiqueMouvement dans champ de pesanteur (projectile)Mouvement dans champ électrique (particule chargée)Mouvement dans champ magnétique (particule chargée)
Type de champg\vec{g} (pesanteur)E\vec{E} (électrique)B\vec{B} (magnétique)
Force subieP=mg\vec{P} = m\vec{g}Fe=qE\vec{F}_e = q\vec{E}FL=q(vB)\vec{F}_L = q(\vec{v} \land \vec{B})
Condition sur la forceConstante (quantité et direction)Constante (quantité et direction)Dépend de v\vec{v} (direction), \perp à v\vec{v}
AccélérationConstante a=g\vec{a} = \vec{g}Constante a=qmE\vec{a} = \frac{q}{m}\vec{E}Perpendiculaire à v\vec{v}, change direction
Énergie cinétiqueChange (WP0W_P \neq 0)Change (We0W_e \neq 0)Ne change pas (WL=0W_L = 0)
Trajectoire (si v0\vec{v}_0 \perp champ)ParaboliqueParaboliqueCirculaire (uniforme)
Conditions d'applicationMasses macroscopiques ou microscopiques si Fe,FLF_e, F_L faiblesParticules chargées, poids négligeableParticules chargées en mouvement, poids négligeable
AnalogieChute libre verticale \leftrightarrow Mouvement rectiligne uniformément variéChute libre verticale \leftrightarrow Mouvement rectiligne uniformément variéAucune analogie simple avec les autres champs
  • Champ de pesanteur vs. champ électrique : Ces deux champs produisent une force constante sur les particules (si la masse et la charge sont constantes). Cela conduit à des mouvements de même nature mathématique (parabolique si la vitesse initiale n'est pas parallèle au champ, rectiligne uniformément varié sinon). La différence principale est la nature de la propriété qui interagit avec le champ (masse vs. charge).
  • Champ électrique vs. champ magnétique : La distinction est fondamentale. Le champ électrique exerce une force dans la direction du champ (ou opposée), modifiant l'énergie cinétique. Le champ magnétique exerce une force perpendiculaire à la vitesse, ne modifiant pas l'énergie cinétique, mais changeant la direction du mouvement. La force magnétique ne travaille jamais.

Résolution de problèmes complexes

Une méthodologie rigoureuse est essentielle pour résoudre les problèmes de mécanique :

  1. Définir le système étudié : Quel est l'objet dont on étudie le mouvement ?
  2. Choisir un référentiel : Il doit être galiléen (terrestre, géocentrique, héliocentrique selon l'échelle du problème).
  3. Faire le bilan des forces extérieures : Identifier toutes les forces agissant sur le système (poids, force électrique, force magnétique, frottements, tension, etc.).
  4. Appliquer la Deuxième loi de Newton : Fext=ma\sum \vec{F}_{ext} = m\vec{a}. Projeter cette équation sur les axes du repère choisi pour obtenir les composantes de l'accélération.
  5. Déterminer les conditions initiales : Position et vitesse à t=0t=0.
  6. Intégrer les équations d'accélération : Pour trouver les équations horaires de vitesse v(t)\vec{v}(t) puis de position OM(t)\vec{OM}(t).
  7. Exploiter les équations horaires : Pour répondre à la question posée (trajectoire, portée, flèche, temps de vol, etc.).

Le choix du repère et l'orientation des axes sont cruciaux pour simplifier les calculs.

Exemples d'applications technologiques

Les principes des mouvements dans les champs uniformes sont omniprésents dans notre quotidien et dans la technologie de pointe :

  • GPS et balistique : Le système GPS utilise la mesure précise du temps de vol de signaux radio pour déterminer la position. La balistique (étude du mouvement des projectiles) est essentielle pour l'artillerie, l'astronautique et la conception de missiles. Les calculs tiennent compte de la gravité, de la rotation de la Terre (force de Coriolis pour les longues portées) et des frottements atmosphériques.
  • Accélérateurs de particules : Des dispositifs comme le LHC (Large Hadron Collider) au CERN utilisent des champs électriques intenses pour accélérer les particules à des vitesses proches de celle de la lumière et des champs magnétiques puissants pour les guider et les maintenir sur des trajectoires circulaires. Ces machines permettent d'explorer la structure fondamentale de la matière.
  • Imagerie médicale (IRM) : L'Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) est une technique d'imagerie médicale non invasive qui utilise un champ magnétique intense et des ondes radio pour produire des images détaillées des organes et des tissus mous du corps. Le principe repose sur l'interaction des noyaux d'hydrogène (protons) des molécules d'eau avec le champ magnétique, générant des signaux qui sont ensuite traités informatiquement.
  • Écrans cathodiques et oscilloscopes : Comme vu précédemment, le canon à électrons utilise des champs électriques pour accélérer et dévier les électrons afin de former une image sur l'écran ou de visualiser un signal électrique.
  • Moteurs électriques et générateurs : Le principe de la force de Lorentz s'applique également aux courants électriques dans les champs magnétiques, expliquant le fonctionnement des moteurs (conversion énergie électrique en mécanique) et des générateurs (mécanique en électrique).

Ces exemples illustrent la puissance et la pertinence des concepts étudiés pour comprendre et conce maîtriser le monde qui nous entoure.

Après la lecture

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