Les fonctions syntaxiques complexes
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Chapitre 1
Introduction aux fonctions syntaxiques complexes
Rappel des fonctions syntaxiques de base
En français, chaque mot ou groupe de mots dans une phrase a un rôle précis, qu'on appelle sa fonction syntaxique. Les fonctions de base sont les piliers de la construction de la phrase simple.
- Sujet : C'est celui qui fait l'action du verbe ou à qui l'on attribue un état. Il commande l'accord du verbe.
- Ex: Le chat dort.
- Verbe : Le noyau de la phrase, il exprime une action ou un état.
- Ex: Le chat dort.
- Complément d'objet direct (COD) : Il complète le verbe directement, sans préposition. Il répond à la question "Qui ?" ou "Quoi ?" après le verbe.
- Ex: Je mange une pomme. (Je mange quoi ? Une pomme.)
- Complément d'objet indirect (COI) : Il complète le verbe indirectement, à l'aide d'une préposition (à, de, pour...). Il répond à "À qui/quoi ?", "De qui/quoi ?".
- Ex: Je parle à mon ami. (Je parle à qui ? À mon ami.)
- Complément circonstanciel (CC) : Il apporte des informations sur les circonstances de l'action (temps, lieu, manière, cause, etc.). Il est souvent déplaçable et supprimable.
- Ex: Je travaille chaque jour. (CC de temps)
Qu'est-ce qu'une fonction syntaxique complexe ?
Une fonction syntaxique complexe intervient dans les phrases composées de plusieurs propositions, c'est-à-dire les phrases complexes.
- Définition : Il s'agit des fonctions exercées par des propositions entières (et non plus par de simples mots ou groupes de mots) par rapport à une autre proposition.
- Différence avec les fonctions simples : Alors qu'une fonction simple est occupée par un groupe nominal, un adjectif ou un adverbe, une fonction complexe est occupée par une proposition subordonnée.
- Rôle dans la phrase complexe : Les fonctions complexes permettent d'articuler des idées, d'ajouter des précisions ou d'exprimer des relations logiques (cause, conséquence, but) entre les différentes parties d'une pensée. Elles sont essentielles pour la richesse et la précision de l'expression.
Identifier la proposition principale et les subordonnées
Une phrase complexe est construite autour d'une ou plusieurs propositions.
- Proposition indépendante : Elle se suffit à elle-même, elle a un sens complet et peut former une phrase à elle seule.
- Ex: Il pleut.
- Proposition principale : C'est la proposition dont dépendent une ou plusieurs propositions subordonnées. Elle ne peut être supprimée sans altérer le sens de la phrase.
- Ex: Je pense qu'il viendra. ("Je pense" est la principale)
- Proposition subordonnée : Elle dépend d'une autre proposition (la principale ou une autre subordonnée) et ne peut exister seule. Elle est souvent introduite par un mot introducteur.
- Mots introducteurs : Ce sont des conjonctions de subordination (que, quand, puisque, si...), des pronoms relatifs (qui, que, dont, où...), ou des adverbes interrogatifs. Ils signalent le début de la subordonnée.
Chapitre 2
La proposition subordonnée conjonctive complétive
Définition et rôle
La proposition subordonnée conjonctive complétive est une proposition qui complète un verbe (parfois un nom ou un adjectif) de la proposition principale.
- Elle est presque toujours introduite par la conjonction de subordination "que" (ou "à ce que", "de ce que").
- Son rôle est de servir de complément essentiel au verbe de la principale, souvent comme COD ou COI. Elle ne peut pas être supprimée sans rendre la phrase incompréhensible.
La complétive COD
C'est la forme la plus courante de complétive.
- Elle complète directement le verbe de la principale.
- Verbes introducteurs : On la trouve après des verbes de déclaration, d'opinion, de perception ou de volonté : dire, penser, croire, savoir, espérer, vouloir, demander, affirmer, constater, etc.
- Fonction : Elle a la fonction de complément d'objet direct (COD) du verbe de la principale. On peut la remplacer par "cela" ou "ça".
- Exemples :
- Je crois que tu as raison. (Je crois quoi ? "que tu as raison")
- Il a dit qu'il viendrait. (Il a dit quoi ? "qu'il viendrait")
- Exemples :
- Exercice : Identifiez la complétive COD : Nous souhaitons que vous réussissiez. / Elle affirme qu'elle n'était pas là.
La complétive COI (rare)
Plus rare, elle complète le verbe de la principale de manière indirecte.
- Verbes introducteurs : Elle suit des verbes nécessitant une préposition comme se douter de, tenir à, s'attendre à. La préposition est souvent "absorbée" par le "que" ou se place devant.
- Préposition implicite ou explicite :
- Je me doute qu'il est parti. (Je me doute de quoi ? La préposition "de" est implicite devant "que")
- Je tiens à ce que tu sois présent. (Je tiens à quoi ? La préposition "à" est explicite)
- Fonction : Complément d'objet indirect (COI).
La complétive sujet (rare)
Très peu fréquente en français moderne, elle a la fonction de sujet du verbe de la proposition principale.
- Elle est introduite par "que".
- Fonction : Elle est le sujet du verbe de la principale.
- Exemples :
- Qu'il vienne me surprend. (Quoi me surprend ? "Qu'il vienne")
- Que tu sois là est important pour moi. (Quoi est important ? "Que tu sois là")
- Exemples :
- On la trouve souvent avec des tournures impersonnelles : Il est nécessaire que tu partes. (C'est "que tu partes" qui est nécessaire).
Chapitre 3
La proposition subordonnée relative
Définition et rôle
La proposition subordonnée relative est une proposition qui apporte une information supplémentaire sur un nom ou un pronom (appelé antécédent) de la proposition principale.
- Elle est toujours introduite par un pronom relatif.
- Son rôle est de compléter l'antécédent, on dit qu'elle est un complément de l'antécédent. Elle équivaut à un adjectif ou un groupe adjectival.
- Ex: J'ai lu le livre que tu m'as prêté. ("que tu m'as prêté" complète "livre")
Les pronoms relatifs simples et composés
Le pronom relatif remplace l'antécédent dans la subordonnée et introduit cette dernière.
- Pronoms relatifs simples :
- Qui : peut être sujet ou COD de personne.
- L'homme qui parle. (sujet) / C'est à lui qui je pense. (COI)
- Que : COD de personne ou de chose.
- Le tableau que j'admire. (COD)
- Dont : COI introduit par "de" (de qui, de quoi), complément du nom, complément de l'adjectif.
- Le livre dont je te parle. (COI "parler de") / L'auteur dont j'ai lu le roman. (complément du nom "roman de l'auteur")
- Où : Complément de lieu ou de temps.
- La ville où je suis né. (lieu) / Le jour où il est arrivé. (temps)
- Qui : peut être sujet ou COD de personne.
- Pronoms relatifs composés : Ils sont formés d'un article défini et de "lequel", "laquelle", "lesquels", "lesquelles". Ils sont utilisés après une préposition pour éviter l'ambiguïté ou pour des choses.
- Lequel, laquelle, lesquels, lesquelles : après des prépositions (avec, pour, sur, dans...).
- La chaise sur laquelle il est assis.
- Duquel, de laquelle, desquels, desquelles : après la préposition "de".
- L'école près de laquelle j'habite.
- Auquel, à laquelle, auxquels, auxquelles : après la préposition "à".
- Les amis auxquels j'ai écrit.
- Lequel, laquelle, lesquels, lesquelles : après des prépositions (avec, pour, sur, dans...).
Fonction du pronom relatif dans la subordonnée
Le pronom relatif a lui-même une fonction syntaxique à l'intérieur de sa propre subordonnée.
- Sujet : L'élève qui travaille. ("qui" est sujet de "travaille")
- COD : Le film que tu regardes. ("que" est COD de "regardes")
- COI : Les amis à qui j'ai parlé. ("à qui" est COI de "ai parlé")
- Complément circonstanciel : La ville où nous allons. ("où" est CC de lieu de "allons")
- Complément du nom : L'homme dont le chien est grand. ("dont" est complément du nom "chien")
Accords dans la proposition relative
- Accord du verbe avec l'antécédent : Le verbe de la subordonnée relative s'accorde en personne et en nombre avec l'antécédent du pronom relatif.
- C'est moi qui suis responsable. (Antécédent "moi", 1ère pers. sing.)
- Ce sont eux qui parlent. (Antécédent "eux", 3ème pers. plur.)
- Accord du participe passé : Si le verbe de la subordonnée est conjugué avec l'auxiliaire "avoir" et que le COD est placé avant, le participe passé s'accorde avec ce COD.
- La robe que j'ai achetée. ("que" est COD de "ai achetée", il représente "la robe", féminin singulier).
- Pièges courants :
- Ne pas confondre "qui" (sujet) et "que" (COD).
- Identifier correctement l'antécédent, surtout si la phrase est longue.
Chapitre 4
La proposition subordonnée conjonctive circonstancielle
Définition et rôle
La proposition subordonnée conjonctive circonstancielle (ou adverbiale) est une proposition qui exprime une circonstance (temps, cause, but, etc.) de l'action principale.
- Elle est introduite par une conjonction de subordination (ou une locution conjonctive).
- Sa fonction est celle d'un complément circonstanciel de la proposition principale. Elle est généralement déplaçable et supprimable sans rendre la phrase agrammaticale, bien que le sens puisse changer.
- Ex: Quand il fait beau, nous sortons. (Circonstancielle de temps)
Les différentes valeurs (temps, cause, conséquence)
- Temps : Indique le moment de l'action.
- Mots introducteurs : quand, lorsque, comme (au sens de "au moment où"), tandis que, pendant que, depuis que, avant que, après que, au moment où, dès que, aussitôt que, chaque fois que, etc.
- Ex: Pendant que tu dormais, j'ai travaillé.
- Cause : Indique la raison de l'action.
- Mots introducteurs : parce que, comme, puisque, étant donné que, sous prétexte que, etc.
- Ex: Il est fatigué parce qu'il a trop couru. (Attention : "comme" et "puisque" en début de phrase)
- Conséquence : Indique le résultat de l'action.
- Mots introducteurs : si bien que, de sorte que, tellement que, au point que, de manière que, etc.
- Ex: Il a tant plu que les rues sont inondées.
Les différentes valeurs (but, condition, concession, comparaison)
- But : Indique l'objectif de l'action.
- Mots introducteurs : pour que, afin que, de peur que, de crainte que (+ subjonctif).
- Ex: J'étudie pour que tu sois fier de moi.
- Condition/Hypothèse : Exprime la condition nécessaire à la réalisation de l'action.
- Mots introducteurs : si, à condition que, pourvu que, à moins que (+ subjonctif), en admettant que.
- Ex: Si tu viens, nous irons au cinéma.
- Concession/Opposition : Exprime un fait qui s'oppose à l'action principale, sans l'empêcher.
- Mots introducteurs : bien que, quoique, malgré que (familier), alors que, tandis que, même si (+ indicatif), quand bien même (+ conditionnel).
- Ex: Bien qu'il pleuve, nous sortons.
- Comparaison : Établit un parallèle entre deux actions ou situations.
- Mots introducteurs : comme, ainsi que, de même que, plus... que, moins... que, autant... que, tel que, etc.
- Ex: Il chante comme un rossignol chanterait.
Place et ponctuation des circonstancielles
- Place : Les subordonnées circonstancielles sont souvent déplaçables. Elles peuvent être placées avant, après ou parfois au milieu de la proposition principale.
- Ex: Nous sortons quand il fait beau. / Quand il fait beau, nous sortons.
- Ponctuation :
- Si la subordonnée circonstancielle est placée avant la principale, la virgule est obligatoire.
- Ex: Puisqu'il est tard, nous partons.
- Si elle est placée après la principale, la virgule est souvent facultative mais recommandée si la subordonnée est longue ou si l'on veut marquer une pause.
- Ex: Nous partons (,) puisqu'il est tard.
- Si elle est insérée dans la principale, elle est encadrée par des virgules.
- Ex: Nous partons, puisqu'il est tard, sans attendre.
- Si la subordonnée circonstancielle est placée avant la principale, la virgule est obligatoire.
- Sens de la phrase : La place de la circonstancielle peut parfois légèrement modifier l'emphase ou le sens.
Chapitre 5
Les propositions subordonnées participiales et infinitives
La proposition participiale
La proposition participiale est une proposition subordonnée dont le verbe est au participe (présent ou passé).
- Caractéristique principale : Son sujet est différent de celui de la proposition principale. Si le sujet était le même, on utiliserait un gérondif ou un participe employé comme un adjectif.
- Fonction : Elle a une fonction de complément circonstanciel (temps, cause, manière...).
- Exemples :
- Le travail terminé, il est parti. (participe passé ; exprime le temps)
- Les enfants jouant dans la cour, les parents étaient tranquilles. (participe présent ; exprime la cause ou le temps)
- Exemples :
La proposition infinitive
La proposition infinitive est une proposition subordonnée dont le verbe est à l'infinitif.
- Caractéristique principale : Elle a un sujet propre qui lui est distinct de celui de la proposition principale.
- Fonction : Elle est souvent complément d'objet direct (COD) ou parfois COI d'un verbe de perception ou d'un verbe factitif (faire, laisser).
- Exemples :
- Je vois les oiseaux voler. ("les oiseaux" est le sujet de "voler", "les oiseaux voler" est COD de "vois")
- J'entends le vent souffler. ("le vent" est le sujet de "souffler", "le vent souffler" est COD de "entends")
- Il a fait ses enfants travailler. ("ses enfants" est le sujet de "travailler", "ses enfants travailler" est COD de "a fait")
- Exemples :
Distinction et usage
- Similitudes : Les deux types de propositions ont un sujet propre distinct de la principale et ont une valeur adverbiale ou complétive. Elles sont souvent des constructions plus concises et élégantes que les subordonnées conjonctives équivalentes.
- Différences :
- Verbe : Participe pour la participiale, infinitif pour l'infinitive.
- Fonction : Participiale = CC ; Infinitive = souvent COD.
- Contexte d'emploi :
- Les participiales sont plus fréquentes dans un style soutenu, pour exprimer des circonstances.
- Les infinitives sont utilisées après certains verbes (de perception, factitifs, ou pour exprimer une volonté).
- Exemples pratiques :
- Le soleil se levant, les oiseaux chantent. (Participiale de temps)
- J'ai laissé les enfants jouer. (Infinitive, COD)
Chapitre 6
Analyse et identification des fonctions complexes
Méthodologie d'analyse de la phrase complexe
Pour analyser une phrase complexe, suivez ces étapes :
- Repérer tous les verbes conjugués : Chaque verbe conjugué indique la présence d'une proposition.
- Délimiter les propositions : Chaque proposition commence par un mot introducteur (conjonction, pronom relatif) ou est indépendante.
- Identifier la proposition principale : C'est celle qui ne dépend d'aucune autre. Il peut y avoir plusieurs propositions indépendantes coordonnées ou juxtaposées.
- Identifier les mots introducteurs : Ils vous orientent vers le type de subordonnée.
- "que" sans antécédent = complétive
- Pronom relatif (qui, que, dont, où...) = relative
- Conjonction de subordination (quand, parce que, si...) = circonstancielle
- Déterminer la fonction de la subordonnée :
- Si elle complète un verbe sans préposition et peut être remplacée par "cela" : complétive COD.
- Si elle complète un nom ou un pronom (antécédent) : relative, complément de l'antécédent.
- Si elle exprime une circonstance (temps, cause, but...) et est déplaçable/supprimable : circonstancielle, complément circonstanciel.
- Si elle a un sujet propre et un verbe au participe : participiale, complément circonstanciel.
- Si elle a un sujet propre et un verbe à l'infinitif : infinitive, souvent COD.
Exercices d'identification des subordonnées
Indiquez le type de subordonnée :
- Je pense que tu réussiras. Complétive (COD de "pense")
- Le livre que j'ai lu était passionnant. Relative (complément de "livre")
- Puisqu'il pleut, nous resterons à la maison. Circonstancielle de cause (CC de "resterons")
- J'ai vu les enfants jouer dans le parc. Infinitive (COD de "ai vu")
- La tempête passée, le calme est revenu. Participiale (CC de temps de "est revenu")
- Il faut que tu saches la vérité. Complétive (sujet de "faut")
Exercices d'identification des fonctions des subordonnées
Indiquez la fonction de la subordonnée soulignée :
- Je crois que tu dis la vérité. COD du verbe "crois"
- C'est la maison où j'ai grandi. Complément de l'antécédent "maison"
- Bien qu'il soit malade, il est venu. Complément circonstanciel de concession du verbe "est venu"
- Elle désire que tu l'aides. COD du verbe "désire"
- J'entends les oiseaux chanter. COD du verbe "entends"
- Les élèves, ayant terminé leur travail, sont sortis. Complément circonstanciel de cause/temps du verbe "sont sortis"
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