La Guerre froide et la construction européenne
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Chapitre 1
Les origines et les débuts de la Guerre froide (1945-1949)
La fin de la Seconde Guerre mondiale et les nouvelles puissances
Après la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), le monde est profondément transformé. Les anciennes puissances européennes sont affaiblies, tandis que deux nouvelles superpuissances émergent : les États-Unis (USA) et l'URSS (Union des Républiques Socialistes Soviétiques). Ces deux nations ont des idéologies totalement opposées :
- États-Unis : Démocratie libérale, économie capitaliste.
- URSS : Dictature communiste, économie planifiée.
Cette opposition va mener à une bipolarisation du monde, c'est-à-dire une division en deux blocs dominés par chacune de ces puissances.
Des conférences comme celles de Yalta (février 1945) et Potsdam (juillet-août 1945) ont montré les premières tensions, même si des accords ont été trouvés pour l'organisation de l'après-guerre et le sort de l'Allemagne. Les Alliés ont partagé l'Allemagne en zones d'occupation et décidé de la démilitarisation et de la dénazification.
La rupture entre les Alliés
Malgré les apparences, la méfiance s'installe rapidement. En 1946, Winston Churchill évoque un « Rideau de fer » qui serait tombé sur l'Europe, séparant l'Est sous influence soviétique et l'Ouest démocratique. C'est le discours de Fulton.
Les doctrines des deux camps officialisent cette rupture :
- Doctrine Truman (1947) : Les États-Unis s'engagent à soutenir les peuples libres qui résistent aux tentatives d'asservissement. C'est une politique d'« endiguement » (containment) du communisme. Les États-Unis veulent empêcher l'expansion du communisme.
- Doctrine Jdanov (1947) : L'URSS dénonce l'impérialisme américain et appelle les pays communistes à s'unir contre cette menace. L'URSS se présente comme le leader du camp anti-impérialiste.
Ces doctrines marquent le début officiel de la Guerre froide, un conflit idéologique et géopolitique sans affrontement militaire direct entre les deux superpuissances.
Les premières crises et la division de l'Europe
La première crise majeure a lieu à Berlin en 1948. L'URSS impose un Blocus de Berlin pour protester contre la réforme monétaire dans les zones occidentales de la ville. Les Occidentaux organisent alors un gigantesque pont aérien pour ravitailler la population berlinoise pendant près d'un an (1948-1949).
Cet événement conduit à la division de l'Allemagne en deux États en 1949 :
- La RFA (République Fédérale d'Allemagne) à l'Ouest, alliée des États-Unis.
- La RDA (République Démocratique Allemande) à l'Est, sous contrôle soviétique.
Parallèlement, les États-Unis lancent le Plan Marshall (1947), un programme d'aide économique massif pour la reconstruction de l'Europe. Ce plan est refusé par l'URSS et ses satellites, accentuant encore la division du continent. Le Plan Marshall a aidé à la reconstruction de l'Europe de l'Ouest et a renforcé son alliance avec les États-Unis.
Chapitre 2
Les grandes phases de la Guerre froide (1950-1989)
La course aux armements et les blocs militaires
La Guerre froide est caractérisée par une intense course aux armements, notamment nucléaires. Les deux blocs développent des armes toujours plus puissantes, créant une situation d'« équilibre de la terreur » : la certitude d'une destruction mutuelle en cas de conflit direct empêche le déclenchement d'une guerre totale.
Pour organiser leur défense, les deux superpuissances créent des alliances militaires :
- OTAN (Organisation du Traité de l'Atlantique Nord) en 1949 : Alliance militaire occidentale sous le leadership des États-Unis.
- Pacte de Varsovie en 1955 : Réponse soviétique, alliance militaire des pays du bloc de l'Est.
Ces blocs renforcent la bipolarisation du monde.
Les crises majeures de la Guerre froide
Plusieurs crises ont failli dégénérer en conflit mondial :
- Guerre de Corée (1950-1953) : La Corée du Nord communiste envahit la Corée du Sud. Les États-Unis interviennent sous mandat de l'ONU, la Chine soutient la Corée du Nord. La guerre se termine sur un statu quo, divisant la Corée en deux.
- Crise de Cuba (1962) : L'URSS installe des missiles nucléaires à Cuba, menaçant directement les États-Unis. Après une période de très forte tension, un accord est trouvé : l'URSS retire ses missiles contre la promesse américaine de ne pas envahir Cuba et de retirer ses propres missiles de Turquie. C'est le moment où le monde a été le plus proche d'une guerre nucléaire.
- Mur de Berlin (1961) : Pour stopper l'exode de ses citoyens vers l'Ouest, la RDA construit un mur séparant Berlin Est et Berlin Ouest, symbole de la division du monde.
- Guerre du Vietnam (1955-1975) : Les États-Unis interviennent massivement pour empêcher l'unification du Vietnam sous un régime communiste, mais subissent une défaite.
La coexistence pacifique et la détente
Après la crise de Cuba, les deux camps réalisent les dangers d'une confrontation directe. Une période de « coexistence pacifique » s'installe (années 1960-1970). Les dirigeants, comme Khrouchtchev (URSS) et Kennedy (USA), échangent plus directement via le « téléphone rouge » (une ligne de communication directe).
La « détente » voit des tentatives de limiter la course aux armements, notamment avec les Accords SALT (Strategic Arms Limitation Treaty) signés dans les années 1970. Des échanges culturels et scientifiques sont aussi encouragés.
La reprise des tensions et la fin de la Guerre froide
À la fin des années 1970, les tensions reprennent :
- Crise des euromissiles : L'URSS déploie de nouveaux missiles en Europe, les États-Unis répondent en installant les leurs.
- Guerre d'Afghanistan (1979-1989) : L'URSS envahit l'Afghanistan pour soutenir un régime communiste, s'enlisant dans un conflit coûteux.
L'arrivée au pouvoir de Gorbatchev en URSS en 1985 marque un tournant. Il met en place des réformes (Glasnost et Perestroïka) et cherche l'apaisement avec l'Ouest. Le symbole le plus marquant de la fin de la Guerre froide est la chute du mur de Berlin le 9 novembre 1989. Cet événement est rapidement suivi par l'effondrement des régimes communistes en Europe de l'Est et la dissolution de l'URSS en 1991. La chute du mur symbolise la fin de la division de l'Europe et de la Guerre froide.
Chapitre 3
La décolonisation et le Tiers Monde face à la Guerre froide
Les causes et les formes de la décolonisation
La Seconde Guerre mondiale a profondément affaibli les puissances coloniales européennes (France, Royaume-Uni). Parallèlement, des mouvements nationalistes se développent dans les colonies, réclamant l'indépendance. Le principe du « droit des peuples à disposer d'eux-mêmes », défendu par l'ONU, encourage ces aspirations.
La décolonisation prend différentes formes :
- Indépendances négociées : Pour l'Inde (1947), la plupart des pays d'Afrique subsaharienne française (1960).
- Indépendances par la guerre : Pour l'Indochine (Guerre d'Indochine 1946-1954) et l'Algérie (Guerre d'Algérie 1954-1962), qui ont dû lutter militairement.
L'émergence du Tiers Monde
Les nouveaux États indépendants, souvent pauvres et en développement, forment le « Tiers Monde ». Ils refusent d'être alignés sur l'un ou l'autre des blocs de la Guerre froide. La Conférence de Bandung (1955) en Indonésie est un moment clé. Des dirigeants asiatiques et africains (Nehru, Nasser, Soekarno) proclament leur volonté de ne pas s'aligner sur les États-Unis ou l'URSS. C'est le début du non-alignement. Ces nouveaux États cherchent à affirmer leur souveraineté et à se développer économiquement.
L'influence des blocs sur les jeunes États
Malgré leur volonté de non-alignement, les pays du Tiers Monde sont souvent l'objet des stratégies des deux superpuissances :
- Aide économique : Les États-Unis et l'URSS offrent des prêts et des infrastructures pour gagner de l'influence.
- Soutien militaire : Fourniture d'armes, formation de soldats, voire intervention directe.
- Conflits régionaux : Les tensions locales sont souvent exacerbées par le soutien des blocs opposés (ex: guerres civiles en Afrique, conflits au Moyen-Orient).
- Néocolonialisme : Les anciennes puissances coloniales et les superpuissances maintiennent une influence économique et politique forte sur ces jeunes États. Ces interventions ont souvent déstabilisé ces jeunes nations.
Chapitre 4
Les débuts de la construction européenne (1945-1970)
Les motivations de la construction européenne
Après deux guerres mondiales dévastatrices sur le continent, l'Europe cherche à construire une paix durable. Les motivations principales sont :
- Éviter de nouveaux conflits entre les nations européennes, notamment la France et l'Allemagne.
- Assurer la reconstruction économique et la prospérité.
- Contenir le communisme et l'influence soviétique en Europe de l'Ouest.
- Retrouver un certain poids face aux superpuissances (États-Unis et URSS).
Les pères fondateurs et les premières institutions
Des hommes politiques visionnaires sont considérés comme les « pères fondateurs » de l'Europe :
- Jean Monnet : Commissaire au Plan français, il propose une méthode d'intégration progressive.
- Robert Schuman : Ministre français des Affaires étrangères, il lance la « Déclaration Schuman » le 9 mai 1950, proposant de placer la production franco-allemande de charbon et d'acier sous une autorité commune.
Cette déclaration débouche sur la création de la CECA (Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier) en 1951, avec six pays fondateurs (France, Allemagne de l'Ouest, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg). C'est la première étape concrète de la construction européenne.
L'étape suivante est la signature du Traité de Rome le 25 mars 1957, qui crée la CEE (Communauté Économique Européenne) et l'Euratom.
La Communauté Économique Européenne (CEE)
La CEE est fondée sur l'idée d'un marché commun, c'est-à-dire une zone où les marchandises, les personnes, les services et les capitaux peuvent circuler librement entre les six membres fondateurs.
Les principaux objectifs de la CEE sont :
- L'abolition des droits de douane entre les États membres.
- L'établissement d'un tarif douanier commun vis-à-vis des pays tiers.
- La mise en place de politiques communes, dont la plus emblématique est la Politique Agricole Commune (PAC), visant à moderniser l'agriculture et assurer l'autosuffisance alimentaire.
La CEE pose les bases d'une intégration économique profonde entre ses membres.
Chapitre 5
L'élargissement et l'approfondissement de l'Europe (1970-1992)
Les élargissements successifs
La Communauté européenne s'est progressivement ouverte à de nouveaux membres :
- 1973 : Adhésion du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark.
- 1981 : Adhésion de la Grèce.
- 1986 : Adhésion de l'Espagne et du Portugal. Ces élargissements portent le nombre de membres à douze, on parle alors de l'« Europe des Douze ».
La chute du mur de Berlin en 1989 et la réunification allemande en 1990 ont des répercussions majeures. La RFA intégrée à la CEE s'élargit à l'ancienne RDA, marquant l'entrée de territoires de l'ancien bloc de l'Est dans la Communauté.
Vers une union plus politique
Au-delà de l'économie, la volonté d'une union plus politique se fait sentir :
- 1979 : Première élection du Parlement européen au suffrage universel direct. Les citoyens européens votent directement pour leurs représentants, renforçant la légitimité démocratique.
- 1986 : Signature de l'Acte unique européen. Il relance la construction européenne en fixant l'objectif d'un grand marché intérieur sans frontières pour 1993 et renforce les pouvoirs du Parlement européen.
- La coopération politique s'intensifie, notamment sur les questions de sécurité et de justice.
- L'Espace Schengen (accords de 1985 et convention de 1990) permet la libre circulation des personnes entre les États signataires, sans contrôles aux frontières intérieures.
Le Traité de Maastricht et la naissance de l'Union Européenne
Le 7 février 1992, le Traité de Maastricht est signé, marquant une étape décisive : la CEE devient l'Union Européenne (UE). Ce traité va bien au-delà de l'économie.
Il crée une structure en « trois piliers de l'UE » :
- Le pilier communautaire : regroupe la CEE, la CECA et l'Euratom, et concerne les politiques économiques et sociales (ex: marché unique, PAC).
- La Politique Étrangère et de Sécurité Commune (PESC) : vise à harmoniser la voix de l'Europe sur la scène internationale.
- La Coopération dans les domaines de la Justice et des Affaires intérieures (JAI) : concerne la lutte contre la criminalité et la gestion des frontières.
Le traité de Maastricht jette aussi les bases de l'Union Économique et Monétaire (UEM), prévoyant la création d'une monnaie unique (l'euro) et d'une Banque Centrale Européenne. Il introduit également la notion de citoyenneté européenne, donnant de nouveaux droits aux citoyens des États membres. Le Traité de Maastricht transforme la Communauté économique en une véritable Union politique.
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