1944-1947 : refonder la république, redéfinir la démocratie
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4 chapitres
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Pratique
12 questions
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Objectif
3ème
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Chapitre 1
La Libération et le Gouvernement Provisoire (1944-1946)
La Libération du territoire et le retour de la République
Entre juin et août 1944, la France est progressivement libérée de l'occupation allemande.
- Les débarquements alliés : Le 6 juin 1944, les Alliés (États-Unis, Royaume-Uni, Canada) débarquent en Normandie, ouvrant un second front à l'Ouest. Le 15 août 1944, un nouveau débarquement a lieu en Provence.
- La Résistance intérieure : Les Forces Françaises de l'Intérieur (FFI), issues des mouvements de Résistance, jouent un rôle crucial en harcelant l'ennemi et en préparant la libération des villes. Des figures comme Jean Moulin ont unifié les différents mouvements.
- Rétablissement de l'ordre républicain : Dès la libération d'une ville, des commissaires de la République, nommés par le Gouvernement Provisoire, sont mis en place pour assurer l'ordre et le fonctionnement des services publics. C'est la fin du régime de Vichy et le retour à la légalité républicaine.
Le Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF)
C'est une période cruciale pour la France, dirigée par le Général de Gaulle.
- Charles de Gaulle : Chef de la France Libre depuis 1940, il s'impose comme le leader légitime. Il forme le Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) dès juin 1944.
- Unité nationale : Le GPRF regroupe des représentants de toutes les tendances politiques de la Résistance (communistes, socialistes, démocrates-chrétiens, radicaux). L'objectif est de montrer l'unité de la France après l'occupation et la collaboration.
- Rétablissement de la légalité républicaine : La priorité est de mettre fin à l'épuration sauvage et de rétablir une justice légale pour juger les collaborateurs. Des tribunaux sont mis en place.
Les premières mesures du GPRF
Le GPRF prend des décisions fondamentales pour l'avenir du pays.
- Ordonnances d'Alger : Dès 1943, le Comité Français de Libération Nationale (ancêtre du GPRF) prend des décisions importantes, comme le rétablissement des lois républicaines.
- Droit de vote des femmes : Par l'ordonnance du 21 avril 1944, les femmes françaises obtiennent le droit de vote et d'éligibilité. Elles participent pour la première fois aux élections municipales d'avril 1945 et aux législatives d'octobre 1945. C'est une avancée démocratique majeure.
- Nationalisations : Pour reconstruire le pays et punir les entreprises ayant collaboré, l'État nationalise des entreprises clés (Renault, banques, charbonnages). C'est le début d'une économie plus dirigée. Ces mesures jettent les bases d'une République rénovée et plus sociale.
Chapitre 2
Les Réformes Économiques et Sociales
La reconstruction du pays
La France sort de la guerre dévastée.
- Destructions de guerre : Villes bombardées, infrastructures (ponts, voies ferrées) détruites, usines endommagées. La production agricole et industrielle est très faible.
- Plan Monnet : Pour organiser la reconstruction et la modernisation, Jean Monnet élabore un plan quinquennal (1946-1950) qui fixe des objectifs de production dans les secteurs clés (charbon, électricité, ciment, acier, transports). L'État joue un rôle central dans la planification.
- Modernisation : L'idée est de ne pas seulement reconstruire à l'identique, mais de moderniser l'appareil productif français pour le rendre plus compétitif.
Les nationalisations et l'économie dirigée
L'État intervient massivement dans l'économie.
- Secteurs clés (énergie, transport, banque) : L'État nationalise de grandes entreprises comme EDF-GDF (énergie), Air France (transport aérien), la Banque de France et les quatre grandes banques de dépôt (Crédit Lyonnais, Société Générale, BNP, Comptoir national d'escompte).
- Intervention de l'État : Ces nationalisations visent plusieurs objectifs : assurer le contrôle des secteurs stratégiques, garantir le service public, moderniser l'économie et parfois sanctionner des entreprises ayant collaboré.
- Indépendance économique : L'État souhaite renforcer l'indépendance économique de la France et orienter les investissements vers la reconstruction.
La mise en place de l'État-providence
Les bases d'un système de protection sociale étendu sont posées.
- Conseil National de la Résistance (CNR) : Dès 1944, le programme du CNR, intitulé "Les Jours heureux", prévoyait des réformes économiques et sociales profondes.
- Sécurité sociale : L'ordonnance du 4 octobre 1945 crée la Sécurité sociale, qui généralise la protection contre la maladie, la maternité, l'invalidité, la vieillesse et le décès. Elle repose sur le principe de la solidarité nationale.
- Retraites, allocations familiales : D'autres mesures sociales sont mises en place ou renforcées : un système de retraite pour tous, des allocations familiales pour soutenir les familles, l'indemnisation du chômage. Ces réformes sont les piliers de l'État-providence français.
Chapitre 3
La Redéfinition de la Démocratie : Vers la IVe République
Le débat sur les institutions
La question est de savoir quel type de République la France doit adopter.
- Rejet de la IIIe République : La IIIe République était caractérisée par une forte instabilité gouvernementale et une assemblée puissante. Beaucoup veulent éviter ces écueils.
- Souveraineté nationale : Il est acquis que la souveraineté appartient au peuple, qui doit décider de ses institutions.
- Rôle du Parlement : Le débat porte sur l'équilibre des pouvoirs entre le pouvoir exécutif (gouvernement, président) et le pouvoir législatif (Parlement). De Gaulle souhaite un exécutif fort, les partis politiques un Parlement prépondérant.
Les Assemblées Constituantes
Le peuple est appelé à se prononcer sur les nouvelles institutions.
- Élections de 1945 et 1946 : Deux élections de l'Assemblée Constituante ont lieu. La première, en octobre 1945, donne une majorité aux partis de gauche (PCF, SFIO) et au MRP (démocrates-chrétiens).
- Projets de Constitution : L'Assemblée rédige un projet de Constitution. Le premier projet, jugé trop favorable à l'Assemblée par de Gaulle, est rejeté par référendum en mai 1946. Une nouvelle Assemblée est élue en juin 1946 et rédige un second projet.
- Référendums : Le peuple français approuve la nouvelle Constitution par référendum le 13 octobre 1946, fondant ainsi la IVe République.
La Constitution de la IVe République (1946)
La nouvelle République s'installe, mais avec des faiblesses structurelles.
- Régime parlementaire : La Constitution de la IVe République instaure un régime parlementaire où le Parlement (Assemblée Nationale et Conseil de la République) a des pouvoirs étendus.
- Faiblesse de l'exécutif : Le Président de la République a un rôle largement honorifique. Le gouvernement est responsable devant l'Assemblée Nationale, ce qui peut entraîner une instabilité ministérielle.
- Partis politiques : Les partis politiques (PCF, SFIO, MRP) jouent un rôle central dans le fonctionnement des institutions et la formation des gouvernements. La IVe République tente de concilier démocratie parlementaire et stabilité gouvernementale, un défi difficile à relever.
Chapitre 4
Les Forces Politiques et la Vie Démocratique
Le tripartisme (1945-1947)
Les trois grands partis de la Résistance gouvernent ensemble.
- PCF, SFIO, MRP : Le Parti Communiste Français (PCF), la Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO, socialistes) et le Mouvement Républicain Populaire (MRP, démocrates-chrétiens) sont les trois forces politiques dominantes après la guerre.
- Coalition gouvernementale : Ces trois partis forment des gouvernements de coalition, partageant les ministères et les responsabilités. C'est la période du tripartisme.
- Compromis politiques : Malgré leurs divergences idéologiques, ils parviennent à des compromis pour mener les grandes réformes de la Libération (nationalisations, Sécurité sociale, Constitution).
Le départ du Général de Gaulle
De Gaulle quitte le pouvoir, en désaccord avec les institutions.
- Discours de Bayeux : Dès juin 1946, dans son célèbre discours de Bayeux, de Gaulle critique le projet de Constitution et plaide pour un exécutif fort, avec un Président arbitre au-dessus des partis.
- Désaccord institutionnel : Ne parvenant pas à imposer sa vision d'une République où le pouvoir exécutif serait plus fort, il démissionne de la présidence du GPRF en janvier 1946.
- Traversée du désert : De Gaulle se retire de la vie politique active, une période qu'on appelle sa "traversée du désert", mais il continue d'exprimer ses opinions sur l'avenir de la France.
Les débuts de la Guerre Froide et ses impacts
Le contexte international change rapidement et influence la politique française.
- Division Est-Ouest : La fin de la Seconde Guerre mondiale marque le début de la Guerre Froide entre les États-Unis (bloc de l'Ouest) et l'URSS (bloc de l'Est).
- Exclusion des communistes : En mai 1947, les ministres communistes sont exclus du gouvernement français. Cette décision est directement liée aux pressions américaines et à l'alignement progressif de la France sur le bloc occidental.
- Fin du tripartisme : L'exclusion du PCF marque la fin du tripartisme. Le paysage politique se recompose, avec d'un côté la "troisième force" (SFIO, radicaux, MRP) et de l'autre les oppositions (PCF à gauche, et le Rassemblement du Peuple Français - RPF - de De Gaulle à droite). Ce tournant de 1947 est majeur et a des conséquences durables sur la vie politique française.
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