La ve republique de la republique gaullienne a l'alternance et a la cohabitation
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Chapitre 1
La naissance de la Ve République et le rôle de De Gaulle (1958-1969)
Le contexte de la fondation : la crise algérienne
La France de 1958 est en pleine tourmente. La Guerre d'Algérie, débutée en 1954, divise profondément le pays et met à mal la IVe République. Ce régime parlementaire, caractérisé par une forte instabilité gouvernementale (24 gouvernements en 12 ans !), est incapable de résoudre cette crise majeure. Les gouvernements se succèdent sans parvenir à imposer une ligne claire.
Face à cette paralysie, l'armée française stationnée en Algérie, soutenue par une partie de la population française d'Algérie, menace d'un coup de force. C'est dans ce contexte de quasi-guerre civile que le général Charles de Gaulle, héros de la Seconde Guerre mondiale, est rappelé au pouvoir en mai 1958. Son retour de De Gaulle est perçu comme le dernier recours pour éviter une implosion du pays et sortir de l'impasse algérienne. Il est investi des pleins pouvoirs pour réformer les institutions.
Les institutions de la Ve République
De Gaulle propose une nouvelle Constitution de 1958, adoptée par référendum en septembre 1958. Cette constitution marque une rupture nette avec les régimes précédents :
- Elle instaure un Président fort, doté de pouvoirs étendus : chef des armées, nomination du Premier ministre, droit de dissoudre l'Assemblée nationale, recours au référendum, pouvoirs exceptionnels en cas de crise grave (article 16).
- Le Parlement (Assemblée nationale et Sénat) voit ses pouvoirs réduits par rapport à la IVe République.
- En 1962, une réforme majeure introduit l'élection du Président de la République au suffrage universel direct. C'est une révolution démocratique qui renforce considérablement la légitimité et le poids politique du Président face au Parlement et au gouvernement. Le Président devient l'incarnation de la nation.
La politique gaullienne : indépendance et grandeur
La politique de De Gaulle s'articule autour de deux axes majeurs : l'indépendance nationale et la grandeur de la France.
- Indépendance nationale : De Gaulle cherche à affranchir la France de la tutelle américaine et des blocs de la Guerre Froide. Il retire la France du commandement intégré de l'OTAN en 1966 et développe une force de frappe nucléaire autonome, garant de la souveraineté française.
- Politique étrangère : La France se veut une puissance agissante sur la scène internationale. De Gaulle se rapproche de l'Allemagne (traité de l'Élysée en 1963), reconnaît la Chine populaire et critique l'hégémonie américaine, notamment lors de son discours de Phnom Penh en 1966. Il soutient également l'autodétermination des peuples, notamment au Québec ("Vive le Québec libre !").
- La décolonisation est menée à son terme avec l'indépendance de l'Algérie en 1962, malgré les fortes oppositions.
Les défis internes : Mai 68 et la fin du mandat
La fin du mandat de De Gaulle est marquée par des tensions croissantes.
- En mai 1968, une crise sociale et étudiante éclate, combinant revendications étudiantes (contestation de la société de consommation, des valeurs traditionnelles) et grèves ouvrières massives. Le pays est paralysé. De Gaulle parvient à rétablir l'ordre mais son autorité est ébranlée.
- Affaibli par les événements de Mai 68 et souhaitant renforcer la légitimité de sa politique, De Gaulle propose un référendum en avril 1969 sur la réforme du Sénat et la régionalisation. Il lie son maintien au pouvoir à l'approbation de ce projet. Le "non" l'emporte. De Gaulle, fidèle à sa parole, présente sa démission de De Gaulle le lendemain. C'est la fin d'une ère.
Chapitre 2
L'ère post-gaullienne : Pompidou et Giscard d'Estaing (1969-1981)
La continuité sous Georges Pompidou
Après le départ de De Gaulle, son ancien Premier ministre, Georges Pompidou, est élu Président en juin 1969. Il incarne la continuité de la politique gaullienne, tout en y apportant sa propre marque.
- Il poursuit la modernisation économique et l'industrialisation de la France, notamment dans les secteurs de pointe (nucléaire, aéronautique).
- Il est un ardent défenseur de l'Europe communautaire et œuvre pour l'élargissement de la CEE au Royaume-Uni.
- Son mandat est marqué par une prospérité économique relative, mais aussi par les prémices des difficultés à venir. Il décède en fonction en 1974.
Les réformes sociétales de Valéry Giscard d'Estaing
Valéry Giscard d'Estaing, élu en 1974, cherche à incarner une France "moderne" et "libérale". Son septennat est marqué par d'importantes réformes sociétales visant à adapter la société française aux évolutions de l'époque :
- Abaissement de la majorité à 18 ans (1974), permettant aux jeunes de voter et d'être responsables plus tôt.
- Promulgation de la loi Veil sur l'IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) en 1975, légalisant l'avortement. C'est une avancée majeure pour les droits des femmes.
- Instauration du divorce par consentement mutuel (1975), simplifiant les procédures de séparation.
- Ces réformes témoignent d'une volonté d'ouverture et de libéralisation des mœurs.
Les chocs pétroliers et la crise économique
Le mandat de Giscard d'Estaing est malheureusement aussi celui de la fin des Trente Glorieuses (période de forte croissance économique de l'après-guerre). La France, comme le reste du monde, est frappée de plein fouet par les chocs pétroliers de 1973 et 1979.
- La hausse brutale du prix du pétrole entraîne une forte inflation (augmentation générale des prix) et une montée du chômage.
- L'économie française entre dans une période de difficultés structurelles, avec la désindustrialisation de certains secteurs et la nécessité de s'adapter à un monde globalisé et plus concurrentiel. Le rêve de la croissance infinie s'estompe.
Chapitre 3
L'alternance : l'arrivée de la gauche au pouvoir (1981-1986)
L'élection de François Mitterrand
L'année 1981 marque un tournant majeur dans l'histoire de la Ve République. Après 23 ans de pouvoir de la droite, François Mitterrand, leader du Parti socialiste, remporte l'élection présidentielle face à Valéry Giscard d'Estaing. C'est la première fois qu'un candidat de gauche accède à l'Élysée sous la Ve République. Cette victoire de la gauche est le fruit d'une longue construction politique, notamment autour du Programme commun (alliance électorale PS-PC). Elle suscite un immense espoir de rupture avec la droite et de changements profonds.
Les grandes réformes socialistes
Le début du septennat de Mitterrand est marqué par une série de grandes réformes socialistes ambitieuses :
- Nationalisations d'entreprises stratégiques (banques, assurances, groupes industriels) afin de relancer l'économie et de garantir l'emploi.
- Décentralisation (lois Defferre de 1982-1983) : transfert de compétences de l'État aux collectivités territoriales (communes, départements, régions), renforçant le pouvoir des élus locaux.
- Abolition de la peine de mort (1981) sous l'impulsion de Robert Badinter, une mesure humaniste forte.
- Augmentation du SMIC, de certaines prestations sociales, et réduction du temps de travail à 39 heures.
Le tournant de la rigueur
Cependant, les réformes généreuses du début de mandat se heurtent rapidement à la réalité économique. L'inflation s'envole, le déficit commercial se creuse et le franc est dévalué à plusieurs reprises. Face à cette situation, Mitterrand et son gouvernement opèrent un tournant de la rigueur en 1983.
- Cette politique économique vise à maîtriser l'inflation et à redresser les comptes publics.
- Elle s'accompagne d'une politique de désinflation compétitive et d'un engagement renforcé dans la construction européenne (notamment le Système Monétaire Européen).
- Ce tournant marque la fin de l'expérimentation économique socialiste et un retour à une gestion plus orthodoxe, acceptant les contraintes du marché mondial.
Chapitre 4
La cohabitation : une nouvelle pratique institutionnelle (1986-2002)
La première cohabitation (1986-1988)
En 1986, la gauche perd les élections législatives. Le Président socialiste François Mitterrand doit alors nommer un Premier ministre issu de la majorité parlementaire de droite, Jacques Chirac (RPR). C'est la première fois dans l'histoire de la Ve République qu'un Président et un Premier ministre sont de bords politiques opposés. C'est le début de la première cohabitation.
- Cette situation inédite crée un partage du pouvoir entre le Président (qui conserve ses "domaines réservés" comme la diplomatie et la défense) et le Premier ministre (qui dirige la politique intérieure).
- Elle est marquée par des tensions institutionnelles et une "guerre des étoiles" entre Mitterrand et Chirac, mais le régime tient bon. La Ve République prouve sa capacité d'adaptation.
Les cohabitations suivantes (1993-1995 et 1997-2002)
La cohabitation n'est pas un événement isolé. Elle se reproduit à deux autres reprises :
- Mitterrand/Balladur (1993-1995) : François Mitterrand, en fin de second mandat, cohabite avec Édouard Balladur (RPR).
- Chirac/Jospin (1997-2002) : Le Président de droite Jacques Chirac cohabite avec le Premier ministre socialiste Lionel Jospin. C'est la "cohabitation la plus longue", durant cinq ans.
Le fonctionnement et les enjeux de la cohabitation
La cohabitation met à l'épreuve les institutions de la Ve République.
- Le rôle du Président et du Premier ministre doit être redéfini en pratique. Le Président incarne la continuité de l'État et représente la France à l'étranger, tandis que le Premier ministre conduit la politique de la nation devant le Parlement.
- Les institutions s'adaptent, montrant leur flexibilité. Malgré les frictions, la stabilité politique est globalement maintenue.
- Les enjeux sont importants : la cohabitation peut affaiblir le Président sur la scène intérieure, mais elle permet aussi d'éviter une crise majeure en cas de désaccord profond entre l'exécutif et le législatif.
Chapitre 5
L'évolution de la Ve République au XXIe siècle
Le quinquennat et l'inversion du calendrier électoral
Pour éviter les cohabitations, une réforme majeure est adoptée par référendum en 2000 : le quinquennat. Le mandat présidentiel est réduit de sept à cinq ans.
- Cette réforme de 2000 est complétée par l'inversion du calendrier électoral : l'élection présidentielle précède désormais les élections législatives.
- L'objectif est clair : donner au Président élu une majorité parlementaire cohérente avec son programme. Cela a pour effet de renforcer le Président et de rendre les cohabitations moins probables, voire quasi impossibles. Depuis 2002, il n'y a plus eu de cohabitation.
Les défis contemporains de la Ve République
Au XXIe siècle, la Ve République doit faire face à de nouveaux défis :
- Crises économiques et sociales : la mondialisation, les crises financières (2008) et les inégalités sociales engendrent des mouvements de contestation (ex: Gilets jaunes).
- Montée des extrêmes : les partis extrémistes, à droite comme à gauche, gagnent en influence, remettant en question le bipartisme traditionnel.
- Place de la France en Europe et dans le monde : la France doit redéfinir son rôle au sein d'une Union européenne élargie et confrontée à de nouvelles puissances mondiales.
- La Ve République continue d'évoluer, cherchant à concilier autorité de l'État, démocratie et attentes d'une société en mutation rapide. Sa robustesse institutionnelle est régulièrement mise à l'épreuve.
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